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Quand l’homme qui a détruit le monde parle…cela vaut son pesant….d’or (actualisé avec commentaire de Bruno Bertez)

 Quand l’homme qui a détruit le monde parle…cela vaut son pesant….d’or(actualisé avec commentaire de Bruno Bertez)

Les 3 Mousquetons

 

L’été indien

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L’apparition probable d’un cercle vertueux

 La stabilisation aux USA et en Europe laisse augurer d’une véritable reprise. Mais la coordination internationale est de plus en plus nécessaire.

Cette année a commencé sur une note d’optimisme prudent pour l’économie mondiale. L’Europe n’est plus au bord du gouffre, les USA ne se sont pas fracassés contre la falaise budgétaire, le Japon évolue vers un changement de stratégie économique et la Chine semble se redresser.

Aux USA, les indicateurs des marchés financiers sont proches de ce qu’ils étaient avant la crise et l’attente de volatilité est à un niveau très bas. La plupart des grandes institutions financières sont mieux capitalisées qu’elles ne l’ont jamais été depuis longtemps. Les bilans se sont redressés et beaucoup d’acteurs sont inondés de liquidités. 2013 ne sera sans doute pas une année phare, mais elle pourrait être la première année de la période de post-crise. Il est vrai que presque partout l’environnement politique reste difficile. Les USA seront confrontés à trois défis budgétaires avant fin mars: l’absence d’une autorité légale pour payer la dette, l’absence d’un budget effectif pour l’Etat fédéral et la perspective inquiétante de coupes budgétaires automatiques. Des élections cruciales s’annoncent en Italie et en Allemagne. Le nouveau gouvernement chinois accède au pouvoir alors que l’opinion publique s’indigne comme jamais auparavant de la corruption et de l’enrichissement frauduleux des hauts responsables.

PLUS DE SUMMERS ET DE BERTEZ EN SUIVANT:

La première année post-crise

Et au Japon il n’est pas sûr que les clivages politiques permettront une gouvernance stable dans les années à venir.

Mais existe aussi la perspective d’un cercle vertueux dans lequel la reprise économique suscite une politique plus attirante, susceptible de réduire les incertitudes et de donner à son tour un coup de fouet supplémentaire à la reprise. Au moins jusqu’à présent, les pires craintes quant aux répercussions politiques négatives que peuvent engendrer les mauvais résultats économiques ne se sont pas matérialisées – même en Grèce. C’est pourquoi, sauf si quelque chose tourne vraiment mal, je pense que la politique ne sera pas un obstacle à la reprise de l’économie mondiale.

Malheureusement, bien d’autres choses peuvent mal tourner. Ainsi, chaque grande région du monde affiche sa propre stratégie de croissance apparemment convaincante, mais il n’est pas sûr qu’elles soient compatibles entre elles. Les économistes ne s’accordent pratiquement que sur un seul point: «la somme de toutes les balances commerciales doit être nulle». En corollaire, à toute hausse de la croissance engendrée par les exportations dans un pays donné doit correspondre dans un autre une production insuffisante par rapport à la demande. Aussi un grand problème se pose maintenant à l’économie mondiale: nombre de pays prévoient de baser la croissance sur une augmentation des exportations, mais rares sont ceux qui envisagent de réduire leur compétitivité ou d’accroître leurs importations. 

Début 2010, le président Obama a fixé l’objectif ambitieux de doubler les exportations américaines fin 2014. Plus qu’à mi-chemin de cette période de cinq ans, les USA sont en voie d’y parvenir, ce qui implique que la croissance des exportations est supérieure à celle des importations et à celle de la croissance dans l’économie mondiale. 

En Europe, la seule manière dont les pays de la périphérie en difficulté peuvent éponger leur dette et d’avoir un excédent commercial. L’Allemagne est réticente à diminuer sa compétitivité et la Banque centrale européenne semble indiquer qu’elle restera très souple en matière de politique monétaire. Autrement dit, les pays européens ont eux aussi une stratégie de croissance basée sur les exportations. 

En Asie, le nouveau gouvernement du Premier ministre Shinzo Abe a déjà diminué la valeur du yen et encouragé les exportations en favorisant la relance en mettant les mesures de relâchement monétaire au centre de sa politique, tandis que les derniers chiffres produits par la Chine, montre que ses exportations croissent plus rapidement que ce qui était prévu. 

