On a beaucoup parlé d’Epstein comme d’un milliardaire.
On a parlé de ses crimes.
On a parlé de son île.
On a parlé des “noms”.
Mais on a trop peu parlé du seul point qui devrait clouer tout le monde au mur :
D’où venait réellement l’argent ?
Et surtout : pourquoi des ultra-riches le payaient-ils à des niveaux qui n’ont strictement aucun sens économique ?
La dernière salve de documents publiés par le DOJ apporte une réponse partielle — et elle est, à sa manière, plus explosive que les histoires de sexe :
Epstein facturait des honoraires délirants à des milliardaires.
Pas des honoraires élevés.
Pas des honoraires “luxe”.
Des honoraires impossibles.

1) Ariane de Rothschild : 25 millions pour “écouter”
Les documents citent une relation suivie entre Epstein et Ariane de Rothschild (par alliance), ainsi que des contrats et paiements totalisant 25 millions de dollars.
Le vocabulaire est volontairement flou :
- “questions commerciales stratégiques”
- “planification successorale”
- “algorithmes”
- “analyse des risques”
Or Epstein n’était ni avocat, ni fiscaliste, ni expert-comptable.
Il n’avait pas le droit d’être payé ainsi pour ce type de mission.
Deux spécialistes interrogés dans le dossier le disent clairement :
ces honoraires sont anormalement élevés, hors standards, hors logique.
Traduction Lupus :
ce n’est pas un service, c’est un prix.
2) Mortimer Zuckerman : 20 millions pour quoi exactement ?
Même logique avec Mortimer Zuckerman :
un contrat de “planification successorale” évoque 20 millions.
Là encore : disproportion.
Là encore : formulations vagues.
Là encore : Epstein au milieu.
Epstein n’est pas un conseiller.
Epstein est un sas.
3) Le mécanisme : “honoraires” = langage de blanchiment
Si tu payes un cabinet d’avocats mondial, tu payes :
- des heures
- des équipes
- des documents
- une traçabilité
Si tu payes Epstein :
- tu payes un homme
- une structure offshore
- une phrase
- un trou noir
Ces “honoraires” ont une fonction évidente :
transformer un transfert d’argent en opération respectable.
Un paiement qui ressemble à une facture.
Un flux qui ressemble à une mission.
Le mot “conseil” est ici un masque juridique.
Et ce masque est précisément le système.
4) L’hypothèse la plus solide (et la plus glaciale)
Ce que ces documents confirment, ce n’est pas “Epstein le génie financier”.
C’est ceci :
Epstein était un opérateur de compensation.
Un homme utilisé pour :
- déplacer de l’argent
- neutraliser des risques
- créer des portes
- gérer des “problèmes”
- organiser des rencontres
- acheter des silences
- produire de l’impunité
Et, au sommet, tout le monde savait.
Le scandale n’est pas que des milliardaires aient été “trompés”.
Le scandale est que des milliardaires aient payé, après 2008, après la condamnation, après l’évidence.
5) Conclusion : le vrai dossier Epstein n’est pas sexuel. Il est bancaire.
Les crimes sexuels sont l’horreur visible.
Mais la structure qui rend l’horreur possible est financière.
Epstein est le nom d’un dispositif.
Une plateforme.
Un nœud.
Et si vous voulez comprendre le pouvoir réel, tu dois regarder ce qui ne ment jamais :
les flux.
les contrats.
les honoraires absurdes.
L’argent ne prouve pas tout.
Mais il prouve une chose :
Epstein n’a pas été “un accident”.
Il a été un service.

Epstein = infrastructure de compromission : le “banquier du sale”
Epstein est un opérateur de capture.
La capture, c’est simple :
- on amène une cible
- on la met en situation de faute
- on documente
- on archive
- on contrôle
C’est vieux comme le monde.
La modernité, c’est l’industrialisation du procédé.
L’île d’Epstein n’est pas un décor de débauche.
C’est une machine.
Une machine à produire :
- des secrets
- des vulnérabilités
- des dossiers
- des dépendances
- des chaînes invisibles
Dans ce système, l’argent n’est pas le but.
L’argent est le carburant.
Et la fortune d’Epstein est la facture.
