Art de la guerre monétaire et économique

Les Clefs Pour Comprendre du Samedi 28 Février 2015: Le dilemme de la gestion, blue pill or red pill ? Par Bruno Bertez

Les Clefs Pour Comprendre du Samedi 28 Février 2015:  Le dilemme de la gestion, blue pill or red pill ? Par Bruno Bertez

Avertissement 

Ce texte a une portée générale; si vous l’assimiliez, vous comprenez notre démarche et le projet qui est le nôtre en écrivant. Ce projet est celui de vous inciter à prendre la pilule rouge et de vous conduire comme on dit in « The Rabbitt Hole », là où les choses se passent. 

Notre projet est non pas de vous passer le film, mais de vous indiquer, de vous faire découvrir la salle de projection avec ses machinistes. Vous pouvez croire aux ombres, ombres du monde, ombres des autres, ombres de vous-même que l’on, le grand « ON », projette sur l’écran. Vous serez certainement plus confortable, moins angoissé. Mais vous pouvez aussi refuser la pilule bleue démystifier ces ombres, accepter l’angoisse qui en découle et/mais en contrepartie mener une vie plus vraie, plus libre, moins aliénée. 

Je me sers de la finance et de l’économie pour démonter les rouages, dévoiler les mensonges et les manipulations, mais ce n’est qu’un prétexte car au fond, la névrose dans laquelle ils vous font vivre, ce monde faux, bidon est totalitaire. Ils, le grand « ILS » ont tout envahi; Et j’insiste très souvent et de plus en plus, l’aspect « consommation », « dépense » de votre vie est lui aussi entièrement manipulé, cette manipulation contribuant a renforcer votre dépendance, votre soumission. 

Peu d’analystes insistent sur ce côté consommation. Ils parlent de la production, du travail, ils n’abordent pas la question de la consommation, de la manipulation des besoins, des désirs. On commence seulement à entrevoir à quel point la consommation des signes produits par les médias est truquée, mais cela reste superficiel; le trucage des médias est au-delà du mensonge, au-delà du vrai et du faux, il est radical. Il est dans le fait de donner à voir les choses en surface alors que tout se passe en profondeur, en dessous, in the Rabbitt Hole. Il est de cacher, de briser les causalités. Le plus exemple étant bien sur la façon dont ils présentent la crise et ses remèdes. C’est la même chose avec les guerres en cours. 

Les médias ne vous donnent pas à voir comment on fabrique vos destinées, et maintenant, depuis quelques décennies, votre Etre. Ils fabriquent ce que vous êtes; fabriquer ce que vous allez être, voilà leur Projet. 

Il y quelques années, nous analysions la réalité en opposant la société civile à la classe politique, notre idée était l’idée ancienne selon laquelle le politique devait écouter et respecter la société civile, ne pas la brusquer, même quand il était électoralement, temporairement majoritaire. 

D’où notre hostilité aux réformes sociétales qui n’avaient pour but que de satisfaire des minorités déviantes. Maintenant nous allons plus loin, nous sommes plus radical nous considérons qu’ils sont en train de prendre le contrôle de la société civile, de la fabriquer selon leurs besoins, ils ont entrepris de produire eux même la société civile qui leur convient. C’est de plus en plus net sur toutes les grandes questions en cours, réfléchissez-y. En prenant en mains la fabrication de la société civile, ils réussissent des opérations comme « je suis Charlie », qui fait doubler leur taux de popularité en quelques jours et oublier que si les Charlie sont morts, c’est de leur faute à eux, les politiciens qui n’ont pas su les protéger eux, qui multiplient les guerres contre les islamistes. Coup de génie qui polarise la société française sur un thème qui fait oublier les échecs et la scélératesse de leur gestion.

 Beaucoup pressentent que tout cela ne tourne pas rond, que c’est bizarre, anormal qu’il y a « une aiguille quelque part qui dérange ». Mais ils ne réussissent pas à le formuler. 

Pourquoi le peuple est-il si impuissant? Pourquoi font-ils ce qu’ils veulent, par quels moyens? 

Notre réponse est : parce qu’ils ont pris le contrôle de la société civile, ils l’on envahi d’abord et maintenant ils la modèlent, ils la produisent. Ils se mêlent de tout et de beaucoup plus que vous ne le pensez. Ils ont même réussi à faire en sorte que vous perdiez l’envie que cela change. 

D’où l’échec des deux extrémistes, Marine et Mélenchon. Vous ne vous opposez plus, vous ne vous opposez pas, vous jouez la comédie de l’opposition et cela vous donne l’illusion (pilule bleue) de résister et de faire la Révolution. Ils vous tendent le hochet des signes du Changement, de la Révolution alors que le monde réel, celui des machinistes (pilule rouge) n’est nullement affecté par vos votes. Il n’y a plus d’articulation entre le monde de l’illusion dans lequel ils vous font vivre et le monde réel souterrain, le monde de la machinerie, c’est cette déconnexion qui explique l’impuissance qui fait de vous des mouches dans un bocal. 

La finance, en faillite réelle, donne l’illusion de la prospérité parce qu’elle crée des trillions et des trillions de monnaie tombée du ciel. C’est la pilule bleue. Moins il y a de richesses et plus on crée de valeur. L’objectif étant de réussir le Grand Transfert; transférer c’est prendre votre argent excédentaire selon eux, et canaliser vers ceux qui en veulent plus, les banques, les gouvernements, les assistés, les déviants. 

Jour après jour nous tentons de, montrer comment ils font, et cela va plus loin, beaucoup plus loin que le décodage et l’interprétation. Nous descendons dans le « Rabbitt Hole ».

Le film Matrix nous parle d’un univers d’illusion créé pour empêcher les hommes de découvrir qu’ils sont esclaves, soumis à une influence extérieure. Morpheus explique à Neo qu’il a le choix. Il peut, en prenant la pilule bleue, rester dans le monde fabriqué de l’illusion et de l’ignorance de la vérité. Il peut, en prenant la pilule rouge, rester dans le monde réel, celui dur, de la vérité.

Morpheus déclare: « All I am offering is the truth: Nothing else ». Tout ce que j’ai à offrir, c’est la vérité: rien d’autre. 

