Art de la guerre monétaire et économique

Philippe Béchade: Ultra-riches contre classe moyenne – les Etats-Unis en déséquilibre ! / Etats-Unis, le mirage du plein emploi…

Philippe Béchade: Ultra-riches contre classe moyenne – les Etats-Unis en déséquilibre !

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La Fed devrait tenir parole cette semaine et annoncer le premier tour de vis monétaire depuis 10 ans. Elle éloignerait ainsi le « bol de punch » des brasseurs d’argent.

C’est donc en principe la fin d’une époque aux Etats-Unis… et le moment de faire un petit bilan « à la sauce Agora ».

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La Réserve Fédérale délivre sa hausse de taux

Le Comité annonce une hausse d’un quart de point du taux des Fed Funds. Il s’agit de la première hausse des taux aux Etats-Unis depuis juin 2006 !

Pour mémoire, les taux américains étaient restés fixés entre 0 et 0,25% depuis 2008.

La fourchette de variation du taux des Fed Funds va donc désormais de 0,25 à 0,50%.

Tous les membres du FOMC ont voté en faveur de cette première remontée des taux.

La prochaine réunion FOMC aura lieu du 26 au 27 janvier 2016.

Les quantitative easings, les OMO (de discrètes injections de liquidités d’urgence pour sauver la peau des banques quand le marché interbancaire se grippe), les taux zéro pour une durée interminable… Tout cet activisme monétaire en faveur du système financier — l’argent ne sortant jamais de son périmètre — n’a constitué qu’une machine à transférer la richesse au profit d’une minorité d’obligés (du monde de la finance) qui se sont transformés en une « hyperclasse ».

Jamais depuis la fin du 19ème siècle l’Amérique n’était devenue à ce point ultra-inégalitaire. Les Prix Nobels pleuvent sur la tête de ceux qui en apportent la démonstration depuis deux ans.

Certains membres de l’hyperclasse devenus un peu paranoïaques déclaraient à Davos en début d’année redouter un méga-1789 planétaire ; ils avouaient avoir investi dans des yachts naviguant dans les eaux internationales ou dans des abris les protégeant de potentielles insurrections.

L’ultra-richesse — et le pouvoir qui va avec — sont désormais ultra-concentrés. C’est à tel point qu’un candidat républicain réactionnaire et raciste peut désormais multiplier les outrances sans encourir de rappels à l’ordre de son parti… mener sa propre campagne présidentielle jusqu’au bout et la financer intégralement sur ses deniers personnels — sans même recourir au sponsoring de grandes entreprises.

Donald Trump fascine par sa réussite qui symbolise le rêve libéral (au sens « randien » ou « galtien » du terme, en référence au livre La Grève) et sa dénonciation d’une forme de kleptocratie. Il dénonce pêle-mêle les hauts fonctionnaires, les gérants de hedge funds et autres spéculateurs multimillionnaires… ainsi que Janet Yellen.

Il accuse la présidente de la Fed d’être pro-démocrate et d’avoir différé la hausse des taux sur ordre de Barack Obama. Lequel ne voudrait pas voir une autre bulle éclater durant sa présidence… et surtout pas avant la dernière ligne droite de la campagne présidentielle, où Hillary Clinton semble partir favorite (au moins dans son propre camp).

Qui que soit le/la prochain(e) président(e), de quelle Amérique prendra-t-il (elle) les rênes ?

D’un pays où le « rêve américain » est mort pour plus de 50% des personnes sondées… Un pays où la « reprise » à coups de relance monétaire a enterré la classe moyenne… et où 0,1% de la population (même pas les 1%) a confisqué plus de 100% de la richesse additionnelle créée grâce à l’action de la Fed.

A l’entame des années 70, la classe moyenne composait 61% de la population américaine et engrangeait 62% de tous les revenus distribués aux Etats-Unis (salaires, primes, pensions, dividendes, coupons obligataires, etc.).

Ils ont manifestement très mal mené leur barque : 40 ans plus tard, ils n’en captent plus que 43%. Quel laisser-aller, quelle négligence coupable !

Tout s’est en réalité accéléré depuis l’an 2000 avec une chute de 4% des revenus médians et un plongeon de 28% de la richesse par ménage.

Pas moins de 51% des salariés américains gagnent moins de 30 000 $ par an, et 49% perçoivent une aide gouvernementale. 46 millions sont affiliés au régime des bons alimentaires — un chiffre qui recoupe parfaitement la statistique de la pauvreté, laquelle concerne 47 millions de personnes.

