Art de la guerre monétaire et économique

La remise à zéro globale de l’économie a commencé, place nette au Gouvernement Mondial Par Brandon Smith

La remise à zéro globale de l’économie a commencé, place nette au Gouvernement Mondial

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Par Brandon Smith – Le 9 décembre 2015 – Source alt-market


Dans mon dernier article, j’ai souligné la tendance délibérée vers uneharmonisation forcée des économies nationales et des politiques monétaires, ainsi que l’objectif de la fin ultime des mondialistes : un système unique de monnaie mondiale contrôlée par le Fond monétaire international et, par extension, la gouvernance mondiale, les internationalistes se référant parfois, dans leurs moments publics les plus honnêtes, au nouvel ordre mondial.


Le schéma pour le nouvel ordre mondial, selon les aveux des internationalistes, peut ne pas inclure le maintien de la domination géopolitique et économique par les États-Unis. Le plan, en fait, exige la déstabilisation et la réforme de l’Amérique depuis la matrice de son ancienne gloire. L’élément le plus important de ce plan exige le retrait du dollar américain comme monnaie de réserve mondiale de fait, un changement qui anéantirait notre structure financière actuelle.

J’ai souligné avec des preuves indéniables que les gouvernements principaux, y compris les gouvernements des BRICS à l’Est, sont entièrement en accord avec l’ordre du jour mondialiste. Il n’y a pas moyen de contourner cela ; les BRICS, y compris la Russie et la Chine, ont appelé ouvertement à un système monétaire mondial centralisé et dicté par le FMI à l’aide du panier des DTS. Ce même plan a été présenté il y a plusieurs décennies dans le magazine The Economist appartenant à la famille Rothschild. Nous assistons à la mise en œuvre de ce plan, devant nous, aujourd’hui.

Pendant ces deux dernières années, l’actuelle directrice du FMI, Christine Lagarde, a souvent utilisé l’expression «réinitialisation économique mondiale»dans ses discours et interviews. Il y a certaines ambiguïtés (délibérées) sur cette notion, mais après avoir passé des heures et des heures sur des discussions ennuyeuses et répétitives dans les think tanks mondialistes tels que le Council On Foreign Relations, le message cohérent est assez simple. Si quelqu’un peut se mettre à écouter soigneusement le babillage élaboré de cette femme, plein de demi-vérités, bien ficelé, pendant plus de cinq minutes, je suggère, à ceux d’entre vous qui lisent l’anglais, qu’ils regardent particulièrement ce discours de janvier au CFR (sous-titré) :

Son message sur la réinitialisation économique mondiale est essentiellement celui-ci : la coopération collective ne sera pas seulement encouragée dans le nouvel ordre, elle sera nécessaire, ce qui veut dire la coopération collective de toutes les nations vers le même cadre géopolitique et économique. Si cela ne se fait pas, de gros problèmes budgétaires surgiront et cela entraînera des débordements. Traduction : en raison de l’interdépendance forcée du mondialisme, une crise dans un pays pourrait provoquer un effet domino de cette même crise dans d’autres pays ; par conséquent, tous les pays et leurs comportements économiques doivent être gérés par une autorité centrale pour empêcher des gouvernements de gaffeurs ou des banques centrales dévoyées de bouleverser l’équilibre.

Il est intéressant de voir comment la réponse du FMI aux défauts de la mondialisation, est encore plus de mondialisation. En d’autres termes, Mme Lagarde pourrait argumenter que nous sommes plongés dans un système international, mais nous ne sommes pas suffisamment centralisés pour qu’un tel système réussisse.

Le FMI souligne à juste titre que la situation économique dans le monde est instable et pourrait tourner une fois de plus au chaos de la période initiale du krach de 2008. La Banque des règlements internationaux (BRI), qui contrôle les banques centrales, a également donné de nombreux avertissements cette année sur le potentiel de catastrophe, y compris dans son dernier rapport trimestriel.

Les avertissements de la BRI en particulier ne doivent pas être pris à la légère (certains analystes en effet les prennent à la légère). La BRI sait exactement quand les catastrophes financières éclatent car elle a dirigé les politiques des banques centrales qui ont provoqué ces mêmes événements. Par exemple, en 2007, la BRI a publié un avertissement qui a parfaitement prédit les éléments de la crise du crédit et des dérivés de 2008.

Ce que ces institutions mondialistes ne vous diront pas de manière directe, ce sont les véritables causes et les motivations de la prochaine étape inévitable dans la destruction en cours du système économique actuel.

