Art de la guerre monétaire et économique

Notre opinion sur les marchés : Ce sont des zombies ! Par Bruno Bertez

Notre opinion sur les marchés :  Ce sont des zombies !

Depuis la mi 2014, les marchés contre-performent. Il n’y a plus rien à gagner pour deux raisons :

  • 1- fin de la tendance haussière, nous sommes dans un régime, un ordre nouveau, absence de leadership, rotation erratique.
  • 2-volatilité exacerbée avec deux krachs, l’un en Aout 2015 et l’autre en début 2016, suivis de leçon terrible donnée aux vendeurs à découvert.

La guidance des autorités est devenue trompeuse, ils disent et se dédisent à un moins d’un mois d’intervalle, on ne peut ni jouer avec la Fed ni contre la Fed, elle patauge. Elle a abandonné les critères rationnels, les « datas » et elle navigue comme un vulgaire spéculateur au jour le jour. Les complices des banques centrales ne jouent plus avec elles, ils doutent et les Hedge Funds perdent de l’argent. Les notes des grandes banques TBTF sont mitigées, elles sont dans le brouillard.

On sent qu’il y a des débats souterrains sur la conduite à tenir et sur les remèdes à apporter à la disparition de la croissance : certains veulent aller plus loin dans les politiques monétaires non conventionnelles de monétisation/répression ; d’autre veulent qu’on les abandonne et que l’on repasse au fiscal keynésien pur avec creusement des déficits. Au milieu il y a les orthodoxes, les Allemands qui veulent que l’on accepte de souffrir dans le court terme et que l’on prépare le long terme par des réformes radicales.

Yellen a confirmé la semaine dernière que la dominante était l’incertitude. Les Organisations Internationales ne cessent d’alerter sur les risques concernant la croissance, la stabilité financière et même sur les risques socio-politiques.

Quand on parle d’incertitude, il faut mettre les points sur les « i »: il y a incertitude sur l’évolution du monde réel et incertitude sur l’action de ceux qui prétendent le diriger. C’est donc une incertitude de degré supérieur.

Pour l’instant, « cela tient », on a évité le pire grâce à la concertation/ manipulation occulte, subreptice :

-En janvier et février création de crédit colossale en Chine pour éviter l’effondrement global, plus de 1 trillion de crédit nouveau…

-Puis reprise en mains du pétrole considéré comme un symbole leader sur la psychologie des marchés avec rumeurs et intoxications diverses,

-Puis intervention de Draghi avec un nouveau « coûte que coûte », sans limite et désespéré !

-Puis inaction de  Yellen : elle a laissé passer son tour dans la hausse des taux pourtant claironnée pour mars…

-Puis déclarations verbales de Kuroda pour s’opposer à une hausse du yen qui équivalait à de la mise en risk-off !

-Puis déclarations de Yellen, de Draghi pour proclamer qu’il n’y avait pas de bulles, et que les taux pouvaient encore rester bas très longtemps et même baisser beaucoup plus.

Une semaine sous le signe du pétrole, à la faveur d’une dépêche d’Interfax, on a cru à un accord

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Nous en sommes là, grâce à ces actions on a pu tenir, stabiliser et même refaire illusion, malgré un cap difficile, celui des mauvais résultats des firmes et la dégradation de leur rentabilité.

Une sévère érosion des marges qui précède la baisse des profits

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Le prochain cap, c’est celui de la tenue des prix du pétrole. C’est une incertitude majeure compte tenu de la position spéculative colossale qui s’est construite.

Au lendemain de la Grande Crise Financière, les banques sont devenues des zombies, des morts vivants. Les marchés sont un complément, un prolongement des banques, y compris des Banques Centrales ; notre conviction est que les marchés, eux aussi sont devenus des zombies, des morts vivants.

Ce qui domine, ce n’est ni la hausse, ni la baisse, mais leur étiolement, leur incapacité à accomplir la moindre fonction. Comme les banques. L’illusion qu’ils vivent encore n’est fournie que par la spéculation : la communauté spéculative agite les marchés de soubresauts désordonnés et stériles.

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En investissement, il n’y a plus rien à faire qu’a essayer de trouver refuge, trouver des refuges non corrélés au sous-jacent global qui est la masse monétaire mondiale. Tout investissement en papier sera rigoureusement non rentable, contreperformant, dans une perspective de 10 à 12 ans et entre-temps, il subira des pertes énormes qui pourront aller jusqu’à 40% du capital. Ceux qui auront eu le culot et le courage de rester hors des marchés feront fortune lorsqu’ils achèteront dans ces baisses. Elles sont inéluctables ; et elles seront l’opportunité du siècle !

S&P 500

LES ACHATS ANORMAUX DU 11 ET 12 FÉVRIER

On sait maintenant qu’il y a eu concertation internationale des « dominants » en Février dernier, les agendas de Yellen le prouvent.

Nous avions soutenu il y a quelques semaines qu’il y avait eu des achats d’initiés en Février 2016, et plus précisément dès le 11 et le 12.

C’est ce que nous avions déduit d’une analyse des transactions et du comportement anormal des marchés.

Ces achats d’initiés sont au sens propre scandaleux pour plusieurs raisons :

  • -Ils constituent une manipulation des cours artificielle
  • -Ils font monter les cours, donc les épargnants qui veulent acheter paient au-dessus du prix normal, celui qui serait « fair »
  • -Ils enrichissent des proches des décideurs mondiaux et renforcent leur capacité d’influence et de corruption ; ces initiés « tiennent » leurs complices.
  • -Une idée fausse de la tendance des bourses est ainsi imprimées qui gêne la découverte des prix qui est la fonction de tout marché.

Bien sur les citoyens sont tellement intoxiqués, habitués à se faire gruger qu’ils considèrent cela comme normal. Il est normal d’être trompés dans nos systèmes n’est-ce pas ?

Les puissants, les grands et les gros ont tous les droits, la dissymétrie est la règle.

Les grands sont dans les gradins qui dominent l’arène, le peuple, les gladiateurs se déchirent et se fait concurrence pour les miettes.

EN BANDE SON

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