Le monde de l’investissement est un monde à part. Il y a, d’un côté Wall Street, et de l’autre Main Street. Contrairement à ce que l’on peut penser superficiellement, la ligne de partage, ce n’est pas la participation (Wall Street) ou non (Main Street) au jeu financier ; non, le clivage est entre ceux qui travaillent en Bourse à titre de professionnels et ceux qui, même s’ils le font, restent des individus normaux, des hommes disons « de la rue ». 

L’investisseur professionnel, celui qui en fait métier, vit dans une logique propre, créée de toutes pièces par la compétition avec ses pairs. Il a l’épée dans les reins de la performance, du benchmark, bref l’épée dans les reins qui menace sa survie professionnelle et donc sociale. Il lutte à mort, mort sociale s’entend. Il protège sa vie avec… l’argent des autres, ce que les Américains appellent maintenant « the OPM », the other people’s money. 

Tout ce qui a été réussi par les faux magiciens, réels illusionnistes des Banques Centrales depuis 2008//2009, n’a été possible que parce que le monde financier s’est professionnalisé, c’est devenu un métier. Avec sa logique, son langage, ses théories, ce que nous appelons souvent sa névrose. Il n’y a pas complicité subjective entre le monde de l’investissement professionnel et les Banquiers Centraux, il y a isomorphisme, ils fonctionnent de la même façon, ils habitent le même monde. Ils vivent dans un monde de signes, et peu à peu ces signes ont gagné leur autonomie, ils ont leur vie propre. Dans cette communauté, tous prennent la pilule bleue. 

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Le monde de la pilule bleue est celui qui est créé par le coup de baguette « magique » des banquiers centraux. Nous préférons dire des « banquiers centraux », plutôt que Banques Centrales pour bien marquer que tout le monde n’y participe pas, les Allemands par exemple, et aussi pour insister sur le fait que ce dont nous parlons, c’est de la parole des banquiers, des personnes. 

Le monde de la pilule bleue, c’est le monde de la tautologie, du raisonnement circulaire. Excusez-nous si c’est un peu complexe et si nos qualités d’exposition ont des limites. La Bible de la circularité qui crée l’illusion comporte beaucoup de pages, mais nous en trouvons un résumé dans le discours d’installation de Yellen: « Il est important pour une Banque Centrale de faire comprendre clairement comment elle ajustera sa politique en réponse à de nouveaux développements économiques imprévus, de telle façon que cela réduise ou annule toutes les conséquences potentiellement négatives. Si le public comprend et s’attend à ce que les responsables se comportent de façon systématiquement stabilisatrice, alors, on va tendre vers une situation dans laquelle on sera de moins en moins affectée par ces développements ».

 En clair, il n’y a aucune raison de jamais anticiper quoi que ce soit de négatif car vous pouvez être assurés que toujours nous agirons de façon à nous y opposer. Et sachez aussi que ce savoir est magique, il se réalise d’être cru. 

Cette affirmation de Yellen devrait être imprimée sur toutes les boites de pilules bleues, elle est fondatrice du monde de l’illusion. Elle devrait figurer au fronton de toutes les maisons de gestion d’actifs.

 L’homme de la rue, l’habitant de Main Street, ne vit pas dans le monde de l’investissement professionnel. Il investit sûrement, mais il le fait avec son argent.  En ce sens, on peut dire que c’est du vrai argent. Avec ses tripes. Avec son appréciation du risque, son appétit, le sien, pour le jeu. S’il gagne, il encaisse. S’il perd, il paie. Il y a un lien, une articulation directe, une sanction qui le maintiennent dans le réel. Dans le réel de peine, d’effort et de souffrance. Il est relié au monde réel, il lui est organiquement articulé. 

Celui-là, on peut dire qu’il prend la pilule rouge. 

Chaque monde a sa logique de raisonnement. L’investisseur peut choisir de faire confiance (prendre la pilule bleue) et considérer que les illusionnistes ne seront jamais pris en défaut, on restera dans le même cadre, sans irruption du réel, sans mise à l’épreuve. Bref à l’intérieur de la névrose. 

Pour être plus pertinente, notre distinction devrait se faire plus fine, entre les professionnels qui font le vrai métier d’investir de l’argent d’épargne, les banques privées, les Family Office, etc.,  et les professionnels qui pratiquent le capitalisme dit d’arbitrage, comme  les banques improprement appelées d’investissement, les Goldman Sachs, Morgan Stanley et les Proprietary Trading. Mais pour le besoin du raisonnement actuel,  on peut négliger cette distinction. Simplement on retiendra que les banques privées se rapprochent plus de la catégorie, homme de la rue, habitant de Main Street, leur lien avec le réel et la sanction est moins distendu. 

Nous examinerons successivement le risque dans le monde de la pilule bleue, puis le risque dans le monde de la pilule rouge. 

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Dans le monde de la pilule bleue:

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Un tour d’horizon rapide de la situation économique et l’examen des dernières initiatives bancaires  montrent que les risques de taux négatifs sur les avoirs liquides ne sont pas à négliger. En Allemagne, les grandes banques n’hésitent plus à imposer des taux de -1% sur les dépôts en euros significatifs. On connait aussi la situation dans certains pays d’Europe du Nord. Nous en concluons  qu’une politique légèrement moins défensive n’est  pas déraisonnable et certains ont peut-être intérêt à mettre un peu d’argent, actuellement en réserve ou au parking, au travail sur les marchés.  Nous avons tendance à le penser. La poursuite des tendances actuelles au ralentissement des prix et donc à la lutte contre la « déflation » est l’hypothèse la plus probable. 

