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De la Dette publique à la répression financière : La vraie leçon argentine

De la Dette publique à la répression financière : La vraie leçon argentine

Dix ans après la crise, les Argentins sont finalement remboursés par leur gouvernement qui avait, en 2002, « saisi » leurs dépôts bancaires pour empêcher la fuite des capitaux. Les citoyens avaient alors eu  deux choix : retirer les sommes placées qui ne valaient presque plus rien en raison de la dévaluation de la monnaie ou accepter un morceau de papier qui leur promettait qu’ils seraient remboursés, en dollars de 2012, dans dix ans de cela.

Si le choix semble facile aujourd’hui, il ne l’était pas à l’époque, raconte le Globe and Mail, puisque l’Argentine venait de faire défaut sur près de 100 G$ en dettes étrangères et les banques fermaient en série. L’économie du pays était en ruines et les Argentins, excédés, avaient pris la rue pour protester contre l’iniquité du système financier.

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Aujourd’hui, le portrait est tout autre. L’Argentine a payé près de 92,4 % de la dette étrangère sur laquelle elle avait fait défaut en 2002 et vient de faire le dernier paiement de 2,3 G$ aux patients investisseurs qui n’ont pas revendu leurs obligations gouvernementales. Incapables d’attendre jusqu’à aujourd’hui, beaucoup d’investisseurs l’ont malheureusement fait à perte, selon le Globe and Mail. Ceux qui ont eu la patience d’attendre enregistrent aujourd’hui un rendement de près de 28 % sur leur investissement initial.

La présidente du pays, Cristina Fernandez, a profité de l’occasion, lors d’un discours présenté la semaine dernière à la Bourse de Buenos Aires, pour inviter les nations européennes à faire comme l’Argentine et à refuser de se plier aux pressions internationales. La solution ne passe pas, selon elle, par des mesures d’austérités imposées à « ceux qui peuvent le moins se le permettre ».

Le ministre des Finances argentin, Hernan Lorenzino, a abondé dans le même sens que la présidente dans une chronique publiée par l’agence de presse gouvernementale Telam : « Nous avons démontré que nous pouvions surmonter une crise sans mesures d’austérité. La dette a été payée en même temps que le chômage descendait et, alors que nous remboursions notre dû, notre économie a connu une croissance de 8 % ».

Selon plusieurs économistes interrogés par le Globe and Mail, la version officielle est « plutôt trompeuse ». Arturo Porzecanski, expert des marchés émergents à l’Université américaine de Washington, rappelle « c’est bien que l’Argentine paie ses dettes, mais pour chaque paiement fait, le gouvernement emprunte de plus en plus à ses propres concitoyens ».

Le gouvernement ne mentionne pas non plus que l’Argentine doit plusieurs millions de dollars imposés en dédommagement par des tribunaux en faveur de sociétés américaines. D’ailleurs, l’entreprise espagnole Repsol Group demande 10,5 G$ pour les actions qu’elle détenait dans une entreprise qui a été expropriée par la présidente Cristina Fernandez plus tôt cette année.

Malgré tout, la transformation de la dette publique en dette privée se poursuit et, dans un pays où l’inflation est astronomique, l’élastique est très étiré présentement, souligne le Globe and Mail.

« Ce n’est plus un problème de « eux contre nous », avance Arturo Porzecanski. En premier, ils ont puni les grandes multinationales, puis les trop riches détenteurs d’obligations et des institutions comme le Fonds monétaire international. Maintenant, ils s’attaquent aux ressources financières des Argentins, je crois donc que la fin est proche. »

Source  Globe and Mail/ F&I aout12

10 réponses »

  1. Prendre l’Argentine comme exemple n’est pas pertinent.
    Il faut rappeler que lors du défaut, le PIB/hab a été littéralement divisé par 3, et avec une inflation de 40%. Depuis, l’Argentine n’hésite pas à fausser les chiffres, a une inflation estimée à 20-30%, sa croissance vient du fait qu’ils profitent de l’augmentation des prix des matières premières.
    De plus, vu la fuite de capitaux, les nationalisations, la censure, la répression qui est pratiquée, on ne peut pas dire que le système national-socialiste d’Evita Kirshner soit efficient…
    Prendre en exemple les chiffres officiels sans regarder ce qu’il y a sous le tapis n’a aucune valeur.

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    • Par contre prendre l’argentine comme contre exemple comme le fait habilement cet article l’est pertinent !!!! tout le monde sait qu’une croissance à crédit reposant sur la consommation et non sur l’investissement est vouée à sa perte et que le pays concerné fini par sublir les foudres de la déflation : celui qui a cru à la dette finira tout cuit par la dette…Dans le cadre de l’argentine une classe kleptocratique s’empare de l’appareil d’état et s’appelle tour à tour dictature, junte militaire, régime népotique pseudo démocratique….ces gens là s’endettent à qui mieux mieux sur les marchés financiers pour leur propre plaisir et pratiquent le clientélisme à outrance tout en s’entourant d’une armée bien équipée et nombreuse….arrive le défaut de paiement et le temps de la renégociation de la dette qui ne signifie pas effacement, et c’est le momment choisi du grand transfert dette publique/dette privée avec les moyens propres à la répression financière….cela ne vous rappelle rien !!!! étrangement avec la grèce on est exactement dans le mème cas de figure !!!!
      Donc l’argentine est bien un exemple de ce qu’il ne faudrait pas faire : préter à des kleptocrates et renégocier avec eux !!!

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  2. il me semble que l’argentine a négocié une forte décote de sa dette avant de la rembourser.mais ils nous prouvent qu’il y a une autre alternative a celle que le fmi et autres cherchent a imposer.l’islande aussi

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    • Attention rien de comparable entre l’Islande et l’Argentine….
      En Islande les Banksters et leurs complices kleptos finissent sous les verrous, en Argentine ils finissent Ministre des Finances…!!!!

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  3. L’économie Argentine est toujours en grosse difficulté mais ça se voit moins qu’il y a 10 ans.
    Avec une inflation permanente autour de 25%, les Argentins sont dans un vrai bourbier. Les retraites qui sont autour de 350€ sont revalorisées de 11%, quand l’inflation est de 25%, pas besoin de dessin.
    J’ai travaillé avec un Argentin en Afrique, il faisait virer son salaire en France car il n’avait aucune confiiance dans les banques de chez lui, et sa faisait payer en Euros, surtout pas en Peso.
    Ceux qui prennent l’Argentine comme exemple à suivre devraient rentrer dans le détails.
    Ceux qui prennent l’Islande comme exemple, fairaient bien de regarder de plus près, l’ampleur de leur dette n’a aucun rapport avec la notre.

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