Americanism

Apollo 11 ou le complot à l’image de notre temps Par Vincent Verschoore

Apollo 11 ou le complot à l’image de notre temps.

Je revois encore cette soirée de juillet 1969, mes parents et moi devant la télé et ces images un peu troubles d’astronautes dansant à la surface de la Lune. Nous habitions aux USA à l’époque et cette victoire symbolique sur l’URSS, combinée à une prouesse technique et humaine sans précédant, semblait imposer une bonne fois pour toutes la totale supériorité de l’Amérique.

Supériorité de l’Amérique de Nixon d’avant le Watergate, mais surtout de l’Amérique de JFK qui avait lancé le programme Apollo en 1961. Soit deux années avant son assassinat par le côté sombre de cette même Amérique (1). Enfin sauf si vous croyez encore à la version officielle de cet attentat, bien sûr. Mais d’où vient le doute sur la version officielle du programme Apollo?

Histoire de la construction de la théorie du fake.

Entre 1956 et 1963, un certain Bill Kaysing travaillait pour Rocketdyne, société impliquée dans le développement de la fusée Saturn V qui allait emmener Apollo 11 sur la Lune en 1969. En 1976 il lançait ce que l’on appelle le « conspirationnisme Apollo » avec un bouquin intitulé « Nous ne sommes jamais allés sur la Lune: l’arnaque aux 30 milliards de dollars ». Bouquin ayant ensuite donné naissance à toute une industrie dont des documentaires, films, chaines Youtube, blogs etc… Ce documentaire Fox de 2001 « Did we land on the Moon? » relança la polémique de Kaysing à l’âge de l’Internet:

En 1980 The Shining, de Stanley Kubrick, ouvre une boîte de Pandore: Kubrick avait réalisé A Space Odyssey en 1968, en plein programme Apollo, démontrant ses capacités à réaliser un film d’aventure spatiale crédible. Une partie du film se déroule sur la Lune. Il y a dans The Shining des références à Apollo (le fameux pull du gamin). Et, selon certains, d’autres un peu plus subtiles:

Pour les tenants d’un faux alunissage, le réalisateur de cette fiction est évidemment Stanley Kubrick. Avant cela, en 1978, la possibilité que la NASA puisse réaliser de fausses missions spatiales fut mise en scène dans le film Capricorn One, où les USA essaient de faire croire à l’humanité qu’ils ont envoyé des hommes sur Mars:

Encore plus tôt, en 1971, le James Bond « Diamonds are forever » balance du lourd sous forme de clin d’oeil: Sean Connery traverse un set de cinéma avec astronautes en tenue:

Pour enfoncer le clou, il y dans dans Interstellar (Christopher Nolan, 2014) cette scène où le personnage central, Matthew, se voit annoncer par – ce qu’il reste de – l’empire américain qu’en effet, l’Homme sur la Lune était pure fiction, pure propagande anti-Soviétique:

Rien de ceci n’aurait eut de réel public si l’honnêteté de la gouvernance US n’était tellement remise en cause, et depuis si longtemps. Plus grand monde ne croit ce que dit le gouvernement US car suffisamment de scandales « officiellement » avérés (Watergate, Golfe du Tonkin, Iran-Contra, armes de destruction massive en Irak), d’événements hautement suspects type JFK ou, bien sur le, 11 septembre 2001 (2) associés à la réalité d’un Etat Profond (3) qui dicte sa loi, le rendent in-croyable au sens premier du terme. Aujourd’hui de l’ordre de 20% de la population doute de la réalité, sinon du programme Apollo en général, du moins de l’alunissage d’Apollo 11 et missions subséquentes.

Le programme Apollo.

Dans le cadre de la guerre froide, JFK avait clairement lancé un défi aux Soviétiques qui avaient pris la tête de la course vers l’espace. Les Russes n’avaient pas spécialement envie d’aller sur la Lune, bien plus intéressés par l’espace proche où l’on pouvait loger quantité de satellites espions. Cependant il était clair qu’aller sur la Lune avant 1970, soit en l’espace (!) de seulement neuf années, démontrerait une capacité économique et technologique sans équivalent, et c’est ce coup de pub qu’avait tenté JFK dès 1961.

Les USA investissaient dans le programme Apollo la somme astronomique de 4% de leur budget fédéral. La NASA, créée en 1958, devenait trois ans plus tard le réceptacle de l’avenir de la Nation. En 1963 JFK était assassiné. En 1967 l’équipage d’Apollo 1 brûlait sur l’aire de lancement du fait de la mauvaise conception et mise en oeuvre du module. Au même moment se montait la première fusée Saturn V devant lancer Apollo 4 et les vols habités. Lors d’une vérification, près de 1 500 problèmes de câblage furent détectés. Idem pour Apollo 5, censé décoller fin 1967: une vitre du module lunaire explose lors d’un test de mise sous pression. On remplace toutes les vitres par des panneaux d’aluminium. En gros c’était le bordel et tout le programme fut retardé de 21 mois.

Néanmoins, en juillet 1969, le troisième vol habité (après Apollo 8 et 10), Apollo 11, place Neil Armstrong et Buzz Aldrin sur la Lune, et les ramène à bon port. Vu les moyens techniques de l’époque et la table à peu près rase de départ, même avec tout l’argent du monde cette réussite tient du miracle et ceci contribue aussi à sa remise en question: entre un événement a priori réel mais très improbable (aller sur la Lune) et un événement a priori fictif mais très plausible (mise en scène), et surtout vu le contexte, accréditer l’événement le plus plausible est en soi compréhensible. Voir prudent.

