Belgique

Geopolitique Friction : La Belgique indépendante, une menace pour notre sécurité nationale ? Par Eric Verhaeghe

La Belgique indépendante, une menace pour notre sécurité nationale?

La Belgique peut-elle rester indépendante après les attentats du 13 novembre à Paris et du 22 mars à Bruxelles? Face aux raisons politiques structurelles (à la fois en Belgique et en France) qui expliquent la prospérité du terrorisme islamiste, c’est l’Europe de 1815 dont il faut faire, à nouveau, le procès. L’existence de deux entités politiques distinctes (la France et la Belgique) sur un territoire naturellement unique favorise l’émergence de menaces importantes contre notre sécurité. Le mouvement Génération Identitaire, qui appelait à manifester ce week-end à Molenbeek, ne s’y est pas trompé.

La Belgique, maillon faible naturel

En Belgique, comme en France d’ailleurs, l’émergence de réseaux terroristes puissants est présentée comme une sorte de fatalité. C’est la faute à personne, et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes dès qu’il s’agit de passer au crible les défaillances de l’Etat. Il suffit d’entendre les innombrables « Circulez, y a rien à voir » prononcés par Cazeneuve depuis les attentats contreCharlie Hebdo pour comprendre la résistance des appareils d’Etat à toute démarche d’amélioration de leurs performances.

Il existe pourtant une autre vision de la réalité: celles d’organisations ou de désorganisations étatiques responsables de cet état de fait et tout à fait prévisibles au regard des découpages de frontières décidés en 1815 (les seuls, les vrais, pas les accidents de 1945 ou de 1991). La Traité de Vienne portait consciemment en germe les faillites auxquelles nous assistons, puisqu’il visait ouvertement à l’affaiblissement de la France par la création d’une Belgique artificielle.

L’exemple de Molenbeek

Comme de nombreux médias se plaisent à le répéter en boucle, l’ensemble des attentats d’origine européenne fomentés depuis la mort du commandant Massoud a maille à partir avec Molenbeek. On peut même parler, à partir de 2001, d’un remplacement de la cellule de Hambourg, qui organise l’attentat du 11 septembre, par les réseaux de Molenbeek.

Ce qui pose question n’est pas la présence de réseaux à Molenbeek, mais leur extraordinaire prospérité à l’abri des regards. Tout se passe comme si la police belge ne s’occupait jamais de cette commune livrée à l’Arabie Saoudite par son ancien bourgmestre, Philippe Moureaux, qui a réussi l’exploit de louer un logement social à la famille Abdeslam et de recruter Mohamed Abdeslam comme fonctionnaire municipal.

Malgré ces bienfaits, l’échevin (adjoint au maire) islamologue Sarah Turine, que tous les médias français subventionnés s’arrachent, était capable d’écrire le 25 novembre 2015, soit 12 jours après les attentats de Paris, sur le site de son groupe politique:

Le départ de jeunes via les filières djihadistes vers la Syrie et l’Irak est un phénomène récent, mais ce n’est que la pointe de l’iceberg d’un malaise plus profond que nous avons décidé de prendre à bras le corps via un plan de prévention à trois niveaux : de la mise sur pied d’une cellule psycho-sociale pouvant accompagner les familles concernées jusqu’à des actions de prévention générale permettant de stériliser le terreau dans lequel les recruteurs vont puiser : exclusion sociale, discriminations, questionnements identitaires et spirituels, théories du complot et méfiance vis-à-vis des institutions… autant d’enjeux sur lesquels nous travaillons par le renforcement du travail sociale de rue, le travail communautaire et la valorisation des jeunes par la mise en place de projets (comme le conseil des jeunes, le projet Bknt Rap project, la pièce du théâtre « Le pôle jeunesse »…)

Ce discours sur l’exclusion sociale qui expliquerait la radicalisation est hallucinant. Qu’il s’agisse des frères Abdeslam, dont on a vu qu’ils ont bénéficié de nombreuses attentions de la part des autorités locales, ou d’Abaaoud, qui fut inscrit un temps dans un lycée chic de l’encore plus chic commune d’Uccle, tout montre que les jeunes qui passent à l’acte terroriste ne souffrent nullement d’exclusion, ni de discrimination.

Ce qui nous interroge ici, c’est le profond hiatus entre le discours culpabilisant de nos institutions (ils sont terroristes à cause de nous) et la réalité beaucoup plus simple – celle d’un affaiblissement général de nos Etats face aux menaces qui les entourent et dont profitent les ennemis de tous poils de la démocratie. Comment pouvons-nous, au nom de notre prétendue culpabilité générale, accepter que des nids de vipères se développent sur nos territoires sans bouger une oreille?