La réinitialisation globale n’est pas une réponse au processus d’effondrement, dans lequel nous sommes pris au piège aujourd’hui. Non, la remise à zéro globale réalisée par les banques centrales et la BRI / FMI sont la cause de l’effondrement. L’effondrement est un outil, un lance-flammes pour brûler un grand espace dans la forêt pour faire place aux fondements de la Ziggurat mondialiste qui va être construite. Comme indiqué dans mon dernier article, le désastre économique sert les intérêts des élites.

Quand vous regardez les mesures prises par la Réserve fédérale et le gouvernement des États-Unis en particulier, des questions se posent. Est-ce la stupidité qui les amène à saboter la poule aux œufs d’or ? Est-ce l’hubris et la cupidité ? Leurs actions sont clairement en train de faciliter un programme d’implosion progressive, mais ils continuent d’ignorer l’évidence. Pourquoi ?

Les personnes qui posent ces questions se basent sur une fausse hypothèse ; elles supposent que les banquiers internationaux et les politiciens fantoches qu’ils contrôlent ont tout intérêt à protéger la longévité des USA. Le fait est qu’ils ne le font pas. Ils n’ont aucune loyauté envers le système américain, et ils ne voient pas les USA comme too big to fail. C’est une absurdité totale pour les mondialistes. Ils voient plutôt chaque nation et la banque centrale comme une pièce dans un jeu, un peu comme aux échecs. Certaines pièces doivent être sacrifiées afin d’obtenir une meilleure position sur la carte. Voilà tout ce que les États-Unis, la Réserve fédérale et même le dollar sont pour eux : des pièces consommables dans un jeu plus grand.

Les États-Unis sont en train de vivre la prochaine étape de la grande remise à zéro. Deux piliers ont été mis en place par les banques centrales [planche à billet et taux zéro], au dessus d’un pilier existant [le dollar monnaie de réserve mondiale], afin de maintenir un semblant de stabilité après le crash de 2008. Cette fausse stabilité semble avoir été nécessaire afin de laisser du temps pour le conditionnement des masses vers une plus grande acceptation des initiatives mondialistes, pour assurer l’esclavage de la dette des générations futures à travers la taxation par les gouvernements, justifiée par des dettes à long terme, et pour permettre à des internationalistes de positionner en toute sécurité leurs propres actifs. Les trois piliers sont maintenant systématiquement éliminés par ces mêmes banquiers centraux. Pourquoi ? Je crois qu’ils sont tout simplement prêts pour poursuivre la prochaine étape de la démolition contrôlée de la structure américaine que nous connaissons.

Plans de sauvetage et QE : le premier pilier supprimé

La manne du sauvetage était en partie une intervention directe dans l’avalanche déflationniste de la bulle des dérivés, mais aussi une intervention indirecte en ce sens qu’elle a changé la dynamique psychologique des marchés. En tant qu’anciens directeurs de la Fed, Alan Greenspan et Ben Bernanke, y ont tous deux fait allusion dans des interviews et des éditoriaux : l’une des principales préoccupations de la banque centrale était la psychologie, en manipulant à la hausse le prix des actions [création de l’effet de richesse, NdT].

Les cours des actions ont pu être soutenus par la Fed elle-même via des acheteurs intermédiaires [hommes ou institutions de paille, NdT] en utilisant la planche à billet. La Fed a ainsi pu injecter des milliards, voire des milliers de milliards de dollars dans les banques pour leur permettre de se déchaîner, en stimulant artificiellement les investissements tout en ne faisant rien pour résoudre le dilemme existant autour des fondamentaux négatifs. Dans ce contexte, les marchés ont commencé à bouger sur de simples mots ou des communiqués de responsables de la Fed car les algorithmes d’ordinateurs et le monde de l’investissement en général placent des paris sur la rhétorique plutôt que sur la réalité ; cette dynamique touche maintenant à sa fin.

Les plans de sauvetage ont également réanimé les cadavres des grandes entreprises et des banques, pas seulement aux États-Unis mais aussi en Europe, en donnant une illusion de vie au système financier tout en laissant le peuple continuer à pourrir. Dans l’intervalle, des mesures d’assouplissement quantitatif ont fourni un moyen de continuer à financer la dette du gouvernement des États-Unis au détriment des générations de contribuables à venir alors que de nombreux prêteurs primaires ont commencé à abandonner les achats obligataires classiques à long terme.

En outre, les marchés pétroliers semblent avoir été directement gonflés par l’intervention des QE. Il est important de prendre note que les prix du pétrole sont restés extraordinairement élevés en dépit de la baisse continue de la demande mondiale jusqu’au moment ou la Réserve fédérale a déclenché la fin du QE3. Ensuite, les prix ont commencé à plonger.

