Chinamerica

Surplus de mâles, restriction des naissances : les poupées sexuelles envahissent la Chine communiste

Le site d’informations new-yorkais Business Insider s’est penché sur la très rentable misère sexuelle des Chinois en révélant l’éphémère création d’une application informatique proposant la location à Pékin de poupées sexuelles à taille humaine, louées à partir de 45 dollars US par jour avec dépôt de garantie de 1.200 dollars. Presque les conditions pour disposer d’une voiture de location… Cette histoire ne reflète qu’une petite partie de l’industrie des poupées sexuelles en Chine, favorisée par les tragiques manipulations démographiques du régime. L’entreprise, lancée par un certain Ta Qu, assurait aux « utilisateurs » – le sexe devient une consommation comme une autre – que les poupées étaient lavées après chaque usage. Mais le coup de génie de l’entrepreneur s’est rapidement heurté à la censure, et son activité a été interrompue rapidement sur ordre des autorités après que l’histoire se fut répandue sur la toile. Deux employés ont été interpellés dans un quartier chaud de Pékin pour avoir organisé un événement promotionnel consistant à placer des poupées debout dans le métro et dans un centre commercial. Pour avoir « perturbé l’ordre social par des activités indécentes », l’entreprise a été condamnée à une amende de plusieurs milliers de yuans (1 yuan = 0,127 euro). Les deux employés se sont engagés à ne pas recommencer pendant six mois. 

A la veille du congrès du parti communiste, les « copines communes » de Ta Qu faisaient tache

« Nous présentons nos excuses pour l’effet indésirable que notre projet de “copines communes” a pu avoir dans notre société – surtout sur la toile – avant un congrès important », explique la société, invoquant à demi-mot le 19e congrès du parti communiste qui débutera le 18 octobre et dont les 2.287 délégués et autres milliers d’accompagnants eussent constitué une juteuse clientèle. Pour autant, cette affaire ne représente que la partie émergée de l’iceberg. Le marché des poupées sexuelles en Chine est devenu considérable alors que le pays est confronté à une pénurie croissante de jeunes femmes, résultat de l’avortement de masse des bébés de sexe féminin. Culture ancestrale privilégiant les garçons, trente années de contrôle drastique des naissances : la Chine devra compter avec un excédent de 30 millions de mâles en 2030 – la moitié de la population française -, même si cette préférence pour les garçons commence à s’effacer, surtout dans les métropoles. Face à ce défi sexuel et aux autres conséquences de la politique malthusienne de l’enfant unique imposée par le régime maoïste – créant une pyramide des âges dangereusement déséquilibrée – Pékin a annoncé en 2015 le basculement vers une politique des deux enfants. Mais pour la génération actuelle, il est trop tard. 

Surplus de 30 millions d’hommes : le Pr Xi Zhushie propose de rétablir le « partage des femmes »

On assiste ainsi à des tentatives singulièrement glauques. Par exemple cette proposition d’un professeur d’économie de Zejiang, Xi Zhushie, de rétablir l’ancestral « partage des femmes », idée immédiatement dénoncée, ou de favoriser l’importation d’Africaines. On note au demeurant l’explosion déjà bien établie du trafic de femmes à objectif sexuel, en particulier en provenance du Vietnam. Reste l’envolée du commerce des poupées à taille humaine. Le commerce de jouets sexuels via les plateformes de vente à distance a bondi de 50 % en cinq ans, selon le journal Global Times. Lors des très courues « journées des célibataires », l’un des fournisseurs de ce type de mannequins en écoule un par minute. Plus troublant : 65 % de ces momies étaient achetées par de jeunes hommes âgés de 18 à 29 ans. Vincent He, propriétaire de Hitdoll, qui en fabrique, en est lui-même surpris car il s’attendait à ce que ce segment des jeunes diplômés célibataires « ne dépense pas son argent dans des poupées sexuelles alors que ces jeunes hommes peuvent aller vers de vraies femmes ». L’utilisation de jouets sexuels – et pas seulement des poupées – s’est répandue en Chine à un niveau bien plus important qu’en Occident, encouragée non seulement par le déséquilibre démographique hommes-femmes, mais aussi par les migrations internes massives, principalement masculines, qui ont éloigné des millions d’hommes de leurs familles. « J’ai constaté lors de mes reportages que les centres commerciaux qu’ils fréquentent proposent ouvertement des produits tels que des vagins artificiels », explique Mei Fong, dans Business Insider. « Il semble que cela soulève bien moins de rejet social qu’en Occident », relève-t-il. 

La Chine entend concurrencer les poupées sexuelles sophistiquées de Californie

Evidemment, le système chinois fait valoir dans ce domaine comme dans d’autres ses avantages comparatifs et son moins-disant social. Ses jouets sont produits à des prix fortement concurrentiels, propulsant les poupées sexuelles du statut de produit de niche à celui de produit de masse. Les entreprises chinoises tentent par ailleurs de monter en gamme. Leur objectif est d’égaler les produits américains, tels ceux d’Abyss Creation. Cette entreprise californienne propose, pour 8.000 à 10.000 dollars US, des poupées à taille humaine dotées d’un minimum de parole et de chaleur corporelle. La société chinoise Hitdoll s’emploie à atteindre ces normes à des prix nettement inférieurs. Des prototypes ont été proposés aux étudiants de Guangzhou, accompagnés de tracts de promotion sur lesquels sont inscrits ces mots : « Fausses poupées, véritable amour ». Les étudiants ont… apprécié au point de former un club dédié à ce type d’activité. La vieille utopie des automates n’a pas fini de nourrir l’imposture technicienne. Jusqu’à monétiser l’intimité des êtres. 