Le fédéralisme belge protège le terrorisme à Molenbeek

Dans le cas de Molenbeek, il est évident que la prospérité du terrorisme s’appuie d’abord sur les failles de l’organisation étatique et politique. La fédéralisation de la Belgique constitue, de ce point de vue, une aubaine pour les mafias en tous genres, et singulièrement pour les mafias islamistes.

Rappelons simplement que Bruxelles est divisée en six zones de police. Comment une ville de moins de 2 millions d’habitants peut-elle faire un choix aussi absurde? La cavale d’Abdeslam s’est partagée entre Forest, Molenbeek et Schaerbeek, trois communes séparées chacune de moins de 5 kilomètres, mais situées dans trois zones de police différentes.

Selon la presse belge, la police de Malines, ville située à 20 kilomètres de Bruxelles, était informée de la planque d’Abdeslam, mais n’a pas transmis l’information à la police bruxelloise. Il est vrai que Malines se situe en région flamande, et que Bruxelles forme une région à part.

Comme l’a souligné l’International Center for Counter-Terrorism (ICCT), le fédéralisme belge empêche l’émergence d’une stratégie nationale de lutte contre le terrorisme.

Le fédéralisme belge en germe depuis 1815

Que la Belgique soit devenue le pastiche d’un Etat à force de coups de boutoir donnés dans son unité par le nationalisme flamand est une donnée contenue dans le Traité de Vienne lui-même.

Là encore, lorsque l’Angleterre et la Prusse décident la création d’un Etat commun entre les Pays-Bas et la Belgique, regroupement burlesque de la Wallonie et de la Flandre (qui n’avaient jamais coexisté dans une même entité politique), ils savent qu’ils créent un succédané d’Etat dont le seul objectif est de retarder une nouvelle aventure militaire française si elle devait avoir lieu. Elle leur donne aussi l’avantage en cas de coup de force contre la France.

La suite des événements a montré toute l’intelligence de cette manoeuvre. Non seulement la Belgique, qui se sépare de la Hollande en 1830, a servi de champ de bataille privilégié à l’Allemagne à au moins deux reprises, mais elle sert régulièrement de base arrière à tous ceux qui ont un compte à régler avec la France. Sous le Second Empire, elle hébergea tous les proscrits du régime. Sous la Vè République, elle héberge tous les exilés fiscaux, et elle protège les agissements des musulmans qui se pensent comme victimes de notre méchant colonialisme.

Pour être sûrs d’affaiblir la Belgique, un peu trop résistante en 1914 aux yeux des Prussiens, ceux-ci ont mis le paquet pour faire croire aux Flamands qu’ils appartenaient à la race aryenne et qu’ils devaient s’émanciper de l’ordre français. La haine des nationalistes flamands pour la France, artificiellement nourrie par l’occupant allemand en 1914, puis en 1940, explique que la police de Malines n’ait pas transmis les informations sur Abdeslam à la police bruxelloise: on ne va quand même faire de l’excès de zèle pour aider ces maudits Français à trouver les coupables.

Le terrorisme en France s’appuie sur la géopolitique européenne

Contrairement aux apparences, donc, le terrorisme n’est pas étranger à l’ordre politique européen. Il s’appuie directement sur ses faiblesses, dont la principale constitue la création de l’inutile et grotesque Belgique en 1815.

Avec un effort d’extrapolation, il faut se demander comment les Etats-Unis auraient réagi si un attentat comme celui du 13 novembre avait eu lieu sur leur territoire, avec un pays voisin totalement inefficace et incompétent comme base arrière. Les réactions américaines après les attentats du 11 septembre donnent une réponse: en 48 heures, l’armée américaine aurait pris le contrôle de ce petit voisin paresseux pour garantir sa sécurité nationale.

La question qui se pose aujourd’hui est de savoir pourquoi nous n’en faisons pas autant. Nous pourrons mener toutes les réformes du monde dans nos services de renseignement, nous pourrons nous doter de toutes les lois sécuritaires et liberticides imaginables, nous ne serons pas en sécurité tant que la Belgique sera indépendante.

N’oublions jamais, ici, que le ministre belge de l’Intérieur, Jan Jambon, est un flamingant qui nourrit une haine profonde pour la France. Il faut que la France soit tombée bien bas pour tolérer ce loup dans sa bergerie.

http://www.eric-verhaeghe.fr/belgique-independante-menace-securite-nationale/

Les 12 ratés belges en matière de terrorisme

1) La Turquie a reproché à la Belgique d’avoir ignoré des informations transmises sur le profil de « combattant terroriste » d’Ibrahim El Bakraoui, un kamikaze de l’aéroport, arrêté en juin près de la frontière syrienne. Pour la justice belge, El Bakraoui, dont le frère est également impliqué dans les attentats de Paris, n’est à l’époque qu’un condamné de droit commun, en libération conditionnelle. Lorsque les Turcs l’expulsent en juillet, direction Amsterdam, ils préviennent les ambassades belge et néerlandaise au dernier moment. El Bakraoui n’est pas attendu, et se retrouve dans la nature.

