Art de la guerre monétaire et économique

Macron et les gentils esclaves : crétinisme et soumission en France postmoderne Par Nicolas Bonnal

Macron et les gentils esclaves : crétinisme et soumission en France postmoderne

La dictature par la crétinisation : c’est ce à quoi nous assistons en France depuis le départ du dernier président classique, Jacques Chirac. Le drôle avait tous les défauts mais on était encore en démocratie ; depuis on est en république…
La tumultueuse présidence Sarkozy était déjà pré-dictatoriale mais elle avait au moins eu le mérite de soulever le cœur des gens de gauche. Depuis, au pouvoir avec l’Europe, les banquiers et les attentats, les gens de centre-gauche se contentent d’établir leur dictature ploutocratique-écolo-sociétale-LGBTQ-etc., fondée sur ce que le penseur américain Jonah Goldberg a nommé le fascisme des libéraux-progressistes. Goldberg ne mégote pas, il déteste Hillary Clinton, Obama et consorts, et il inclut Hitler et Mussolini dans cette poussée du fascisme étatique décrite en son temps par Bertrand de Jouvenel.

Car on assiste moins à la montée d’un néolibéralisme qu’à une poussée de l’autoritarisme « tendance », un dirigisme de type bonapartiste à la sauce écolo-mondialiste. A charge pour les médias et les copains milliardaires enrichis par les banques publiques ou privatisées d’expliquer tout cela au bourgeois prolétarisé, à l’imbécile heureux, au retraité rivé devant sa télé. Le jeune soya-boy s’en fout, qui passe son temps à surfer sur son réseau social pour savoir comment il doit tailler sa barbe ou tatouer sa musculature… Quant à la « jeune fille » célébrée dans un livre fameux, elle a aussi trop fort à faire avec son chihuahua et sa Lady gaga.

Je sais, je sais, il ne faut pas caricaturer…

Ce récent fascisme sociétal et BCBG repose sur la baisse du QI garantie par la rééducation politiquement correcte, les smartphones, le monitoring psy lié aux étouffants réseaux sociaux, l’abrutissement par les news en bandeaux. La crétinisation est telle qu’elle gangrène les antisystèmes (« achète de l’or, panique, chasse l’Illuminati, encense la libre Chine… »). Pas très militants en vérité, ils sont condamnés à cliquer rageusement contre tout ce qui défile sous leurs yeux.

Je sais, j’exagère…

Tout cela nous rappelle une fois de plus l’invasion des profanateurs de sépulture de Don Siegel qui décrivait notre transformation en « légumes » (dixit le maître à la revue Positif) au milieu des années cinquante avec l’installation du petit écran. Mais aujourd’hui la technologie permet d’abrutir tout le monde en temps réel, vingt-quatre heures par jour. Et ce partout dans le monde : voyez l’apathie universelle et l’unification du physique humain sur cette planète jadis diverse. Gros barbu unisexe, rondelette ludique à lunettes, bureaucrate pète-sec à la sauce Edouard, c’est selon, sans oublier le punk rasta progressiste…
Car ne nous y trompons pas – et ne tapons pas plus que de raison sur ces Français qui sont des bœufs (de Gaulle) : le techno-fascisme se globalise grâce aux monstres américains ou autres, et il façonne un monde à son image sinistre et imbécile. Une de ses caractéristiques est le logement hors de prix sur lequel visiblement les grands de ce monde ne veulent plus transiger. Et sa principale conséquence est l’humanité anesthésiée (Payne).