Cependant, une remise en chantier de la réflexion sur le risque en général incite à une position plus nuancée. Il y a urgence à ne pas se précipiter. Nous aboutissons en effet aux remarques ou conclusions suivantes: 

  • le risque grec est entier, on a tapé dans la boite « kick the can ». On vit sur le double langage, il y a une réalité à usage externe à la Grèce et une autre à usage interne. L’interconnexion bancaire entre la Grèce et la Turquie est une réalité, source de fragilité régionale. L’Allemagne est toujours tentée par la politique du pire, pour l’exemple. 
  • le risque ukrainien est toujours là, les accords ne sont pas respectés, la Russie est à nouveau dégradée. On parle déjà de nouvelles sanctions. 
  • le risque de déstabilisation du Moyen-Orient est sous-estimé, la stratégie d’ISIS/EI n’a de sens que s’il vise la fragile Arabie Saoudite. 
  • le risque lié à la surévaluation généralisée des assets financiers s’est accru avec les hausses  récentes des actions, obligations et des marchés de crédit. La Fed a pointé des tensions sur les évaluations, elle-même, ces derniers jours. 
  • le risque de crédit croît avec la mauvaise allocation de plus en plus évidente des ressources; les statistiques montrent qu’aux USA, plus de 4 prêts sur 10 dans les secteurs auto, credit-cards et prêts personnels sont à nouveau « subprime ». Les taux sont tellement bas que les investisseurs acceptent n’importe quoi: plus de 1,75 trillions de dettes souveraines offrent maintenant des taux… négatifs. Le tout, dans un contexte de croissance plus que modeste en apparence, nulle en réalité. 
  • en Chine, la dette des gouvernements locaux se révèle de plus en plus terrifiante, le gouvernement est dans l’impasse, les sorties de capitaux ne cessent d’enfler, ce qui fait craindre pour le Peg du Yuan. On ignore les effets déstabilisants qu’aurait son décrochage. Le portefeuille de Treasuries US détenu par la Banque Centrale s’effrite depuis 4 mois. 
  • les réserves internationales détenues par les Banques Centrales, non seulement ont cessé de gonfler, mais, depuis le record d’Août 2014, elles sont en recul de plus de 400 milliards. Ces réserves croissaient auparavant au rythme de 6% l’an, c’est un changement radical de la donne dont on ne voit pas bien les conséquences. 
  • au Japon, le Gouverneur Kuroda vient de laisser ouverte la possibilité de nouvelles mesures de stimulation face aux médiocres résultats publiés ces dernières semaines. Le portefeuille de Treasuries du Japon commence lui aussi à baisser. Le Japon et la Chine représentent 2/5 du portefeuille étranger de Treasuries. 

Tout ceci, dans un contexte où la situation économique américaine et la réduction du « slack », justifieraient une hausse des taux ; la Fed est en retard, elle hésite, son doigt tremble sur la gâchette. Ses dernières prestations ont surpris les observateurs par leur caractère plus « dovish » qu’attendu. 

Quelles seraient les conséquences en termes de crédibilité si la Fed était obligée de reconnaître que rien n’est résolu et qu’elle doit différer sa timide tentative de normalisation? 

La hausse du dollar, conséquence normale, mais non prévue et non voulue, du décalage entre les USA et le Reste du Monde, cette hausse du dollar est interrompue. Jack Lew est intervenu pour la ralentir, mais ce qui a surpris, c’est le fait que le dernier FOMC en fait un problème. En effet, les minutes du FOMC s’inquiètent de la hausse du dollar qui « constitue une source persistante de frein à nos exportations ».  

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Dans le monde de la pilule rouge :

___________________________ 

Plus fondamentalement, moins circonstanciellement, nous abordons un changement de période, un changement de phase. On entrevoit une brèche, une déchirure, dans le monde créé en 2008/2009. Les invariants des 6 dernières années peuvent varier. Expliquons-nous. 

Les mesures du risque, les appréciations faites, soit mathématiquement, soit intuitivement, par les investisseurs sont relatives à une période donnée, la période récente. Pour les uns, la mémoire remonte à 2008/2009 ; pour la majorité, ce qu’ils  retiennent, c’est la période marquée par les Quantitative Easing. Les intuitions, les perceptions et les calculs sont fondés sur l’expérience d’une période qui se termine.  Même si la Fed tergiverse et joue les prolongations, après, ce ne sera plus comme avant. 

Les appréciations du risque sont fondées sur une sorte de régime de croisière à laquelle on s’est habitué. Régime de croisière marqué par la toute puissance et l’habilité des Banques Centrales. C’est une donnée qui n’est plus maintenant contestée et qui fait partie du consensus. Sauf chez les irréductibles marginaux qui continuent à annoncer l’Armageddon et la Grande Réconciliation. Le sang et les larmes. 

Les appréciations du risque sont fondées sur l’expérience de la phase montante, la phase d’inflation des bilans des Banques Centrales. Ces politiques non conventionnelles, on n’en connait qu’un seul sens, qu’une partie, la plus agréable. Le toujours plus! Les corrélations de la seconde phase, celles du reflux, celles du « moins », celles du retour, ne seront peut-être ni semblables à celles de l’aller, ni même symétriques inversées. La Fed tente une transition et elle doit inventer, rien n’a été testé sauf en éprouvette. 

La transition a été initiée dès Avril 2013, cela ne s’est pas bien passé. On a vu les dislocations qui se sont produites sur les marchés périphériques les plus marginaux, les plus fragiles. En particulier chez les émergents, avec des conséquences inattendues aux USA même. Sans parler des Commodities. C’est ce qui a conduit la Fed à revenir en arrière, à différer: on a mieux préparé le « Taper ». Il est devenu plus lent, plus graduel, et réversible. N’empêche, les conséquences non voulues se sont multipliées avec, en particulier, la chute déstabilisante des prix du pétrole, l’élargissement des spreads de risque,  l’effondrement de nombreuses devises des émergents et bien sûr la montée du dollar. Montée provoquée par les rachats du Dollar-Carry dont les investisseurs sont en fait, objectivement, vendeurs à découvert lorsqu’ils empruntent en dollars pour financer d’autres choses. Le problème du dollar a à voir avec la liquidité mondiale et l’action de création de monnaie par le gonflement du bilan des banques. Il y a un lien entre le pouvoir de création monétaire infini des banques et la rareté et l’abondance de dollars. Et là, nous sommes dans le non linéaire! 