Le patrimoine moyen des ménages était de 138 000 $ en 2007 (juste avant la crise) ; il est tombé à 82 750 $, c’est-à-dire le même montant qu’en 1992 mais 250 $ de moins qu’en 2010. Cela malgré le sursaut des prix immobiliers et un Wall Street au zénith, qui a plus que doublé depuis 1990.

Pour les 20% d’Américains les plus pauvres (soit 65 millions de personnes, l’équivalent de la population de la France), il n’est même plus question de patrimoine mais bien de déficit net (crédits et découverts, arriérés fiscaux, dette étudiante, etc.). Il était de -1 000 $ en l’an 2000, il est passé à -6 000 $.

Les jeunes payent le plus lourd tribut, plombés par plus de 1 000 milliards de dette étudiante. Ils sont 49% à vivre encore chez leurs parents à 25 ans, contre 40% avant le début de la crise.

Les jeunes sont plus endettés mais décrochent des diplômes plus élevés… Pas de chance, cependant, ils sont moins bien payés à l’embauche qu’en 2007 : effet ciseau imparable !

Trouver un bon emploi reste très difficile car malgré un taux de chômage officiel de 5%, on compte 900 000 emplois salariés de moins qu’avant le début de la récession.

Enfin, le nombre d’enfants sans abri aux Etats-Unis a augmenté de 60% depuis 2009. 1,6 millions ont dû dormir dans un foyer pour sans-abri ou toute autre forme d’hébergement d’urgence en 2014… et un enfant sur cinq se nourrit grâce aux bons alimentaires, contre un sur huit avant la crise.

Alors, après six ans de pseudo-reprise, qu’est-ce qui va mieux pour les Américains ?

Eh bien, comme le veut la tradition en temps de crise, cela va mieux pour les 10% de la population la plus riche… mais ce n’est qu’une moyenne. Cela va en fait vraiment très très fort pour les 0,1% les plus riches qui détiennent autant de richesse cumulée que les 90% d’Américains les moins fortunés.

Les 20 Américains les plus riches viennent de franchir le cap de la moitié de la richesse totale détenue (c’est-à-dire plus que ce que possèdent les 250 millions les plus pauvres).

Les 400 Américains les plus riches possèdent une fortune de plus de 2 350 milliards de dollars. C’est plus que le PIB de la France en 2014 (2 330 milliards de dollars)… et c’était encore supérieur à celui de la France en 2015 en début de semaine dernière.

Face à l’appauvrissement inexorable de la classe moyenne aux Etats-Unis, face à l’explosion de la pauvreté et de la très grande pauvreté (1,6 millions d’Américains vivent avec moins de 2 $ par jour), certains membres de la Fed préconisent de renoncer à la hausse des taux demain, pour une durée indéterminée… et de restaurer les injections monétaires sous une forme ou une autre.

Autrement dit, remettre en marche la machine à créer de la dette et des inégalités. La dette, c’est pour les pauvres ; les dividendes achetés à crédit par les entreprises qui ne gagnent plus d’argent, c’est pour les riches.

C’est la double peine pour la classe moyenne : les entreprises licencient et privent de richesse les salariés (qui cessent de l’être) afin de fournir aux actionnaires (les banques et les ultra-riches majoritaires au capital) de l’argent qu’elles n’ont même pas gagné.

Certains au sein de l’hyperclasse commencent à lâcher des « quoi qu’on fasse, ce pays est foutu »… ce qui ne risque pas de leur donner des sueurs froides puisqu’ils passent souvent plus de 50% de l’année hors des Etats Unis.

En revanche, qu’arrivera-t-il si, joignant le geste à la parole, ils se désengagent de Wall Street ?

Pensez-vous que l’indice de l’aversion au risque, le VIX (associé au S&P 500), aurait explosé de +50% la semaine dernière si quelques initiés n’avaient commencé à se diriger vers la sortie en liquidant leurs positions ?

http://la-chronique-agora.com/ultra-riches-classe-moyenne/

Etats-Unis, le mirage du plein emploi… Pierre Sabatier & Raphaël BECANNE

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DÉCEMBRE 16, 2015

Demain seront publiées les créations de postes pour novembre aux Etats-Unis, que les chiffres ADP parus hier laissent attendre au-dessus du consensus. Comme depuis plusieurs mois déjà de nombreux observateurs y verront sans doute un signal du retour au plein-emploi de l’économie américaine, à l’image du journal Les Echos qui titrait un de ses articles du 9 novembre « Retour du plein-emploi aux Etats-Unis ». Sachant que la Banque centrale américaine a parmi ses objectifs l’atteinte du plein-emploi, un taux de chômage à 5% (en octobre) semble en effet indiquer, au regard des normes historiques, que les conditions sont enfin réunies pour qu’elle remonte ses taux.

