Art de la guerre monétaire et économique

Notre société se divise car la perception de la réalité économique diffère

Notre société se divise car la perception de la réalité économique diffère

LES NOTES DE CHARLES HUGH SMITH 17 Juillet 2017

L’échelle sociale ne compte que trop peu de barreaux. La classe possédante et les technocrates du haut ne peuvent pas comprendre le décrochage du reste de la population.

Vous avez probablement déjà vu un graphique du revenu moyen par ménage aux Etats-Unis. Vous avez peut-être également déjà vu le graphique du revenu médian par ménage. Pour mémoire, le revenu médian sépare en deux parties égales en nombre une population : la moitié gagne plus et l’autre moins.

Il existe une différence colossale entre le revenu moyen par ménage des 80% les moins riches et le top 10%, 5% et 1% des ménages les plus riches. Il est important de bien segmenter ces différentes tranches de revenus, étant donné que le fait d’inclure les ménages les plus aisés a pour conséquence de fausser la moyenne.

Aux Etats-Unis, le revenu moyen par foyer des huit premiers déciles représente environ 50 000 $ par an, alors que le revenu moyen des foyers appartenant aux 10% les plus riches (ce qui inclut le top 1% et même les ultra-riches, ceux qui composent le top 0,1%) est quasiment quatre fois plus important : 185 000 $.

Vous avez certainement également déjà vu une version de ce graphique. Il montre que le revenu réel moyen (ajusté de l’inflation) des 9 premiers déciles n’a pas progressé au cours des 40 dernières années.

Pendant que la grande majorité déplore la fragmentation politique et sociale observable partout autour de nous, elle ignore la fragmentation économique qui en est la source : notre société se divise car notre perception de la réalité économique est de plus en plus fragmentée.

Au bon vieux temps de la croissance que l’on croyait alors éternelle – croissance de la consommation d’énergie, des salaires, des profits, de l’emploi, des dépenses publiques, du crédit à la consommation, de la construction de logement, de l’investissement privé et des dépenses des consommateurs – l’ensemble de la population à travers les différentes classes sociales avait en commun la conviction que leur situation financière aller continuer de s’améliorer.

Le gâteau devenait de plus en plus gros, et la part de chacun de plus en plus large – pour certains plus que pour d’autres, bien entendu – mais le « ruissellement vers le bas » des revenus permettait à chacun de bénéficier d’une plus grande part.

L’économie à part des 5% les plus riches

Ce n’est désormais plus le cas. Les 5% les plus riches vivent dans une économie totalement différente de celle dans laquelle vivent les 80% des moins riches. Si nous ajoutons à cette inégalité croissante des revenus l’augmentation rapide du patrimoine net des ménages les plus riches, la fragmentation de la société apparaît encore plus clairement.

Les 50% les plus pauvres vivent dans une économie différente de celle dans laquelle vivent les ménages qui se situent dans les tranches des 8éme et 9éme déciles, et surtout de ceux qui se situent dans le top 10%, lesquels connaissent une progression importante de leurs revenus et de leur patrimoine.

De la même façon, les ménages appartenant au top 5% vivent dans une économie différente de celle dans laquelle vivent ceux qui se situent dans la tranche entre les 80% et les 95% des plus hauts revenus. Ils ont connu une augmentation rapide de leur patrimoine et de leurs revenus, voire une augmentation spectaculaire s’ils font partie de ceux qui possèdent les bonnes catégories d’actifs et de sources de revenus.

Les ménages qui bénéficient d’assurance santé premium vivent dans un mode totalement différent de celui dans lequel vivent les foyers qui ne bénéficient que d’une assurance santé bas de gamme. En réalité, ceux qui sont éligibles au programme Medicaid profitent d’une plus grande sécurité que ceux qui n’ont accès qu’à une assurance privée médiocre.

Les foyers qui bénéficient de sources de revenus stables vivent dans une économie complètement différente de celle dans laquelle vivent ceux qui dépendent de revenus instables d’une année sur l’autre.

Les foyers qui sont propriétaires de leur logement, libérés de tout crédit immobilier, vivent dans une réalité différente de celle dans laquelle vivent les ménages qui doivent se battre pour payer leurs échéances d’emprunt et les taxes foncières écrasantes.

Ceux qui profitent de pensions généreuses issues d’une carrière dans la fonction publique vivent dans un monde différent de celui dans lequel vivent les personnes âgées qui survivent grâce au minimum vieillesse.

