Art de la guerre monétaire et économique

L’Edito du Mercredi 17 Septembre 2014: Draghi, un détail de l’histoire monétaire mondiale Par Bruno Bertez

L’Edito du Mercredi 17 Septembre 2014: Draghi, un détail de l’histoire monétaire mondiale Par Bruno Bertez

But when did that start being a problem?

 A Milan, Draghi vient de faire un changement de pied que nous considérons comme significatif. Il a exhorté les pays de l’Union à modifier le réglage fiscal afin qu’il soit plus favorable à la croissance. Il suggère des rabais d’impôts et des coupes dans les dépenses improductives afin de financer un soutien  de  l’investissement productif, lequel est en forte baisse. Notre sentiment est que Draghi touche les limites de ce qu’il peut faire au point de vue monétaire et qu’il renvoie la balle dans le camp des gouvernements. C’est un aveu d’impuissance. A moins de changer le cadre légal existant, il y a peu de marge pour une action d’envergure et efficace dans le sens pointé par Draghi.

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Nous n’avons pas commenté directement les mesures récentes de Draghi. Nous avons jugé que cela était contreproductif dans notre démarche de fond, laquelle consiste à désigner la forêt plutôt que de distraire en pointant les arbres. L’accumulation de « détails » de l’histoire de la crise fait perdre le fil conducteur, or, seul celui-ci importe.

Le fil que nous avons tracé date de très loin, de 2008 pour un bout, et de 2009 pour le reste. Il a été renoué en 2011 dans notre article clef : 2010 « L’année du No-Exit ».

Dès les premières mesures destinées à contrer la crise, nous avons diagnostiqué : « Le Système brûle ses vaisseaux, dans la voie qu’il a choisi, il n’y a pas de retour en arrière, on entre dans cette voie, mais on ne peut en sortir, l’inflationnisme requiert des mesures inexorablement et inéluctablement de plus en plus inflationnistes ». Prenez inflationniste, non pas au sens de hausse des prix, mais au sens de gonflement du bilan du système monétaire mondial. Entrer dans ce Système de fuite en avant est possible, mais les résultats ne seront jamais à la hauteur des attentes, tandis que les marchés vont devenir de plus en plus exigeants et il faudra leur en donner toujours plus. C’est ce qui se donne à voir pour peu que l’on ne se laisse pas abuser par les mesures de détail.

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L’un des points les plus marquants de cette histoire 2008-2014 est l’absence de pensée critique, l’absence de véritable réflexion. On a oublié les erreurs d’appréciation de 2008, alors que l’on jugeait que tout était sain, on a oublié les prévisions selon lesquelles la crise était sous contrôle, circonscrite, on a oublié les promesses de sortie des mesures exceptionnelles de 2010, on a oublié l’échec des politiques d’austérité et on oublie même de dire que, maintenant, on abandonne ces mêmes politiques que l’on considérait comme seules possibles. Personne ne s’interroge sur la question de savoir si les théories sont justes, s’il ne faut les abandonner, maintenant que, confrontées à la pratique, elles ont échoué. Nous verrons ce point plus bas, avec la petite révolution introduite par les travaux de la Banque d’Angleterre.

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De 2008 à 2014, et bientôt 2015, l’histoire économique et financière, c’est l’histoire de ce « toujours plus ». C’est pour cela qu’il ne faut pas s’attarder et se laisser piéger par les détails, ils masquent la pente, le glissement, la dérive.

Nous n’allons pas refaire l’historique des mesures de politique non conventionnelles prises depuis le début des événements. Que l’on sache cependant que les USA ont été rejoints dans leurs actions monétaires par de nombreux participants au marché mondial comme la Chine, le Japon, l’Europe, etc.

Don't worry.  They're hedged. Permalien de l'image intégrée

Un seul chiffre suffirait à résumer la situation. En 6 ans à peine, les réserves monétaires mondiales ont doublé pour atteindre 12 Trillions de dollars! A ce jour, 6 pays souverains ont des taux d’intérêt négatifs sur leur dette, cela veut dire qu’on les paye pour qu’ils s’endettent. Ces derniers jours, la Banque of Japan a acheté de la dette à trois mois du gouvernement …. à des taux négatifs! Ce qui veut dire que la BOJ va dans trois mois, recevoir moins d’argent du Trésor qu’elle n’en a prêté. Destruction de créance douce et lente qui préfigure les besoins de destruction future plus violente?

