Douce France

Crise: Nouvelle focalisation sur les bilans bancaires accumulés

Crise: Nouvelle focalisation sur les bilans bancaires accumulés

Chypre a remis la tolérance des Etats européens (Suisse comprise) à la taille du secteur bancaire au premier plan.

Quel est le poids des actifs bancaires tolérables par un pays? Chypre n’a pu sauver seul ses banques en faillite. Mais quel Etat européen en est-il capable? A partir de quel rapport entre bilans bancaires cumulés et PIB un pays devient-il impuissant?

(cliquez pour aggrandir) 

La réponse est bien sûr à nuancer. En fonction du PIB, mais aussi du budget de l’Etat et de l’état des finances publiques. Sans parler du type d’établissement, de la concentration bancaire ou du montant des actifs des grandes banques. Le secteur bancaire européen  apparaît très fragile de ce point de vue. Inutile de revenir sur l’Islande, dont les actifs financiers ont atteint 10 fois le PIB avant le défaut de paiement (envers les déposants). Ni sur l’Irlande, qui a imposé à ses citoyens le sauvetage du système bancaire. Qu’en serait-il du Luxembourg,  modèle extrême avec des actifs bancaires de l’ordre de 18 fois le PIB. Ou de Malte (8 fois)?

Avec des ratios supérieurs à 5, Royaume-Uni et Suisse donnent certainement matière à réflexion. Même si la concentration des actifs dans les grandes banques britanniques en 2012 (68%) peut paraitre plus préoccupante que celle des grandes banques suisses (55%). RBS, Barclays et HSBC à elles seules représentent plus de trois fois le PIB britannique. Les finances du gouvernement sont dans un état alarmant, ce qui n’est pas le cas en Suisse.

Le surpoids des deux grandes banques suisses avait déjà été relevé par le Conseil de stabilité financière de la BRI dans son rapport de janvier 2012 (basé sur les chiffres de 2010).

UBS et Credit Suisse représentent chacun plus de deux fois le PIB du pays. Malgré le déclin relatif du secteur bancaire en Suisse, passé de 9 fois le PIB en 2006 à 6,6 en 2010, sa concentration restait l’une des plus élevées en comparaison  G10. Ce ratio aurait encore décliné depuis lors, d’après les chiffres de la Banque nationale.

PLUS DANOMALIES BANCAIRES EN SUIVANT:

Poids des banques européennes

En termes de poids du secteur, Pays-Bas, Suède et France présentent aussi des fragilités mais, d’après les chiffres disponibles auprès de la Banque centrale européenne, les profils de concentration bancaire de la Suède et de la France sont les plus excessifs.

Avec 92% des actifs bancaires regroupés au sein de quelques grands groupes, la France présente une structure extrême. Quinze institutions de crédit domestiques détenaient en 2012 des actifs de 6661 milliards d’euros,
soit plus de 3 fois le produit intérieur brut (PIB).

Selon l’agence de notation Egan-Jones, les actifs des cinq plus grandes banques françaises égalent près de 300% du PIB du pays, soit plus du double du ratio allemand (125%).

A 1907 milliards d’euros, les actifs de BNP Paribas seuls sont presque équivalents au produit intérieur brut français (L’Agefi du 27 février). La faiblesse du budget public français rendrait la résolution d’une quelconque crise au sein des ces groupes très problématique.

Les ratios actifs bancaires/PIB des Pays-Bas et de la Suède (respectivement 4,6 et 4,2) sont toutefois nettement plus élevé que celui de la France (3,3) mais la concentration bancaire de la Suède s’y apparente (90% des actifs bancaires se trouvent dans moins d’une quinzaine de groupes). Une certaine vigilance est donc de rigueur.

Au Danemark dont le rapport banques/PIB est de 3,8 environ, c’est le secteur hypothécaire qui mérite d’être surveillé. Ce qui inquiète est la taille du marché, relativement à celle du pays. 296,5 milliards d’euros en 2011 pour un PIB de 247 milliards (L’Agefi du 12 février).

Les données espagnoles racontent une autre histoire encore. Son rapport actifs bancaires/PIB est proche de 3,7 mais c’est la hausse spectaculaire des créances douteuses, relevée par le Conseil de stabilité financière dès 2011, qui pose problème car elles sont passées de moins de 2% en 2008 à plus de 10% en 2013.

L’appel à l’aide des mécanismes de sauvegarde européens (OMT) ne parait cependant plus à l’ordre du jour. Pour l’instant.

Ce qui frappe certainement le plus est la place extraordinaire que les pays européens les plus avancés ont laissé prendre à leurs secteurs bancaires. Aux Etats-Unis, le PIB reste un multiple du secteur bancaire et pas le contraire. Le ratio se lit dans le sens PIB/actifs bancaires et se monte à environ 1,5.

Alors qu’en Europe, ce ratio inversé est presque synonyme de sous-développement puisqu’il est réservé à la République Tchèque, à la Pologne, à la Lituanie, à la Slovaquie ou à la Roumanie. Le ratio américain s’explique naturellement par une structure du financement de l’économie entièrement différente.

Les entreprises et les hypothèques américaines sont largement financées par titrisation et non par crédit bancaire. Même si, comme on l’a vu en 2007, l’accumulation de certains titres sur le bilan des banques n’a pas été sans poser quelques très sérieux problèmes.

Nicolette de joncaire/Agefi Suisse 27/3/2013

http://agefi.com/une/detail/artikel/chypre-a-remis-la-tolerance-des-etats-europeens-suisse-comprise-a-la-taille-du-secteur-bancaire-au-premier-plan.html?catUID=15&issueUID=291&pageUID=8672&cHash=5de55e2569a0ca9abb26ed7e442115f0

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s