Mais légitimer une politique monétaire moins accommodante de la part de la FED sur la seule base du taux de chômage officiel est insuffisant puisqu’il nous renvoie une image trop lointaine de la réalité du marché de l’emploi aux États-Unis.

Avec la crise, une part importante de la population active s’est trouvée exclue du calcul officiel. En réintégrant ces personnes nous estimons le taux de chômage du mois d’octobre à 12.1%. Ce taux recalculé sous-estime probablement encore le sous-emploi aux Etats-Unis car la participation au marché du travail des 25-54 ans, cœur de la population active, ne cesse de baisser.

Le taux de chômage officiel est incomplet

Le taux de chômage officiel (U3) est le rapport entre le nombre de chômeurs officiels (Unemployed) et la population dite active (Labor Force) comme le montre le schéma ci-dessous.

Répartition de la population civile américaineOr pour être officiellement comptabilisé comme actif, il faut être employé ou être disponible pour travailler et avoir effectué des démarches de recherche d’emplois au cours des quatre dernières semaines. Ces critères excluent donc du calcul du taux officiel un nombre important de personnes qui, selon nous, devraient être comptées comme des chômeurs, si l’on considère la notion de chômage comme recoupant l’ensemble des personnes inactives qui souhaitent travailler (la recherche d’emploi dépendant en premier lieu du regard que portent les individus sur leurs chances de trouver un travail).

Les statistiques fournies par le Bureau of Labor Statistics (BLS) sont suffisamment riches pour proposer des mesures alternatives au taux officiel puisque les non actifs (Not in Labor Force) se voient demander s’ils désirent un emploi (Want a Job) ou non (Don’t Want a Job, cf. schéma précédant). En reconsidérant comme chômeurs tous ceux qui déclarent désirer un emploi, le taux de chômage passe de 5% à 8.6%.

Par ailleurs, nous prenons également en compte, dans le calcul d’un taux de chômage selon nous plus proche de la réalité les américains qui travaillent à temps partiel et ne l’ont pas voulu (Part-time for economic reasons). Si ces individus ne sont pas à proprement parler au chômage, leurs capacités de travail n’en demeurent pas moins sous-utilisées. En effet, le BLS considère un employé comme étant à temps partiel dès lors qu’il a travaillé plus d’une heure et moins de 35h dans la semaine. Ainsi une personne qui n’aurait travaillé que deux heures se rapproche plus de la situation d’un chômeur que de celle d’un travailleur. En les intégrant dans notre calcul, nous obtenons alors un taux de chômage retraité de 12.1% (cf. graphique ci-dessous).

Evolution des taux de chômage aux Etats-Unis

Même si les tendances sont respectées, la réalité du marché de l’emploi décrite par le taux U7 est donc bien différente de ce que les chiffres officiels laissent paraître (cf. graphique ci-dessus). Le maximum atteint, au plus fort de la crise, était de 19% (mars 2010) pour le taux U7 contre 9% pour le taux U3.

Le chômage est particulièrement sous-estimé pendant les récessions

L’intérêt de notre calcul vient du fait que le chômage est d’autant plus sous-estimé par le taux officiel U3 que le marché de l’emploi s’avère détérioré. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer l’écart entre les différentes mesures du chômage (graphique ci-dessous). Que constate-t-on ? Alors que l’écart entre les taux U7 et U3 était compris entre 5.5 et 6.5 points de pourcentage de 2002 à 2007, il a littéralement bondi avec la crise pour atteindre un niveau supérieur à 9 points en 2009.
Si la réduction de l’écart depuis 2013 traduit bien l’amélioration constatée sur le marché de l’emploi américain, il reste pour autant bien au-dessus de celui de 2008 (7.2 points en octobre 2015).

Ecart entre le taux de chômage recalculé et le taux officiel

Pour expliquer cette observation, il faut se rappeler que lors des récessions, le nombre de chômeurs de longue durée s’accroît et le phénomène de découragement devient alors plus important.
De même, les phases de récession se caractérisent par une détérioration de la qualité des offres d’emploi, contraignant de nombreuses personnes à accepter des temps-partiels. L’évolution de l’écart montre que le taux U7 permet de prendre en compte, au moins en partie, ces deux phénomènes.

Ce qui se cache derrière l’effondrement du taux de participation

Les doutes émis sur les chiffres officiels du chômage naissent souvent de l’observation du taux de participation américain, qui ne cesse de baisser depuis 2000 et encore plus depuis 2008. Ce taux est le rapport entre les actifs (Travailleurs + chômeurs ou encore « Labor Force ») et l’ensemble de la population civile hors institutions (Labor force + Not in Labor Force). Après avoir atteint son plus haut historique à la fin des années 90 (autour de 67%), le taux de participation est aujourd’hui compris entre 62 et 63% (Graphique ci-dessous).