Nous vivons dans une économie où tout sépare la classe des possédants de ceux qui ne possèdent rien, et dans laquelle l’échelle entre ceux qui gagnent 2 000 $ par mois et ceux qui gagnent 20 000 $ par mois possède très peu de barreaux. La taille du gâteau se rétrécit pour la vaste majorité de la population, grignotée par l’inflation (officiellement proche de zéro), l’augmentation des franchises d’assurance, des frais, des taxes, des amendes, des intérêts et ainsi de suite.

La classe possédante et les technocrates s’émerveillent de la situation économique mais ne peuvent pas comprendre le décrochage du reste de la population. Ils vivent dans une réalité économique extraordinaire et prodigieuse.

Cette classe sociale domine, elle contrôle l’Etat, les grands médias privés, le secteur philanthropique capitaliste à but non lucratif, les think tanks ainsi que les différents domaines académiques (« Je ne suis pas un riche, regardez toute la poussière sur ma voiture BMW/Tesla »). En conséquence, leur vision faussée des choses, qui est issue d’une ignorance de la réalité, s’impose comme le discours dominant.

Notre perception de la situation économique et de la mobilité sociale ainsi que financière s’est fragmentée. La conséquence inévitable est une plus grande fragmentation sociale et politique.

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Le nombre d’américains qui ne peuvent pas se permettre d’ètre propriétaire a plus que doublé

La classe moyenne américaine continue-t-elle toujours de rétrécir ?Cela fait des années que je fournis de nombreuses informations qui montrent que la classe moyenne américaine diminue régulièrement, or nous venons d’obtenir des chiffres qui prouvent que le mouvement est même en train de s’accélérer. Selon un rapport produit par des chercheurs de l’Université d’Harvard,

Lorsque je publie sur «l’effondrement économique», j’évoque un processus qui se développe depuis des décennies aux Etats-Unis. Au début des années 1970, plus de 60% des Américains faisaient partie de la «classe moyenne américaine», mais maintenant ce chiffre a chuté et est passé sous le seuil des 50%. Jamais dans toute l’histoire des Etats-Unis, la classe moyenne ne s’était atrophiée au point de ne représenter plus qu’une minorité de l’ensemble de la population, mais on en est là aujourd’hui, et cette classe moyenne américaine continue de rétrécir jour après jour.

Du coup, ces derniers chiffres m’ont attristé, mais cela ne m’a pas vraiment surpris. Ce qui suit provient de NBC News

 

Plus de 38 millions de ménages américains n’ont pas les moyens d’habiter le logement dans lequel ils vivent actuellement, ce qui correspond à une augmentation de 146% en 16 ans, selon un récent rapport de l’université d’Harvard sur la situation du logement au Etats-Unis.

En vertu des recommandations fédérales, les ménages qui dépensent plus de 30% de leur revenu dans le paiement de leur logement sont considérés comme fragiles financièrement et auront de nombreuses difficultés à s’alimenter correctement, à se vêtir, à se déplacer et enfin à s’offrir des soins médicaux.

Le nombre d’Américains qui se battent chaque jour pour payer leur logement est passée de 16 millions en 2001 à 38 millions en 2015, d’après les données du bureau du recensement américain qu’on l’on peut retrouver dans ce rapport. Ce chiffre a plus que doublé.

Parfois, les gens essaient de me convaincre que l’économie se porte « bien », mais lorsque je leur demande comment ça se passe pour eux, eh bien ce n’est pas flamboyant. Je connais énormément de gens aujourd’hui qui travaillent au salaire minimum alors qu’il y a encore quelques années, ils vivaient confortablement et faisaient partie de la classe moyenne américaine.

L’une des principales raisons pour laquelle la classe moyenne s’atrophie, c’est que les salaires n’augmentent quasiment pas alors que le coût de la vie continue de croître régulièrement. Bien sûr, l’assurance maladie est l’un des facteurs importants de l’augmentation du coût de la vie.

Beaucoup d’américains ont vu leurs primes d’assurance maladie doubler depuis que l’Obamacare est entré en vigueur. Et une compagnie d’assurance maladie a réellement essayé de m’infliger cela, ainsi qu’à ma famille, et c’est à ce moment là que j’ai immédiatement changé d’assureur.

Mais même si pratiquement l’ensemble des républicains au Congrès ont fait campagne pour abroger l’Obamacare, il semble que cela ne se soit pas réalisé. En fait, le sénateur John McCain a déclaré dimanche que ….

 

Le sénateur républicain John McCain estimait dimanche que le projet de loi des républicains visant à remplacer l’Obamacare par un nouveau système d’assurance maladie était vraisemblablement « mort ».

