Changes et Devises

La crise financière n’était pas un accident Par Marc Faber (Avec commentaire de Bruno Bertez)

 La crise financière n’était pas un accident Par Marc Faber (Avec commentaire de Bruno Bertez)

AVANT PROPOS de  Bruno Bertez

Voici une bonne tentative d’analyse de Marc Faber. Il abandonne ses déclarations catastrophistes et millénaristes à destination des médias pour revenir à ce qu’il sait bien faire; une analyse plus fondamentale.

Nous disons plus fondamentale et non pas fondamentale car Faber ne cherche pas, dans ce papier à aller au fond des choses, à être radical, non, il remonte un peu la chaine des causalités et les enchainements explicatifs, sans aller au bout.

En particulier, il démontre, ce qui est assez facile, que le fait de repousser les crises , de les traiter par les largesses monétaires ne fait que les retarder au prix d’une aggravation. Ses revues de crises passées sont intéressantes, en particulier sa revue de la crise mexicaine, un cas d’école qui …. malheureusement a  fait école et servi de modèle.

Nous apprécions sa remarque préliminaire qui souligne l’erreur des commentateurs, des médias et des responsables; lesquels imputent toujours les crises à un événement de court terme, au hasard. Marc ne dit pas pourquoi cela se passe ainsi. Mais il faut le dire. Si on disait pas, c’est la faute au hasard; la faute a pas de chance, alors il faudrait chercher les vraies causes et responsabilités et on remonterait à ceux qui dirigent et manipulent, les gouvernements et banques centrales. Ce faisant d’une part , on les pendrait haut et court et d’autre part on les priverait de la possibilité de recommencer. Or ce gouvernement, cette régulation par la manipulation de la monnaie, du crédit et la formation de bulles sont partie intégrante , maintenant de la panoplie des Maîtres. Il ne faut pas croire qu’ils ne savent pas ce qu’ils font , cela est cynique et délibéré, c’est une politique consciente. Et cela Faber ne le dit pas.

La théorie des marchés efficaces est la théorie crée pour permettre précisément ces politiques et dissimuler le système sous jacent. La théorie des marchés efficaces dit que les marchés prennent en compte toutes les nouvelles, noter bien « nouvelles » c’est à dire les titres de journaux, les déclarations des Maîtres etc. Elle ne dit pas qu’ils prennent en compte tout le « savoir », toute la « compréhension » toutes les articulations causales, non , tout cela est escamoté au profit d’un monde de surface, d’une combinatoire sur laquelle les puissants ont la  barre. Or ce qui gouverne , ce n’est pas ce que l’on sait , car ce que l’on sait peut être faux, ce qui gouverne, c’est la vrai, au sens scientifique du terme. Mais il faut, pour dominer, pouvoir manipuler les émotions, les réactions, les perceptions, c’est pour cela qu’est née la théorie des marchés efficaces. En particulier il faut nier les travaux de Minsky, de Keene, et de Charles Kindleberger.

Le réel est évacué du savoir, de la connaissance, des perceptions, mais ce n’est pas pour cela qu’il n’agit pas, au contraire. Plus il est ignoré, caché, plus il sape en profondeur. Et le réel c’est le recours excessif au crédit avec l’illusion que le niveau de la dette globale n’a pas d’importance. C’est cela qui doit rester secret , car sinon les Maitres perdent leur pouvoir. Il faut nier l’histoire comme histoire des crises de surendettement, des crises de spéculation, crises d’aventures monétaires; quitte à faire semblant d’admettre qu’il y a eu des erreurs que l’on ne re-commettra pas comme le fait Bernanke pour 1929. Restreindre la monnaie et le Crédit nous dit Bernanke, plus jamais cela!

De même Faber ne se demande pas pourquoi nos systèmes ont besoin de fonctionner ainsi, d’aller de crises en crises cahin-caha. Or c’est le point essentiel que celui de savoir pourquoi on ne peut pas faire autrement dans la structure sociale présente et dans l’état du monde tel qu’il est. La raison fondamentale des crises c’est la volonté de faire durer l’ancien, l’ordre ancien, de le reproduire coute que coute, même si il a fait son temps. Et cela est particulièrement clair concernant l’ordre mondial actuel; il est dépassé et ne traduit plus les hiérarchies, les rapports de forces et de puissance.