Il y a deux sortes d’antisystèmes : les sous-Quichotte qui se bercent d’illusions rebelles (voyez le désastre des gilets jaunes, de la manif papiste pour tous, dont les objectifs brumeux se limitèrent à prendre des gnons républicains) et les Sancho Pança qui observent les faits. Sur ce point je laisse la parole à un lecteur de Pierre Jovanovic qui lui écrivait l’an dernier :

« De notre lecteur Mr Alexandre « Je lis souvent dans vos articles que la révolte gronde. Voici une liste de constats qui vous prouveront que non, les roitelets de basse-cour ont toute latitude devant eux, et en effet, ils peuvent toujours proclamer crânement « venez me chercher » car personne ne bougera un ongle. Voici pourquoi :

-La moitié du pays sous antidépresseurs, anxiolytiques, benzodiazépine, neuroleptiques, opiacés etc., etc.
-Une majorité du pays à recours à des stupéfiants illicites pour « tenir le coup ».
-En moyenne 4 heures de télé mainsteam par français, avec pour certains une télé dans chaque pièce, BFM, Pujadas et autre guignoleries H24.
-Tissus social en charpie : le message subliminal des médias : éliminez-vous les uns les autres (The Voice/télé-réalité/Kho Lanta etc etc) et culture de la compétition à outrance. Sans parler des jeux vidéo. Les gens n’ont jamais été aussi malveillants avec leur prochain.
-Paupérisation / acculturation des masses : On ne sait plus ni lire, ni écrire, ni compter ni… nager (550 noyades cette année dont 125 décès, du jamais vu.)
-Niveau de l’éducation bien plus désastreuse que ce que disent les statistiques : comment un ignorant peut-il se révolter ?
-Consommation d’alcool à son plus haut niveau historique, en particulier chez les jeunes.
-Par peur de disqualification sociale, de marginalisation, de perte d’emploi, de sortie de route de la norme assénée par les médias, le showbiz, aucune contestation publique ne transpire.
-Toute tentative de dissidence est assimilée à du « fascisme », avec les conséquences qui vont avec : la pensée unique fait son œuvre à plein régime.
-Corruption massive des élites (corruption surtout intellectuelle, à la limite leur enrichissement personnel c’est rien à côté de leur malhonnêteté), etc. etc.

Le cher lecteur Alexandre me fait penser au dentiste des Visiteurs qui se plaignait de voir messire Hubert et son esclave fripouille « patauger dans la cuvette des chiottes. » Il n’avait pas goûté à LREM celui-là.
Et le lecteur de Pierre ajoutait sur cette « extension du domaine du crétinisme » :

« Une petite anecdote au passage: une DRH d’une grosse PME me donne rendez-vous. Elle me donne l’adresse, dans la foulée je regarde sur Googlemaps. Je lui dis alors « ah oui, vous êtes plein ouest du centre-ville. Sa réponse : « euh… je sais pas… » J’ai vérifié après sur plusieurs personnes (patron d’un bar tabac pmu, étudiants, adjoint de sécurité…) les gens ne savent plus à quoi correspondent les points cardinaux (le mot « boussole » n’est pas dans leur dictionnaire.) Par ailleurs j’ai pu remarquer que des étudiants en master ne savaient pas calculer un simple pourcentage type 75%, autrement dit trois quarts, autrement dit ne savent pas faire une règle de trois. Une amie qui a obtenu une double licence doit utiliser une calculette pour faire une multiplication par 10, qui consiste à ajouter un zéro au nombre multiplié. Et la liste est encore longue. »

Et l’auguste lecteur de conclure :

« Alors cher Pierre, avec tout ça, croyez-vous qu’un tel peuple peut encore se soulever ? Réellement ? Sérieusement? A mon avis, la dictature à de beaux jours devant elle, les gens continueront de brouter tranquille. »

Mais quel pessimisme, mais quelle arrogance, mais quel toupet…

Quant à moi j’écrivais en 2015 sur Bvoltaire.fr :

« La nonchalance avec laquelle nous nous laissons effacer par le Nouvel ordre mondial est fascinante. Mais ce n’est pas la première fois qu’une population se laisse anéantir sans réagir.
Dans mon inutile Lettre ouverte à la vieille race blanche , j’avais rappelé ce chef-d’œuvre de La Boétie, écrit à seize ans, sur la servitude volontaire : « Une population nourrie sous la tyrannie devient lâche et efféminée », disait sans ciller ce jeune homme épris de république virile.
L’abandon de l’étalon-or, la désindustrialisation aussi nous auront dévirilisés et dépouillés. La société de service est une société de l’esclave cosmopolite, du servus, castrat serviable et gentiment soumis.

