Allemagne

Les commentaires sur les commentaires des événements à Kiev ou la terrible propagande du Système Par Philippe Schneider

Les commentaires sur les commentaires des événements à Kiev ou la terrible propagande du Système Par Philippe Schneider

J’ai décidé de réagir à ce qui se dit dans la presse française et européenne à savoir un tissu de contre-vérités donnant aux citoyens une vision tronquée et manichéenne. Mon expérience depuis 2009 de l’Ukraine et de Kiev en particulier me donne une grille de lecture qui pourra certainement être utile à ceux qui s’intéressent aux décryptages de la doxa dominante.

Après la Lybie et la Syrie, nous voilà donc en Ukraine car d’après la « presse officielle », c’est l’Ukraine qui se soulève, oppressée par le joug du pro-Russe Viktor Ianoukovitch lançant ses forces spéciales de police à l’assaut d’opposants pacifistes épris de liberté et d’Europe, de bien-être économique et de libéralisme entrepreneurial!! Comment en effet faire avaler tant de bêtises au  bon peuple de France et comment surtout le mépriser à ce point!

Quelles sont les forces en présence? Face au président Viktor Ianoukovitch du parti des Régions élu démocratiquement mais non sans corruption (nombreux cas de votes achetés notamment) se dresse une opposition prenant sa source d’une part dans le Bloc Yulia Timoshenko (parti soutenant l’ancienne présidente incarcérée) et dans le Front pour le Changement d’Arseni Iatseniouk et d’autre part dans le parti Svoboda d’Oleg Tiagnibok. Aux premiers s’est vite rallié l’ex-boxer devenu politicien chef de l’Alliance Démocratique Ukrainienne pour la Réforme Vitali Klitschko, sous la bienveillance de l’Union Européenne (France et Allemagne en tête) et des Etats-Unis.

Les seconds forment la pointe émergée d’un iceberg à la couleur uniformément brune. Svoboda est en réalité un parti néo-nazi portant encore anciennement (il y a quelques mois) la croix gammée de la division SS Das Reich ayant opéré en Ukraine et essentiellement constituée à ce moment-là d’Ukrainiens de Galicie (à l’instar de la Division SS Galicia régulièrement commémorée). Rassemblé autour de la mémoire de Stepan Bandera, chef des nationalistes pendant l’occupation allemande mais relooké aujourd’hui par un discours autour de la protection des plus pauvres et du folklore cosaque (voir l’interview sur novopress d’Andriy Voloshyn, chef adjoint des relations internationales de Svoboda ), ils sont les chefs de file de groupuscules encore plus radicaux dans une opposition à Ianoukovitch et à une Russie qu’ils abhorrent.

C’est dans ce cadre que les USA et l’UE ont soutenu politiquement et financièrement cette coalition hétéroclite de Maidan, chaque parti y trouvant une alliance de circonstance, en particulier Svoboda résolument opposé à tout ce qui constitue l’UE à savoir l’ultralibéralisme et le multiculturalisme. Et c’est aussi à cause de ces derniers que les événements ont dégénéré occasionnant aux dernières nouvelles 28 morts et plus de 250 blessés tant chez les opposants que dans les forces de police, cette dernière ayant dû intervenir face à l’hostilité des manifestants la plupart armés (revolvers, armes de chasse avec lunette, cocktail Molotov voire projectiles en tout genre dont des pierres). Il est clair aussi que les troupes de police ont été vite dépassées par l’ampleur de la réaction et ont dû utiliser non seulement des gaz lacrymogènes mais aussi des armes à feu (voir par contraste la répression policière massive à New York du mouvement « Occupy Wall Street » essentiellement composé de jeunes gens pacifistes et assis dans la rue!!).

La conséquence de tout cela est que la ville est aujourd’hui singulièrement désorganisée, notamment des vagues de voleurs en ont profité pour des pillages d’appartements dans le centre-ville.

Le pays et les principales grandes villes (Lviv, Lugansk, Kherson, Kharkov, Sebastopol, Odessa) ne bougent cependant pas et attendent une réaction d’un pouvoir résolument faible.

Ianoukovtch principalement empêtré dans ses affinités pro-russes, ses campagnes électoralistes récentes pour reconquérir les régions de l’Ouest autour d’un discours plus national et enfin sa crainte de voir geler ses avoirs en Europe de l’Ouest par les autorités de Bruxelles est contraint à l’immobilisme politique tout en espérant secrètement une intervention de Poutine qu’elle soit symbolique, financière (la Russie vient cependant d’accorder un prêt de 2 Mds $ qui vient d’être suspendu en ce 20/02/2014!) voire militaire (ce qui serait catastrophique pour le pays dans tous les cas).

La seule question qui se pose est la suivante: est-ce que des activistes peuvent à eux-seuls déstabiliser un pays tout en étant uniquement présent dans une seule grande ville? question en induisant une seconde: n’est-ce pas un prétexte pour pousser à une intervention de la Russie et provoquer la dislocation du pays, but inavoué de l’UE (pré-carré de bas salaires pour l’Allemagne, les Français étant des idiots utiles) et des USA (élargissement de l’OTAN, ressources agraires et gazières cf accord signé avec Chevron, affaiblissement de la Russie).

Le grand perdant d’une scission sera assurément l’Ukraine proprement dite, l’essentielle du PIB étant fait par la partie russophone industrielle de l’Est et qui sera rattachée à la Russie. Cette hypothèse n’est cependant pas à exclure au regard de la volonté récemment renouvelée de la Crimée de se rattacher à cette dernière.