▪ Observateur éloigné mais néanmoins intéressé par l’histoire et les marchés d’investissement, je suis fasciné par la façon dont les grands événements qui trouvent leur origine dans des tendances long terme sont souvent expliqués par des causes court terme.

On explique ainsi la Première Guerre mondiale comme étant une conséquence de l’assassinat de l’archiduc Franz Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois ; on explique la Crise de 1929 comme étant le résultat de la rigueur des politiques monétaires de la Fed ; on explique qu’Hitler est la cause de la Seconde Guerre mondiale ; et que la guerre du Vietnam est le résultat de la menace communiste.

De même, on attribue la désinflation qui a suivi l’année 1980 aux politiques monétaires restrictives de Paul Volcker. Le krach boursier de 1987 est de la faute des assurances de portefeuilles. Et la crise asiatique et le krach boursier de 1997 sont attribués aux étrangers ayant attaqué le baht (la monnaie thaïlandaise). Toutefois, si l’on regarde de plus près tous ces événements, on voit que leur cause était bien plus complexe et qu’un caractère inévitable entrait toujours en jeu.

▪ Complexe et inévitable

Prenons par exemple le krach boursier de 1987. A l’été 1987, le marché boursier était devenu extrêmement suracheté et une correction était inévitable, peu importe à quel point l’avenir semblait prometteur. Entre le plus haut d’août 1987 et le plus bas d’octobre 1987, le Dow Jones a dévissé de 41%. Comme nous le savons tous, le Dow n’a cessé de monter les 20 années suivantes, pour atteindre un plus haut en octobre 2007 à 14 198.

Ces variations nous rappellent que nous pouvons subir de fortes corrections à l’intérieur même de tendances long terme. La crise asiatique de 1997-1998 est également intéressante parce qu’elle a eu lieu bien après que les fondamentaux macroéconomiques asiatiques aient commencé à se dégrader. Sans surprise, les analystes, gestionnaires de fonds et stratégistes asiatiques, en éternels optimistes, sont restés positifs sur les marchés asiatiques jusqu’à ce qu’éclate la catastrophe en 1997.

Mais même pour l’observateur le plus candide, il aurait dû être évident que quelque chose n’allait pas. L’indice Nikkei et le marché boursier taïwanais avaient atteint un sommet en 1990 et ont eu tendance à baisser ou à stagner par la suite, alors que la plupart des autres bourses en Asie ont culminé en 1994. En fait, l’indice Thailand-SET avait déjà dévissé de 60% par rapport à son plus haut de 1994 lorsque la crise financière asiatique a fait chuter le baht de 50% en quelques mois. Cet événement a sorti les analystes et les médias continuellement optimistes de leur léthargique contentement de soi.

Je suis d’accord avec le regretté Charles Kindleberger, qui avait déclaré que « les crises financières sont associées aux pics des cycles économiques », et qu’elles « sont le point culminant d’une période d’expansion et précèdent une phase descendante ». Toutefois, je suis également d’accord avec J.R. Hicks, qui affirmait qu’une « crise réellement catastrophique » a toutes les chances d’avoir lieu lorsqu’il y a une profonde instabilité monétaire — lorsque le pourrissement touche au plus profond le système monétaire ».

▪ Il n’y a pas de hasard

En résumé, une crise financière n’arrive pas par hasard mais après une longue période d’excès (politiques monétaires expansionnistes et/ou politiques budgétaires conduisant à une croissance excessive du crédit et à une spéculation excessive). Le problème réside dans l’établissement du moment de début de la crise. En général, comme c’était le cas en Asie dans les années 1990, les conditions macro-économiques se dégradent bien avant le début de la crise. Toutefois, les politiques monétaires expansionnistes et une croissance excessive de la dette peuvent allonger la durée du développement économique pendant une très longue période.

