1984

La Chine inaugure une « Nouvelle ère de pouvoir international et d’influence »

On aurait tort de considérer la réunion du 19e Congrès du Parti Communiste Chinois comme une simple grand messe destinée à asseoir le pouvoir de XI Jinping : c’est une déclaration de mobilisation  au service d’un Projet: devenir la puissance mondiale dominante sous tous les aspects. Ce Congrès inaugure une »Nouvelle ère de pouvoir international et d’influence ».

A la cérémonie de clôture, il a été annoncé que la pensée de Xi Jinping sur « le Socialisme avec ses caractéristiques chinoises pour une nouvelle ère » allait être insérée dans la Charte du Parti, c’est un symbole. La Chine ne tourne pas le dos au socialisme , au pouvoir et à la propriété étatique, elle ne va pas aller dans le sens d’une démocratie bourgeoise, au contraire, elle va encore plus se trouver sous le contrôle de l’élite du Parti.

C’est une pierre angulaire, une pierre sur laquelle la Chine va ériger les bases d’une nouvelle ère. La chine veut sous tous les aspects se mettre à la place qui lui revient, c’est à dire la première. C’est une déclaration de challenge à l’égard de l’Ouest, c’est une mise en ordre de bataille avec accessoirement la ratification du pouvoir absolu d ‘un homme, d’un chef au sens militaire,  qui entre ainsi dans le panthéon mythique de l’histoire chinoise.

Par ailleurs le Parti s’est organisé de telle façon que XI n’ait aucune concurrence et soit assurer de se succéder à lui même . Il a la garantie de la durée et de la continuité.

La tyrannie, l’autocratie sont dialectiquement liées au Projet et en sont des conditions nécessaires: l’heure n’est pas à la libéralisation démocratique, à l’ouverture , à l’alignement sur l’Ouest mais à l’approfondissement du modèle chinois qui a fait la preuve de son succès et de son efficacité. Il ne s’agit plus d’affaiblir le Parti mais de le renforcer, de le muscler, de le rendre plus dur et bien sur moins corrompu. La Chine ne veut pas devenir capitaliste , elle veut conserver son modèle « communiste » original et pour cela elle doit l’approfondir. Le politique doit imposer sa volonté à l’économique . Le rôle du Parti dans l’économie et la micro économie doit être renforcé. Les déséquilibres qui se manifestent dans le système le chinois en particulier en 2015, ne seraient pas corrigés par une libéralisation au contraire puisqu’ils sont produits par cette libéralisation laquelle conteste en quelque sorte les valeurs Chinoises.

Il ne s’agit pas de renforcer l’exposition aux valeurs occidentales ou à celles du marché  global, au contraire, il s’agit d’affirmer les valeurs chinoises, de son système et c’est ainsi qu’il faut comprendre la volonté/nécessité  d’imposer le Yuan, de globaliser la monnaie chinoise. La Chine est le premier importateur mondial de matières premières, et la première puissance  économique, il est normal qu’elle influence, qu’elle fixe les Valeurs. Si on n’a rien compris à cela on n’a rien compris au Projet Chinois et aux orientations qu’il fixe. On risque le contresens dramatique qui conduit à sans cesse crier au loup et à prédire l’effondrement du système chinois alors qu’il prend les dispositions pour se renforcer en s’approfondissant . C’est un constat et un retour en arrière, il ne s’agit plus de s’adapter mais d’adapter le monde extérieur au poids chinois.

C’est important car le talon d’Achille du système chinois, c’est la dette, le poids des dettes. Dans une optique libérale capitaliste, la Chine doit connaître un moment Minsky , une révulsion qui serait provoquée par le choc entre les Valeurs spéculatives domestiques, les Valeurs économiques productives nationales  et les valeurs extérieures, le tout synthétisé par le change. Le change, les mouvements de capitaux  ou une crise du change: impossibilité à stabiliser le cours du Yuan, perte de maîtrise des taux d’intérêt et révulsion en chaîne. Si la  Chine s’ouvrait plus et se rendait plus ouverte aux Valeurs extérieures, elle se mettrait en position de perdre le contrôle de ses choix géopolitiques; mais si au contraire elle cadenasse , alors elle a les moyens de les satisfaire.