A en juger par les dernières prestations des responsables de  la politique monétaire, la Fed patauge, elle hésite. Elle monte des moutons à cinq pattes, des innovations encore plus éloignées de ce que l’on connait et que l’on ne peut modéliser. Éloignées également de ce que la masse des opérateurs peut comprendre. Ainsi, il va falloir passer d’une politique monétaire définie et calibrée pour faire face au problème du « zéro bound », au problème des taux nuls, à une politique monétaire définie et contrainte par l’abondance et l’excès considérable des liquidités. Comment concilier l’inconciliable, la nécessité  d’une sortie des taux zéro avec le maintien nécessaire, pour des raisons de sécurité, d’une masse très excédentaire de liquidités. Comment? Grâce à l’innovation! 

Nous ne pouvons résister à l’envie de rappeler ce que J. K. Galbraith, fantastique analyste de l’Histoire Financière écrivait sur ce sujet de l’innovation : « Concernant l’histoire financière, l’expérience permet d’établir une règle ferme. Cette règle est que les opérations financières, pour sophistiquées qu’elles soient, ne sont jamais des innovations. Ce qui est célébré comme innovation, c’est une variation sur un schéma bien établi, qui ne fonctionne que grâce à la brièveté de la mémoire financière. Toutes les innovations n’ont qu’un seul but: créer des volumes de dettes de plus en plus colossaux, garantis par des  assets réels de moins en moins adéquats. La sphère financière ne cesse de réinventer la roue ». 

Comment réussir cette opération de rendre l’argent plus cher sans le rendre plus rare? 

Comment réussir pareille opération avec des théories monétaires fausses qui méconnaissent le multiplicateur monétaire infini des banques? Avec des théories qui s’obstinent à croire que les banques prêtent à partir de leurs réserves et des théories qui nient le fait que ce sont les crédits, les prêts qui créent les dépôts et la monnaie et non l’inverse. 

Maintenant, comme dit Morpheus, « à vous de choisir ». 

Si vous choisssez la pilule bleue, chaque échec vous enrichira, puisqu’il faudra créer plusde monnaie et qu’elle sera gratuite. Vous aurez raison tous les jours sauf le dernier. 

Si vous choisissez la pilule rouge, chaque échec vous coûtera, sauf le dernier, l’échec final que vous aurez anticipé. Vous n’aurez raison qu’une fois. La bonne.

BRUNO BERTEZ Le Samedi 28 Février 2015 

illustrations et mise en page by THE WOLF

EN BANDE SON 

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20 réponses »

  1. Avertissement

    Ce texte a une portée générale; si vous l’assimiliez, vous comprenez notre démarche et le projet qui est le nôtre en écrivant. Ce projet est celui de vous inciter à prendre la pilule rouge et de vous conduire comme on dit in « The Rabbitt Hole », là où les choses se passent.

    Notre projet est non pas de vous passer le film, mais de vous indiquer, de vous faire découvrir la salle de projection avec ses machinistes. Vous pouvez croire aux ombres, ombres du monde, ombres des autres, ombres de vous-même que l’on, le grand « ON », projette sur l’écran. Vous serez certainement plus confortable, moins angoissé. Mais vous pouvez aussi refuser la pilule bleue démystifier ces ombres, accepter l’angoisse qui en découle et/mais en contrepartie mener une vie plus vraie, plus libre, moins aliénée.

    Je me sers de la finance et de l’économie pour démonter les rouages, dévoiler les mensonges et les manipulations, mais ce n’est qu’un prétexte car au fond, la névrose dans laquelle ils vous font vivre, ce monde faux, bidon est totalitaire. Ils, le grand « ILS » ont tout envahi; Et j’insiste très souvent et de plus en plus, l’aspect « consommation », « dépense » de votre vie est lui aussi entièrement manipulé, cette manipulation contribuant a renforcer votre dépendance, votre soumission.

    Peu d’analystes insistent sur ce côté consommation. Ils parlent de la production, du travail, ils n’abordent pas la question de la consommation, de la manipulation des besoins, des désirs. On commence seulement à entrevoir à quel point la consommation des signes produits par les médias est truquée, mais cela reste superficiel; le trucage des médias est au-delà du mensonge, au-delà du vrai et du faux, il est radical. Il est dans le fait de donner à voir les choses en surface alors que tout se passe en profondeur, en dessous, in the Rabbitt Hole. Il est de cacher, de briser les causalités. Le plus exemple étant bien sur la façon dont ils présentent la crise et ses remèdes. C’est la même chose avec les guerres en cours.

    Les médias ne vous donnent pas à voir comment on fabrique vos destinées, et maintenant, depuis quelques décennies, votre Etre. Ils fabriquent ce que vous êtes; fabriquer ce que vous allez être, voilà leur Projet.

    Il y quelques années, nous analysions la réalité en opposant la société civile à la classe politique, notre idée était l’idée ancienne selon laquelle le politique devait écouter et respecter la société civile, ne pas la brusquer, même quand il était électoralement, temporairement majoritaire.

    D’où notre hostilité aux réformes sociétales qui n’avaient pour but que de satisfaire des minorités déviantes. Maintenant nous allons plus loin, nous sommes plus radical nous considérons qu’ils sont en train de prendre le contrôle de la société civile, de la fabriquer selon leurs besoins, ils ont entrepris de produire eux même la société civile qui leur convient. C’est de plus en plus net sur toutes les grandes questions en cours, réfléchissez-y. En prenant en mains la fabrication de la société civile, ils réussissent des opérations comme « je suis Charlie », qui fait doubler leur taux de popularité en quelques jours et oublier que si les Charlie sont morts, c’est de leur faute à eux, les politiciens qui n’ont pas su les protéger eux, qui multiplient les guerres contre les islamistes. Coup de génie qui polarise la société française sur un thème qui fait oublier les échecs et la scélératesse de leur gestion.

    Beaucoup pressentent que tout cela ne tourne pas rond, que c’est bizarre, anormal qu’il y a « une aiguille quelque part qui dérange ». Mais ils ne réussissent pas à le formuler.

    Pourquoi le peuple est-il si impuissant? Pourquoi font-ils ce qu’ils veulent, par quels moyens?

    Notre réponse est : parce qu’ils ont pris le contrôle de la société civile, ils l’on envahi d’abord et maintenant ils la modèlent, ils la produisent. Ils se mêlent de tout et de beaucoup plus que vous ne le pensez. Ils ont même réussi à faire en sorte que vous perdiez l’envie que cela change.