Dans le cas de l’Asie, les conditions macro-économiques ont commencé à se dégrader en 1988 lorsque le commerce des pays asiatiques et les excédents de balance courante ont chuté. Ils sont par la suite devenus négatifs en 1990. Toutefois, le développement économique a continué — largement financé par des emprunts étrangers excessifs. Résultat : à la fin des années 1990, juste avant la crise de 1997-1998, les baissiers asiatiques étaient totalement discrédités par le grand nombre de haussiers et leur point de vue était largement ignoré.

Même si les Asiatiques n’étaient pas si naïfs et n’allaient pas jusqu’à croire que « le niveau global d’endettement n’a pas d’importance… le passif de l’un est l’actif de l’autre » (comme le disait Paul Krugman), ils ont avancé plusieurs autres arguments en faveur de l’expansion économique continue de l’Asie et pour expliquer pourquoi l’Asie ne connaîtrait jamais le genre de « crise tequila » que le Mexique avait traversé à la fin de 1994, lorsque le peso mexicain s’est effondré de plus de 50% en quelques mois.

 Les crises financières n’arrivent pas par hasard. En voici un nouvel exemple.

En 1994, la Fed a augmenté le taux des fonds fédéraux de 3% à près de 6%, provoquant une débâcle du marché obligataire. Les bons du Trésor US à 10 ans ont grimpé de moins de 5,5% fin 1993 à plus de 8% en novembre 1994. A leur tour, les marchés actions et obligations des émergents se sont effondrés. En 1994, il était devenu évident que les économies émergentes perdaient de leur dynamisme et que le monde se dirigeait vers un important ralentissement économique, voire une récession.

Mais lorsque le président Clinton décida de renflouer le Mexique, passant outre l’opposition du Congrès US mais avec le soutien des leaders républicains Newt Gingrich et Bob Dole, et exploita un obscur fonds du Trésor pour prêter au Mexique plus de 20 milliards de dollars, les marchés se stabilisèrent. Les prêts accordés par le Trésor américain, le Fonds monétaire international et la Banque des règlements internationaux se sont élevés au total à près de 50 milliards de dollars.

Ce sauvetage a été beaucoup critiqué, cependant. L’ancien co-président de Goldman Sachs, le secrétaire au Trésor Robert Rubin, a utilisé les fonds pour renflouer les obligations mexicaines assurées par Goldman Sachs et dans lesquelles l’entreprise possédait des positions d’une valeur d’environ cinq milliards de dollars.

Ce n’est pas mon sujet ici de discuter des mérites et des échecs du sauvetage du Mexique en 1994. (Mes lecteurs réguliers savent à quel point je suis critique devant toute forme de renflouage.) Toutefois, ses conséquences ont été que les obligations et les actions ont grimpé en flèche. En particulier après 1994, les obligations et les crédits des marchés émergents ont excellemment performé — c’est-à-dire jusqu’à la crise asiatique en 1997. Clairement, il y avait sur le coût de l’économie mondiale une sorte d’aléa moral parce que les investisseurs, enhardis par le renflouage, se sont rués sur les crédits des marchés émergents, même de moindre qualité.

Plus haut, j’ai mentionné que, en 1994, il était devenu évident que les économies émergentes avaient renversé la vapeur et que le monde se dirigeait vers un magnifique ralentissement économique sinon une récession. Mais le renflouage du Mexique a prolongé le développement économique des économies émergentes en rendant disponible les capitaux étrangers avec lesquels financer leur commerce et leurs déficits courants. En même temps, il a conduit à une crise bien plus grave en Asie en 1997, puis en Russie et aux Etats-Unis (LTCM) en 1998.

La leçon que j’ai donc tirée de la crise asiatique est qu’elle a été dévastatrice parce que, étant donné le cycle économique naturel, l’Asie aurait déjà dû ralentir en 1994. Mais du fait du renflouage du Mexique, l’expansion asiatique a été prolongée grâce à la disponibilité des crédits étrangers.

▪ Les disparités s’élargissent

Ce financement de la dette en devises étrangères a créé une énorme disparité des actifs et des dettes. Les actifs qui ont servi comme nantissement de prêts étaient libellés en devises locales tandis que les dettes l’étaient en devises étrangères. Cette dissonance a exacerbé la crise asiatique lorsque les monnaies ont commencé à faiblir, parce qu’elle incitait les entreprises locales à convertir les monnaies locales en dollars aussi vite que possible dans le but de couvrir les risques de change. 

