Americanism

Trump : offensive toute !

Trump menace de « fermer » budgétairement le gouvernement avant les législatives partielles de l’automne. Voilà le message de vacances envoyé à un establishment républicain du Congrès toujours prompt à saboter sa politique de l’immigration. Et ceci, au moment où les sondages personnels du président se sont améliorés, sur fond de croissance économique inespérée.

Pour faire bonne mesure, Trump attaque ouvertement le procureur Mueller, vicieusement, le présentant comme un vulgaire demandeur d’emploi frustré de ne pas avoir obtenu de ses mains la direction du FBI, ou encore comme un client en contentieux avec l’un de ses clubs de golf. Ce qui, pense Trump, place Mueller en conflit d’intérêts et rend « illégitime » son enquête. Conclusion : son avocat Giuliani confirme, aujourd’hui, que Trump n’a aucune intention de répondre à une quelconque demande d’interrogatoire de la part des enquêteurs de Mueller ou de Mueller lui-même.

Nul ne sait vraiment qui sortira vainqueur d’un tel affrontement.

Si Mueller, fer de lance des survivants de l’élite du renseignement américain représentés par John O. Brennan (ex-CIA), James R. Clapper (ex-DNI) et James Comey (ex-FBI), si Mueller, donc, parvient à épingler Trump avant les législatives pour quelque raison, même sans rapport avec l’affaire russe, Trump pourra perdre les élections et sera limogé par le Congrès. Si, au contraire, Mueller n’y parvient pas, Trump aura des chances de gagner les législatives et de gagner en indépendance face à un « État profond » qui, décidément, ne veut pas de lui.

Le Spectator daté du 25 juillet (« Trump betrays the elite sense that the US is always pure and democracy-loving – Welcome to American post-exceptionalism ») a décodé les raisons de la haine de l’État profond à l’encontre de Trump, vu comme un hérétique. Son crime ? Trump est un « suprémaciste » américain et non un « exceptionnaliste » américain ! Trump, en effet, voit la fonction étatique comme essentiellement représentative des entreprises et des employés américains. Son rôle est alors de procéder sans cesse à des « transactions » avec les autres chefs d’État. Trump n’est donc que pure realpolitik… économico-centrée ! Pas de « démocratie » ni de changements de régime au menu trumpien…

Au contraire, les « exceptionnalistes » considèrent que les États-Unis sont investis d’une supériorité morale depuis 1776 parce qu’ils incarnent la république universelle. Ils se réfugient donc sans cesse dans cette confortable narration, projetant la « non-équivalence » de leur morale supérieure, ignorant le garde-fou du réalisme qui fait que Trump est Trump. Autrement dit, si Trump est un impérialiste économiquement « suprémaciste », les « exceptionnalistes » de l’État profond sont des impérialistes « absolus », tout comme le fut l’ancienne URSS. Et tout comme l’URSS, ils se lancent dans des aventures militaires hasardeuses et tiennent leurs opposants pour hérétiques ou mentalement malades.

Face à l’empire chinois, lui aussi « absolu », les deux attitudes diffèrent : les exceptionnalistes veulent battre la Chine en créant un état vassal en Russie (d’où la nécessité d’un « changement de régime » local). Trump le suprémaciste « hérétique » souhaite, lui, y établir de solides relations d’affaires qui éviteront à Poutine de se jeter dans les bras des Chinois par pur instinct de survie.

Et les Européens ? Ils risquent tout simplement, si Trump réussit, de perdre la carte eurasienne et de finir à jamais vassalisés.

http://www.bvoltaire.fr/trump-offensive-toute/

Le feuilleton russe continue, qui recycle en permanence de vieilles allégations en nouvelles, voulant créer l’impression que l’élection de Trump a été le résultat d’une tricherie, à la suite d’une collusion avec l’ennemi. Le temps de remplir les caisses électorales. Car l’objectif des démocrates est de gagner les législatives partielles de l’automne afin de pouvoir enfin lancer la procédure parlementaire de révocation de Donald J. 
De son côté, Trump veut faire de cette élection un référendum sur sa personne, exclusivement.