Nous avons, en appliquant les mêmes critères que précédemment pour le calcul du taux de chômage U7, recalculé le taux de participation. Ce dernier est légèrement plus élevé (65%) que le taux de participation officiel mais suit la même trajectoire baissière. Cela signifie que notre calcul sous-estime potentiellement encore le sous-emploi aux Etats-Unis.

Evolution des taux de participation

Pour le savoir, il faut regarder si cette lame de fond baissière est structurelle ou conjoncturelle. La principale transformation structurelle est d’ordre démographique. En effet, depuis 2000 le poids des séniors est passé de 20.6% de la population totale américaine en 1995 à 27.6% aujourd’hui. Le taux de participation de cette tranche d’âge étant plus faible (40%), les seniors ont fait mécaniquement baisser celui de l’ensemble de la population.
Mais cet effet a toutefois, pendant de nombreuses années, été atténué par la hausse concomitante de la proportion de cette population souhaitant rester active, afin de limiter la paupérisation liée à la cessation d’activité. En effet, de 1995 à 2008, le taux de participation spécifique des plus de 55 ans est passé de 30 à 40%. Au regard du profil démographique des Etats-Unis, cette cohorte des séniors devraient donc continuer à faire baisser le taux de participation global jusqu’en 2025-2030.

Une autre évolution structurelle découle de la préférence grandissante des jeunes américains à poursuivre leurs études. Il en résulte un taux de participation des 16-24 ans qui est passé de 66% en 2000 à environ 55% aujourd’hui (cf. graphique ci-dessous).

Evolution des taux de participation des jeunes et des séniors

L’une des raisons de cette baisse se trouve probablement dans le vaste phénomène de délocalisation entamé en 2001 avec l’entrée de la Chine dans l’OMC, privant ainsi les jeunes faiblement qualifiés d’une partie des emplois qui leur sont traditionnellement réservés.

Dans ces conditions, on peut considérer la baisse du taux de participation de cette tranche d’âge depuis 15 ans comme structurelle et ne devrait plus contribuer significativement au recul du taux de participation global des Etats-Unis.
Cependant la chute du taux de participation ne peut s’expliquer entièrement par ces deux phénomènes puisque le cœur de la population active, les 25-54 ans, est également concerné.
En effet, le taux de participation de ces derniers est passé de plus de 84% en 1999 à 80.6% aujourd’hui.

Les conditions sur le marché de l’emploi semblent donc pousser de nombreux américains vers l’inactivité,tout particulièrement pendant les crises où la baisse du taux de participation s’accélère.

Evolution du taux de participation des 25-54 ans

L’évolution du taux de participation du cœur de la population active est probablement le facteur qui traduit le mieux l’incapacité nouvelle du marché de l’emploi à répondre aux besoins de la population américaine. C’est probablement ce facteur qu’il faudra suivre de près pour anticiper les réelles tensions sur le marché de l’emploi, et donc la politique monétaire de la Réserve Fédérale.

Conclusion

  1. Le taux de chômage officiel ne reflète que partiellement la réalité du marché de l’emploi, de nombreux américains étant sous employés, découragés ou renonçant à travailler au regard des conditions d’emploi proposées.
  2. En prenant en considération la population qui déclare désirer un emploi et celle qui travaille à temps partiel de façon subie, nous obtenons un taux de chômage recalculé supérieur à 12% et bien au-dessus de son dernier point bas de 2007.
  3. La chute du taux de participation du « cœur » de la population active, les 25-54 ans, confirme notre appréciation d’un marché du travail loin de réunir les conditions du plein-emploi.

En conclusion, même si les améliorations sur le front de l’emploi sont indéniables depuis 2010, on ne peut néanmoins pas parler de plein-emploi. Si une hausse des taux avant la fin de cette année n’est pas exclue, celle-ci sera de toute façon marginale. Il nous semble peu probable que la Fed débute un cycle de politique monétaire véritablement restrictive, à moins de commettre une erreur potentiellement lourde de conséquences pour une économie américaine dont le marché de l’emploi illustre les fragilités persistantes.

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Raphaël BECANNE & Pierre SABATIER

1 réponse »

  1. Quand uns Société n’a plus le courage de donner les vrais chiffres (ce qui est le cas des U.S.A. avec le chômage), nous ne sommes HELAS plus en démocratie. Il faut dire d’où dort cette YELLEN ???
    Très amicalement.

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