    D’où l’échec des deux extrémistes, Marine et Mélenchon. Vous ne vous opposez plus, vous ne vous opposez pas, vous jouez la comédie de l’opposition et cela vous donne l’illusion (pilule bleue) de résister et de faire la Révolution. Ils vous tendent le hochet des signes du Changement, de la Révolution alors que le monde réel, celui des machinistes (pilule rouge) n’est nullement affecté par vos votes. Il n’y a plus d’articulation entre le monde de l’illusion dans lequel ils vous font vivre et le monde réel souterrain, le monde de la machinerie, c’est cette déconnexion qui explique l’impuissance qui fait de vous des mouches dans un bocal.

    La finance, en faillite réelle, donne l’illusion de la prospérité parce qu’elle crée des trillions et des trillions de monnaie tombée du ciel. C’est la pilule bleue. Moins il y a de richesses et plus on crée de valeur. L’objectif étant de réussir le Grand Transfert; transférer c’est prendre votre argent excédentaire selon eux, et canaliser vers ceux qui en veulent plus, les banques, les gouvernements, les assistés, les déviants.

    Jour après jour nous tentons de, montrer comment ils font, et cela va plus loin, beaucoup plus loin que le décodage et l’interprétation. Nous descendons dans le « Rabbitt Hole ».

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    • En contrepoint, @Bruno Bertez

      « Pourquoi le peuple est-il si impuissant? » Parce que l’on nous aurait fait perdre l’envie que
      ça change? Pas sûr, sinon pourquoi désigner autant de faux ennemis?
      Tout le monde ne « pressent » pas que « quelque chose ne tourne pas rond », tout le monde
      le sait !
      C’est l’énormité apparente des décisions à prendre qui crée l’indécision. Faire peur et créer
      de faux problèmes, voilà tout ce qui reste aux pouvoirs.
      Toutes les projections à moyen terme promettent une rupture. La question de la pratique
      à adopter renvoie à la justesse de l’analyse (à quoi vous vous appliquez) et de la vision globale, qui peuvent seules indiquer où doit se trouver le point d’application d’une action déterminante.
      Si nous ne faisons rien, la réalité décidera pour nous, ça ne sera pas joli, et mieux vaut se
      battre que se laisser trucider.
      La motivation existe. J’en reviens à l’affaire Charlie. Vous restez persuadé que la manifestation
      était une manipulation totale, moi pas. En France on a cette avance de penser fermement
      que l’on peut rire de toutes les sottises humaines.
      C’est le pouvoir qui n’ose pas le dire, et aussi, effectivement, la pauvre mauvaise conscience
      d’une partie des gens, mais que serait un Prophète vexé par de petits dessins….
      Trouver des gens assez désespérés pour s’en prendre à des dessinateurs et à un économiste
      est bien un signe de l’obsolescence tragique de la quasi totalité des critiques de ce monde.
      Le seul résultat est de renforcer momentanément des méfiances dans le pays, mais cela sent
      le dérisoire face aux problèmes de fond infiniment plus lourds.
      Il faut quand même se rendre compte que dans le centre de la tyrannie financière, les
      Etats-Unis, on a pu programmer des années durant un feuilleton comme « 24 heures chrono »
      où le pouvoir était systématiquement décrit comme aux mains de crapules, d’incompétents,
      ou d’idéalistes assassinés ou contraints à la démission. Pendant qu’en France demeurait
      un reste de respect du pouvoir, qui est en train de disparaître.
      Et encore, en 1968 déjà un monument comme De Gaulle a été ébranlé sur des questions
      au départ fort secondaires, et l’opposition « de gauche » était pareillement conspuée.
      Maintenant on peut toujours dire que c’était un complot pour lancer le banquier Pompidou et l’enclenchement du mécanisme de la dette. Sauf que désormais on voit le résultat clairement.
      Si Marine et Mélenchon peinent à convaincre, c’est parce qu’ils tiennent au système, outre
      leur incompétence manifeste, ils s’accrochent à toutes les contradictions du passé.
      Qui donc osera proclamer l’indépendance nationale (le point fixe d’Archimède), l’euthanasie
      des dettes indues et des intérêts y afférents, le contrôle des changes, la surveillance des prises de contrôle étrangères, la sortie de l’Otan et le rééquilibrage diplomatique ?
      Aucun pays ne serait-il tenté de suivre?
      La finance est sans doute puissante, mais surtout quand personne ne vient contrarier
      sérieusement ses projets d’asservissement. La fin de la dette dégagerait aussitôt des fonds d’investissement très importants, n’importe qui peut le comprendre. La situation n’est-elle pas mûre?

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    • A mon commentaire précédent je voudrais ajouter ceci:

      Lorsque vous dites:  » Peu d’analystes insistent sur ce côté consommation, ils parlent de la production, du travail, ils n’abordent pas la question de la consommation, de la manipulation des besoins, des désirs. ON COMMENCE SEULEMENT A ENTREVOIR (c’est moi qui souligne) à quel
      point la consommation des signes produits par les médiats est truquée,… », il me semble qu’il
      y a un trou de mémoire. Dans les années 50/60 la critique situationniste parlait très précisément
      de cet état de fait, reprise largement de Marx du reste. Et je n’évoque que les commentaires
      les plus argumentés parmi d’autres, qui ont longuement préparé la révolte de 1968 sous le
      gaullisme finissant. Le large écho de cet épisode n’a pas suffi à lui assurer la victoire.
      La domination par la manipulation l’a finalement emporté, évitant au pouvoir de recourir à sa
      vielle méthode historique: la force armée. Il suffit de se reporter à la presse éphémère de
      l’époque pour vérifier les choses.
      Or ce point est capital. On a beaucoup glosé sur la capacité du système marchand à « digérer »
      la contestation. Mais c’était valable quand tout PARAISSAIT aller bien, ce qui n’est plus le cas
      aujourd’hui ! Tout ce qui était latent nous revient au jour en pleine figure. La dernière chance
      de l’ennemi consiste à essayer de faire croire qu »il n’y a pas d’alternative ». Le jour ou la majorité
      ne le croira plus, le soleil pourra se lever.

