1984

Mondialisme – Etats-Unis : “Président Mad Dog Mattis”, ou la paralysie étoilée

“Président Mattis”, ou la paralysie étoilée

  

« 26 août 2017 – Alexander Mercouris revient, en l’étayant fortement et d’une façon convaincante, sur sa thèse selon laquelle ce sont les généraux qui, à Washington D.C. aujourd’hui, détiennent le pouvoir. 

Cette fois, Mercouris nomme le grand gagnant : le général Mattis, qui tient le Pentagone et trouve deux relais puissants à la Maison-Blanche pour “contrôler” Trump : le Général Kelly comme chef de cabinet de Trump, le général McMaster comme conseiller du président pour la sécurité nationale et président du NSC. Selon Mercouris, le Pentagone est à peu près la seule entité de sécurité nationale à “bien” fonctionner, le département d’État et la CIA étant en pleine crise pour des raisons de manque de personnel de direction de la bureaucratie suite à une purge de Tillerson qui ne rêverait que de quitter son poste à la direction dudépartement d’État, et d’affrontement interne direct à propos des relations de l’Agence avec Trump (pour la CIA, cela). Mattis reste donc l’homme qui, avec les relais qu’il faut, dirige de facto la politique extérieure des USA ; cela suffit assez logiquement à Mercouris pour le designer comme le “président Mattis”.

L’analyse de Mercouris porte sur cinq théâtres principalement : la Syrie et le Moyen-Orient, en cela l’Iran compris ; l’Afghanistan ; l’Europe, Russie comprise bien entendu ; la Corée du Nord et tout son environnement, et principalement la Chine bien entendu ; les agitations navales très nombreuses dans le Pacifique Occidental, dans les mers proches de la Chine et notamment la Mer de la Chine du Sud. Suivant l’analyse que nous offre Mercouris, on décrit chacune de ces zones et l’action, essentiellement sinon exclusivement selon une “diplomatie” militaire, avec les seuls instruments des forces armées, – le secrétaire à la défense Mattis étant dans ce cas tout à fait en accord logique avec le Général Mattis…

• Le Moyen-Orient (Syrie, Iran, etc.). Mattis a pris tous les leviers de contrôle de la zone, c’est lui qui y déploie l’activité diplomatique (sic) la plus intense avec voyages, déplacements, rencontres, etc. Les militaires “au pouvoir” ont “purgé” le NSC d’hommes qui auraient été nommés (?) par Trump, dont on ne sait s’ils sont vraiment “des hommes de Trump”, c’est-à-dire acquis à ce que l’on croit être les conceptions de Trump ; on excusera ces incertitudes diverses, correspondantes aux diverses agitations en sens divers du personnage (Trump), concernant ses conceptions… En fait il s’agit essentiellement de faucons proches des neocons (sic) et d’Israël, qui voulaient l’attaque de l’Iran. Mattis ne veut rien de semblable comme, de même, il semble avoir manœuvré pour retirer les USA de tout engagement fâcheux en Syrie, laissant les Russes faire le travail principal puisqu’ils ont l’air de bien le faire, et concentrant l’action US dans la région contre Daesh. Du coup, on ne peut que se féliciter de l’action de Mattis et noter qu’elle n’est vraiment pas très différente de celle que semblait prôner Trump durant sa campagne, et même depuis, – sauf pour l’Iran, où Mattis bloque l’obsession anti-iranienne de Trump et de son entourage…

• Concernant l’Afghanistan, Mattis est bien un faucon selon la tradition, comme tous les généraux. Il a “convaincu” le président d’un renforcement pour lancer une offensive militaro-humanitariste du type qui a déjà été lancée un nombre incalculable de fois sur la planète, et en Afghanistan notamment, pour des résultats catastrophiques avec une régularité remarquable. Quel est le but de Mattis, selon Mercouris ? Il cède la plume à l’expert académique canadien Paul Robertson qui a brillamment expliqué ce que Mercouris décrit comme la volonté du Général Mattis « de ne pas laisser le souvenir du soldat qui présiderait à la plus grande défaite des USA depuis le Vietnam. Pour cela, il fera en sorte que la guerre en Afghanistan se poursuive indéfiniment dans l’espoir que quelque chose se modifie [en faveur des USA]. » Voici, citée, l’explication de Robertson de cette stratégie qu’on définirait comme celle de “la tête de l’autruche dans le sable” renforcée par celle, très dynamique, du “un pas en avant deux pas en arrière de l’écrevisse”…

• L’Europe : sur ce théâtre, Mattis poursuit avec alacrité et entêtement la “stratégie” que poursuivent les USA/l’OTAN depuis le début de 2014 et la crise ukrainienne. Il s’agit d’une intense gesticulation sur les frontières de la Russie, des menaces régulièrement brandies, d’une provocation permanente à coups de manœuvres, de déploiements d’unités à effectifs limitées bien entendu, du déploiement de dix chars ici, de cinq là, et bien sûr de l’archi-manœuvre de provocation que constituent les bases de missiles antimissiles. Manifestement Mattis ne veut rien de neuf en Europe par rapport au comportement inepte des USA/de l’OTAN depuis trois ans, selon le calcul que les USA doivent maintenir le statut de superpuissance et qu’ils peuvent le faire en Europe en toute “sécurité”, – si l’on peut dire, – parce qu’il n’y a aucun risque de confrontation, parce que ni la Russie ni les USA ne veulent entendre parler d’une confrontation directe entre eux sur un théâtre aussi sensible et explosif que l’Europe…

http://www.dedefensa.org/article/president-mattis-ou-la-paralysie-etoilee

EN BANDE SON : 

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