Dans ces conditions, d’où viendra le supplément d’importations nécessaire à une augmentation des exportations? Peut-être un fléchissement du cours des matières premières doperait-il les importations d’autres biens et la position commerciale des producteurs de matière première pourrait-elle basculer vers une baisse de leur excédent. Mais l’exemple du passé ne permet guère d’espérer des matières premières moins chères dans le contexte d’une économie mondiale vibrante. 

Peut-être les pays émergents en plein boom attireront-ils les flux de capitaux qui financeront d’importants déficits commerciaux liés notamment à l’achat direct ou indirect de moyens de production. Cela sera-t-il suffisant pour répondre aux attentes des pays économiquement plus importants? Il est très probable que des pays qui se voudraient des champions de l’exportation soient déçus de constater que l’augmentation de compétitivité sur laquelle ils comptaient ne se matérialise pas. 

C’est pourquoi on fait fausse route à ne pas se préoccuper des conséquences de l’austérité en raison du passé. Un seul pays ou une seule région qui consolide sa position financière ou qui se désendette dans le contexte d’une économie mondiale prospère peut s’attendre à ce que la baisse de ses taux d’intérêt entraîne un affaiblissement de sa devise et une amélioration de sa position commerciale. Mais les grands pays développés ne peuvent espérer cela dans le cadre d’une économie mondiale en difficulté. La politique d’austérité d’un pays entraîne des coûts externes liés à la réduction de la demande pour les produits des autres pays. En ce sens, c’est une politique du chacun pour soi qui pourrait se renforcer si l’expansion monétaire compense les mesures d’austérité. 

Les conséquences pour les responsables politiques sont claires. Sans doute plus que jamais depuis plusieurs années, le succès de l’économie mondiale devra-t-il reposer sur une coordination internationale destinée à éviter un excès d’austérité. En 2013, le G20 et le FMI auront pour tâche essentielle de veiller à ce que les stratégies des différents pays et régions ne soient pas simplement judicieuses à leur niveau individuel, mais aussi cohérentes au niveau global. Sinon, l’équation de la croissance mondiale pourrait ne servir à rien. (LHS)

Lawrence h. summers /Ancien Secrétaire d’Etat au Trésor américain. Project Syndicate

http://www.project-syndicate.org/commentary/the-dangerous-appeal-of-export-led-growth-by-lawrence-h–summers/french

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A Propos  PAR BRUNO BERTEZ

   Nous nous contenterons de remarques sans tenter de synthèse, la pensée de Summers n’est pas assez structurée pour permettre une synthèse intéressante. 

  • -La première année post crise : nous sommes donc post crise, sortis de la crise

Rien dans le texte de Summers ne le démontre, rien ne va dans cette direction. La seule chose qui va dans ce sens, ou irait dans ce sens c’est l’affirmation que « les indicateurs financiers sont proches de ce qu’ils étaient avant la crise ». 

Faux : le niveau de bourses proche de ceux d’avant la crise est obtenu au prix de 11 trillions de gonflement du bilan des 6 plus grandes banques centrales. On est passé d’un total de 3trillions avant la crise à 14 en ce moment. 

  • -Les bilans se sont redressés

Faux : les bilans bénéficient de la levée des contraintes et règles comptables, du report des exigences de ratios de toutes sortes, du gonflement des inventaires level 3 c’est a dire des inventaires fantaisistes.

Du coté de la vraie liquidité ce n’est pas mieux, on joue à la chaise musicale avec les « collaterals junk », on les swappe contre des treasuries pour pouvoir livrer des « collaterals » nickel. Il y a 16 trillions d’opérations de ce type, blanchiement de junk dans le système et le risque est double. D’abord risque sur les détenteurs ultimes de ces « collaterals » , ensuite risque ce contrepartie dans la chaine de swaps. Le risque est plus colossal qu’avant, car on ne sait plus ou sont les ordures, les junks. Les contrôleurs, les régulateurs ne le savent pas selon l’aveu récent d’un des gouverneurs. 

  • -Il y a la perspective d’un cercle vertueux  

Ce n’est pas une perspective, c’est un espoir et un objet de propagande. Rien dans l’article de Summers ne va dans ce sens, au contraire, tout ce qu’il décrit est négatif. Il voit cependant juste en s’interrogeant: d’ou va venir la demande globale si tout le monde veut exporter?

Le négatif c’est :

– La guerre des changes et la politique suicidaire de « beg the neighbour ».

– La politique d’austérité.  

Le seul espoir serait que les émergents tirent le tout grâce aux entrées de capitaux, mais toutes les banques internationales au contraire deleveragent chez les émergents et redomestiquent. 