Les firmes étrangères s’en sont rendu compte, elles sont quasi unanimes à considérer qu’elles ne vont pas être bienvenues! Les investissements directs sont de moins en moins importants pour l’économie chinoise, ils ne contribuent que pour un peu plus de 1% au produit national, ils contribuaient pour 2,3% en 2006  et 4,8% en 1996.

Les trois défis chinois, rejet du modèle libéral

La chine sous la férule de Xi s’est mise en ordre de bataille pour défier la domination américaine, la coopération/concertation est remplacée par la rivalité pour la première place. Pour cela il faut renforcer le modèle autoritaire et non pas l’affaiblir par la libéralisation.

La Stratégie chinoise doit permettre de  lutter concrètement contre la domination du dollar dès cette année. Pourquoi il est vital de s’affranchir du dollar?

La Chine a compris que le dollar était le véhicule de la libéralisation , un véhicule qui est une arme dans les mains des américains. Le dollar joint à l’ouverture financière, aux libres mouvements de capitaux,  dont voulait le Président de la Banque Centrale (sur le départ)  est porteur de contradictions dangereuses pour le système chinois, donc au lieu de s’y lier il faut s’en affranchir tel est le raisonnement de Xi Jinping . Le dollar véhicule la Loi de la Valeur dont précisément les leaders chinois veulent s’exonérer. La loi de la Valeur, c’est la sanction économique  du volontarisme politique par le biais du marché, et c’est précisément ce dont les dirigeants chinois veulent s’affranchir.

La Chine a compris que le dollar était le véhicule de la « libéralisation » , libéralisation qui est en réalité un asservissement aux américains, ce  véhicule est une arme dans les mains des américains. La promotion internationale du Yuan est indispensable, c’est la pièce maîtresse de l’édifice sur lequel Xi Jinping veut asseoir la primauté de la Chine.

Le dollar véhicule l’impérialisme américain et anglo saxon par le biais des juridictions, des réseaux et des sanctions/ embargos qui sont autant de mesures coercitives.  il n’y a pas de possibilité d’un Projet autonome si on ne s’affranchit pas du dollar et si on n’offre pas à ses partenaires économiques et politiques la possibilité de s’en affranchir.

Si lamais Xi réussisait c’est un boulevard qui s’ouvre devant lui:

-projet(s) chinois séduisant(s) aussi bien pour l’intérieur que pour les partenaires extérieurs,

-investissements productifs colossaux qui à la faveur d’une monnaie reconnue globalement attire les flux de capitaux,

-assèchement du pool de financement américain/anglo-saxon,

-baisse du dollar et de son attrait,

-le poids des déficits augmente, ils deviennent   difficiles à financer

-il force les autorités américaines à des choix dramatiques entre le beurre et les canons

-exacerbation des contradictions sociales, dislocation du consensus

Bref une véritable stratégie cohérente, dialectique en diable.

La Chine veut supplanter le dollar dans les transactions pétrolières ; le média russe rt.com y voit un moyen de revanche de Poutine face aux Etats-Unis et à l’Occident. Le projet vient à maturation alors que Moscou a « abandonné sa tentative vieille d’un quart de siècle de s’intégrer avec l’Ouest à la suite de la crise ukrainienne, une crise dont le Kremlin fait porter la responsabilité aux Etats-Unis et à l’Union européenne ». Ce serait la fin du pétrodollar qui règne en maître depuis les années 1970 sur tous les échanges au bénéfice du dollar américain dont la demande demeure toujours très forte. Pékin vise à mettre en place un marché à terme qui fonctionnera en yuan, avec une cotation du baril en yuan dès les mois à venir. La stratégie vise à faire augmenter la demande de monnaie chinoise, monnaie qui aurait en outre davantage de chances d’être « recyclée » dans l’économie chinoise au bénéfice du PIB chinois. La Chine est actuellement l’importateur de pétrole le plus important au monde.