Dans un article de septembre 2013, j’avais prédit que la Fed, en dépit de tout bon sens et des cris d’orfraie de banques comme Goldman Sachs, allait en effet arrêter ses QE : une suppression du premier pilier du système américain en lévitation.

J’ai, bien sûr, été traité de fou à l’époque pour cette prédiction par certaines personnes au sein de la communauté économique alternative.

«Pour quelle raison au monde, demandaient-ils, la Fed mettrait-elle fin au QE quand ils peuvent simplement imprimer à l’infini et faire avancer le bousin sur la route, perpétuellement ?» Encore une fois, ces gens ne comprennent pas que l’Amérique est en cours de démolition, comme prévu par les banques internationales ; elle n’est pas protégée par elles.

La fin du QE a eu lieu en décembre de cette année-là [2013, NdT].

Taux d’intérêt proche de zéro : le deuxième pilier presque supprimé

Après le taper [réduction] des assouplissements quantitatifs, la volatilité a atteint du jamais vu depuis 2008/2009 si on regarde les marchés. Et il a été rappelé au public, une fois de plus sporadiquement, que la reprise pourrait ne pas être réelle, après tout. L’Europe et le Japon sont intervenus rapidement avec le renouvellement de leurs propres mesures de relance, et les responsables de la Fed ont commencé à utiliser des interviews avec les médias stratégiques pour faussement laisser entendre que le QE pourrait revenir. Les marchés s’y sont ralliés, puis ont chuté de façon spectaculaire, puis s’y sont ralliés à nouveau, puis ont de nouveau chuté d’une manière choquante. Et cette volatilité est la tendance jusqu’à récemment, quand la question de la fin de la politique des taux d’intérêt proche de zéro a surgi.

Encore une fois, très peu de gens ont demandé ou exigé la fin du QE ou duZIRP [zéro intérêt] de la Fed. Il n’y a jamais eu aucune pression publique légitime sur la Fed pour supprimer ces piliers. Le monde de l’investissement a été profondément accro, comme un drogué à son héroïne, avec des gains assurés pendant trois ans. Le cri de guerre du monde de l’investissement a été de parier contre la baisse pendant un certain temps ; les investisseurs en sont venus à attendre puis à exiger une intervention inévitable de la banque centrale et les rallyes boursiers [hausses] qu’elle entraîne. Pourtant, la Fed termine la fête unilatéralement.

Le ZIRP [zéro intérêt] est le seul pilier restant pour tenir les marchés à leur niveau actuel. Sans taux d’intérêt à zéro, et même avec la plus mineure augmentation de 25 points de base [ 0.25% ], le refinancement sans frais des banques et des grandes sociétés au jour le jour se terminera. Ils ne pourront pas continuer à prêter massivement comme depuis 2009/2010. Cela signifie la fin des rachats d’actions pour requinquer des entreprises mourantes comme IBM ou General Motors, entre autres. Cela signifie une baisse considérable des marchés, baisses dont nous avons eu un avant-goût avec le récent plongeon sur les marchés actions à la simple mention de la hausse des taux d’intérêt.

En août dans un article intitulé Crise économique dans les médias : ce qui va se passer ensuite, j’avais écrit :

«L’insistance de la Réserve fédérale pour une hausse des taux sera probablement conclue avant fin 2015. Discuter d’une augmentation des taux d’intérêt en septembre peut être une combine, et une décision de dernière minute pour la retarder pourrait bien advenir. Cette tactique de réunions de dernière minute et de retards surprises a été utilisée à la fin du scénario du QE, ce qui a mis beaucoup d’analystes en garde et a laissé penser qu’une diminution ne se produirait jamais. Eh bien, elle s’est produite, exactement comme une hausse des taux se produira, mais seulement un peu plus tard que ce à quoi les analystes traditionnels s’attendaient.

En cas de report, celui-ci sera de courte durée, déclenchant un rebond technique sur le marché des actions (une reprise temporaire du prix des actions après une chute importante, causée par les spéculateurs qui achètent afin de couvrir leurs positions), avec des taux augmentant avant décembre, lorsque les ventes au détail seront indéniablement lugubres, à l’approche de la saison de Noël.»

Vous pouvez également lire mon analyse sur les motivations d’une hausse de taux de la Fed ainsi que sur le théâtre entourant leurs politiques.

Le chat semble avoir terminé son rebond [Terme boursier, Ndt] et les actions sont de retour à la volatilité. Les ventes au détail du week-end du Black Friday, jusqu’à présent  (y compris Thanksgiving), ont enregistré une baisse stupéfiante de 10% avec des ventes en ligne en dessous des attentes. Les ventes dans les magasins des grandes chaînes ont récemment dévissé de 6,3% comparativement à la semaine dernière. Le plongeon du taux de fret du transport maritime mondial  indique un manque sévère de demande mondiale et une terrible saison des ventes à venir. Janet Yellen, en ignorant tous les signaux économiques négatifs, comme prévu, a annoncé une hausse des taux pour le 16 décembre.