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      • @marco

        La production de la société civile par la consommation, la symbolique publicitaire et l’économie du désir ne recouvrent pas l’analyse des situationnistes ou celle de mai 68.

        Mon analyse est bien plus radicale. Je ne parle pas de la consommation des signes, je parle de la constitution du sujet, de la construction d’un homme nouveau et de la disparition des classes socIales traditionnelles qui en découle.

        La classe révolutionnaire chère à Marx que vous évoquez a disparu, elle s’est transformée en classe exploiteuse du travail des prolétaires des pays émergents.

        L’exploitation dite minière des travailleurs de pays émergents a eu pour effet de faire disparaitre le fameux sujet de l’histoire qui n’avait rien à perdre, et à ce titre pouvait faire la Révolution:

        L’achat a bas prix d’une TV cinéma à un producteur chinois transforme le travailleur- ou le chomeur- en un bénéficiaire de l’échange inégal. Il ne le sait pas mais inconsciemment cela le transforme et la preuve, il ne vote plus pour le PC, il vote social demo. c’est à dire qu’il vote pour que cela dure:puisque c’est l’essence de la sociale demo que de faire en sorte que cela ne change pas.

        C’est le sujet de l’Histoire qui est transformé, pas sa consommation.

        Dans ce cadre, le volontarisme qui se croit conscient est … dérisoire, il s’inscrit dans le monde contre lequel il pretend s’insurger.

        Je ne vise pas la consommation du sujet, mais sa structuration.

        Ce que vous évoquez c’est le superficiel qui a conduit les soit disant révolutionnaires maoistes, les fameux « chinois » du type Barthes, Sollers, et autres à se tromper sur tout et finalement à se ranger bien au chaud au sein du patronat dit moderne et à lui servir de harkis. Ces gens on les retrouvé dans la pub, la com, les instituts de sondage, la presse style Libé etc

        La critique qui me guide est plus moderne, elle se rapproche de celle de gens comme Clouscard ou J.F Goux car elle est matérialiste, . mais elle est encore plus en profondeur.

        La manipulation que vous évoquez dans votre ajout laisse le sujet intact , elle ne modifie que son comportement alors que je vise la production d’hommes et de sujets sociaux nouveaux,

        Bien entendu il n’est pas facile de traiter de facon adéquate et pertinente ces sujets, il faut malheureusement se réduire à faire passer un message approximatif:

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  2. très intéressant comme souvent. J’oserais la subtilité suivante :

    Choisissent la bleue presque tous ceux qui le peuvent, qui en ont les moyens intellectuels, financiers, …. ; tout le monde voudrait pouvoir la choisir, seuls quelques ermites ont le loisir de pouvoir y renoncer volontairement.

    Tous les autres en sont réduit à la rouge, celle par défaut, celle que l’on subit. Ce sont de très loin les plus nombreux, les fameux 99%.

    Si ces derniers ne détruisent pas ce système, dont ils sont pourtant conscients, c’est par qu’ils espèrent, un jour, obtenir ne serait-ce qu’une miette d’une pilule bleue. Ou qu’ils ont été persuadés que tel était leur destin, que sans cette pilule rouge, leur sort serait plus horrible encore.

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    • Votre post est intéressant, il essaie de comprendre. C’est la bonne démarche car avant de proposer et d’agir, il faut d’abord une analyse solide. Cependant, je pense que si vous vous relisez, vous vous apercevrez que vos idées se situent à différents niveaux et qu’à ce titre leur enchainement est difficile à suivre.

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  3. « Quelles seraient les conséquences en termes de crédibilité si la Fed était obligée de reconnaître…  »

    C’est ce moment qui est clef, le moment qui s’est déjà déroulé rue Quincampoix, et qui se produira de manière certaine comme l’indique Galbraith car comme vous le recensez il n’y aura jamais rien de nouveau en finance (c’est tout sauf une industrie contrairement à ce qu’ils disent…et avec parfois 15/20% de ces abrutis en % de notre pib, c’est la preuve que nous sommes dans une crise intellectuelle très grave )

    Eh bien pour la première fois depuis longtemps une banque centrale de premier ordre, la BNS est récemment passée pour ce qu’elle est c’est à dire du vent
    A mon avis, l’avant dernière fois a du être la BOE humiliée lorsque UK a eu affaire au FMI

    C’est une des raisons pour lesquelles je viens de cloturer un dollar cost averaging plan sur le CAC initié en septembre 2003 en assurance vie. Je ne veux plus d’assurance vie. et je ne veux plus subventionner le camps de la pillulle bleue avec des frais de gestion.

    On apprend d’ailleurs que le laboratoire GREC étudie une taxation exceptionnel sur le capital.
    L’autre point est actuellement que toute personne solvable avec du cash doit rembourser ces dettes par anticipation: il ne doit exister aucun meilleur risque que soit.

    On le voit le ZIRP détruit de la monnaie saine chez les gens normaux:, je vend 100 de cac et je rembourse 100 de dettes bancaires la semaine prochaine
    La BOJ recrera la monnaie que j’ai détruite: mais cela sera de la monnaie pourrie

    On peut penser qu’en mettant les taux a 4 cela serait un carnage mais cela relancerait l’inflation

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  4. Ouf, que dire ?

    Je n’aime pas les pilules, ni bleues, ni rouges, ni aucune autre couleur !

    Matrix reste une réalisation hors norme avec bons nombres de références Philo, une réalisation technique époustouflante, …, et pourtant ce n’est que du cinoche. Du cinoche qui nous sert justement la pilule !

    La vie, c’est tout, sauf du cinoche.

    Par ex. : Une information importante cette semaine, c’est ce vote de la FFC sur le « respect  » de la « neutralité  » du net.

    Bleue ou rouge la pilule ne passe pas ! Car cela dépend ce qui est derrière ce mot « neutralité » vis-à-vis des réseaux, ce qui sous-entend qu’aucune intelligence ne doit interférer les communications entre deux postes !! What…???

    Nous en sommes tellement loin…que cela devient pathétique ! La novlangue fait des ravages dans tous les domaines, mais en informatique, comme en finance, c’est acadabra et puis voilà.

