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Ombres sur l’ambition financière de Dominique Strauss-Kahn

Ombres sur l’ambition financière de Dominique Strauss-Kahn

Après le suicide à Tel-Aviv de Thierry Leyne, son associé dans le fonds LSK qu’il escomptait lancer à Genève en janvier prochain, l’ancien patron du Fonds monétaire international doit affronter la quasi-cessation de paiement de sa future structure, illustrée par les factures impayées d’une de ses filiales au Luxembourg

Dominique Strauss-Kahn est en train de sérieusement revoir à la baisse ses ambitions financières. Selon l’AFP, l’ancien patron du FMI et ancien ministre français des Finances serait en train d’abandonner le projet de fonds d’investissement LSK qu’il avait constitué avec son associé Thierry Leyne.

DSK aurait renoncé, voici quelques jours déjà, à la présidence de ce fonds dont une bonne partie des opérations est basée à Genève comme Le Temps l’avait révélé le 15 mai dernier. «M. Strauss-Kahn a souhaité pouvoir se consacrer à ses autres activités», annonce un communiqué de LSK, en écho à un article du Parisien de ce mardi sur les «gros tracas» de DSK.

«Depuis une dizaine de jours, Dominique Strauss-Kahn était inquiet, indique le quotidien. Il venait, semble-t-il, de découvrir que son principal associé lui avait caché des choses graves sur leurs affaires communes.» Thierry Leyne s’est suicidé jeudi dernier à Tel-Aviv (Israël) en se jetant d’une des plus hautes tours de la ville.

Ambition en miettes

L’ancien patron emblématique du FMI, devenu un conférencier recherché après le scandale du Sofitel de New York survenu le 14 mai 2011, avait des plans très ambitieux pour LSK. Un site internet dudit fonds avait été aussitôt mis en ligne – seule la homepage était accessible ce mercredi – annonçant des opérations basées en outre à Monaco, au Luxembourg et en Israël.

Un montant d’avoirs sous gestion de 2 milliards de dollars avait même commencé à circuler. Une structure de gestion de fortune, Assya Management, destinée à se focaliser sur des clients apportant un minimum de 20 millions d’euros, constituait le fer de lance de l’opération.

Cette ambition apparaît aujourd’hui en miettes. Simultanément au suicide de son associé, DSK doit faire face aux conséquences judiciaires de la mise en procédure de «sursis de paiement» de la société Assya par la justice luxembourgeoise, pour non-paiement de 2 millions d’euros dus, le 3 octobre, à l’assureur Bâloise Vie Luxembourg. Le conseil d’administration de LSK a désigné Michel Jollant, directeur financier, comme son nouveau président mais l’avenir de la société paraît sérieusement compromis et l’homme politique français, dont plusieurs amis et collaborateurs proches sont en pôle position dans l’actuel gouvernement de Manuel Valls, n’entend plus y être mêlé.

Une explication avancée par Le Parisien, sans être confirmée, serait la découverte tardive, par DSK, des liens problématiques entre Thierry Leyne et des financiers russes, en pleine période de sanctions internationales contre la Russie de Vladimir Poutine. «Selon certaines rumeurs, Leyne aurait levé des fonds auprès de ressortissants d’Europe de l’Est, notamment russes, qu’il n’était pas en mesure de rembourser. Il aurait été ensuite pris dans une terrifiante spirale», écrit le quotidien.

PAR RICHARD WERLY, PARIS/ Le Temps 29/10/2014

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/9a24b42a-5eb4-11e4-802c-cf45623830fa%7C2

LSK, présidé jusqu’à très récemment par Dominique Strauss-Kahn, connaît d’importantes difficultés financières. L’associé de DSK, Thierry Leyne, s’est suicidé récemment. Ils devaient monter ensemble un « hedge fund ».

L’affaire LSK, pour Leyne Strauss-Kahn & Partners (LSK), un groupe financier jusqu’à tout récemment présidé par Dominique Strauss-Kahn, prend une nouvelle dimension. Après le suicide de Thierry Leyne, le directeur général de LSK , Assya Asset Management, filiale à 100 % de LSK, vient d’être placée en procédure de « sursis de paiement », selon le régulateur luxembourgeois.

Il s’agit d’une procédure distincte du redressement judiciaire et de la faillite qui s’applique lorsqu’un établissement est « ébranlé » ou en cas « d’impasse de liquidité », explique l’AFP. Elle donne une protection contre les créanciers avant que le tribunal se prononce. Le dépôt de cette requête entraîne « sursis à tout paiement de la part de cet établissement et interdiction, sous peine de nullité, de procéder à tous actes autres que conservatoires, sauf autorisation du (régulateur) », indique la CSSF (Commission de surveillance du secteur financier) dans un communiqué.

DSK avait pris du recul juste avant le suicide de Thierry Leyne

DSK pourrait avoir senti le vent tourner peu de temps avant. Ce mardi, le conseil d’administration de LSK vient, en effet, de préciser que l’ancien directeur du FMI avait renoncé à la présidence de LSK en début de semaine dernière, trois jours avant le suicide de Thierry Leyne à Tel Aviv. Il aurait « souhaité se consacrer à d’autres activités ». Par conséquent, Thierry Leyne avait été réélu président du conseil d’administration de LSK.