J’ai encore une fois été traité de fou pour cette affirmation par certains à l’époque ; et pour être clair, je pourrais encore me tromper. La Fed pourrait passer la main et ne pas augmenter les taux, alors que la rhétorique venant de la Fed aujourd’hui garantit presque qu’elle va passer à l’action. Le non-relèvement des taux ne correspond pas à leurs habitudes passées ; ils semblent suivre un calendrier parfait sur le modèle de la fin des QE. Le fait est qu’en dépit des hypothèses communes au sein des médias alternatifs, la Fed n’est pas prise au piège et peut faire ce qu’elle veut, y compris tuer les marchés si cela profite à l’objectif plus large d’une autorité économique mondiale. Avec la chute du pilier ZIRP, attendez-même à des mouvements plus violents sur les marchés actions, à l’incertitude générale et à la panique parmi les petits traders et le public.

Statut de réserve mondiale du dollar : le troisième pilier est en cours d’effondrement

J’ai écrit au sujet de la perte du statut de réserve du dollar depuis 2008. Et comme je l’ai toujours dit, la suppression de ce dernier pilier est un processus, pas une affaire à mener du jour au lendemain. Les nations des BRICS se positionnent pour cela depuis des années, la Chine depuis 2005, le reste des BRICS depuis 2010 au moins.

L’illusion de certains analystes économiques est que les BRICS disputent stratégiquement le pouvoir en construisant leur propre institution bancaire unifiée dans une opposition au FMI et à l’Ouest. Comme je l’ai présenté dans mon dernier article, je prouve que c’est complètement faux. Ils sont en fait positionnés pour prendre leur place comme marionnettes au sein de la forme globale du nouveau paradigme. La Chine a maintenant rejoint le panier des DTS du FMI (comme prévu) ; et la Russie, ainsi que les autres BRICS, ont ouvertement appelé à ce que le FMI prenne le contrôle du système monétaire mondial.

À mon avis, l’inclusion de la Chine va accélérer la fin du dollar comme monnaie de réserve au cours de l’année prochaine, avec d’autres facteurs. Dans la discussion générale, l’Arabie saoudite a également évoqué l’idée d’une déconnexion du dollar. Cette dernière action, que les économistes traditionnels évoquent comme un possible cygne noir, serait le coup de grâce du statut du pétrodollar et entraînerait une catastrophe pour l’économie américaine. La suppression du pilier final est bien en cours.

Comme je l’ai dit dans le passé, le système américain, tel qu’il est, ne mérite pas nécessairement de survivre, mais là encore, cela ne signifie pas qu’il doit être sacrifié afin de donner vie à la monstruosité de la gouvernance économique mondiale. Un tel compromis ne sert que les intérêts d’un groupe restreint d’élites, avec la remise à zéro globale se terminant par le suicide multiculturel instrumentalisé de la souveraineté, suçant la prospérité du reste d’entre nous au nom du progrès collectif. Les mondialistes veulent nous faire croire qu’il n’y a pas d’autre option que leur leadership, et ils vont créer le chaos afin de nous convaincre de leur nécessité.

Brandon Smith

Traduit par Hervé, édité par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.net/la-remise-a-zero-globale-economique-a-commence/

La chute de l’Amérique signale la montée du Nouvel Ordre Mondial

« Si le seul outil que vous avez est un marteau, vous tendez à voir tout problème comme un clou »

Abraham Maslow (The Psychology of Science,  1966)

 


Par Brandon Smith – Le 2 décembre 2015 – Source alt-market


«La quête contemporaine pour l’ordre du monde va requérir une stratégie cohérente pour établir un concept d’ordre dans les différentes régions et relier ces ordres régionaux à un autre.» – Henry Kissinger, lors de l’assemblée du Nouvel Ordre Mondial

«Une partie de la préoccupation des gens est tout simplement la conscience que partout dans le monde, l’ordre ancien ne tient pas et que nous ne sommes pas encore tout à fait là où nous devrions être concernant ce nouvel ordre qui est basé sur un ensemble différent de principes, sur un sens commun de l’humanité et sur des économies qui fonctionnent pour tous les peuples.»Barack Obama

«Nous réitérons notre engagement fort pour les Nations Unies (ONU), en tant qu’instance multilatérale, avant tout chargée d’apporter l’espoir, la paix, l’ordre et le développement durable dans le monde. L’ONU jouit d’une adhésion universelle, elle est au centre de la gouvernance mondiale et le multilatéralisme. » – Déclaration du cinquième Sommet des BRICS