    Nous sommes déjà dans l’après !!! L’après qui ne dit pas son nom, mais que vous décrivez si bien, Monsieurs Bertez. Nous sommes dans l’après et cela devient difficile à suivre.

    Des rafales en Égypte ? et un porte-avions dans le golfe Persique, pour faire la guerre à des coupeurs de gorges ? Vraiment ? Ho la la, les Charlies ont encore pris la grosse tête !

    Gardons le sang froid, FMI, OTAN, UE… sont ni démocraties, ni contrôlables.

    Votre ILS, monsieur Bertez, sont derrière ces organisations. Ils n’ont pas de solution autre que de nous plonger dans le noir pour sauver les apparences et garder leurs leaderships.

    ILS ont perdu, et nous commençons tout juste à le sentir. Nous sommes dans l’après, nous sommes DÉJÀ dans l’après, et le présent prend une nouvelle dimension.

    Sans pilules, j’apprécie grandement votre approche, monsieur Bertez, qui nous pousse à la réflexion, encore merci à vous et vos commentateurs.

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    • @Marco

      Si vous me lisez régulièrement, ce que je crois, vous vous êtes apercu que je considère que l’art est capable de saisir des choses du réel et de les montrer avec une certaine avance.

      L’art préfigure et annonce en quelque sorte, il donne à voir avant que cela ne soit visible.

      Dans l’art c’est en quelque sorte l’inconscient de l’artiste qui parle et cet inconscient percoit et exprime de facon symbolique des choses qui n’ont pas encore été formulées par la conscience.

      Comment comprendre la marche actuelle vers l’abstraction et la dé-réification sans faire référence à ce processus qui s’est déja déroulé dans le domaine artistique depuis plusieurs décennies.

      L’homme produit les signes, et il est produit par eux. Et il arrive quelque fois que les signes et leur combinatoire échappent à ceux qui les ont créés. La logique des signes et du symbolique à une vie autonome et c’est l’un des grands mystères de l’humain. Par quel mystère les mots expriment ils non seulement les choses , mais aussi les idées? S’agissant du cinéma, comment l’imaginaire d’un créateur peut-il montrer avec des images et des mots une vérité qui reste cachée de l’homme de la rue? Miracle des mots, des paroles, des images, de la musique, miracle de tout ce qui fait de nous des êtres insérés dans le symbolique.

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      • @Bruno Bertez

        Bonjour,

        Vos commentaires sur l’art me semblent moins profonds que vos analyses économiques,
        qui secouent sérieusement le cocotier.
        Lorsque vous dites « c’est l’inconscient qui parle…de façon symbolique de choses non
        encore formulées par la conscience », pour l’appliquer à l’art abstrait, nous sommes d’accord,
        mais pas lorsque vous faites remonter l’affaire à « quelques décennies ».
        Un exemple peu évoqué: sur les monnaies gauloises, où se voit gravée toute la métaphysique
        celtique, apparaît avant l’expansion romaine un graphisme totalement abstrait, comme
        si la figuration se retirait, il y a donc plus de vingt et un siècles.
        La « marche vers l’abstraction » semble donc un recours face à l’épuisement des formes et
        des signes, une sorte de « cogito » de la plastique, non réservé à l’époque moderne.

        Tout cela recouvre néanmoins des réalités effectivement ressenties, comme l’est le passage
        d’une forme de société à une autre.
        Mais nous vivons un problème différent.
        Lorsque vous dites: » la production de la société civile par la consommation, la symbolique
        publicitaire et l’économie du désir…. »(sic, dans une première réponse), vous croyez donc une telle production possible! Moi non. Je dirais qu’à l’opposé ce dont vous parlez DÉTRUIT
        toute société civile. Vos analyses pertinentes de la situation montrent bien comment la cohérence
        sociale se défait, et son signe le plus immédiat est justement l’ « incivilité »!
        C’est que dans une « société » spectaculaire plus rien n’a de consistance, la seule vérité est
        que tout est faux. Sauf la conscience qui l’énonce.
        Vous dites: « Je ne vise pas la consommation du sujet, mais sa structuration ». Là encore,
        la consommation justement déstructure le sujet, lui dérobe le sol sous les pieds. La
        seule qualité de « l’homme sans qualités » c’est le sentiment de l’ananké, le vide qui l’assaille.

        Maintenant vous avez bien établi (avec quelques autres, quand même..) la manière
        dont le capitalisme moderne avance pratiquement sans résistance.
        Et il le peut parce qu’il n’a devant lui aucune force cohérente, parce qu’il n’est pas frontal
        (sauf ponctuellement quand il est sûr de gagner), mais transversal. Sa seule limite
        est la nôtre.
        Élucider ces questions pus profondément requiert une analyse phénoménologique,
        asseoir une base de réflexion à la fois matérielle et non contingente, pas une petite affaire.
        Ceci a-t-il sa place dans un blog économique?

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  5. Brillant comme d’habitude. Cependant concernant notre situation en France, comment cette equipe a pu réussir à faire ce que vous dites, alors qu’en les voyant , que ce soit François Hollande, qui a, au mieux, l’étoffe et la stature d’un maire d’un petit village, ou Manuel Valls, qui pense qu’en fronçant ses sourcils on peut impressioner son auditoire, ou Michel Sapin, ou etc…. Comment cette « brillante » equipe a réussi ce qu’elle a réussi, restera, à mon humble avis, un mystère.

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  6. @Randy C. Kay Votre question est essentielle.

    Vous pointez une contradiction qui apparait évidente, mais elle n’est qu’apparente.

    QQuand on descend in The Rabbitt Hole, ce que l’on découvre, ce ne sont pas les machinistes, les Hollande, Obama, Valls, Merkel et autres guignols, non ce que l’on découvre c’est un Système.

    Un Système auto régulé, auto reproductible, auto justificatif. Bref un système qui n’a pour seule logique que celle de durer.

    Je prends Système au sens de Levi Strauss, au sens des structuralistes. Le système vit, il s’adapte, il mute, se coupe un bras quand c’est nécessaire pour survivre.

    Les gugusses, car ce sont des gugusses comme Obama, Hollande , Merkel etc ne sont que les gestionnaires apparents du Système, comme les grands prêtres, avant, géraient les mystères d’Eleusis lesquels les dépassaient totalement.