Cent jours donc à vivre pour savoir si Trump va enfin être « élu » président des États-Unis, restaurer l’autorité présidentielle jusqu’ici bafouée, et reprendre la main sur les néoconservateurs en matière de politique étrangère. Pour l’instant, il n’a été que le « chef de l’opposition » à cet État profond qui a si bien su orchestrer contre lui (et contre Poutine, car les deux vont ensemble, géopolitiquement) ce coup d’État larvé qui joue avec le feu nucléaire.

Dernière trouvaille : avant de partir en vacances, lors d’un vote du budget militaire, la Chambre des représentants a discrètement fait passer quelques articles interdisant à l’armée américaine de nouer des accords tactiques avec l’armée russe (Syrie), et interdisant au gouvernement de reconnaître la réintégration de la Crimée à la Russie. Quant aux républicains de l’establishment, ils caressent probablement le rêve de tisser une grande coalition parlementaire patriotique avec les démocrates modérés afin d’organiser, Trump dégagé, une sorte de gouvernement de salut public, à l’occasion d’une crise grave. Avec la Russie par exemple.

Trump, manipulateur et champion du brouillage, s’en est sorti jusqu’ici par le chaos, contrôlant ainsi intégralement les cycles médiatiques, poussant ses adversaires aux pires dérapages verbaux, les rendant donc insignifiants. Ce faisant, il a mené son bonhomme de chemin, agissant par ordonnances présidentielles ou en bousculant les élus du Congrès, pour offrir aux électeurs des résultats économiques spectaculaires.

Obama et la planète entière parlaient d’un « New Normal » régi par les organisations internationales, cette nouvelle ère inéluctable de stagnation économique (pas plus de 2 % de croissance annuelle pour la génération à venir !), d’immigration (indispensable pour faire tourner l’économie !) et de délocalisations (incontournables !).

Point de cette économie « associative » avec Trump, et retour au Far West ! En dévoilant cette semaine un taux de croissance de 4,1 %, rappelant que la baisse du taux de chômage est spectaculaire, en particulier dans les catégories supposées démocrates (les Afro-Américains, les Hispaniques), et précisant qu’il y a maintenant plus d’offres d’emplois au pays qu’il n’y a de demandeurs, Trump aura réussi à tenir bon nombre de ses promesses économiques. D’autant qu’il ne manque jamais de rappeler que les emplois industriels remontent lors de ses visites dans les multiples usines qui commencent à rouvrir dans les régions industrielles sinistrées. 
Si l’on ajoute à cela ses discussions prometteuses avec Juncker, ou son approche pour l’instant « payante » de la Corée, ou encore ses taux de popularité favorables depuis (et malgré) Helsinki, Trump devrait réussir son « référendum » de l’automne, s’il électrifie la base. Raison de plus pour le faire tomber avant… judiciairement, par exemple.

http://www.bvoltaire.fr/trump-aurait-su-que-son-fils-aller-rencontrer-une-lobbyiste-russe-pendant-la-campagne-et-alors/

OK+++++++++++++++++++++++++++++++

EN BANDE SON : 

1 réponse »

  1. A propos de Trump :
    Il est amusant de constater qu’une croissance particulièrement vigoureuse n’est que purement accidentelle. Que n’avons nous un clown de la carrure de Trump en France, puisque l’économie est indépendante des décisions des dirigeants politiques ou pire, inversement proportionnelle à la qualité de ces dirigeants.
    Quant au juge Mueller, cela fait plus d’un an qu’il cherche la faille chez Trump. Qu’en est-il sorti ? Je vous saurais gré d’en divulguer les principaux éléments.
    Par ailleurs, qu’entendez-vous par « état profond » ? Si, par là, vous entendez « le peuple », vous faites un contresens. Si ce sont « les élites » (ceux qui tiennent les manettes, façon Énarques), que représente-ils électoralement ?


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