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Le bilan de la Reserve Fédérale est à 4,5 trillions; le système bancaire chinois est inflaté à l’extrême, il dépasse l’américain; le Japon est engagé dans un QE illimité de plus de 800 milliards de dollars par an ; après le LTRO et le « coûte que coûte » de 2012, Draghi se lance dans une opération sans précédent de gonflement du bilan de la BCE par des achats d’ABS, titres privés, pour échapper à la censure allemande sur le financement des Etats souverains.

Au deuxième trimestre, l’économie japonaise est en chute au rythme de 7,1%, le système ne supporte pas la hausse de taxes destinée à faire semblant de limiter la dette publique à plus de 2 fois le GDP.  En Europe, malgré tous les assouplissements aux politiques de rééquilibrage budgétaire, on flirte à nouveau avec la récession, tandis que les ratios de poids de dettes poursuivent leur hausse inexorable. Pour couronner le tout, Yellen a promis le mois dernier de prolonger encore plus les taux zéro et de s’opposer aux hausses de taux longs si elles venaient à menacer.

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Le fil que nous avons tiré est simple: on s’enfonce de plus en plus dans un monde nouveau, non seulement on n’en sort pas, mais on le complète, on l’aménage pour durer. Ce monde, c’est celui des taux d’intérêts proches de zéro, de la monétisation des dettes souveraines et privées et de la hausse perpétuelle de la valeur des actifs.

Aucune bavure n’est tolérable et tolérée sur ce parcours, il n’y a qu’un seul sens, pas de demi-tour ou marche arrière. Si vous en doutez, regardez un graphique de l’indice phare boursier mondial, l’indice du S&P 500! La hausse des prix des assets, tous les prix, de  tous les assets, est indispensable: il faut soutenir la pyramide, il faut fournir un semblant de collatéral aux promesses, aux « liabilities » et aux  600 trillions de dérivés.

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Le Central Banking traditionnel, orthodoxe, est mort et ne vous y laissez pas prendre, l’Allemagne n’est plus un contrepoids, seule sa voix est discordante, mais pas la voie qu’elle suit, elle est ralliée, elle n’a pas le choix. Le dernier pilier du Central Banking orthodoxe est tombé en 2012. Victime,  non pas de Draghi ou de l’idéologie de l’Euro, mais victime de l’insertion des banques allemandes dans le monde voulu et contrôlé par les Anglo-Saxons.

Le Nouveau Central Banking est solidaire de ce que l’on appelle « les marchés ». Abstraction qui recouvre une réalité bien concrète, les soi-disant marchés, ce sont les Grandes Banques, TBTF, qui produisent la monnaie Market Based et le Crédit, les grandes institutions financières, la communauté des Hedge Funds, le Smart Money. De vrais marchés atomisés, statistiquement répartis, traduisant des préférences individuelles, il n’y a plus.

Le marché dit mondial est un auxiliaire des Banques Centrales et de l’ensemble énuméré ci-dessus.

La nouvelle règle est qu’il ne faut jamais décevoir, il faut donner tout ce qui est demandé sous peine de volatilité. L’absence de volatilité sur les marchés ne fait rien d’autre qu’exprimer le fait que « les marchés » ont tout ce qu’ils veulent avant même de le demander. Leurs anticipations sont des ordres. Pire, de la même manière que l’ogre ne supporte pas d’être déçu par les résultats de sociétés, les Banques Centrales doivent elles aussi « deliver », délivrer, c’est à dire, si possible, aller au-delà des attentes, faire mieux que ce qui était inclus dans les cours des marchés. On comprend qu’il n’y ait plus de « rétro », plus de correction, plus de vendeurs à découvert : c’est cela, la modernité du Central Banking. En conséquence, il n’y a plus jamais de correction des erreurs, plus jamais de réconciliation quand on est allé trop vite, il faut continuer, c’est « marche ou crève ». Certes, il y a des gens qui doutent, mais de plus en plus, ils conservent leurs doutes pour eux, ils les étouffent, ce qui donne une apparente solidité aux marchés, alors qu’en fait, l’absence de doute ne fait qu’aggraver la fragilité fondamentale. Nous sommes dans un monde cynique de fausse conviction.

Depuis la disparition de l’étalon-or, depuis la fin de Bretton Woods, depuis que les banques ne sont plus contraintes par le système des réserves, depuis que les comptabilités sont fausses afin de lever les contraintes de capital, depuis que les élites luttent contre la prudence et la bonne gestion, il n’y a plus aucune limite, aucune retenue à la dérive. L’imprudence est encouragée par la prolifération des fausses assurances et des promesses bidon que personne ne peut tenir. Contrairement à ce que l’on essaie de faire croire, ce système actuel comporte 600 Trillions de dérivés, mais il n’y a aucune assurance, aucun back-stop, si ce n’est… la fourniture de liquidités,  la fuite en avant, l’assurance dynamique généralisée en quelque sorte. C’est celui qui est assuré, le public qui est… son propre assureur.