A son tour, l’affaiblissement des monnaies asiatiques a réduit la valeur des nantissements, parce que les actifs locaux ont perdu de la valeur non seulement en monnaies locales mais également et d’autant plus en dollars. Cela a incité les nationaux et les étrangers à liquider leurs emprunts étrangers, leurs obligations et leurs actions. Par conséquent, alors que le marché boursier indonésien n’a baissé “que” de 65% entre son plus haut de 1997 et son plus bas de 1998, il a chuté de 92% en dollars du fait de l’effondrement de sa monnaie, la roupie indonésienne.

Soit dit en passant, en ayant la capacité d’emprunter en dollars américains adossé à des actifs en dollars américains les Etats-Unis possèdent un gros avantage car cela ne conduit pas à une disparité entre les actifs et les passifs. Par conséquent, peut-être que les analgésiques économiques de Krugman, qui n’ont apporté qu’un soulagement temporaire des symptômes de la maladie économique, ont bien fonctionné pendant un certain temps dans le cas du Mexique mais ils ont créé un gros problème pour l’Asie en 1997.

De même, la bulle immobilière recommandée par Krugman en 2001 a temporairement soulagé certains des symptômes du malaise économique mais elle a conduit par la suite à la grave crise de 2008. Par conséquent, il apparaît que, le plus souvent, les renflouages créent de plus gros problèmes pour l’avenir et que les autorités ne devraient les utiliser qu’avec parcimonie.

Source Chronique Agora déc. 2013

http://la-chronique-agora.com/crise-financiere-accident/

Alors que 2013 touche à sa fin, Marc Faber a livré à KWN ses prévisions pour 2014 :

« Je suis justement en train d’y réfléchir. Et plus je cogite, plus je me dis que je ne sais absolument pas comment 2014 va se terminer. Tout d`abord, nous avons un regain de tensions géopolitiques en Asie (note : Japon, Chine et Corée du Sud dans une moindre mesure). Qui sait sur quoi tout cela va déboucher ?

Je ne pense pas que l`on se dirige vers une guerre, mais les tensions pourraient s`aggraver au point d`avoir des conséquences économiques en Asie, ainsi que sur les devises du continent, surtout le yen.

Même si shorter le yen aujourd`hui est une stratégie populaire, je pense que la devise japonaise pourrait continuer à s`affaiblir. Cela serait favorable pour le dollar.

Par contre, et contre toute attente, l`euro s`est apprécié face au dollar. Je pense pourtant que les économies de la zone euro sont dans la pire des situations, sans parler de leur système financier, qui est plus bancal que celui des États-Unis. Je serais donc plutôt en faveur du dollar que de l`euro. L`indépendance énergétique des États-Unis me rend également plus optimiste pour le billet vert.

En ce qui concerne les marchés actions, la grande question est la suivante : depuis 2010, les marchés américains ont surperformé par rapport aux économies des pays émergents. Les ratios de PE (ratio cours sur bénéfice, qui s`obtient en divisant le cours d`une action par le bénéfice qu`elle rapporte) des USA sont élevés, ce qui indique que les retours devrait être modeste pour les 7 à 10 ans à venir.

Simultanément, les marchés des pays émergents se sont repliées. Si on ajuste les niveaux en prenant en compte la dévaluation de la monnaie locale, comme le real brésilien, la roupie indienne, etc., il s`agit d`une baisse de 30 à 50 %. La question est de savoir : dois-je continuer à acheter des actions américaines, qui ne pourront pas grimper inexorablement, ou dois-je petit à petit me tourner vers les marchés des pays émergents.

Je pense qu`il est probablement trop tôt que pour faire ce changement, mais qu`il est trop tard pour acheter des actions américaines. Elle pourrait encore augmenter de 10, voire 20 %, mais les risques sont désormais très élevés. Les riches ne sont pas totalement idiots. Ils savent qu`il y a un fossé entre le cours des actions et l`état réel de l`économie. C`est pourquoi ils diversifient les supports d`investissement.