«Nous soutenons la réforme et l’amélioration du système monétaire international, avec un système de monnaie de réserve international à grande échelle assurant la stabilité et la certitude. Nous nous félicitons de la discussion sur le rôle des DTS dans le système monétaire international actuel, y compris la composition du panier de monnaies des DTS. Nous soutenons le FMI pour rendre son cadre de surveillance plus intégré et équilibré.» –  Déclaration du cinquième Sommet des BRICS

Voici où de nombreux analystes politiques et économiques pêchent terriblement dans leur examen des paradigmes mondiaux actuels : ils ont tendance à croire aveuglément la narration dominante plutôt que de prendre en compte les déclarations et les actions contradictoires des dirigeants politiques et financiers. Même dans le mouvement de la Liberté, composé de certaines des personnes les plus sceptiques et les plus épargnées par les médias sur la planète Terre, les cancers des suppositions et des préjugés prennent souvent le dessus.

Certains partisans de la Liberté sont plus qu’heureux de croire dans certaines dynamiques particulières des médias traditionnels. Ils sont heureux de croire, par exemple, que le conflit croissant entre l’Est et l’Ouest est légitime plutôt que monté de toutes pièces.

Vous pouvez lister citation après citation et action politique après action politique prouvant que les gouvernements de l’Est, dont la Chine et la Russie, travaillent main dans la main avec les institutions mondialistes comme le Fonds monétaire international, la Banque des règlements internationaux, la Banque mondiale et l’ONU vers l’objectif de la gouvernance mondiale et de la centralisation économique mondiale. Mais ces gens ne vont tout simplement pas écouter. Ils doivent croire que les États-Unis est le méchant couronné, et que l’Est est dans l’opposition héroïque. Ils sont tellement prêts à tout pour un avant-goût de l’espoir qu’ils sont prêts à consommer le poison des fausses dichotomies.

Le mouvement de la Liberté est entiché de la supposition que le gouvernement américain et les élites bancaires les entourant sont ausommet de la nouvelle pyramide de l’ordre mondial et qu’ils «se battent pour leur survie» alors que l’économie américaine se désagrège derrière la façade d’un faux gouvernement et de fausses statistiques de la Banque Centrale. Combien de fois avons-nous entendu au cours de la seule année écoulée que la Réserve fédérale s’est «elle-même acculée dans un coin» ou s’est elle-même mise «entre le marteau et l’enclume» ?

Je dois rire de l’absurdité d’un tel point de vue, car les banquiers centraux et les internationalistes ont toujours utilisé l’instabilité économique comme un moyen d’obtenir un avantage politique et social. La consolidation de la puissance mondiale bancaire après la Grande Dépression est un témoignage de ce fait. Et même l’ancien président de la Fed, Ben Bernanke,a admis – au moins dans une certaine mesure – que la Réserve fédérale était responsable de cette terrible implosion, une implosion qui a idéalement servi les intérêts des cartels de banques internationales comme JP Morgan.

Mais la Réserve fédérale n’est rien de plus qu’un appendice d’un système plus vaste ; elle n’est pas le cerveau de l’opération.

Dans son livre «La tragédie et l’espoir», Carroll Quigley, membre du CFR et mentor de Bill Clinton, a déclaré:

«Il ne faut pas croire que les dirigeants des banques centrales principales du monde ont eux-mêmes des pouvoirs substantiels dans la finance mondiale. Ils ne les ont pas. Au contraire, ils ne sont que les techniciens et les agents des banquiers d’investissement dominants de leurs propres pays, qui les ont élevés à leur place et sont parfaitement capables de les renvoyer. Les pouvoirs financiers du monde sont dans les mains de ces banquiers d’investissement (aussi appelés des banquiers internationaux ou marchands) qui sont restés en grande partie dans les coulisses de leurs propres banques privées non constituées en société. Ceux-ci forment un système de coopération internationale et de domination nationale qui est plus privé, plus puissant et plus secret que celui de leurs agents dans les banques centrales.»

Dans Gouverner le monde de l’argent, le Harper’s Magazine établit ce que Quigley a admis dans La tragédie et l’espoir, que le contrôle de la politique économique mondiale et, par extension, de la politique politicienne est dominé par un petit nombre d’élites, notamment à travers le cadre institutionnel obscur de la BRI.

Les États-Unis et la Réserve fédérale ne sont que des tentacules des grands vampire des abysses qu’est le Nouvel Ordre Mondial. Et il est possible de sacrifier un tentacule, dans une certaine mesure, si l’échange se traduit par une plus grande centralisation du pouvoir.