Un changement tellement récent qu’il ne figure pas au Registre des Sociétés du Luxembourg, ni sur le site Internet de la société ou sur Bloomberg. Rappelons que DSK avait été nommé en septembre 2013 président du conseil d’administration d’Anatevka renommé LSK à cette occasion. Selon le site de LSK, à vendredi dernier, Parnasse International, société de DSK, détenait 20,2 % de LSK, et Thierry Leyne avait 30 %.

DSK était en train de monter un « hedge fund »

Les deux hommes étaient en train de monter un hedge fund « global macro » basé sur les prévisions de l’ancien directeur du FMI. Thierry Leyne espérait le lancer début 2015 et visait un objectif ambitieux de lever 2 milliards de dollars. La fille de DSK devait y travailler.

Mais, depuis quelque temps, les ennuis s’accumulaient sur LSK, inscrite sur le marché libre. Début octobre, la justice luxembourgeoise avait condamné en référé le groupe, sa filiale Assya et son principal actionnaire Thierry Leyne, à payer 2 millions d’euros à l’assureur Bâloise-Vie Luxembourg, qui réclamait le remboursement de titres LSK qui étaient dans son portefeuille, selon l’AFP. L’assureur reprochait à Assya Asset Management de ne pas se conformer aux politiques d’investissement établies par les mandats de gestion et de concentrer les investissements « de manière trop importante » sur les sociétés du groupe LSK et de ses sociétés satellites, créant ainsi une « surexposition non souhaitée du portefeuille ».

En fait, Bâloise aurait confié à Assya la gestion de certains portefeuilles. Mais à la suite d’investissements réalisés par Assya, Bâloise serait devenue propriétaire de titres liés au groupe LSK, notamment d’obligations de Deauville Diamond Properties, ancienne filiale de GIS (Global Equities), qui a été placée en liquidation judiciaire cet été , selon « Paperjam.lu ».

De nombreuses zones d’ombre

Les destins d’Assya et de Global Equities ont été liés, il y a quelques années. Assya avait, en effet, fusionné avec le courtier Global Equities en 2010 pour divorcer deux ans après : Thierry Leyne avait alors gardé les activités de gestion et d’assurance. Malgré cette séparation, à en croire Paperjam, des titres de Global Equities, auraient également fait partie du portefeuille de Bâloise.

Pour la petite histoire, l’article évoquant cette affaire a fait l’objet d’une bataille judiciaire, LSK ayant assigné en septembre l’éditeur de Paperjam devant le tribunal des référés pour empêcher la publication de ce papier.

De nombreuses zones d’ombre continuent de planer sur cette société basée au Luxembourg et ayant des filiales dans le monde. Les derniers comptes 2013 de LSK, qui gérait 1 milliard d’euros au printemps de clients privés en Europe, via Assya, et comptait une centaine de collaborateurs, selon un entretien de Thierry Leyne aux « Echos » au printemps , ne sont pas accessibles. Ceux de 2012 montraient une importante perte. Le « réviseur », selon le terme luxembourgeois, qui avait audité les comptes, avait émis une « opinion avec réserve » sur plusieurs points. Il avait démissionné fin 2013, selon nos informations.

Assya aurait, par ailleurs, une participation dans une toute jeune banque du Soudan du Sud, la National Credit Bank, d’après un article de RFI datant de mai 2013.

Le directeur des opérations, chargé de la gestion du nouveau fonds alternatif DSK Global Investment Fund, ne serait resté en poste que quelques mois.

Défenestré

Il semble dès lors difficile d’isoler complètement les ennuis financiers de LSK du suicide de Thierry Leyne, qui s’est défenestré la semaine dernière d’une des plus hautes tours de Tel-Aviv. L’homme d’affaires de 49 ans, co-fondateur de plusieurs entreprises connues dans la finance (EBPF reprise par Financière de l’Echiquier dans la gestion d’actifs, Axfin, revendu à Consors dans la bourse en ligne ou encore Adomos dans l’immobilier d’investissement), avait toutefois de graves problèmes personnels. Selon « Globes », un média israélien , il aurait laissé une lettre indiquant qu’il souffrait de dépression.

De l’avis de plusieurs professionnels ayant travaillé avec lui, Thierry Leyne avait deux facettes . D’un côté, un homme abordable désireux d’aider de jeunes entrepreneurs, de l’autre, une face plus sombre. « Malgré une apparence de respectabilité, j’hésitais à faire des affaires avec lui. Il n’était pas toujours très droit », dit l’un d’entre eux.

Site fermé

Contacté à plusieurs reprises, LSK n’a pas souhaité répondre à nos questions. La personne chargée de la communication de DSK n’a pas fait, non plus, de commentaire. Le site Internet de la société a été fermé, pour ne laisser place qu’à un écran bleu.

Marina ALCARAZ/ Les Echos 28/10/2014

 http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0203893855813-une-societe-de-dsk-dans-la-tourmente-1058341.php?uhcgEhh1lltDXUem.99

2 réponses »

  1. Oui l’info intéressante c’est que DSK a refusé la présidence du groupe avant que son associé ne se suicide ce qui fait que le lien de causalité semble probable…DSK avait-il connaissance de l’ampleur des dettes de ce dernier ?

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  2. ce qui est interessant surtout est que ce mec a failli etre president de la republique francaise
    qu’apres il monte un fonds spéculatif et qu’à mon humble avis il N’A JAMAIS PASSE un ordre de bourse ni gagner de l’argent en bourse
    c’est a dire que ce politicien economiste n’a à mon avis JAMAIS EU LES QUALIFICATIONS pour être ECONOMISTE ou POLITICIEN

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