PHILIPPE SCHNEIDER/ Visions Et Perspectives 2020/  Jeudi 20 février 2014

http://visionsetperspectives2020.blogspot.fr/ 

Gazprom verrouille un peu plus la fourniture de gaz de l’Europe Par Emmanuel Grynszpan Moscou /Le Temps

30% de l’approvisionnement européen est assuré par le géant d’Etat russe, une première. Cette dépendance fait mentir le déclin attribué à l’arrivée du gaz de schiste

Le géant d’Etat du gaz russe était décrit comme en perte de vitesse. Victime des avancées du gaz liquide (GNL) et surtout du gaz de schiste. Mais c’est un phénomène inverse qui a été observé en 2013. Gazprom a continué de consolider ses parts de marché dans presque tous les pays européens, aux dépens des fournisseurs de GNL et de la Norvège. Le groupe, qui détient toujours le monopole des exportations russes par gazoduc, a indiqué mardi avoir livré 162,7 milliards de m3 à l’Europe en douze mois; par rapport à des besoins de 476 milliards de m3.

Le précédent record datait de 2011, lorsque Gazprom avait exporté 150 milliards de m3, soit 27% de la consommation européenne. En volumes, l’augmentation représente un bond de 16% depuis 2012. Les plus importantes progressions sont affichées en Allemagne (+21%) – le plus gros marché européen de Gazprom –, en Italie (+68%) et au Royaume-Uni (+54%). 0,37 milliard de m3 ont fini en Suisse, de façon indirecte. Selon le lobby gazier helvétique, 20% du gaz consommé vient de Russie mais il n’y a pas de contrat direct avec Gazprom.

Hormis les Pays-Bas, qui ont également augmenté leurs parts de marché – de 8,9% avec 81,5 milliards de m3 livrés – les autres principaux fournisseurs de gaz à l’Europe voient leurs parts de marché reculer. La Norvège, deuxième après la Russie avec 24% du marché européen? Ses approvisionnements affichent un recul de 5% à 115 milliards de m3 livrés. Surtout, les plus fortes chutes de la fourniture de gaz ont été enregistrées par l’Algérie (–18%) et par le Qatar (–21%).

Ces résultats ont même surpris Gazprom Export. Cette filiale ayant le monopole sur l’exportation de gaz russe n’envisageait d’atteindre les 30% de parts de marché qu’à l’horizon 2020. Maintenant, Gazprom table sur une poursuite de l’augmentation de la demande sur une augmentation de sa propre production. Le groupe russe se voit alimenter 32% du marché européen en 2030. «Notre principe est de maximaliser la rentabilité et non pas d’augmenter nos parts de marché à n’importe quel coût», a tempéré lundi Sergueï Boudzouliak, directeur adjoint de Gazprom Export, lors d’une conférence téléphonique. Le prix moyen du gaz livré en Europe l’année dernière était de 380 dollars pour mille m3, soit une baisse de 5,5% par rapport à 2012. Ce succès intervient alors que Bruxelles multiplie les efforts pour réduire la dépendance énergétique de l’Union européenne envers Moscou. En 2012, la Commission européenne a ainsi entamé une enquête contre les pratiques monopolistiques de Gazprom, enquête qui a contribué à tendre les rapports avec Moscou. Le régulateur européen soupçonne Gazprom «d’entraver la libre circulation du gaz dans les Etats membres de l’UE en Europe de l’Est, ce qui gène l’émergence d’autres sources d’approvisionnement, et génère des pratiques tarifaires déloyales».

Ce retour en force signifie-t-il pour autant un échec de Bruxelles? Pas pour l’expert du marché de l’énergie Mikhaïl Kroutikhine. Selon ce dernier, cela reste «un phénomène temporaire dû à une surconsommation de gaz liée à la météo». D’autre part, «l’Asie a presque monopolisé le GNL l’année dernière, car les prix y sont plus élevés», précise l’expert, qui s’attend à «une correction sur le marché asiatique grâce à une plus grande offre, ce qui fera revenir le GNL vers l’Europe».

Enfin, ce dernier prévient que «de gros marchés comme l’Allemagne revoient leur balance énergétique en augmentant fortement leur consommation de charbon, au détriment du gaz». Mikhaïl Kroutikhine s’attend ainsi à ce que, d’ici à deux ans, la part de marché de Gazprom en Europe redescende autour de 25-27%.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/414babf6-98c6-11e3-9718-31475d11f6ad/Gazprom_verrouille_un_peu_plus_la_fourniture_de_gaz_de_lEurope

4 réponses »

  1. merci !
    enfin un autre point de vue un peu étayé
    j’avais déjà eu par d’autres sources l’odeur de la diversité dont extrémiste fasciste de cette opposition
    ça ressemble à l’opposition lybienne contre khadafi qui est loin d’être composée de tous démocrates
    et effectivement les mass media français ne servent que la soupe lénifiante des gentils pour nous et méchants contre nous
    ça me donne envie de garder lien avec ce blog
    merci encore

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  2. Merci de cet éclairage lumineux. Et au sortir de votre article, et de lecture en lecture sur le blogue, me revient cette phrase de Cioran:

    « Et avec quelle quantité d’illusions ai-je dû naître pour pouvoir en perdre une chaque jour ! »

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