Cela dit, les actions minières sont dans les 36e dessous. J`ai toujours préféré l`or physique sur les minières, mais vu leur cours actuel, elles semblent être d`excellentes affaires. En général, je ne suis optimiste pour aucune classe d`actifs, que ce soit là, les objets de collection, les obligations, les actions ou les matières premières mais les actions minières représentent une bonne affaire. Il ne faut pas oublier que de 1999 à mars 2000, les actions technologiques avaient littéralement explosé, laissant au bord du chemin les actions classiques. Lorsque le Nasdaq s`est effondré, ces actions sont subitement redevenues à la mode. En tant que contrarian, et vu le sentiment négatif à propos de l`or, de l`argent, du platine et du palladium, les actions minières semblent raisonnablement attractives. »

Source Or et Argent 10/12/2013

http://or-argent.eu/previsions-2014-de-marc-faber/

3 réponses »

  1. Voici une bonne tentative d’analyse de Marc Faber. Il abandonne ses déclarations catastrophistes et millénaristes à destination des médias pour revenir à ce qu’il sait bien faire; une analyse plus fondamentale.
    Nous disons plus fondamentale et non pas fondamentale car Faber ne cherche pas, dans ce papier à aller au fond des choses, à être radical, non, il remonte un peu la chaine des causalités et les enchainements explicatifs, sans aller au bout.
    En particulier, il démontre, ce qui est assez facile, que le fait de repousser les crises , de les traiter par les largesses monétaires ne fait que les retarder au prix d’une aggravation. Ses revues de crises passées sont intéressantes, en particulier sa revue de la crise mexicaine, un cas d’école qui …. malheureusement a fait école et servi de modèle.
    Nous apprécions sa remarque préliminaire qui souligne l’erreur des commentateurs, des médias et des responsables; lesquels imputent toujours les crises à un événement de court terme, au hasard. Marc ne dit pas pourquoi cela se passe ainsi. Mais il faut le dire. Si on disait pas, c’est la faute au hasard; la faute a pas de chance, alors il faudrait chercher les vraies causes et responsabilités et on remonterait à ceux qui dirigent et manipulent, les gouvernements et banques centrales. Ce faisant d’une part , on les pendrait haut et court et d’autre part on les priverait de la possibilité de recommencer. Or ce gouvernement, cette régulation par la manipulation de la monnaie, du crédit et la formation de bulles sont partie intégrante , maintenant de la panoplie des Maîtres. Il ne faut pas croire qu’ils ne savent pas ce qu’ils font , cela est cynique et délibéré, c’est une politique consciente. Et cela Faber ne le dit pas.
    La théorie des marchés efficaces est la théorie crée pour permettre précisément ces politiques et dissimuler le système sous jacent. La théorie des marchés efficaces dit que les marchés prennent en compte toutes les nouvelles, noter bien « nouvelles » c’est à dire les titres de journaux, les déclarations des Maîtres etc. Elle ne dit pas qu’ils prennent en compte tout le « savoir », toute la « compréhension » toutes les articulations causales, non , tout cela est escamoté au profit d’un monde de surface, d’une combinatoire sur laquelle les puissants ont la barre. Or ce qui gouverne , ce n’est pas ce que l’on sait , car ce que l’on sait peut être faux, ce qui gouverne, c’est la vrai, au sens scientifique du terme. Mais il faut, pour dominer, pouvoir manipuler les émotions, les réactions, les perceptions, c’est pour cela qu’est née la théorie des marchés efficaces. En particulier il faut nier les travaux de Minsky, de Keene, et de Charles Kindleberger.
    Le réel est évacué du savoir, de la connaissance, des perceptions, mais ce n’est pas pour cela qu’il n’agit pas, au contraire. Plus il est ignoré, caché, plus il sape en profondeur. Et le réel c’est le recours excessif au crédit avec l’illusion que le niveau de la dette globale n’a pas d’importance. C’est cela qui doit rester secret , car sinon les Maitres perdent leur pouvoir. Il faut nier l’histoire comme histoire des crises de surendettement, des crises de spéculation, crises d’aventures monétaires; quitte à faire semblant d’admettre qu’il y a eu des erreurs que l’on ne re-commettra pas comme le fait Bernanke pour 1929. Restreindre la monnaie et le Crédit nous dit Bernanke, plus jamais cela!
    De même Faber ne se demande pas pourquoi nos systèmes ont besoin de fonctionner ainsi, d’aller de crises en crises cahin-caha. Or c’est le point essentiel que celui de savoir pourquoi on ne peut pas faire autrement dans la structure sociale présente et dans l’état du monde tel qu’il est. La raison fondamentale des crises c’est la volonté de faire durer l’ancien, l’ordre ancien, de le reproduire coute que coute, même si il a fait son temps. Et cela est particulièrement clair concernant l’ordre mondial actuel; il est dépassé et ne traduit plus les hiérarchies, les rapports de forces et de puissance.