L’illusion de certaines personnes au sein du mouvement de la Liberté, est que la chute de l’Amérique se traduira par la chute du Nouvel Ordre Mondial. En réalité, la chute de l’Amérique est une étape nécessaire vers la montée du nouvel ordre mondial. Le magasine financier The Economist appartenant à la famille Rothschild a réaffirmé cette tendance à l’harmonisation économique dans son article de 1988, Préparez-vous à une monnaie mondiale en 2018, qui décrit la création d’une monnaie mondiale appelée Phoenix sur trois décennies:

«La zone Phoenix imposerait des contraintes serrées sur les gouvernements nationaux. Il n’y aurait plus, par exemple, de politique monétaire nationale. La création du Phoenix mondial serait gérée par une nouvelle banque centrale, peut-être une émanation du FMI. Le taux d’inflation dans le monde et, par conséquent – avec des amplitudes faibles – chaque taux d’inflation national, serait à sa charge. Chaque pays pourrait utiliser les impôts et les dépenses publiques pour compenser les chutes temporaires de la demande, mais il aurait à emprunter plutôt qu’à imprimer de l’argent pour financer son déficit budgétaire. En l’absence de recours à une taxe inflationniste, les gouvernements et leurs créanciers seraient obligés d’étudier leurs plans d’emprunt et de prêt de bien plus près qu’ils ne le font aujourd’hui. Cela signifie une grande perte de souveraineté économique, mais les tendances qui rendent le Phoenix si attrayant l’emportent sur cette souveraineté dans tous les cas.»

«… Le Poenix serait probablement, au début, comme un cocktail de monnaies nationales, tout comme les droits de tirage spéciaux (DTS) le sont aujourd’hui. Avec le temps, cependant, sa valeur par rapport aux monnaies nationales cesserait d’avoir de l’importance, parce que les gens le choisiraient pour sa commodité et la stabilité de son pouvoir d’achat.»

Nous sommes maintenant sur le point de voir se réaliser la prédiction dont a parlé The Economist, il y a plus de 27 ans. Les nations des BRICS, y compris la Russie de Vladimir Poutine, ont tous constamment appelé à la formation d’un système mondial de monnaie de réserve sous le contrôle direct du FMI et fondé sur la méthode du panier de DTS. Ce nouveau système mondial, comme The Economist l’a suggéré, exige la marginalisation des structures de pouvoir existantes et la fin du contrôle économique souverain. Les gouvernements à travers le monde, y compris aux États-Unis seraient à la merci fiscale des nouveaux grands prêtres financiers grâce à l’utilisation de la dette en fonction des incitations insidieuses accordées ou non selon le bon vouloir du FMI.

La Chine est appelée à être intronisée dans le panier des DTS en 2015, avec des changements économiques spécifiques à effectuer avant septembre 2016, un développement sur lequel je vous ai mis en garde depuis des années. Le vote a eu lieu et la décision a été finalisée. Alors que certains dans les médias traditionnels minimisent la montée du yuan comme insignifiante, à la tête du FMI, Christine Lagarde présente ce changement comme un événement majeur, pas pour la Chine, mais pour le FMI et les DTS dont elle parle avec fierté comme la monnaie de monnaies.

L’ajout de la Chine au panier de DTS, je crois, est le prochain événement déclencheur sur le chemin de l’élimination du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale. Le décalage monétaire peut exploser à grande vitesse si l’Arabie saoudite suit [les USA, NdT] avec un possible plan de dépréciation du dollar, mettant ainsi fin au statut du pétrodollar qui a tant réussi aux États-Unis depuis des décennies.

Ceci est, bien sûr, le même système des DTS contrôlé par le FMI que Poutine et le Kremlin ont appelé de leur vœux, malgré le fantasme courant sur Poutine qui serait en quelque sorte un adversaire des mondialistes.

Poutine continue d’appuyer sur la narrative, «les États-Unis sont les méchants maladroits», tandis que dans le même temps il soutient les institutions mondialistes et l’internationalisation de la gouvernance économique et politique. Alors que beaucoup de gens étaient trop concentrés sur son «cri de guerre» concernant les États-Unis et leur implication dans la création d’ISIS dans son récent discours à l’ONU, ils semblent avoir complètement négligé son adoration pour l’Organisation des Nations Unies et le développement d’une gouvernance mondiale constituée. Poutine parle souvent avec des sous-entendus comme Barack Obama le fait – un moment supportant la souveraineté et la liberté, puis appelant à la centralisation mondiale :

«La Russie est prête à collaborer avec ses partenaires pour développer l’ONU sur la base d’un large consensus, mais nous considérons toutes les tentatives visant à saper la légitimité de l’Organisation des Nations Unies comme extrêmement dangereuses. Ils peuvent entraîner l’effondrement de l’ensemble de l’architecture des relations internationales, et alors en effet il n’y aura pas de règles en réserve, sauf la règle de la force. »

«Chers collègues, assurer la paix et la stabilité mondiale et régionale demeure une tâche essentielle pour la communauté internationale guidée par les Nations Unies. Nous croyons que cela signifie la création d’un environnement de sécurité égal et indivisible qui ne servirait pas quelques privilégiés, mais tout le monde.»