Avant son expulsion, l’officier de liaison belge à Istanbul, alerté, ne s’était lui pas renseigné sur le CV d’El Bakraoui, qui avait violé son contrôle judiciaire, a déploré le gouvernement belge. Ibrahim El Bakraoui était qui plus est depuis septembre sur une liste antiterroriste du FBI américain, selon les autorités néerlandaises.

2) Au lendemain des attentats de Paris, le suspect-clé Salah Abdeslam avait été contrôlé par des gendarmes français près de la frontière belge. Mais sans être inquiété, la Belgique n’ayant jamais signalé à la France que cet homme de nationalité française était fiché pour radicalisation.

3) Au-delà de cet oubli aux lourdes conséquences, il est souvent reproché aux Belges de communiquer des informations parcellaires. « Quand quelqu’un est soupçonné de radicalisation, il ne faut pas qu’il apparaisse comme un délinquant de droit commun », appuie une source gouvernementale française.

4) En interne non plus, les informations ne semblent pas toujours circuler de manière fluide: le personnel d’une école bruxelloise fréquentée par un kamikaze avait signalé sa radicalisation, mais ce signalement n’était pas parvenu à la police.

5) La traque d’Abdeslam après le 13 novembre a duré quatre longs mois, alors qu’il n’a vraisemblablement pas quitté Bruxelles, se cachant successivement dans les communes bruxelloises de Schaerbeek, Forest et Molenbeek, où il a été capturé le 18 mars. Les policiers belges ont été critiqués pour leur maillage lacunaire du territoire, alors que le fugitif a disposé de réseaux locaux de soutien.

6) Dernièrement, des médias belges ont révélé que la police de Malines (nord) connaissait depuis des mois l’adresse du dernier logeur d’Abdeslam. La police s’est défendue en disant avoir eu comme seule indication la présence d’une personne radicalisée à cette adresse, mais a reconnu qu’elle aurait dû la transmettre.

7) L’information a surpris: Salah Abdeslam n’a été que brièvement interrogé après son arrestation le 18 mars, alors que se tramaient les attaques de Bruxelles, survenues le 22 mars. Les enquêteurs n’ont-ils pas été assez prompts, se privant d’une possibilité de les déjouer?

Le parquet fédéral a assuré qu’Abdeslam avait été interrogé le 19 mars pendant trois heures au total. Mais il a commencé ce jour-là, lors de sa troisième audition, à faire « usage de son droit au silence ». Une nouvelle fois entendu le 22 mars, après les tueries bruxelloises, il est resté muet.

8) C’est un reproche récurrent: la Belgique aurait fait preuve de laxisme face à la radicalisation d’une partie de sa jeunesse. Le pays est celui qui compte en Europe – proportionnellement à sa population – le plus grand nombre de jihadistes partis combattre en Syrie ou en Irak.

9) La commune bruxelloise de Molenbeek est apparue comme un vivier. Salah Abdeslam et son frère Brahim, kamikaze à Paris, y ont grandi. L’un des organisateurs présumés de ces attentats, Abdelhamid Abaaoud, en était originaire. Les assassins du commandant Massoud y ont séjourné en 2001, comme l’un des concepteurs des attentats de 2004 à Madrid…

10) Au niveau local, certains responsables, comme l’ancien bourgmestre de Molenbeek Philippe Moureaux, ont été taxés de complaisance face à la diffusion d’un islam de plus en plus radical. Au niveau national, le reproche est souvent fait aux autorités d’avoir laissé l’Arabie saoudite diffuser l’idéologie salafiste, souvent considérée comme un terreau du jihadisme.

11) Une polémique est aussi née sur la réaction des autorités le 22 mars. Selon le ministre de l’Intérieur, l’évacuation des stations de métro et des gares ferroviaires de la capitale a été décidée à 08H50, moins d’une heure après les explosions à l’aéroport de Bruxelles, mais avant l’attentat dans le métro survenu vers 09H10. La Stib, qui exploite le métro, a toutefois assuré n’avoir reçu aucune instruction en ce sens. Un syndicat de cheminots a quant à lui assuré que des trains circulaient encore aux alentours de 10H00.

12) Pour de nombreux analystes, surtout étrangers, le millefeuille institutionnel belge complique la lutte antiterroriste. La division de Bruxelles en six zones de police suscite l’incompréhension. Mais les partis francophones restent réticents à avancer sur ce terrain-là.

http://www.eric-verhaeghe.fr/12-rates-belges-matiere-de-terrorisme/

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