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  2. Bon article et bon commentaire de Mr Bertez.

    Sur l’idéologie de fond, il me semble dur de comprendre l’objectif final mais on peut comprendre la mécanique. Créer une bulle c’est faire monter un actif rapidement au dessus de sa valeur réelle sur la base des bénéfices futures et de la plus value possible. Donc on crée une bulle a crédit on la fait explosé et on fait bien attention de récupérer les plus value. Donc on va dans un pays ou cela ne vaut rien, on achète ensuite on fait monter les prix et une fois le mécanisme de demande enclenché, tu revends au max et retire ton investissement. Le marché chute alors. Tu reprends tes bénéfices et comme ils ont augmentés grâce à la plus value tu peux emprunter plus et tu recommences autre part, ou au même endroit sur un autre support et ainsi de suite. Ca c’est pour la mécanique que tout financier ou banquier doit connaitre. Par contre on se rend compte que ce mécanisme est purement spéculatif concernant les investisseurs, même si parfois il y a bien création d’infrastructure, d’usine et autre bien matériel. Mais le problème est que la déflation qu’engendre l’éclatement des bulles pénalise souvent les gouvernements et les peuples qui comptaient sur la pérennité des capitaux investis et qui se retrouve à devoir supporter les pertes. Donc dans certains pays les capitaux seront retirés et dans d’autres seront maintenus. Cela à mon avis a pour objectif soit d’affaiblir soit de soutenir ou tout simplement le gain.
    La bulle est une arme redoutable en économie, il n’est plus nécessaire de produire pour générer de l’argent spéculer est beaucoup plus efficace. Et le problème de l’investisseur est de comprendre et de suivre les bulles tout comme le surfer prends le départ de la vague et la quitte avant qu’elle ne se casse.

    En fait le système économique financiarisé a l’anglo-saxonne, n’as plus comme repère la production de richesse mais la création-explosion de bulle. Donc pour conclure tout type d’actif est propice a une bulle, immo,matiéres premières, endettement… Pour réaliser un investissement productif le seul moyen de gagner est de savoir prendre ses bénéfices avant que la phase d’éclatement commence pour investir sur de nouveaux supports. Ce que dit Charles gave c’est exactement cela, il voit une opportunité de déplacement des ses fonds qui lui ont déjà apporté une plus value vers des actifs, société minières, selon lui sous cotées, une bonne affaire. Mais la aussi si tout le monde pense pareil cela va créer une bulle, il faudra empocher les bénéfices et aller voir ailleurs. L’investissement n’est plus sur le long terme il est sur le court terme. Mais cette création financière est certes enrichissante pour ceux qui ont compris le principe mais ruinante pour les autres. L’unique moyen d’arrêter ce système est de réglementer mais surtout de ne pas y entrer si on en a pas compris les règles et surtout d’en sortir avant l’éclatement.
    Acheter pas cher et revendre plus cher, c’est çà le commerce……

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  3. Concernant la crise asiatique, il ne faut pas passer sous silence la réforme du système de change et la dévaluation partielle du yuan par la Chine en 1994. La concurrence chinoise va déprimer les exportations des pays d’Asie de l’Est qui ne souhaitaient pas remettre en cause l’ancrage de leurs monnaies nationales au dollar notamment pour ne pas assécher les flux de capitaux externes. De plus, la perte de compétitivité externe des exportations est-asiatiques va se trouver renforcée par la hausse du dollar (auquel les monnaies nationales sont étroitement liées) et la hausse des salaires réels au-delà des gains de productivité !!!

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