Le média russe rt.com voit d’un bon œil le remplacement du pétrodollar par le yuan

RT.com, reprenant l’analyse d’Oilprice.com, estime que la stratégie ne pourra fonctionner qu’avec l’accord de grandes puissances « telles la Russie et l’Arabie saoudite, sans quoi il sera difficile de créer un marché assez profond et liquide pour avoir un impact ». Mais des difficultés existent : la valeur du yuan est rattachée à celle du dollar par le biais d’un ajustement quotidien, et l’interventionnisme du gouvernement central chinois, dont certains opérateurs signalent déjà qu’il pourrait favoriser les sociétés chinoises, décourage des investisseurs qui comptent sur la liberté du marché. Certains analystes y voient au contraire une opération capable d’avoir des répercussions de grande envergure, dès lors que des grandes puissances s’ajouteront aux pays plus modestes, tel l’Iran, qui ont déjà adopté le yuan pour les échanges de pétrole. Le rôle de l’Arabie saoudite serait dès lors déterminant, elle qui a intérêt à augmenter le volume de ses exportations vers la Chine.

La Chine crée un marché à terme des transactions pétrolières libellées en yuan

A l’heure actuelle, la Russie est le premier fournisseur de pétrole de l’économie chinoise, Riyad ne vendant qu’un million de barils par jour à Pékin, ce qui peut l’inciter à accepter la nouvelle configuration proposée par la Chine. Et ce d’autant que les grosses compagnies pétrolières d’Etat chinoises envisageraient l’achat de 5 % de Saudi Aramco. On peut signaler que ces manœuvres réalisées au sein du bloc des pays proches de l’ex-Union soviétique – Russie, Iran, Chine, Indonésie, Venezuela – au bénéfice de la Chine restée, elle, ouvertement communiste, ont lieu au moment d’un rapprochement inédit entre l’Arabie saoudite et la Russie, comme en témoigne la récente visite du roi Salman à Moscou.Selon une tribune publiée par rt.com, la fin du pétrodollar bénéficierait certes à la Chine, mais la Russie a le plus à en attendre en fragilisant les Etats-Unis qui comptent sur la puissance de leur monnaie pour garantir l’efficacité des sanctions envers Moscou. Et qui ont pu « vivre au-delà de leurs moyens pendant des années grâce au cash-flow du dollar ».

Supplanter le dollar par le yuan pour pousser les Etats-Unis vers la crise

L’article publié par Rt.com va jusqu’à affirmer : « Il y a peu de doute quant au fait que Moscou espère fabriquer une crise économique aux Etats-Unis en vue de handicaper son ennemi de toujours. » Le média cite un analyste de CNBC : « La Russie et la Chine ont cherché à opérer dans un environnement sans dollar pour les échanges pétroliers. Les deux pays ont également augmenté leurs efforts pour acquérir de l’or physique, au cas où le dollar ne s’effondre – ou peut-être quand il s’effondrera. » L’Arabie saoudite, commente encore cette tribune du journaliste Bryan MacDonald basé en Russie, risque de perdre des parts de marché si elle ne joue pas le jeu sino-russe – « spécialement dans la mesure où de nouveaux pipelines gaziers et pétroliers vont commencer à fonctionner entre la Russie et la Chine l’an prochain ». « Tout ce qui affaiblit la capacité américaine à mener une guerre économique et à déstabiliser l’espace eurasiatique constitue une victoire majeure pour le Kremlin. En outre, on peut également considérer la fin de la domination du dollar comme un élément important de l’héritage que veut laisser Poutine alors qu’il se prépare à ce qui semble devoir être son dernier mandat en tant que président de la Russie. »

Anne Dolhein

http://reinformation.tv/rt-com-chine-supplanter-dollar-yuan-transactions-petrolieres-dolhein-76537-2/

Le processus de destitution du dollar en tant que monnaie de réserve incontestée se poursuit lentement mais sûrement. Depuis environ 5 ans, la Chine manœuvre afin d’internationaliser sa monnaie, ce qui se fera aux dépens du roi dollar.

