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Délit d’intention : La sentence d’abord, le crime après ? Par Ron Paul

La sentence d’abord, le crime après ?

Le Procureur Général William Barr a récemment envoyé un mémo aux responsables de l’application de la loi annonçant une nouvelle initiative fédérale qui utiliserait des techniques et des outils mis au point dans le cadre de la guerre contre le terrorisme, comme la surveillance massive, pour identifier les tireurs de masse potentiels. Les personnes ainsi identifiées seraient les cibles d’interventions précoces, qui comprendraient le mépris des droits du deuxième amendement, ainsi que l’imposition d’un conseil obligatoire et d’un engagement involontaire.

Le programme ferait probablement correspondre les données recueillies par la surveillance de masse à des algorithmes conçus pour identifier les personnes ayant des problèmes mentaux qui les conduiraient à commettre des crimes violents. Ainsi, ce programme priverait les Étasuniens du respect de leurs droits non pas parce qu’ils ont commis, ou menacent de commettre, un acte violent, mais parce que leurs tweets, textos ou messages Facebook déclenchent un algorithme gouvernemental.

Afin d’améliorer la capacité du gouvernement à effectuer une surveillance de masse, Barr a essayé de forcer les entreprises de technologie à permettre au gouvernement d’avoir une « porte dérobée » pour accéder à l’information électronique. Cela permettrait au gouvernement de lire tous les messages – même ceux qui sont cryptés, ce qui rendrait pratiquement impossible d’échapper à l’œil vigilant du gouvernement.

De nombreux professionnels de la santé mentale admettent que le diagnostic de problèmes de santé mentale implique un certain degré de subjectivité. Alors, comment pouvons-nous faire confiance à un algorithme informatique conçu par le gouvernement pour identifier avec précision les personnes ayant des problèmes de santé mentale ? La réponse est que nous ne pouvons pas. Le programme de Barr aura sans aucun doute pour résultat que de nombreuses personnes qui ne sont pas une menace pour quiconque seront privées du respect de leurs droits. Le programme ne parviendra pas non plus à détecter les futurs tireurs de masse.

Certains professionnels de la santé mentale soutiennent que le fait d’avoir certaines convictions politiques est un signe de maladie mentale. Il n’est pas surprenant que des organismes fédéraux comme le FBI conviennent que ceux qui expriment un « extrémisme antigouvernemental » – comme soutenir une république constitutionnelle plutôt qu’un État-providence – sont des menaces potentielles.

Un récent mémo interne du FBI a mis en garde contre le fait qu’une croyance en des « théories du complot » est un signe qu’une personne peut être un terroriste national. « Théoricien du complot » est une diffamation polyvalente utilisée contre quiconque remet en question le discours officiel du gouvernement sur un événement ou une question. Lier une croyance en la « théorie du complot » au terrorisme est un effort visant non seulement à stigmatiser mais aussi à criminaliser les pensées dissidentes sur des questions telles que la politique étrangère, le changement climatique, le contrôle des armes à feu et la Réserve Fédérale.

Certaines personnes sont favorables à l’utilisation des croyances politiques comme base pour qualifier quelqu’un de « perturbé mental » parce qu’elles pensent que cela affectera principalement les « extrémistes de droite ». Ces personnes ignorent les antécédents du FBI en matière de harcèlement des droits civiques et des militants anti-guerre, ainsi que la récente controverse sur le fait que le FBI a qualifié les « extrémistes de l’identité noire » de menace.

Un programme gouvernemental visant à surveiller les communications électroniques afin d’identifier les tireurs de masse potentiels fait courir à tous les Étasuniens le risque de perdre leur liberté en raison de leurs opinions politiques ou de quelques messages dans les médias sociaux. Tous ceux qui chérissent la liberté doivent s’opposer à ce programme dangereux.

source : Sentence First, Crime Later?

traduit par Réseau International

http://www.ronpaulinstitute.org/archives/featured-articles/2019/november/04/sentence-first-crime-later/

EN BANDE SON :

2 réponses »

  1. Encore plus fort ? « donnez moi trois phrases qu’a prononcé une personne et je la condamnerais … »
    p.s.j’ai cherché de qui est cette phrase mais pas trouvé

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  2. La blague… C’est déjà ce que font les agences nombreuses et pléthoriques US, bien suivies par celles de chez nous, moyens plus limités certes. Mais avec l’argent gratuit, tout va bien aller. Les textes qui vont avec, disant que la surveillance doit être élargie pour le bien du « peuple » ne sont que de la déco.

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