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La classe moyenne va s’amincir

La classe moyenne va s’amincir

 Plusieurs raisons conduisent à penser que la classe moyenne n’est pas en bonne posture. L’impact fiscal des mesures tendant à réduire les déficits budgétaires va la frapper de plein fouet. Les caisses de pensions ou les assurances-vie qu’elle a largement approvisionnées se montrent chiches dans leur distribution. Les prix des services qu’elle s’offrait vont augmenter drastiquement en fonction de l’inflation qui ne va pas manquer de s’étendre partout dans le monde. Beaucoup d’entités économiques qui pressentent cette évolution ne se sentent pas concernées. Pourtant, elles devraient l’être. 

Alphonse Allais avait souligné qu’«il fallait prendre l’argent là où il se trouve, c’est à dire chez les pauvres». Bien sûr, ils n’ont pas beaucoup d’argent «mais il y a beaucoup de pauvres» soulignait-il. C’était cynique, mais vrai à son époque: il a disparu en 1905. Aujourd’hui, seul le trait d’esprit demeure. C’est la classe moyenne qui a succédé aux pauvres et elle est vaste car son revenu et sa fortune ne sont pas forcément modestes. Elle se rapproche parfois du grand patrimoine mais sa  composition est  différente. L’impôt sur les grandes fortunes en France a principalement été créé pour cette catégorie sociale dont quasiment tous les biens peuvent être taxés. On constate qu’aux Etats-Unis, en France, en Grande-Bretagne et même en Suisse, et pour des raisons bien différentes,  la classe moyenne est en sensible perte de vitesse. Elle manquera autant à l’économie que la disparition du tissu des petites et moyennes entreprises. On peut déjà mesurer l’absence de toute l’étendue de la classe moyenne en Grèce, où elle était en cours d’ébauche, et au Portugal où l’évolution politique, en son temps, l’a fait disparaître.

 

MOINS DE CLASSES MOYENNES EN SUIVANT :

L’insistance du président Obama pour rencontrer le nouveau président français  n’a rien d’affectif ni…d’étonnant. Les prix Nobel décernés aux économistes américains ont toujours eu une certaine incidence sur la politique menée. Qu’il s’agisse de Modigliani en 1985, ou de Markowitz (associé à Miller et Sharpe) en 1990, leurs théories ont toujours eu des conséquences surprenantes pour ne pas dire désastreuses. Le Long Term Capital Management (fond dont la faillite remonte à 1998 et a coûté près d’un milliard de francs suisses à UBS) était l’œuvre de Sholes et Merton honorés de la distinction suédoise en 1997. Aujourd’hui le lauréat de 2008, Krugman, a le vent en poupe et ce n’est pas le résultat des législatives grecques qui va lui donner tort. Au contraire! P. Krugman ne supporte pas l’économie douloureuse. On ne doit pas adopter de mesures de restrictions qui vont conduire à l’élection fâcheuses d’extrêmes. La dernière expression de Krugman est intéressante: «inflate the debt away», gonfler la dette pour mieux l’éliminer. Le prix Nobel 2008 ne connaît pas l’inflation: on rétablit la croissance et on élimine le chômage par la poursuite de l’endettement destiné à la réalisation d’importants travaux, projets, etc… Certes, la hausse des prix qui en résulte, y compris des taux d’intérêt (là il faut s’incliner, il est logique) gommera de facto la dette. Le dogme krugmanien est simple: personne ne peut envisager la peine de l’austérité, pas même les investisseurs. Donc, poursuivons le chemin de la croissance provoquée. Quid des générations suivantes? Là, ce n’est vraiment pas le problème du jour. Dans ce contexte, l’absence de politique économique de M. Hollande plaît à M. Krugman et Obama n’est pas insensible à ce genre de concept… pour des raisons électorales: emploi et croissance sont un cocktail gagnant.

 MOINS DE CLASSES MOYENNES EN SUIVANT :

Pour le moment, on n’en est pas à ce point mais pas loin. Au travers de subventions subtilement distribuées, on a coordonné les conséquences de la baisse des taux sur le revenu du troisième âge, dont l’épargne a compté lourdement dans les précédentes phases d’expansion. Ces subventions peuvent être supprimées: y avait-on pensé? Sûrement pas car depuis certaines adaptations, la révolte gronde en Grande-Bretagne et une hausse des taux est réclamée. Des calculs de coûts des hypothèques par rapport à la déperdition d’énergie des pensions publiques sont effectuées chaque jour et le manque à gagner évalué. Pour qu’il soit moindre encore faut-il avoir une hypothèque! Récemment, le marché immobilier britannique a été qualifié de bombe à retardement. Les produits structurés, actuellement vendus dans les banques ont été attaqués. Bref, en Grande-Bretagne l’ambiance  entre épargnants et organes financiers a passé au rouge. Si cette catégorie devient remuante en Grande-Bretagne où la réserve est de tradition, elle deviendra d’autant plus virulente ailleurs…le moment venu.

 D’autant plus virulente d’ailleurs que le contingentement des soins médicaux, et la révision des règlements des caisses d’assurances maladie sont des sujets d’actualité partout dans le monde, du moins celui où leur existence est consacrée. Cette situation devient d’autant plus brûlante en Europe continentale que la cohorte de migrants des pays des printemps arabes émarge largement à l’écuelle publique dévolue aux soins. Là encore le bât blesse tant les sympathisants de gauche que ceux qui oseraient  encore s’afficher à droite. Heureusement (!) les Droits de l’homme veillent au grain. Jusqu’où? Dans ce climat la catégorie inférieure de la classe moyenne est sur le chemin de regagner la catégorie des «pauvres».

 Devant cette conviction, qui devient doucement générale, de «vaporiser» la dette au fil de la croissance économique, l’Allemagne et quelques autres vont se trouver isolés. Pour autant, une crise majeure ne va pas être contournée tant il est vrai qu’une opinion, fut-elle de M. Krugman, n’est jamais admise à 100%. Le mois de mai sera d’autant plus remuant que la valeur des actifs se situe encore pour beaucoup d’entre eux au-dessus de la moyenne mobile des 200 jours. Or, si l’être humain manque (souvent) de logique, les moyennes mobiles ne s’en laissent jamais compter.

 Jeannette Williner  Analyste financier indépendant  /agefi mai12

1 réponse »

  1. Bon, ben maintenant qu’on approche tranquillement de la fin de la partie de Monopoly qui se joue depuis qq années,
    on va pouvoir changer de jeu et jouer …. À L’ONCLE D’AMÉRIQUE. Avec de nouveaux biffetons bien entendu !

    Dans la Thora, on fait ça TOUS LES CINQUANTE ANS. DONC, PAR EXEMPLE : 2015 – 50 = 1965 ! Ben ouais, ça aurait bien d’allure
    et puis comme ça, on repartirait la MACHINE. Maintenant, pour les ceusses qui seraient resté en cours de route ?
    Ben, les dégâts collatéraux, c’est un classique dans toutes les guerres n’est ce pas ? C’est dommage ? Ah ! que oui !
    Mais que voulez vous :

    Quand faut foumer faut foumer !

    Mais ça, SEULS les initiés peuvent le comprendre. lol

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