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Mister Market and Doctor Conjoncture du Jeudi 7 Février 2013: Bertez , le rabat-joie par Bruno Bertez

Mister Market and Doctor Conjoncture du Jeudi 7 Février 2013:  Bertez , le rabat-joie par Bruno Bertez

Le début d’année a démarré en fanfare sur les marchés bousiers. On a même assisté à ce que l’on peut appeler en terme professionnel à un début de « capitulation ».

Certains baissiers, permabears, ont jeté l’éponge et sont venus au secours du momentum. C’est l’une des raisons qui nous a conduit en début d’année à insister sur l’exubérance. Il nous est apparu que les comportements redevenaient maniaques au sens de notre  analyse sur la bipolarité.

 

   C’est l’un des risques majeurs de la politique suivie par les irresponsables qui gouvernent. Au fil du temps, au fil de la répétition des promesses, une effet d’apprentissage se dessine et les opérateurs, même les plus prudents, se jettent à l’eau. Il en effet difficile pour des permabears de rester plusieurs années d’affilée à l’écart des marchés sous la raison qu’ils sont faits à la main, hors normes. 

La politique de destruction des rendements de tous, absolument tous les placements normaux est redoutable. C’est une arme terrible dans les mains des irresponsables étatistes. Ils ont ainsi la possibilité, avec le temps de forcer tout le monde, nous disons bien tout le monde à faire des choses qui sont désavantageuses. 

En tuant les placements classiques et en même temps en assassinant le prix du risque, en le mettant au plus bas, les régulateurs obligent à faire des bêtises. L’Histoire, espérons le, leur demandera des comptes. 

Leur dernière réussite c’est le déclenchement de la spéculation sur le logement locatif. Aux Etats Unis, c’est incroyable, il y a une guerre de surenchère des acheteurs pour s’arracher l’immobilier d’investissement. Il rapporte 3% quand on sait mal calculer, donc il est un débouché pour les gogos à la recherche de rendement et ceux, nombreux qui cherchent à se faire des commissions sur leur dos.

 On voit la même chose en France, les banques essaient de se décoller de leur immobilier en conseillant aux clients les compartiments avec SCPI, la fameuse pierre qui rapporte. Peu importe, au contraire que l’immobilier chute, que les prix soient soutenus artificiellement, on vante les mérites de la pierre locative aux gogos. Ce la vaut aussi bien pour le locatif de logement que le locatif commercial, le marché est à la vente, les prix et loyers sont renégociés à la baisse mais les banques conseillent aux malheureux qui ont soif de rendement de venir se faire « tarter » sur ce marché. Honte à elles. 

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Il faut non pas être malin, intelligent ou compétent dans des périodes comme celles ci, non  il faut être patient. Et c’est très difficile. On voit son capital oisif, rongé par l’inflation, et de temps à autres on assiste en spectateur au tirage du loto sur les marchés. Un tirage auquel on ne participe pas. Dur, dur! 

Il faut la patience d’attendre la fin de la lévitation actuelle, attendre le retour à des évaluations attractives, attendre que le risque, le vrai celui qui est devant nous, se soit concrétisé. 

Le risque c’est celui d’une belle lessive qui peut couter cher, et balaiera, et au delà tout ce qui a été gagné depuis 2008. Si tant est que, quelque chose ait été réellement gagné. 

Le rendement des emprunts est sans intérêt. Comme le dit le plus gros gérant obligataire du monde, Bill Gross, au niveau actuel des taux il faut être fou pour prendre le risque de durée, nous ajoutons, et pour prendre le risque d’inflation, et nous ajoutons, et pour prendre le risque de taux. Sans compter, pour le high yield , le risque de défaut. Le seul espoir c’est de sauter du train avant les autres et cet espoir ne peut être caressé que par une minorité proche des pouvoirs. 

Sur les actions, on est à 22 fois les résultats recalculés et lissés de Schiller ! Au dessus de 18 fois, il n’y a rien à espérer, le marché ne procure qu’un rendement global médiocre qui ne compense pas le risque pris.

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Après la vague d’euphorie du début d’année, les marchés sont chers, toppy, surachetés. Le sentiment est trop bullish, trop positif, c’est mauvais signe.

WIR_Overbought

Les taux d’intérêt sont en hausse, on a monté de 60 pbs sur le 10 ans américain. On vient de 1,36,  on est sous les 2%. Les escrocs retournent cela, en disant l’argent va sortir des marchés obligataires, et va venir faire la grande rotation, c’est à dire faire  monter les actions par réemploi. Ce raisonnement est idiot, archi idiot. La seule vérité est qu’après vous avoir fait perdre sur les obligs, ils veulent que vous tendiez la joue gauche, et preniez la claque sur les actions. Il faut bien qu’ils vivent ces pauvres. 

