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Innovation/Energie: Des pizzas électriques

Innovation/Energie: Des pizzas électriques

Des pizzas surgelées pourraient servir de réservoir ­électrique temporaire. C’est l’idée développée par IBM et Migros

Le principe de FlexLast (simulation)

A Neuendorf (Soleure), le distributeur transforme ses entrepôts frigorifiques en une gigantesque batterie de réserve. Le projet, FlexLast, développé par le centre de recherche d’IBM Rüschlikon, est simple dans son principe. Lorsque l’énergie électrique est abondante, les installations tournent à plein régime et refroidissent au maximum (-28 degrés) les 11 500 tonnes de glaces, pizzas, poissons, viande, produits boulangers ou légumes, stockés dans des hangars dont la surface est équivalente à 30 terrains de football. A l’inverse, si l’énergie électrique se fait rare, les installations frigorifiques peuvent être arrêtées pendant plusieurs heures, voire quelques jours pour autant que la température ne remonte pas en dessus de -24 degrés. L’énergie à disposition du réseau est équivalente à la consommation des entrepôts, soit à celle de 1500 maisons individuelles. Evidemment, l’énergie tampon libérée par les entrepôts de Migros varie selon l’activité, l’état du stock, les conditions climatiques, etc. La disponibilité doit être modélisée pour améliorer les prévisions énergétiques.

FlexLast est le fruit d’une collaboration entre le centre de recherche d’IBM Rüschlikon, les Forces motrices bernoises, ­Swissgrid, l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) et Migros. Il préfigure de ce que seront les réseaux électriques de demain. Intelligents, ils intégreront des productions décentralisées ou interrompront des clients en cas de besoin.

IBM teste au Danemark une autre forme de réservoirs électriques en connectant 600 maisons individuelles sur l’île de Bornholm. Comme l’explique le chercheur Douglas Dykeman dans la revue Think! d’IBM, si les gros entrepôts offrent des quantités d’énergie disponible très ­appréciables, de petites installations comme celles des ménages peuvent être débranchées très rapidement, alors que de gros ventilateurs exigent un bon quart d’heure pour réagir. Les chercheurs s’intéressent ­également aux voitures ­électriques et à leurs batteries, qui pourraient servir de réservoir tampon, notamment lorsqu’elles sont stationnées aux heures de pointe. Des expériences pilotes sont en cours en Californie, notamment auprès de grands distributeurs. Evidemment, de tels réservoirs ne remplacent pas les barrages hydroélectriques suisses, qui régulent les réseaux et fournissent une énergie de pointe en grande quantité en une fraction de seconde. Une flexibilité dont la valeur ­augmentera avec la montée en puissance des énergies renouvelables dites intermittentes (éolien, solaire photovoltaïque). Migros, qui exploite depuis quelques jours la plus grande centrale solaire suisse sur les toits de ses hangars de ­Neuendorf, ne dévoile aucun chiffre, ni à quel prix elle revend sa prestation. Mais nul n’ignore que le kWh le moins cher est toujours celui qui n’est pas ­produit!

Par Pierre Veya/ le Temps 30/8/2013

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/04396ef0-10cd-11e3-aa8a-ebb496951099/Des_pizzas_�lectriques

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