Allemagne

L’Edito du Dimanche 24 Mars 2013: Pourquoi il faut marcher sur les pieds et non sur la tête par Bruno Bertez

L’Edito du Dimanche 24 Mars 2013: Pourquoi il faut marcher sur les pieds et non sur la tête par Bruno Bertez 

  Sarkozy revient sur le devant de la scène. Il est sorti des coulisses et rentre par la grande porte: celle du scandale.  On le sentait venir, les appels à son retour n’étaient pas innocents. Il y avait anguille sous roche et l’anguille, c’était celle de l’inculpation.

 La stratégie a consisté à repolitiser Sarkozy, à le tirer de son exil et de sa réserve pour pouvoir politiser par contrecoup son  inculpation. La droite, le peuple, vont donc être instrumentalisés au service de Sarkozy.  Les Français tombent dans un nouveau piège.

     Depuis l’élection de Hollande, il n’y a aucune opposition. Personne n’a pris en charge la représentation des Français qui ne sont  pas d’accord avec le gouvernement et son parti. L’assemblée ne représente rien, si ce n’est la soumission des godillots et l’impatience d’un groupe qui n’attend que la reconquête du pouvoir par défaut.

 Pourquoi?

 Parce que les partis politiques sont des machines au service d’un ou plusieurs hommes et non pas des organisations destinées  à représenter et défendre les citoyens. Ce ne sont pas des corps intermédiaires, ce sont des tremplins, voire des échafaudages. En conséquence, une fois dans l’opposition, ils n’ont rien à dire. Ils n’ont rien d’autre à faire que de se quereller afin de savoir qui sera l’heureux désigné lors de la prochaine présidentielle. D’où le grand vide.

 Pas d’analyse des projets gouvernementaux, pas de débat, pas d’écoute de la société civile. Tout au plus quelques petites phrases de temps à autre pour ne pas être oubliés des médias, telle est la seule activité  des leaders de l’opposition.

 Lorsque la société civile se rebelle, personne ne prend la tête, ne la guide, ne l’éclaire; non, seules quelques personnes secondaires viennent se joindre aux manifestations, tenter de récolter quelques miettes. On le voit avec la Manif Pour Tous du 24 Mars. Le peuple est seul.

  L’inculpation de Sarkozy s’inscrit dans ce contexte. Elle est redevable d’une analyse.

PLUS DE BERTEZ EN SUIVANT:

  La France n’est pas une démocratie. Les campagnes électorales sont mensongères, elles déclenchent des votes qui sont obtenus de façon dolosive. Les Présidents ne sont pas Présidents, mais chefs de parti déguisés en Présidents. C’est non pas le respect de ce que veulent dans leur ensemble les Français, mais le « ôte-toi de là que je m’y mette ».

En fait, une clique au pouvoir en remplace une autre qui ne cherche qu’à défaire ce que les précédents ont fait. Sarkozy a échoué dans son putsch pseudo libéral, réel dirigiste;  Hollande a échoué dans son hold-up socialiste. On part de l’idée que faire et défaire, c’est toujours travailler, ce qui est faux. Car, ainsi conçu, faire et défaire c’est détruire, perturber, gaspiller. On gaspille du temps pour résoudre la crise, préparer la France aux défis de la réorganisation globale qui s’esquisse. Sarkozy a défait, pulvérisé la droite en cinq ans, Hollande a brisé la gauche en quelques mois.

La guerre des chefs Fillon/Copé a privé l’opposition politique de toute possibilité d’expression, de critique  et de proposition. Sarkozy en a profité pour refaire surface. La gauche, désorientée par ses échecs et sa chute de popularité, a saisi l’aubaine de la remontée du « pantin » pour s’installer et pour mettre en spectacle pour le jeu de massacre et la diversion.

 Entendez-nous, nous ne qualifions pas Sarkozy de pantin, ce que nous visons, c’est son utilisation en tant que pantin pour recevoir les coups du jeu de massacre. Ce n’est pas la même chose. Nous estimons en effet que Sarkozy aurait dû, maintenant que la question de l’héritage est évacuée,  mettre sa blessure narcissique dans sa poche et conduire l’opposition au lieu de se réfugier dans l’amertume. Il y était crédible, autorisé par l’expérience. Sa pugnacité aurait fait merveille. Quitte à  annoncer qu’il ne briguerait pas un second mandat. Condition sine qua none.

 Résultat, il n’y a pas toujours pas de chef de l’opposition, pas de voix pour crier, démonté, expliqué, travailler en profondeur, il n’y a rien. Résultat, celui qui était désigné naturellement est perdu dans un combat ridicule et décrédibilisant. Comme d’autres avant lui, il patauge dans la fange au lieu de mettre son énergie, ses connaissances des dossiers, son réseau au service du pays. Il faut dire qu’il avait fait le même coup à Villepin, il l’avait neutralisé au lieu d’utiliser son expérience et son intelligence.

 Résultat, c’est le vide, le grand vide que la société civile est obligée de combler elle-même, spontanément, elle doit improviser. Certes il y a des gens bien, et très bien, mais disposer de capacités organisationnelles n’est jamais inutile; il faut des leaders de l’argent, un accès aux médias, des analyses cohérentes, des fichiers, des outils, du matériel de mobilisation et de propagande.

 Du temps de la Droite, du temps où il y avait une droite, il y avait une ossature de mobilisation capable d’agir sur le terrain. Il y avait des militants et des notables.

La gauche, avec l’aide de la fausse droite, ont  réussi à les détruire. Sur le terrain, de nos jours, la Droite ne fait pas le poids face à la gauche, laquelle mobilise aussi bien ses troupes syndicales que ses troupes du socialisme municipal. La gauche n’a jamais hésité à utiliser le pouvoir de la rue pour s’opposer aux projets -justes ou injustes- qui lui déplaisaient. Elle a toujours utilisé la résistance du corps social à son profit. Il est temps d’apprendre la leçon.

 Le pouvoir, la mobilisation des citoyens dans le cadre de la société civile, ne sont pas honteux, au contraire, ils sont nobles, preuve d’esprit de citoyenneté et de responsabilité. C’est ce que nous appelons: marcher sur les pieds, alors que l’élite politique cooptative et auto-désignée ne marche que sur la tête.

La droite, privée de ses organisateurs populaires est démunie, désarmée. Elle a tout misé sur la télé, les médias, les chefs politiques professionnels, maintenant qu’elle n’a plus ni médias à sa botte, ni chefs, elle est livrée à elle-même. Contrainte de s’inventer, de se donner une raison d’être unie, des moyens d’action communs, des objectifs mobilisateurs. Les excès socialistes facilitent l’émergence de tout cela, c’est une opportunité à ne pas gâcher. Certains disent que la France politique est en décomposition, nous affirmons le contraire: elle est en recomposition, là où il faut, à la base.                         

 Nous pensons que le calme actuel aura du mal à durer jusqu’en septembre,  date de l’élection en Allemagne. Apres cette élection le pouvoir allemand aura les mains libres pour imposer ses véritables vues. Nous incitons à considérer que ses vues sont préfigurées par ses exigences à l’égard de Chypre.

BRUNO BERTEZ Le Dimanche 24 Mars 2013

llustrations et mise en page by THE WOLF

EN BANDE SON:

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