Art de la guerre monétaire et économique

Face à la menace d’une propagation incendiaire en Zone Euro la résistance s’organise en Allemagne

Face à la menace d’une propagation incendiaire en Zone Euro la résistance s’organise en Allemagne

 L’Allemand Otmar Issing, un ancien économiste en chef de la BCE, et l’un des pères fondateurs de l’UE, estime que la zone euro pourrait être sur la voie de la dislocation. C’est ce qu’il écrit dans son nouvel ouvrage, paru cette semaine, « How we save the euro and strengthen Europe » (Comment nous pourrions sauver l’euro en renforcer l’Europe). « Tout indique que nous devrions sauver la zone euro », écrit Issing. « Mais ce que l’on ignore, c’est combien de pays pourront continuer à y prendre part sur le long terme ».

 

Bien qu’ayant contribué à l’élaboration de la monnaie unique, Issing avait émis des doutes sur la capacité d’une union monétaire à fonctionner sans union politique. Il estime désormais que certains pays devront quitter la zone, mais que l’Allemagne aurait tout intérêt à y demeurer. Toutefois, il s’abstient de mentionner explicitement les pays auxquels il pense dans son livre, comme la Grèce, par exemple, mais compte tenu qu’elle se trouve au bord du désastre financier et du défaut de paiement, sa sortie de l’union monétaire devient de plus en plus probable.

PLUS DE RESISTANCE ALLEMANDE :

 L’économiste allemand rejette l’idée selon laquelle la BCE devrait assurer un rôle central dans la sortie de la crise de la dette: « Il n’y a pas de solution miracle, et la solution des euro-obligations ou de quelque chose de ce genre signifierait pour moi la fin d’une union monétaire basée sur la stabilité ». « Les politiciens cherchent de moins en moins à résoudre ces problème à la source, et ils ont de plus en plus tendance à se tourner vers la BCE et à en attendre des solutions, mais la BC n’a pas été conçue pour ça », estime-t-il. « C’est une banque centrale, et pas une institution qui doit porter secours aux gouvernements au bord de la faillite. Une banque centrale se comporte toujours comme un prêteur de dernier ressort pour le système bancaire, mais elle ne porte pas secours aux gouvernements ».

 « Athènes doit couper le cordon ombilical avec l’Europe »

 « A un moment donné, chacun doit déménager de chez maman, et les Grecs en sont là », déclare le ministre régional des Finances de l’État de Bavière, Markus Söder. Dans un entretien au journal « Bild am Sonntag », le ministre régional des Finances de l’État de Bavière, Markus Söder, a demandé aux Hellènes de couper le cordon ombilical avec l’Europe. « À un moment donné chacun doit déménager de chez maman et les Grecs en sont là », a expliqué l’élu qui appartient à l’Union Chrétienne Sociale (CSU), l’alliée traditionnelle des chrétiens-démocrates (CDU) de la chancelière Angela Merkel. Accusant Athènes de « traîner des pieds dans le but de retarder la mise en oeuvre des réformes », il va même plus loin en implorant « la zone euro (d’envoyer) un signal fort afin de montrer à Athènes qu’elle peut ‘sortir les crocs' ».

Et si Bruxelles refuse de « mordre », Berlin devrait montrer l’exemple en suivant « un vieil adage de l’alpinisme, ajoute Söder. Si quelqu’un dépend de votre cordée et qu’il est sur le point de vous faire tomber dans le vide, vous devez couper la corde. Dans la période où nous sommes actuellement, nous devons couper à temps la corde qui nous relie à la Grèce car l’Allemagne peut être en danger. » Ce conservateur, qui table sur une sortie d’Athènes de la monnaie unique « d’ici la fin de l’année », Le mois dernier, il avait déjà affirmé au sujet de la Grèce: « Nous sommes solidaires mais nous ne sommes pas stupides ».

Solidaires, mais pas stupides…

Le scénario d’une « sortie de la Grèce de la zone euro a perdu de son horreur il y a longtemps » déjà, note le 22 Juillet quant à lui Philip Rösler, le vice-chancelier fédéral et ministre de l’Economie. Il s’est dit déçu des efforts de la Grèce pour accomplir des réformes, dans un entretien à l’hebdomadaire allemand Focus à paraître lundi. « J’ai perdu mes illusions », a dit le ministre, « J’ai proposé avec les entreprises allemandes toute une série de soutiens au gouvernement grec. Les Grecs ont à peine répondu à nos offres », a ajouté M. Rösler

L’autre élu libéral, Patrick Döring, juge, pour sa part, que « si la Grèce ne faisait plus partie de la zone euro, cela pourrait créer de la confiance sur les marchés ». Les idées de ces cadres du FDP sont partagées par de nombreux leaders de la CSU. Le ministre allemand des Transports, Peter Ramsauer, a ainsi expliqué dans une interview à la télévision publique ARD que « naturellement la Grèce peut sortir de l’euro ». Une  petite quinzaine de jours en arrière  le gouvernement allemand avait dit hésiter entre espoir et scepticisme concernant les capacités de la Grèce à tenir ses engagements vis-à-vis de ses créanciers internationaux.

Source The Telegraph/AFP aout12

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