Permalien de l'image intégréePermalien de l'image intégrée Fool me three times, shame on...

Tout le tour de passe-passe repose sur une sorte de schizophrénie, de clivage. Les Banques Centrales et les Gouvernements ne seraient  pas des agents économiques comme les autres, ils seraient tout puissants, auraient la connaissance universelle.  Bref, ils ne sont pas de ce monde. Hélas, les Banques Centrales sont des banques comme les autres, les gouvernements des prestataires de services comme les autres, tout ce beau monde est soumis à la Loi de la Valeur et la Loi de la rareté. Mais l’économie de surabondance et de surproduction que nous habitons masque cette vérité.

Nous avons dit qu’il n’y avait plus de limite. A court et moyen terme s’entend, car, en dernière analyse, en dehors de la fragilité intrinsèque croissante du Système, il y a une limite absolue. Tout le Système repose sur le fait que l’on peut monétiser, émettre de la monnaie à outrance parce qu’une part considérable de cette monnaie est neutralisée.  Elle ne sert pas, c’est presque comme si elle n’existait pas, presque, pas totalement bien sûr. Car, à cette monnaie qui ne sert pas,  est attaché un pouvoir  et ce n’est pas rien. La limite,  c’est  le maintien d’un taux d’épargne considérable dans certains ensembles économiques. C’est la préférence exceptionnelle pour la liquidité ailleurs. On s’est aperçu que l’on pouvait aller plus loin, beaucoup plus loin que le recyclage des excédents et de l’épargne, qu’il  existe, sur le marché mondial, un pouvoir d’achat considérable qui n’est pas utilisé, qui ne part pas à la recherche de sa contrevaleur. Qui n’est même pas affecté, employé,  rationnellement. C’est l’existence de ce pouvoir d’achat émis et non exercé qui explique l’absence d’inflation, la possibilité des taux zéro, lesquels permettent tout le déroulement de la séquence des mesures non conventionnelles.

Nous avons affirmé en introduction que le nouveau coup de Draghi était un détail de l’histoire monétaire, suggérant par-là que son efficacité concrète serait nulle. Nous avons reporté l’explication de cette affirmation en fin de texte afin de ne pas décourager le lecteur et de ne pas focaliser son attention sur « le détail ».

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Draghi fait de la politique et de la psychologie. Il était obligé de faire quelque chose, il l’a fait. Comme en 2012, il a frappé un grand coup psychologique, en particulier à destination de ces politiciens des pays du Sud ou du Milieu qui ne comprennent rien à la chose monétaire ou qui l’ont  survolée au cours de leurs années d’études. Ces politiciens ont retenu que la BCE faisait quelque chose, que cela ressemblait à un Quantitative Easing, et que cela déplaisait aux Allemands. Donc, si cela déplait aux Allemands, c’est que c’est bon pour les autres, les inflationnistes, dévaluationnistes.

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La vérité est que l’impact des nouvelles mesures non conventionnelles sera quasi nul sur l’économie réelle, comme l’a été celui des mesures de 2012.

Les mesures de Draghi s’analysent en une énième tentative de stimuler l’offre de crédit. C’est une obsession, une idée fixe: la BCE croit que si l’Europe va mal, si la croissance n’est pas au rendez-vous, si le chômage reste colossal, c’est parce que les banques ne font pas assez de prêts. La transmission serait défaillante en raison de la frilosité des banques. D’où la conclusion, il faut les inciter à faire des prêts.

With a trillion Euro already pledged, is anyone surprised?Permalien de l'image intégrée

Euro zone money supply and private sector loan growth

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La théorie qu’utilisent la BCE et tous les gens qui ont appris la monnaie dans les livres du siècle dernier est qu’il existe un multiplicateur monétaire et que les banques prêtent à partir de leurs  réserves. La BCE constate que les réserves excédentaires du système bancaire européen sont de 110 milliards, ce sont des réserves oisives qui, si on applique le multiplicateur théorique de 10, devraient produire 10 trillions de monnaie nouvelle. Cet argent devrait tourner dans l’économie, produire de l’activité et donc réduire le chômage.

