Commentaire de Marché

Ce qu’on voit, ou pas: les nouvelles trompeuses sur la France Par Patrick de Casanove

Ce qu’on voit, ou pas: les nouvelles trompeuses sur la France Par Patrick de Casanove

Le président du Cercle Bastiat s’inquiète des fondamentaux de la France, qu’il juge mauvais. Il en appelle à la diminution des dépenses publiques et à la libéralisation de l’économie privée

sondage-hollande

Like the US, France has been running budget deficits as far as the eye can see. The red line indicates a balanced budget.

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France’s unemployment rate is running 10.90%.

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France’s gross fixed capital investment has been falling recently.

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Ce qu’on voit: médias et politiciens se réjouissent de l’embellie inattendue de l’économie française.

Ce qu’on ne voit pas: les fondamentaux français sont mauvais. Les dettes, les déficits, la large étatisation et le poids excessif des dépenses publiques coulent notre économie. La disparition de la responsabilité individuelle pour les retraites, le système de santé ou l’éducation nuit au pays. L’éducation nationale, en échec patent et délibéré, ne remplit plus son rôle de formation ni d’instruction. Des générations entières sont sacrifiées. Notre organisation sociale, où tout dépend de l’Etat, engendre des divisions et des haines qui dressent les citoyens les uns contre les autres. Les fameuses réformes de société aggravent la situation. Le tissu national se délite. Il s’ensuit un climat de guerre civile larvée, des tensions, des «zones de non-droit», des émeutes. La composition même de la population change. L’intervention de l’Etat, qui ne connaît que le collectivisme, les groupes, le clientélisme, induit la communautarisation de populations qui ne veulent pas s’intégrer. Le scrutin majoritaire et l’achat de voix n’arrangent rien.

Les fonctions régaliennes sont en ruine. La justice n’est pas rendue. Elle est détournée et de plus en plus politique. La sécurité intérieure est défaillante partout, de grandes parties du territoire national n’obéissent plus aux lois de la République. L’armée n’est plus que l’ombre d’elle-même, privée de moyens matériels et humains.

Les politiciens sont des carriéristes, cooptés, sans expérience de la vie. Mais ils se mêlent de tout, surtout de ce qui ne les regarde pas. Ils ont manipulé et trompé l’opinion pendant des dizaines d’années. Ils expliquent maintenant que la France va bien, mais que les Français ont une propension morbide à se dénigrer, à déprimer sans raison. Ces malheureux Français ne se rendent pas comptent qu’ils ont la chance unique de vivre dans un pays de cocagne, gouverné par les meilleurs politiciens, qui ont bâti un modèle économique et social que le monde entier nous envie.

Il est inutile d’aller plus loin. Avec de tels fondamentaux, la France ne peut pas s’en sortir. Un mieux ne peut-être que conjoncturel et provisoire. La cause de tout cela n’est pas extérieure. Ce n’est pas «la crise», la «finance internationale», la «mondialisation», «le dumping social». La France meurt parce qu’elle est socialiste. Tous les pays socialistes meurent un jour. Mais les agonisants ont parfois des périodes d’amélioration trompeuse de leur état.

«Le bien de chacun favorise le bien de tous, comme le bien de tous favorise le bien de chacun. Et par là même raison: simplicité dans les gouvernements, respect de la dignité individuelle, liberté du travail et de l’échange, paix entre les nations, sécurité pour les personnes et les propriétés, tout cela est contenu dans cette vérité: les intérêts sont harmoniques – à une condition cependant, c’est que cette vérité soit généralement admise.» Frédéric Bastiat, Harmonies économiques . Echanges.

Les Français ne connaissent pas Bastiat et cette vérité n’est pas admise.

Ce qu’on voudrait voir: le chômage et la misère vaincus.

Il n’y a qu’un moyen d’y parvenir: diminuer les dépenses publiques et libérer l’économie. Tous les pays qui ont mis en œuvre cette politique vont mieux, voire très bien. La liberté économique engendre toujours la prospérité. L’indice de la liberté économique le démontre depuis bientôt vingt ans. Elle permet de meilleurs résultats sur le social (moins de pauvreté, de chômage), sur l’éducation, sur l’environnement, sur la qualité de vie.

Le bon sens veut que l’on arrive à l’excédent budgétaire pour payer les dettes. Toutes les dettes: de l’Etat, de la Sécu, de la SNCF, etc. Il faut privatiser. Objectivement, la garantie des libertés individuelles est du ressort de la loi. Le reste appartient au contrat et à la coopération libre entre des personnes responsables de leurs actions.

«Il faut que le gouvernement soit fort contre les ennemis du dedans et du dehors, car sa mission est de maintenir la paix intérieure et extérieure. Mais il faut qu’il abandonne à l’activité privée tout ce qui est de son domaine. L’ordre et la liberté sont à ce prix.» Frédéric Bastiat, Profession de foi électorale de 1846.

Pour que les gens puissent agir et choisir, il faut d’abord alléger les prélèvements obligatoires, diminuer impôts et taxes, cela permettra à l’économie de repartir. Il faut que les individus récupèrent la totalité de leurs revenus, salaire complet pour un salarié, chiffre d’affaires moins les frais nécessaires à l’exercice de leur profession pour les autres. Le logement tant pour la construction que la location sera libre. Il en sera de même pour l’énergie, les transports, l’éducation, la santé, les retraites. L’épargne sera solide, le capitalisme français retrouvera des capitaux contribuant à la souveraineté nationale. Les individus comprendront que la coopération libre améliore leur situation. Le contrat doit remplacer la loi, ce qui entraînera une énorme simplification, voire une disparition des multiples codes et règlements qui paralysent la France. La prospérité ne sera pas un accident. Elle sera pérenne, donnant aux gens les moyens de rechercher le bonheur dans une société apaisée.

La France est bien loin de tout ça mais elle n’est pas irréformable. Le mur de Berlin a fini par tomber! Le recours à la démocratie directe peut être un moyen pacifique d’y parvenir. La Suisse fait partie des cinq pays les plus libres de la planète et s’en porte très bien! Les rapports sociaux y sont apaisés, les syndicats n’y sont pas politisés. La production industrielle y constitue une part plus importante du PIB qu’en France. Il n’y a pas de chômage. Selon le rapport OCDE 2011, les Suisses auraient le meilleur système de santé du monde! Des populations de langues et cultures différentes y vivent tranquillement. Quant aux politiciens suisses, leur modestie devrait inspirer les nôtres. Malheureusement, ce n’est pas le cas.

Par Patrick de Casanove Président du Cercle Bastiat/ Le Temps 2/10/2013

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/141a03b2-2ab7-11e3-a07f-b64e5076b0e6

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