Une bonne partie du miracle réside dans la main experte d’Armstrong. C’est lui qui pilote le Eagle dans la descente, en prise directe, qui trouve un endroit plat et le pose. D’après lui, c’est cet alunissage qui représente la plus grosse difficulté du vol Apollo 11. En 1994, pour le 25ème anniversaire de Apollo 11, Armstrong fait une rare apparence publique où il prononce un court discours un peu énigmatique (voir (4) pour détails et traduction):

Le faux est-il l’avenir du vrai?

L’idée de ce billet n’est pas de discuter des éléments pour ou contre la théorie d’une mise en scène. Il y a pour chaque indice d’un fake une explication technique, qui bien sur vaut ce qu’elle vaut. Ce n’est pas le vent qui fait flotter le drapeau mais l’inertie de la matière qui n’est pas freinée vu que, justement, il n’y a pas d’air et encore moins de vent. On ne voit pas les étoiles car le réglage de l’appareil est fait pour capter l’avant-plan (très éclairé), pas le ciel. Il n’y a pas de cratère sous le module Eagle car la faible gravité lunaire ne requiert pas beaucoup d’énergie pour ralentir le module (alors que sur Terre on verrait effectivement un cratère). Etc etc…

De récentes missions robotiques autour de la Lune montrent également des traces humaines correspondant aux diverses missions Apollo (sauf Apollo 11…), mais évidement ces images pourraient aussi être fausses. Il faudra peut-être attendre un retour à la Lune, que Trump annonce pour 2023 mais qui semble néanmoins peu probable en si peu de temps, pour calmer les esprits.

Reste que, sur le fond, cette histoire de vraie ou fausse aventure lunaire est symptomatique de l’extrême méfiance du public face à la malhonnêteté chronique de l’establishment US. JFK n’avait sans doute pas prévu de faire un fake, et peut-être son opposition de principe au fait de tricher lui aurait-elle coûté cher? Il s’était déjà opposé à une autre invention débile de ses généraux, l’opération Northwoods qui consistait à monter un faux attentat aérien par de faux cubains pour trouver un prétexte à l’envahissement de Cuba (5).

Nous entrons aujourd’hui dans l’air du fake à base d’IA tellement réaliste que seule une machine dotée d’IA pourra encore distinguer le vrai du faux (6). Si un pays, et notamment les USA, envoi un jour des hommes sur Mars il ne sera pas évident de prouver que tout ce qui n’est visible que par caméras interposées ne relève pas de la fiction. Il nous faut dès aujourd’hui, si nous voulons lutter contre ceux qu’il sert, imaginer ce monde rempli de faux parfaitement réalistes. Le faux est sans doute l’avenir du vrai.

Au vu de ceci peu importe, finalement, que Armstrong et Aldrin aient ou non marché sur la Lune en ce 21 juillet 1969. A titre personnel je leur laisse le bénéfice du doute jusqu’à preuve du contraire. Et leur tire mon chapeau.

Vincent Verschoore

EN BANDE SON :

7 réponses »

  1. Je suis le premier à reconnaitre que nous sommes manipulés à longueur de journée, mais attention à ne pas tomber dans la paranoïa, voire la manipulation de notre cher Vladimir…. (que j’aime bien malgré tous ses défauts!)

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  2. En marge, peut-être décalé, on peut se demander pourquoi les US ne sont pas retournés depuis 50 ans sur la lune, au vu de la technique un peu plus affinée que celle des années 60 (rien que pour la protection des rayonnements solaires).
    Et de même s’interroger sur cette frénésie de Mars et du bruit de fond important autour des exoplanètes qui « pourraient » convenir à l’homme. Pour rappel, Mars est à 20 minutes d’année lumière de la Terre, représentant un bon 3 mois de voyage aller (dans les meilleurs conditions d’alignement) avec des technos qui, même si elles ont progressé, sont très très loin de donner satisfaction. Alors de là à se promener à plusieurs années lumière…
    Et Mars, comme la Lune, est complètement inadaptée à un séjour voire même une extraction de minéraux (objet de tous les fantasmes) dont on n’a aucune idée de comment les ramener en quantité suffisante et à un coût supportable.
    Bref, tout cela fait un peu « danseuse », n’est-il pas?

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  3. « Nous entrons aujourd’hui dans l’air du fake à base d’IA tellement réaliste que seule une machine dotée d’IA pourra encore distinguer le vrai du faux (6). Si un pays, et notamment les USA, envoi un jour des hommes sur Mars il ne sera pas évident de prouver que tout ce qui n’est visible que par caméras interposées ne relève pas de la fiction. Il nous faut dès aujourd’hui, si nous voulons lutter contre ceux qu’il sert, imaginer ce monde rempli de faux parfaitement réalistes. Le faux est sans doute l’avenir du vrai »

    je crois que nous ne mesurons pas le degré de l’infection

    sonards en éveil

    entre la caverne et le bocal
    se transformer en dauphins peut-être?

    Michel Drac revenez nous vite …

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    • « Dauphins », riches de poétique espoir, plaisant à lire chez vous Anders, et surtout sensiblement très éloquent.
      Quant à Michel Drac, de ceux qui nous font tenir, absolument.
      Il va peut-être nous surprendre, tant sa capacité de travail est stupéfiante ? (Je me donne encore de l’espoir !)

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  4. @Keriadenn Merci ..J’espère justement que Michel Drac saura activer les ressources incroyables que nous possédons tous … il va aussi nous falloir développer des « perceptions » particulières pour ne pas se faire piéger par la technique -monde et ses kapos..

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