M. Poutine a également proclamé son soutien à la lutte de l’ONU contre lechangement climatique, le même changement de climat que le secrétaire d’État John Kerry a fait valoir comme étant un facteur dans la crise en Syrieet la montée d’ISIS. J’ai écrit par le passé sur la fraude du changement climatique anthropique (réchauffement global) et je ne vais pas entrer dans ce débat ici maintenant, mais il reste que Poutine est entièrement à bord avec ladite fraude comme tous les autres politiciens marionnettes du monde entier :

Note du Saker Francophone

A ce sujet, je vous conseille le point de vue plus nuancé de Dmitry Orlov et sa série sur la technosphère qui commence par analyser le discours à l'ONU de Valdimir Poutine.

«… Une autre question qui affectera l’avenir de l’humanité tout entière est le changement climatique. Il est dans notre intérêt de faire en sorte que la prochaine Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui aura lieu à Paris en Décembre de cette année, aboutissent à des résultats tangibles. Dans le cadre de notre contribution nationale, nous prévoyons de limiter les émissions de gaz à effet de serre à 70-75% des niveaux de 1990 d’ici l’an 2030.»

«C’est en effet un défi d’ampleur mondiale. Et je suis convaincu que l’humanité a la capacité intellectuelle nécessaire pour y répondre. Nous devons unir nos efforts, et principalement l’engagement des pays qui possèdent des capacités de recherche et de développement solides, et ont fait des progrès significatifs dans la recherche fondamentale. Nous proposons la convocation d’un forum spécial sous les auspices de l’ONU pour aborder de façon globale les questions liées à l’épuisement des ressources naturelles, la destruction de l’habitat et le changement climatique. La Russie est prête à co-parrainer un tel forum.»

En effet, il est dans l’intention de Poutine de soutenir totalement et défendre le cadre internationaliste tout en participant en même temps au faux paradigme Est/Ouest théâtralisé :

«Dans le cadre des BRICS, nous voyons coïncider un ensemble d’intérêts stratégiques.
Tout d’abord, il y a une intention commune de réformer le système monétaire et financier international. Sous sa forme actuelle, il est injuste envers les BRICS et les nouvelles économies en général. Nous devrions prendre une part plus active dans le FMI et le système de prise de décision de la Banque mondiale. Le système monétaire international lui-même dépend beaucoup du dollar américain, ou, pour être précis, de la politique monétaire et financière des autorités américaines. Les pays des BRICS veulent changer cette situation.»

Les Chinois soutiennent le même agenda d’un monde économique géré par le FMI :

La crise économique mondiale montre les «vulnérabilités inhérentes et les risques systémiques du système monétaire international actuel», a déclaré le gouverneur Zhou Xiaochuan dans un essai publié lundi par la banque. Il a recommandé la création d’une monnaie constituée d’un panier de devises mondiales et contrôlée par le Fond monétaire international et il a déclaré qu’il aiderait «à atteindre l’objectif de sauvegarde de la stabilité économique et financière mondiale.»

Il est assez intéressant de voir comment les désirs des BRICS semblent coïncider directement avec les conceptions des banquiers internationaux. Cette dialectique hégélienne est peut-être la distraction du public la plus élaborée de tous les temps, avec une solution ultime au problème conçue artificiellement, un système économique mondial et de gouvernement du monde multilatéral mais centralisé, à savoir le Nouvel Ordre Mondial.

Encore une fois, les mondialistes de la BRI et du FMI exigent un dollar américain affaibli, une forte réduction du niveau de vie américain et une empreinte géopolitique beaucoup plus petite des États-Unis avant de pouvoir établir et finaliser une seule oligarchie mondiale élitiste publiquement acceptée.

Si vous ne pouvez pas comprendre pourquoi il semble que la Réserve fédérale et le gouvernement des États-Unis semblent vouloir mordicus leur auto-destruction, alors peut-être devriez vous considérer les faits et les motivations à portée de main. Ensuite, vous vous rendrez compte que c’est leur travail de détruire l’Amérique, pas de la sauver. Lorsque vous serez enfin prêt à accepter cette réalité, chaque évolution désastreuse depuis la création de la FED il y a un siècle, ainsi que tout ce qui est sur le point de se produire dans les prochaines années, prendra tout son sens.