Matthieu Lenoir

http://reinformation.tv/chine-communiste-poupees-sexuelles-lenoir-75252-2/

Les poupées de la solitude en Chine, autre illustration du désir sans espoir

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La détresse affective et sexuelle est flagrante dans notre Occident dopé à la pornographie, à l’hédonisme et au narcissisme. Voici qu’elle se répand aussi en Chine, immense pays déchiré entre le dirigisme malthusien du communisme totalitaire et la pression du consumérisme matérialiste. Exemple étonnant rapporté par le média officiel chinois Global Times : l’envol de l’usage des poupées en silicone par des personnes noyées dans leur solitude, dans un pays confronté aux suites du génocide des fillettes par l’avortement sélectif.
 

Chine : surpopulation et solitude

 
« En raison d’une évolution de la conception du mariage et de la parenté dans la jeune génération chinoise, et à cause du grave déséquilibre entre les sexes, un nombre de plus en plus important de jeunes hommes cherchent la compagnie de poupées imitant la vie ordinaire, en lieu et place de véritables relations humaines », explique l’organe chinois. La Chine communiste compte une moyenne de 105,02 hommes pour 100 femmes.
 

Une poupée de 1,45 m de haut

 
Le journal cite Bob, pseudonyme d’un désigner âgé de 32 ans habitant Pékin, qui a acquis Xiao Ying, poupée de 1,45 mètre de haut. Cette fiction de compagne, qu’il a acquise deux mois après avoir rompu avec sa (vraie) fiancée, « a réveillé son existence ». Il la considère comme « sa fille ». Pour recevoir le journaliste, Bob avait habillé Xiao Ying comme une écolière : uniforme rouge, lunettes sur un visage encadré de cheveux blonds. « Il est impossible de trouver une telle beauté dans la réalité », murmure-t-il.
 
Bob est loin d’être un cas isolé. Une quantité de forums internet rassemblent chacun des dizaines d’afficionados de « poupées-partenaires ». Wu Xingliang, directeur marketing du fabricant de poupées silicones Exdoll constate une hausse significative de la demande. Il l’explique par l’influence de la pratique japonaise de l’otaku, cette tradition d’isolement dans la sphère intime, mais aussi par la crainte du mariage et de la fertilité.
 
Partenaire pour désirs sexuels
 
Un autre homme amateur de poupées, Li Chen, 58 ans, explique sa passion : « De nombreux hommes ne parviennent pas à trouver une partenaire adéquate. On peut comprendre qu’ils achètent ces poupées pour satisfaire leurs désirs sexuels. Cela vaut mieux que d’aller payer une prostituée ».
 
D’autant que le sexe n’est pas la seule activité, loin s’en faut. Bob de son côté a acheté une autre poupée, Xiao Yue, qu’il considère comme « une amie d’enfance ». De même taille que Xiao Ying, elle pèse 10 kg. « La porter est un véritable exercice physique », sourit-il. Deux fois par mois, il la baigne et lui applique de la poudre pour la peau. Comme les poupées ne peuvent évidemment pas rester debout toutes seules, elles demeurent assises sur la fenêtre près du lit de leur propriétaire.
 

Il veut qu’elle soit « sa fille »

 
Reste que ce type de pratique, apparemment anodine, semble cacher bien des problèmes. Bob explique au Global Times qu’après sa rupture, il avait essayé une « blind date », ce type de rendez-vous surprise pratiqué de nos jours, mais que la rencontre avait tourné court parce que la dame refusait de jouer « sa fille ». Xiao Ying, elle, ne peut bien sûr pas refuser ce type de proposition à son propriétaire. Elle se tait.
 
Li Chen, quant à lui, a préféré la compagnie des poupées après sa rupture avec une épouse de 18 ans sa cadette, « dépendante des jeux d’argent », parce qu’il trouve les femmes « trop intrigantes » et qu’il refuse de « faire souffrir » son fils avec une autre relation. « Contrairement aux êtres humains, les poupées sont plus fiables et ne peuvent en aucun cas vous trahir », dit-il. En un mot, elles sont la pure projection de son désir.
 

Cette solitude, fruit d’un égotisme exacerbé

 
Cet enfermement sur soi gangrène le monde consumériste contemporain, qui se gargarise pourtant de rencontres numériques sans limites. La pratique compulsive des réseaux sociaux, où la personne « choisit » le partenaire non dans l’interaction vivante d’une rencontre mais suivant des critères purement égotiques, en est une semblable et tragique illustration.
 
L’autre est nié dans sa singularité irréductible à soi. Son mystère l’est aussi. Ainsi voit-on ces foules modernes hésiter entre l’hystérie – désir hypertrophié qui refuse à jamais de s’incarner – et la dépression. L’illusion ferme la porte à l’espérance.
 

Matthieu Lenoir

http://reinformation.tv/chine-poupees-solitude-desirs-lenoir-61945-2/

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