La grande rotation est un mythe. 

En revanche ce qui est vrai c’est que les anticipations inflationnistes se tendent, l’inflation implicite qui ressort de la comparaison des 10 ans nominaux et des 10 ans indexés ressort à 2,7%. On est au dessus des 2,5% dont parle Bernanke. 

Pourquoi dit-il, on continuera jusqu’à ce qu’il y ait de l’inflation? Tout simplement parce qu’il sait que l’inflation va venir un jour ou l’autre mettre un frein à ses débauches monétaires, et qu’il veut se laisser le droit, l’excuse, de  continuer. On se fixe pour objectif, comme pour le maitriser, ce qui nous échappe et viendra fatalement. Cela permet de différer les hausses de taux et de prolonger la Grande Experience. 

Chart of the Day

Ce qui est vrai aussi c’est que l’effet stimulant des QE  se réduit avec leur répétition. On déclenche un peu de demande potentielle à chaque nouveau QE, mais le dopage a une durée de vie de plus en plus courte. Quelques mois.

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Les largesses monétaires des politiques non conventionnelles n’auront un effet durable que lorsque les régulateurs auront perdu le contrôle de leur œuvre, quand les « animal spirits » seront lâchés et que personne ne réussira à les faire rentrer à la niche . Ce jour là, personne ne fera rentrer le génie dans la bouteille.

BRUNO BERTEZ Le Jeudi 7 Février 2013

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3 réponses »

    • Johhold

      Rien n’est joué .Nous avons au dessus de la tète une masse de 600 trillions d’assets qui lévitent et tant que la politique consistera à debaser les monnaies tout en imposant la stagnation salaires, chômage et austérité, ce sera la déflation qui dominera.

      Un choc exogène peut venir renverser la pyramide d’assets , et selon la réaction des irresponsables, cela peut être ou l’hyperinflation ou la dépression.
      Ce sera l’hyperinflation si, la pyramide se déstabilisant, par exemple par la hausse des taux, ils essaient de s’opposer en accélérant la monétisation.

      La politique actuelle mène aussi bien à l’une qu’à l’autre, déflation ou inflation.

      Le choc exogène peut être remplacé par une révolte des peuples mais je n’y crois pas.

      Je précise pour la nième fois que les printing, gonflements de bilans des banques centrales ne sont pas en eux même concrètement inflationnistes: cet argent ne se déverse pas dans les économies. Cet argent est neutralisé.

      C’est plus tard, que la question se posera, à l’exit éventuel. L’exit fera courir le risque de l’accélération de la vitesse de circulation de la monnaie puisqu’il coïncidera avec une reprise des économies. La monnaie partira à la recherche de sa contrevaleur , lorsque les utilités marginales basculeront pour parler savant.

      Contrairement à ce que l’on pense en ce moment nous sommes dans le meilleur des mondes: liquidités surabondantes pour tous, cout de l’argent zéro, on accepte l’eau des égouts comme collatéraux, les comptabilités sont fausses et … on entretient l’espoir, ce qui fait se tenir tranquille les peuples.

      L’espoir est une drogue, « l’espoir, votre sale espoir disait Antigone ».

  1. Documentation importante.

    Il y a beaucoup d’étudiants, d’économistes et d’honnêtes gens, au sens du 18e siècle, qui consultent ce blog. Ils ne se contentent pas du café du commerce. Pour eux je signale un travail de grande qualité fait par Ann Pettifor, remarquable économiste, une bonne, comme nous disons, une bonne qui n’en déplaise aux kleptos et incapables officiels a prédit la crise.

    Ann Pettifor à l’occasion/prétexte de l’analyse du livre « Capitalism » de Geoffrey Ingram sorti en 2008, vient de publier une superbe note intitulée « The Global Financial Crisis ». C’est une spécialiste du crédit et de la banque, une vraie, pas comme les économistes mercenaires stipendiés des banques!

    « Debtonation » reprend notre thèse de la monnaie et du crédit- biens communs. Le titre du travail est: “The power to create money out of thin air”

    Elle se pose les questions que les Hollande, Moscovici et autres auraient du se poser avant même de songer à envisager de postuler à gouverner: Comment une société peut elle reprendre le contrôle de ce bien commun qu’est le crédit? Comment éviter que le bien public que constitue la liquidité, ne soit confisqué par la finance?

    Peu importe qu’elle ait des opinions différentes des nôtres sur la question de la primauté de l’individu ou celle de la société, quand on aura récupéré le bien commun, on verra on en reparlera, pour l’instant ce qu’il faut c’est le retirer des mains des banquiers, des socio-démos, des fausses droites et de leurs alliés.

    Pas à lire, non, à étudier.

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