Cela ne veut pas dire que la finalité ultime du Nouvel Ordre Mondial se traduira par une victoire. Mais les preuves concrètes, froides, tangibles  montrent que les internationalistes ont un plan ; ils mettent en œuvre ce plan systématiquement ; et tous les gouvernements majeurs à travers le monde participent à ce plan. Ce plan implique l’effondrement inévitable et la réforme de l’Amérique en une enclave du Tiers-Monde, un objectif qui est presque achevé, comme je vais le décrire dans mon prochain article.

Lorsque que les États-Unis seront déstabilisés, nous n’échapperons pas à l’emprise de la Réserve fédérale, mais nous échangerons seulement un modèle de gestion totalitaire pour un autre. Il est absolument vital que le mouvement de la Liberté en particulier embrasse enfin pleinement cette réalité. Si nous ne le faisons pas, alors il n’y aura vraiment aucun obstacle à la réussite d’un tel plan et pas de fin à la tyrannie de l’ancien monde ou du nouveau monde.

Brandon Smith

Traduit par Hervé, édité par jj, relu par Literato pour le Saker Francophone

Note du Saker Francophone

Pour la partie de transfert du pouvoir, les analyses de Brandon se concrétisent et renforcent son point de vue, me semble-t-il. Pour le rôle de la Russie dans la promotion du NOM [Nouvel Ordre Mondial], c’est plus discutable car certes la Russie et la Chine renforcent le rôle du FMI qui est une place forte visible de ce NOM, mais cela se fait au détriment des USA et de leur armée qui reste un danger existentiel pour ces pays. Et il n’est pas exclu qu’ils changent de direction à un certain point.

Concernant l’ONU, c’est aussi ambigu car la promotion de l’ONU comme outil de dialogue n’engage à rien de bien concret. Il reste que l’ONU est bel et bien un vecteur du développement au sens ou l’entendent les corporations et les mondialistes en Guerre contre le modèle de civilisation Russe, la promotion des marchés, la privatisation du droit et de la guerre, qui font des ravages dans les pays les plus faibles.

La question reste ouverte sur une troisième voie des BRICS, collaborer à minima pour affaiblir l’adversaire sans se faire prendre dans un filet monétaire ou institutionnel.

Pour Brandon, il faut aussi comprendre qu’il est citoyen américain et que la fin de l’Amérique va secouer son environnement immédiat. Comme chacun, il voit aussi le monde au travers de ses lunettes. Et la situation de 100 millions d’Américains, un tiers de la population, exclus du système donnent un avant-goût de ce qui peut nous attendre.

http://lesakerfrancophone.net/la-chute-de-lamerique-signale-la-montee-du-nouvel-ordre-mondial/

EN BANDE SON : 

8 réponses »

  1. De fait, il y a longtemps que je vois le coup se dessiner (et je ne suis pas le seul)

    Le vrai problème, n’est pas SI … mais QUAND ?

    La « mondialisation » en cours étant le premier élément qui conduit IMMANQUABLEMENT
    au NOUVEL ORDRE MONDIAL, qui lui même conduit bien évidemment au
    GOUVERNEMENT MONDIAL … dont PERSONNE NE VEUT ?.

    Sauf ceux que ça sert/vira !

    Donc, comme vous n’en voulez pas, on crée les éléments qui font que vous allez EN VOULOIR ?

    C.Q.F.D !

    Simple ? Efficace ! IMPARABLE MÊME !

    Tout est organisé pour créer la situation qui mène au « non retour » ?
    Les « folies » apparentes, « les crises » elles même tendent vers cela ?
    NE TENDE QUE VERS CELA quand à moi ?

    Mais là, nous entrons dans la théorie du « conspirationisme » que je pense plutôt exact, contrairement à notre mentor bien aimé Bruno Bertez ?

    Quoiqu’il en soit, le temps des grandes cavalcades est terminé,
    c’est le temps des taupes qui s’en vient ? (soyez prévoyant les amis)

    M’enfin HEUREUSEMENT tout ça … C’EST POUR VOTRE/NOTRE BIEN HEIN ?

    Oufffffffffff !

    Et dire que j’ai failli m’inquiéter ?

    C’est fou hein ?

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  2. Je suis très dubitatif. Surtout en ce qui concerne les pays des BRICS, et, en particulier de La Chine, et, de La Russie. Eux qui amassent des quantités importantes de métaux précieux seraient ils assez fous pour abandonner leur souveraineté pour un panier de devises imposé par le FMI ?

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