Que s’est-il passé d’autre ?

– L’engraissement de notre population, notre vieillissement aussi, redoutés par Rousseau et par Alfred Sauvy.

– La montée continue de la consommation via la dette – et du parasitisme collectif.

– La propagande humanitaire et ses idées chrétiennes devenues folles : s’il y a un milliard de pauvres hères sur la Terre, alors ils doivent venir vivre à nos crochets.

– La désinformation absolue reposant sur le pilier télé et sur notre paresse. Bernays disait que la première page du New York Times est en soi un outil de propagande ; car il n’y a pas d’information, il n’y a que de la propagande.

– Les années Internet et smartphone ont accéléré un processus entropique de déshumanisation. La « Jeune Fille » au pif déjà refait et posé sur son téléphone, au short serré sur des fesses bien rembourrées, devient le paradigme de l’individu isolé et contrôlable, jouisseur hébété et stérile.

– Enfin, le retournement des élites et la trahison des femmes et hommes politiques vendus pour un plat de lentilles. On ne les a jamais beaucoup estimés depuis notre de Gaulle ou le chancelier Adenauer, mais ils ne nous offrent même plus le minimum syndical pour lequel on les avait payés. C’est qu’ils gagnent mieux ailleurs, avant ou après leur mandat. On ne les nommera pas ; ils sont tous au service de l’OTAN et de ses guerres, de Goldman Sachs et de sa stratégie de liquidation du vieil Occident, des tenanciers de la théorie du chaos qui croient qu’en détruisant tout au passage ils produiront un processus créateur : mais nous les réélisons puisqu’ils passent pour de grands responsables !

Nietzsche s’est trompé : ce qui ne nous tue pas ne nous rend pas plus forts mais plus vieux et mous. »

Pas besoin donc de fonder de faux espoirs avec ces France insoumises si soumises ou ces rassemblements Air Jordan nationaux. Notre Alexandre évoquait les noyades, voyez ce que sont devenus les surfeurs à Biarritz : ils ne sont plus une poignée de marginaux courageux, mais une armée de petits zombis qui recouvrent l’océan impérial dans un uniforme ridicule, obéissent et guettent la vaguelette toute la journée. C’est l’un de mes derniers souvenirs de France avec la misère crade parisienne, misère qui se fait payer toutefois (2000 hôtels parisiens sur 2040 sont à plus de… 200 euros la chambre sur booking.com). Car les prix fous soumettent/enchantent nos sots.

Tout cela ne doit pas décourager les rares résistants que nous sommes ou qui restent (et ne pratiquent pas internet). Il faut simplement se rendre compte que nous sommes à part et que nous ne pourrons sauver que nos âmes ou nos esprits. Car le reste se fait effacer en croyant s’emmerder.

Mais ne nous avait-on pas déjà prévenus ?

« Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sut leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages, que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? »

NICOLAS BONNAL

Sources

De Tocqueville – De la démocratie, II
La Boétie – Traité de la servitude volontaire
Jonah Goldberg – Liberal fascism
Bertrand de Jouvenel – Du pouvoir
Nicolas Bonnal – Lettre ouverte à la vieille race blanche ; la culture comme arme de destruction massive
Don Siegel – The invasion of body snatchers…

EN BANDE SON :

2 réponses »

  1. Cher Mr Bonnal,
    Bien sûr , vous avez raison à 100%., mais vous touchez combien de personnes : 0,1% de la population ?,
    Ne pensez vous pas que le message simple à faire passer est ,que sans Charles de Gaulle , la France n’existerait plus
    Qu’il existe toujours des hommes politiques qui sont là pour servir et non pas pour se servir( Mr Jean Pierre Chevenement par exemple ).
    Quintilien a expliqué il y a fort longtemps qu’ il fallait beaucoup de clarté pour s’exprimer devant des gens simples .

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