« À mon avis, c’est vraisemblablement voué à l’échec », a-t-il dit à la chaîne de télévision CBS.

Au Sénat, ce texte de loi, qui fait face à un front uni des élus démocrates, a été mis à mal un peu plus durant cette semaine de pause parlementaire (4 juillet) et McCain explique que les républicains devraient travailler avec les démocrates pour élaborer un projet de loi en matière de soins de santé.

En tant qu’électeur, je suis plus que frustré. Les républicains avaient symboliquement abrogé le projet de loi Obamacare par le biais de la chambre et du sénat au début de l’année 2016 (Obama avait ensuite mis son veto). Alors, pourquoi ne peuvent-ils pas ressortir exactement le même projet de loi aujourd’hui et le mettre sur le bureau de Donald Trump ?

Nous avons travaillé dur pour donner aux républicains le contrôle de la Maison Blanche, du Sénat et de la Chambre, et maintenant ils nous poignardent à nouveau dans le dos.

Ce n’est qu’un exemple qui vous explique pourquoi j’ai l’intention de leur rentrer dedans si j’ai la chance de me faire élire au congrès à Washington.

Nous devons réduire les coûts liés aux soins de santé pour la classe moyenne. Il n’y a pas d’autre alternative. Des millions de familles américaines sont complètement étouffées par la hausse des primes d’assurance maladie. Parfois, j’ai envie de crier tellement les républicains peuvent m’énerver.

Aujourd’hui, les ménages américains n’ont jamais été autant au bord de la précarité financière. Diverses enquêtes ont révélé que et une autre étude a révélé que 69% des Américains n’ont aucun filet de sécurité financier en cas de crise majeure.Et lorsque vous vivez au bord de la précarité financière, vous risquez de perdre pied à tout moment.

Mois après mois, toujours plus d’Américains sortent de la classe moyenne et sombrent dans la pauvreté. Même pendant cette soi-disant «reprise économique», nous voyons la pauvreté progresser dans toute l’Amérique. Par exemple, le nombre de sans-abri dans les rues de New York a augmenté de 39% depuis l’année dernière

le nombre de sans-abri dans les rues de New York a augmenté de 39% en 2017, selon le dernier sondage annuel réalisé par le Department of Homeless Services (DHS).

Il y avait 3 892 sans-abri dans la nuit du 6 février 2017, contre 2 794 personnes à la même période il y a un an, selon ce que déclare ce rapport qui fait un seul relevé par an. C’est la plus importante hausse depuis 2005, lorsque Michael Bloomberg était maire.

Michael Snyder: « 102 Millions d’Américains en âge de travailler n’ont pas de boulot ! » Des dizaines de millions d’Américains délaissés par une économie qui les a terrassés.

Et les faillites continuent d’augmenter également. Les faillites des particuliers ont augmenté encore une fois le mois dernier, et les faillites d’entreprises continuent de croître de façon inquiétante

Le chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites d’entreprises – qui leur permet d’essayer de se restructurer, plutôt que de déposer le bilan – ont grimpé de 16% en juin avec 581 dépôts par rapport à la même période de l’année précédente aux États-Unis. Les faillites d’entreprises, toutes tailles confondues, ont augmenté de 2% par rapport à l’an dernier avec 3 385 dépôts, selon l’American Bankruptcy Institute. Cela représente une augmentation des faillites de 39% par rapport au mois de juin 2015 et de 18% par rapport au mois de juin 2014.

Depuis la fin de la dernière récession, la classe moyenne américaine a continué de se rétrécir, et maintenant il semble qu’un autre ralentissement économique majeur est sur le point de frapper l’Amérique.

Allons-nous simplement rester spectateur et ne rien faire alors que la classe moyenne américaine est en train de disparaître ?

Les démocrates ne semblent pas s’en soucier, pas plus que les républicains.

Si l’Amérique continue d’appliquer les mêmes recettes, alors elle continuera d’obtenir les mêmes résultats.

En d’autres termes, si l’Amérique ne change pas radicalement sa manière de faire les choses, la classe moyenne américaine continuera de s’atrophier.

Réveillez-vous. La classe moyenne américaine est en train de disparaître et si nous voulons la sauver, il faut agir maintenant.

Source:theeconomiccollapseblog

http://theeconomiccollapseblog.com/archives/dying-middle-class-the-number-of-americans-that-cant-afford-their-own-homes-has-more-than-doubled

EN BANDE SON :  

 

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