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Création Monétaire . La liquidité aux Etats-Unis n’alimente que les marchés financiers? Pas convaincant! Et si elle provoquait de l’hyperinflation?

Création Monétaire . La liquidité aux Etats-Unis n’alimente que les marchés financiers? Pas convaincant! Et si elle provoquait de l’hyperinflation? 

Si les théories monétaristes étaient encore d’actualité, la création monétaire massive des Américains (et accessoirement des Européens) devrait avoir débouché depuis longtemps sur de l’hyperinflation. On entend, et l’on dit beaucoup que ce n’est pas le cas parce que cette  liquidité est absorbée par les marchés financiers. Cette manière de voir n’est pas unanime. La Chine reproche à la Fed et à ses achats de Treasuries à grande échelle d’alimenter l’inflation sur son territoire.

On peut sérieusement se demander si une inflation masquée ne règne pas également en Europe.  Sachant que les chiffres officiels ne reflètent guère le phénomène mais que leurs calculs ont subi des changements méthodologiques qui, selon certains experts, les ont notoirement biaisés. Si l’on en croit les chiffres officiels, l’inflation n’a jamais été aussi faible. En zone euro, les prix à la consommation auraient augmenté d’à peine plus de 2% par an en moyenne depuis 2000. Aux Etats-Unis, ils se seraient accrus de 2,5% par an sur la même période. L’inflation moyenne de la zone euro a été chiffrée à 2,6%  et à 1,7% aux Etats-Unis en 2012. 

La perception ne reflète pas ce constat. Mais, selon les experts européens elle ne reposerait sur aucune base solide. Les Américains ont le mérite d’être plus transparents. Et de reconnaitre que la méthodologie adoptée par le Bureau of Labor Statistics, responsable du Consumer Price Index  a été modifiée,  en 1980 puis en 1990. Dans le but avoué de ne pas «surévaluer» l’inflation

 

Le biais statistique masque le péril hyperinflationniste 

«Les Etats-Unis poursuivent une politique qui pousse, à la hausse, le prix des produits de base dans le reste du monde …  Ce qui fait peur à la Chine c’est l’inflation, et en premier lieu l’inflation alimentaire… Les efforts que font les Etats-Unis pour provoquer ou encourager cette inflation sont perçus par la Chine comme un acte d’agression, destinés à la déstabiliser» explique Philippa Malmgren, co-fondatrice de Principalis et ancienne conseillère du Président des Etats-Unis. 

On peut sérieusement se demander si une inflation masquée ne règne pas également en Europe.  Sachant que les chiffres officiels ne reflètent guère le phénomène mais que leurs calculs ont subi des changements méthodologiques qui, selon certains, les ont notoirement biaisés.  

 Si l’on en croit les chiffres officiels, l’inflation n’a jamais été aussi faible. En zone euro, les prix à la consommation auraient augmenté d’à peine plus de 2% par an en moyenne depuis 2000. L’inflation moyenne de la zone a été chiffrée à 2,6% pour 2012.

 La perception ne reflète pas ce constat et les consommateurs se plaignent, depuis l’avènement de la monnaie unique, d’une inflation cachée dont ils souffrent sans réussir à la faire reconnaitre. A la suite de l’introduction de l’euro, les consommateurs italiens, indignés de l’augmentation des prix se sont mis en grève des achats à plusieurs reprises entre 2002 et 2005. Des hausses niées par les chiffres officiels. 

Les exemples pointant sur des hausses bien plus substantielles que celles traduites par les indicateurs publiés abondent mais, selon les experts européens (dont ceux de l’INSEE en France), ne reposeraient sur aucune base solide. L’un des biais évoqué par ces experts est que l’évolution du prix des biens d’usage courant à valeur faible est plus perceptible que ne l’est celle des objets de valeur supérieure acquis moins fréquemment. «D’une part, le consommateur observe d’autant mieux les évolutions de prix que les produits correspondants sont achetés plus fréquemment. D’autre part, il est amené à surpondérer les prix en hausse par rapport à ceux qui restent stables ou diminuent, dans la mesure où ce sont les premiers qui peuvent constituer une menace pour l’équilibre de son budget. Ne tenant pas suffisamment compte des prix à la baisse, l’OPI (opinions personnelles sur l’inflation) est alors systématiquement au-dessus de l’IPC (indice des prix à la consommation)» explique l’INSEE dans un document publié en 2011. 

En d’autres termes, les consommateurs sont plus sensibles à la hausse du prix du pain qu’à la baisse de celui des ordinateurs et ne voient que les bouteilles à moitié vides. Par conséquent, les reproches adressés aux instituts de statistiques seraient abusives. 

Avec une inflation déclarée à 1,7% en 2012  (2,7% en moyenne sur la péridoe 2000-12) , les Américains ont tout de même le mérite d’être plus transparents. Et de reconnaitre que la méthodologie adoptée par le Bureau of Labor Statistics (BLS), responsable du Consumer Price Index (CPI), a été modifiée, une première fois en 1980 et une seconde en 1990. Sous le prétexte de  «mieux refléter le coût de la vie en fonction des changements d’habitude de consommation» mais aussi dans le but avoué de ne pas «surévaluer» l’inflation. 

Initialement, le CPI américain était déterminé par la comparaison d’un même panier de biens et de services à deux périodes différentes. Au fil du temps, l’approche a subi plusieurs révisions afin de tenir compte de mutations dans la qualité des produits et de substitutions entre produits en fonction des variations de prix. Ces changements méthodologiques génèrent bel et bien des indicateurs dont la valeur est très inférieure à ce qu’elle aurait été si l’on avait préservé les méthodologies préexistantes. De là à parler de manipulation politique, il n’y a qu’un pas.  

Un économiste américain du nom de John Williams publie deux indicateurs parallèles à ‘indicateur officiel, calculés sur les méthodologies originales de 1980 et 1990. Selon ses comparaisons, la disparité entre indicateurs «vintage»  et indicateurs «nouvelle vague» se monte entre 4 et 6%. Un autre économiste, David Ranson, estime que le CPI n’est pas un bon indicateur de prospective inflationniste et que le prix des matières premières offre une mesure bien plus fiable.  Les écarts qu’il obtient avec le taux officiel sont encore plus élevés que ceux de John Williams. Alors, inflation à 1% ou 2%, comme on nous le répète, ou inflation à 7% ou 8%, comparable à celle de la fin des années 1980, quel est l’impact réel des politiques d’assouplissement monétaire?

Nicolette de joncaire/ Agefi Suisse 3/12/2013

http://agefi.com/une/detail/artikel/la-liquidite-produite-aux-usa-nalimenterait-que-les-marches-financiers%3F-peu-convaincant.html?issueUID=465&pageUID=13893&cHash=dbf141682b2488faa8d775818657f6ca

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