    Ainsi Hollande a démarré comme un politicien volontariste et en 18 mois il est devenu l’honnête gestionnaire d’un système qu’il ne comprend pas et qui le dépasse.

    Le Système a muté depuis les années 80, c’est mon hypothèse de travail, mon cadre analytique.

    Pour dépasser ses limites, en particulier en matière de croissance et de profit, il est passé de Système de production de richesse vraies, réelles à un Système de production de valeurs abstraites, financières, monétaires, valeurs désirs etc.

    Le capital et le profit sont de moins en moins produits par l’activité productrice et de plus en plus par le gonflement, l’inflation financière et l’ingénierie qui s’y appliquent. Nous sommes passé d’un Système d’accumulation fondé sur le capital productif à un Système ou le capital est produit par la chaine: création de monnaie, dette, levier, ingénierie sur les marchés.

    Avant on produisait des richesses, maintenant on produit du capital; ce que l’on appelle de la valeur. La production de richesses réelles n’est plus qu’un sous-produit, un by-product de l’activité de la finance. La classe dominante n’est plus l’entrepreneur, mais le banquier, les kleptocrates, leurs alliés politiques, les hauts fonctionnaires etc. Tous sont gens sont devenus au sens des grandes écoles et des MBA, des managers.

    La popularité de Hollande a commencé à remonter quand il a abandonné l’habit politique pour endosser celui du manager.

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  7. La situation russe. Danger. Un scénario connu.

    Nous sommes face à une colossale provocation, intoxication, récupération. C’est une sorte de tentative désespérée des Ukrainiens et des Atlantistes pour déstabiliser Poutine.

    Les Ukrainiens ont subi une défaite militaire incontestable, ils n’arrivent pas à décider Obama à intervenir plus avant, et l’Allemagne de Merkel a envie de stopper l’escalade d’où les accords de Minsk.

    Nous sommes face à un « coûte que coûte », une tentative désespérée. Les fascistes Ukrainiens et les néocons ont bien senti que la tension était en train de retomber et que l’on s’acheminait vers une phase de détente.

    L’Allemagne considère, en effet, qu’elle doit consacrer toute son énergie à sauver la construction européenne et le conflit russe sous cet angle est contreproductif. La France a fait un pas également dans cette direction.

    La provocation de l’assassinat est une dérisoire manœuvre de la dernière chance, mais elle est dangereuse. Le Printemps d’Alexandre Navalny repris par Nemtsov puait la provocation plein nez et avait été décodé comme tel.

    L’histoire du mannequin ukrainien de trente ans, cadette de Nemtsov qui l’accompagnait sur le pont après avoir diné et alors qu’ils se dirigeaient vers un hôtel de luxe est révélatrice du montage, tout comme la biographie, réécrite de ce même Nemtsov. La fuite du mannequin ukrainien indemne, malgré un tir en rafales, qui court sous la pluie avec ses talons de 12 cmd a quelque chose de pathétique.

    Attention pour comprendre ce qui se passe et va se passer, il ne faut pas se tromper de grille d’interprétation et juger en fonction de nos critères occidentaux. Les Russes sont moins sensibles aux politiques de communication en vigueur dans les pays occidentaux et Poutine s’exprime pour les russes, pas pour l’opinion publique occidentale.

    Les néocons et leurs alliés veulent tenter une sorte de grand mouvement de foule du type » je suis Charlie » pour mettre Poutine en difficulté, le forcer à la répression avec l’enchaînement habituel. C’est une politique irresponsable, ce sont des incendiaires. Ils allument des mèches comme toutes celles qu’ils ont allumées, en Irak, en Libye, en Syrie, en Ukraine etc;

    L’escalade est probable. Boris Nemtsov ne représentait rien de l’avis des russes, des vrais russes, pas de l’avis de la presse ou des services de renseignements. Son soutien populaire est bidon, il n’a pas réussi à se faire élire maire de Sotchi. Comme le disent les russes, Nemtsov « is a small potatoe ».

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    • Il y a plusieurs terrains de jeux, et quelques lignes à ne pas dépasser.

      La Syrie, Lybie, le Proche et Moyen Orient sont bien plus préoccupants en ce moment.

      Pour l’Ukraine, la Chine a dit non aux US et oui à la Russie. Claire. Précis. Fin de l’histoire. Cela n’ira pas plus loin ou nous acceptons les conséquences désastreuses, pour nous autres occidentaux.

      Nous sommes dans l’après, et les murs s’effondrent, les faillites s’amplifient, la misère avance, partir en guerre est la solution des lâches, des sans-idées, des inutiles.

      Les moments tant redoutés sont là. L’histoire d’une chute sans fin, l’histoire de notre faillite. La guerre n’est qu’accessoire, juste une diversion, parmi tant d’autres.

      Nous sommes le 1er mars, alors piano-piano, le mois rique d’être long de vide.

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  8. La rouge ou la bleue ? La Bourse … ou la vie ?

    C’est ainsi que les brigands des temps anciens formulaient
    leur exigences et les conséquences des choix ?

    J’aime bien la bleue ? Elle m’a bien servie ?
    Non, non pas celle là ? L’AUTRE ?

    Celle dont parle monsieur Bertez voyons ? On est sérieux par icittt !
    M’enfin ?

    Donc, la bleue c’est bon mais à la fin d’l’envoi ? C’est la rouge qui touche ?

    Je peux comprendre ça ? Mais dites moi donc ?
    DE QUOI EST DONC CONSTITUÉ CETTE PILULE ROUGE ?
    C’est-tu du $ US ? De l’euro ? Du franc suisse ? De la livre sterling ? De ???

    DE QUOI QU’ELLE EST FAITES C’TE ROUGE LÀ ENFIN ?

    Non ? Parce que lorsque j’aurai vendu la constituante de ma bleue ?
    Je fais quoi … APRÈS ?

    C’est qu’j’angoisse moi comprenez vous ? La rouge ? La bleue ?

    La Bourse ou la vie ?

    Et en plus ? Y A MÊME PLUS D’ÎLES DÉSERTES COMME QU’C’EST LÀ ?

    Pfiouuuuuuuuuuuuu !!!

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