Art de la guerre monétaire et économique

Douce France – La violence : surtout ne pas oublier de s’en indigner, au Dictionnaire des Idées reçues !

La violence : surtout ne pas oublier de s’en indigner, au Dictionnaire des Idées reçues !

C’est exact qu’il convient de s’indigner contre la violence.

On ne peut, de facto, que cautionner cette noble indignation. Par exemple, la violence sociale. Traiter mal les chômeurs, traiter mal les retraités, traiter mal les pauvres, voilà une insupportable violence qu’on ne peut en effet que condamner. La violence policière de la répression visant depuis des semaines le peuple de France, éborgnant, défigurant, estropiant, gazant, emprisonnant. La violence provocatrice d’un exécutif irresponsable qui, histoire de bien démarrer l’année en fanfare, souffle perversement sur les braises en annonçant une «radicalisation» (sic) de ses mesures. La violence symbolique du mépris aussi, insupportable, et celle consistant à prétendre stupidement que la révolte du peuple français concernerait moins d’un habitant par commune quand n’importe qui se déplaçant en dehors des hypercentres métropolitains bobos  (il est vrai que pour cela il faut avoir son permis de conduire et être un peu sorti de l’adulescence impotente caractéristique de l’homo festivus) peut constater le contraire de ses propres yeux.

Au bout d’un moment, les gens bien que patients, s’énervent, il y en a même qui perdent un peu les pédales, et pour peu qu’une voiturette playmobil de chantier soit posée à côté d’un ministère avec les clefs opportunément laissées sur le contact, paf c’est la tuile…

À présent, les pompiers pyromanes aidés par toutes les chaisières bourgeoises de circonstance font mine de s’indigner au moindre feu de poubelles, à la moindre castagne. On aurait bien aimé les voir à la manœuvre en 1789, ou même avant, du temps de la révolte des Canuts, des Croquants tiens par exemple, ou de celle d’Étienne Marcel…

Qui est dupe ? Qui est dupe de ce que le durcissement du mouvement et les quelques inévitables débordements sont exactement ce que souhaitait l’exécutif avec ses déclarations tonitruantes et provocatrices, de manière ensuite à pouvoir se poser en victime et durcir encore davantage la répression ?

Pourtant, il est une chose certaine en tous temps et sous toutes les latitudes : un mouvement social historique profond finit toujours par déborder le cadre ancien dont il est issu et qui tente de le contrôler, de le circonvenir. Cela s’appelle la dialectique. Certains qui se prétendent philosophes devraient relire un peu leurs bases : l’herméneutique fumeuse à la Ricoeur c’est bien (quoique…), mais la bonne vieille dialectique hégélienne à la Papa, c’est mieux et ça a davantage fait ses preuves.

Bon et joyeux dimanche de l’Épiphanie à tous. Car c’est aussi cela le message épiphanique : la prosternation des Rois devant le faible, devant le petit, devant le pauvre, et l’avènement d’un sens qui échappe aux cadres pré-existants.

Anne Sophie CHAZEAUD

À propos de légitimité.

On va revenir sérieusement quelques minutes sur la grosse tarte à la crème weberienne que tous les pétochards de salon nous ressortent à l’envi depuis quelques jours, relisant sans doute avec ferveur leurs cours polycopiés du temps où ils étaient en première année de fac, au sujet de la fameuse «violence légitime» dont l’État aurait le monopole.

Il serait bon de rappeler à ces ânes que si, en effet, l’État garanti par des institutions démocratiques, peut se prévaloir de cet usage de la force légitime, cela ne peut valoir qu’à certaines petites conditions que nos philosophes en culottes courtes n’ont pas encore bien intégrées.

En l’occurrence, la légitimité c’est le peuple qui, en démocratie, la confère OU PAS. C’est un choix citoyen. S’il apparaît qu’il y a rupture de représentativité ou sécession des élites, le pacte fondant cette remise des armes à l’État n’a plus de fondement.

Refonder la légitimité, lorsqu’elle apparaît aussi écornée, ne peut passer que par le re-passage devant le suffrage universel. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que la Vème République prévoit le recours au référendum ou à la dissolution de l’Assemblée: ce sont des soupapes indispensables pour refonder précisément la légitimité qui ne tombe pas du ciel et qui, en cas de très forte contestation, n’est pas éternellement acquise.

Enfin, l’usage de cette force dite légitime ne justifie pas, en démocratie, les comportements liberticides et arbitraires d’une violence irrationnelle.

Anne Sophie CHAZAUD

PS :  Une étude scientifique publiée dans la revue de référence Science démontre chiffres à l’appui qu’un membre de gouvernement ou élu La République en Marche ne prenant aucune mesure d’interdiction, de répression ou de censure pendant plus de 24h est pris de spasmes, cesse de s’oxygéner, voit ses organes fondre et meurt subitement. Flippant !

EN BANDE SON : 

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