Il n’y a pas de fin de crise, il n’y a pas de retour à un cercle vertueux, et c’est la raison pour laquelle Summers termine sur une incantation qui se détruit d’elle même une fois que l’on a lu son texte, type mission impossible, l’incantation en faveur « d’une coordination internationale ». 

Toutes les études passées-années 30- et présentes montrent que les gouvernements agissent et réagissent en fonction de considérations domestiques Monsieur Summers. La coordination, c’est pour les gogos et contre les gogos.

3 réponses »

  1. « En corollaire, à toute hausse de la croissance engendrée par les exportations dans un pays donné doit correspondre dans un autre une production insuffisante par rapport à la demande. Aussi un grand problème se pose maintenant à l’économie mondiale: nombre de pays prévoient de baser la croissance sur une augmentation des exportations, mais rares sont ceux qui envisagent de réduire leur compétitivité ou d’accroître leurs importations. »

    Quelle vision mercantiliste de la balance commerciale a Larry Summers.

    Je suis en déficit commercial avec mon boulanger, c’est que je dois améliorer la compétitivité de ma production de pain ou que mon boulanger doit diminuer la sienne…

    Donc, d’après Summers, la division du travail nous appauvrirait.
    Mais c’est le retour à la préhistoire qu’il nous réserve. Serait-ce une idéalisation inconsciente de l’état de nature de Rousseau ?

    Pas étonnant que le monde aille si mal…

  2. A Propos du texte de Summers.

    Nous nous contenterons de remarques sans tenter de synthèse, la pensée de Summers n’est pas assez structurée pour permettre une synthèse intéressante

    -La première année post crise : nous sommes donc post crise, sortis de la crise
    Rien dans le texte de Summers ne le démontre, rien ne va dans cette direction. La seule chose qui va dans ce sens, ou irait dans ce sens c’est l’affirmation que « les indicateurs financiers sont proches de ce qu’ils étaient avant la crise ».
    Faux : le niveau de bourses proche de ceux d’avant la crise est obtenu au prix de 11 trillions de gonflement du bilan des 6 plus grandes banques centrales. On est passé d’un total de 3trillions avant la crise à 14 en ce moment.

    -Les bilans se sont redressés
    Faux : les bilans bénéficient de la levée des contraintes et règles comptables, du report des exigences de ratios de toutes sortes, du gonflement des inventaires level 3 c’est a dire des inventaires fantaisistes.
    Du coté de la vraie liquidité ce n’est pas mieux, on joue à la chaise musicale avec les « collaterals junk », on les swappe contre des treasuries pour pouvoir livrer des « collaterals » nickel. Il y a 16 trillions d’opérations de ce type, blanchiement de junk dans le système et le risque est double. D’abord risque sur les détenteurs ultimes de ces « collaterals » , ensuite risque ce contrepartie dans la chaine de swaps. Le risque est plus colossal qu’avant car on ne sait plus ou sont les ordures, les junks. Les contrôleurs, les régulateurs ne le savent pas selon l’aveu récent d’un des gouverneurs.

    -Il y a la perspective d’un cercle vertueux

    Ce n’est pas une perspective, c’est un espoir et un objet de propagande. Rien dans l’article de Summers ne va dans ce sens, au contraire, tout ce qu’il décrit est négatif. Il voit cependant juste en s’interrogeant: d’ou va venir la demande globale si tout le monde veut exporter?
    Le négatif c’est :
    – La guerre des changes et la politique suicidaire de « beg the neighbour ».
    – La politique d’austérité.

    Le seul espoir serait que les émergents tirent le tout grâce aux entrées de capitaux, mais toutes les banques internationales au contraire deleveragent chez les émergents et redomestiquent.

    Il n’y a pas de fin de crise, il n’y a pas de retour à un cercle vertueux, et c’est la raison pour laquelle Summers termine sur une incantation qui se détruit d’elle même une fois que l’on a lu son texte, type mission impossible, l’incantation en faveur « d’une coordination internationale ».

    Toutes les études passées-années 30- et présentes montrent que les gouvernements agissent et réagissent en fonction de considérations domestiques Monsieur Summers. La coordination, c’est pour les gogos et contre les gogos.

  3. les USA : 16000 Milliards de $ de déficit
    les BRICKS : on dévalue à qui mieux mieux
    la Chine : manoeuvre pour son étalon monétaire jaune
    l’Europe: on se déchire pour chacuns a part des subventions en abandonnant la croissance
    les échanges commerciaux : tout le monde produit trop et consomme moins
    alors je ne suis pas d’accord avec Monsieur Summers : il faudra des années avant que quelque chose de bon nous arrive

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