Telle est la base théorique de l’action de Draghi et de la BCE: si on réussit à dégeler les réserves excédentaires, alors le multiplicateur monétaire se met en branle et l’Europe est sauvée. Hélas, la théorie est fausse, elle inverse les causes et les effets, comme c’est souvent le cas dans la soi-disant science économique moderne. L’économie dominante, c’est une économie de professeurs d’économie, de banquiers et de politiciens. Dès qu’elle sort de son champ clos et qu’elle se frotte à la pratique, elle se « plante ».

On constate des éventuelles corrélations et on en tire des conclusions sur les causes des phénomènes, n’est-ce pas Bernanke? La théorie est fausse et ce qui se passe depuis 2008 le montre à l’évidence, le jeu monétaire ne marche pas, il ne produit ses effets que sur… la spéculation, sur le prix des assets, grâce à un mécanisme qui est, enfin, parfaitement mis à jour maintenant.

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Les réserves des banques ne sont pas ce à partir de quoi elles font les prêts, les banques ne prêtent pas à partir de leurs réserves, c’est la création de prêts qui est première, initiale dans le mécanisme. Les études pratiques avec analyse séquentielle du facteur temps et les travaux théoriques le prouvent. Les modèles utilisés ne fonctionnent pas et, au lieu qu’une petite somme de réserves créent une mer de crédit, une grande mer de réserves ne crée qu’un petit étang de prêts.

b.o.e. notes

La Banque of England, qui est le Maître ou la Maîtresse de la chose monétaire et financière dans le monde, a publié il y a quelques semaines un Bulletin Trimestriel terrible sur cette question. Rédigé par Michael Mc Leay et ses confrères, il donne le coup de grâce définitif à la théorie du multiplicateur qu’utilisent les Banques Centrales. A noter qu’ils ne sont pas les précurseurs, beaucoup de travaux les ont précédés, mais les leurs constituent l’estampille de crédibilité.

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Que dit le Bulletin trimestriel de la BOE? « En ce qui concerne la relation entre les dépôts et les prêts, la relation entre les réserves et les prêts s’opère exactement dans le sens inverse de celui qui est décrit dans les ouvrages d’économie. Les Banques décident d’abord de combien elles prêtent,  selon les opportunités rentables qui se présentent, et ce sont ces prêts qui déterminent la quantité de dépôts qui sont créés dans le système bancaire ». Tout est dit, le mot important est « d’abord ». Ce sont les prêts qui sont premiers. C’est la décision de prêt qui est initiale, c’est elle qui met en mouvement le mécanisme. C’est à partir de ce constat, qui est maintenant d’évidence, que certains avancent l’idée que l’argent des Banques Centrales ne doit plus être distribué aux banques, mais donné directement aux agents économiques non financiers.

Comme nous le répétons, le monde financier marche sur la tête, il inverse les causes et les effets, il croit que les signes produisent le réel ! Après il s’étonne que cela ne marche pas et que le Système  soit instable.

Permalien de l'image intégréeRich vs Poor you-went-full-retard-never-go-full-retard

 BRUNO BERTEZ Le Mercredi 17 Septembre 2014

illustrations et mise en page by THE WOLF

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4 réponses »

  1. merci pour cette belle synthese

    oui ce ne sont plus des banques centrales mais des rehausseurs ou des organismes comme freddy et fannie (un texan de ma famille originaire du nord et dont la femme travaille à houston evec joyce leblanc ;-)) fille de ron paul, -il a voté deux fois obama!! dis qu’iln y a plus de republicain modéré , et que si ron paul est tres bien ran paul est extreme droite , m’a dit que freddy et fnmae avait protesté des 2005 et que ce n’est pas trop eux qui ont mis le souk, sinon m’a dit que le mexique avait des reserves gigantesques de gaz de schiste pour la suite, que l’aventure us ukrainienne est surrealiste, que le gold standard est impossible: on verra bien lol la clef est de savoir si c’est pas l’or ce que sera apres l’or le petrole les sattelites us :l’actif de banque centrale)

    selon moi une des meilleurs banques centrales au monde qui fait fonctionner son economie judicieusement et prudemment est GAZPROM indissociable de son gouverneur

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  2. Excellent article; merci
    Les prêts font les dépôts
    les banques commerciales créent la monnaie en prêtant.
    Et toutes les liquidités des banques centrales ne servent à rien quand les gens ne veulent pas emprunter et investir. Au lieu de reconnaitre l’échec de leur politique néo-keynésienne, les BC vont maintenant nous expliquer qu’ils on bien fait leur job, et que c’est la faute des gouvernants et de leur politique budgétaire si ça ne marche pas….Prochaine étape?

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