Sa destitution ne se fera pas du jour au lendemain (notamment parce que la Chine possède pour des trillions d’actifs libellés en dollars, mais aussi parce que le marché du crédit repose plus que jamais sur le billet vert), elle sera le fruit d’une érosion. Mais elle est inéluctable, alors que la puissance américaine, aussi bien militaire qu’économique, s’essouffle face à l’émergence d’un monde qui aspire à être multipolaire. Dans une interview accordée à CBCN, Carl Weinberg a donné son point de vue sur ce dossier :

« »La Chine va imposer à l’Arabie saoudite de vendre son pétrole en yuans, et lorsque cela aura lieu, le reste du marché lui emboîtera le pas et abandonnera le dollar en tant que monnaie de réserve internationale », a déclaré ce lundi un économiste chevronné à CNBC.

Carl Weinberg, économiste en chef et directeur de High Frequency Economics, a déclaré que Pékin se prépare à devenir l’acteur dominant du marché du pétrole vu que la Chine est devenue le plus gros importateur de brut de la planète, devant les États-Unis.

L’Arabie saoudite « doit être attentive à ce dossier car d’ici un an ou 2, la demande chinoise éclipsera la demande américaine de pétrole », a déclaré Weinberg.

« Je pense que la vente du pétrole en yuans arrive et que dès que les Saoudiens l’accepteront, après que les Chinois leur aient forcé la main, le reste du marché suivra ensuite. »

La pierre angulaire du pétrodollar

Ces dernières années, plusieurs nations opposées au statut du dollar en tant que monnaie de réserve internationale ont progressivement tenté de l’abandonner.

Par exemple, la Russie et la Chine tentent d’opérer dans un environnement dans lequel le dollar est absent de leurs transactions pétrolières. Ces 2 pays ont également augmenté leurs efforts d’acquisition et d’extraction d’or au cas où, ou lorsque le dollar s’effondrera. Le roi de l’OPEP, l’Arabie saoudite, est la pierre angulaire du pétrodollar. (…)

Depuis quelques années, la Chine tente de mettre la pression sur l’Arabie saoudite quant à la devise à utiliser pour lui acheter son pétrole, notamment en réduisant ses commandes.

Quelles conséquences pour le dollar ?

Quand on lui a posé la question de savoir ce qu’il arriverait au dollar si le yuan devait s’imposer sur le marché du pétrole, Weinberg a déclaré que la devise mondiale souffrirait « d’une demande revue à la baisse pour les obligations américaines ».

« La transition d’un marché pétrolier basé sur le dollar vers le yuan fera baisser les volumes de transactions annuelles en billet vert de 600 à 800 milliards. Cela signifie une demande revue à la hausse pour des choses en provenance de Chine, que ce soit des actifs, des biens ou des services. Ce serait un plus pour la croissance chinoise, et c’est d’ailleurs pour ça que ce pays poursuit cet objectif. »

Cela dit, on pourrait tout de même assister à un effondrement de la valeur du dollar en raison de cette baisse de la demande d’obligations américaines, même si ce n’est pas pour demain. Si les États-Unis peuvent toujours vivre à crédit aujourd’hui, avec des déficits qui augmentent année après année, c’est en grande partie grâce au pétrodollar.

https://or-argent.eu/la-chine-va-imposer-a-larabie-saoudite-de-vendre-son-petrole-en-yuans-selon-weinberg/

EN BANDE SON : 

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