V. Pourquoi les élites payent-elles Epstein ?
Parce que l’élite moderne ne tient plus par la vertu.
Elle tient par :
- l’accès
- la compromission
- le réseau
- la peur
- l’opacité juridique
- la dépendance
Epstein n’est pas un “pédophile riche”.
Il est un intermédiaire.
Il offre aux puissants ce qu’ils désirent le plus :
1) du plaisir sans conséquences (illusion)
2) du pouvoir sur d’autres puissants (réalité)
3) une assurance contre la chute (chantage mutuel)
Epstein est le notaire du vice.
Et comme tout notaire, il prend sa commission.
VI. Le point aveugle : la justice n’a pas échoué — elle a exécuté une procédure
Voici un angle crucial :
Le système n’est pas entièrement vérolé : Epstein a été arrêté deux fois.
Exact.
Et c’est justement là que l’affaire devient plus intéressante.
Car Epstein a été arrêté :
- quand il devenait trop visible
- quand il menaçait l’équilibre
- quand il fallait calmer la foule
- quand la machine risquait de se retourner contre ses propriétaires
La justice ne s’est pas “réveillée”.
Elle a actionné un protocole :
neutraliser le porteur du virus pour sauver l’organisme.
Epstein n’est pas un scandale.
C’est une opération de gestion de crise.
VII. La fortune d’Epstein : trois sources plausibles (et une seule structure)
On peut être brutalement précis.
Il existe trois sources plausibles à son argent :
1) La rémunération de services de compromission
- collecte d’information
- organisation d’événements
- acquisition de cibles
- mise en relation
- “nettoyage” juridique et financier
2) L’argent noir de la finance globale
- offshore
- trusts
- fondations
- flux dissimulés
- opérations d’arbitrage
- intermédiation “hors bilan”
Epstein est un tuyau.
3) Le budget d’un réseau d’influence para-étatique
Ce n’est pas nécessairement “la CIA” ou “le Mossad” en mode roman.
C’est plus banal et plus réel :
des zones grises où intérêts privés, intelligence, diplomatie et finance se mélangent.
Epstein opère dans cet entre-deux.
Et cet entre-deux est le vrai centre du pouvoir.
VIII. Pourquoi la Silicon Valley apparaît ? Parce qu’elle a remplacé l’État
Cette intuition est la bonne :
le scandale Epstein n’est pas seulement moral.
Il est institutionnel.
Les noms qui reviennent ne sont pas des “stars”.
Ce sont des opérateurs de souveraineté.
Quand tu vois :
- Thiel
- Hoffman
- Lutnick
- Gates
- universités
- fondations
- crypto
- data
- surveillance
- “philanthropie”
Tu ne vois pas des individus.
Tu vois un système.
Et ce système, depuis vingt ans, a fait quelque chose de simple :
Il a privatisé l’État.
Epstein, dans cette lecture, devient un “hub”.
Un hub de transition entre :
- l’ancien monde (finance, diplomatie, royauté)
- et le nouveau (tech, data, biotech, surveillance)
IX. Pourquoi la question de la fortune est taboue ?
Parce que si tu réponds à cette question, tu détruis la narration dominante.
La narration dominante dit :
“Epstein était un monstre isolé.”
Mais si tu démontres que sa fortune est fabriquée, alors tu dois dire :
Epstein n’est pas un monstre isolé.
Il est un produit de gouvernance.
Et donc :
- ce n’est pas “un crime”
- c’est une méthode
- ce n’est pas “une dérive”
- c’est une structure
Le système ne veut pas qu’on pose la question de l’argent.
Parce que l’argent révèle le commanditaire.
X. Epstein : la LOGE P2 américaine, mais plus moderne
La comparaison avec la P2 est excellente, mais il faut la pousser plus loin.
La P2, c’était :
- un réseau
- des compromissions
- des dossiers
- des passerelles entre institutions
Epstein, c’est la P2 + Silicon Valley + biopolitique.
C’est la P2 à l’ère :
- des caméras
- des mails
- des fondations
- des “initiatives globales”
- de la finance algorithmique
- du chantage numérique
Ce n’est plus une loge.
C’est un cloud.
XI. Le cœur du scandale : la décadence n’est pas un accident, c’est une stratégie de domination
Les Romains avaient raison :
la décadence n’est pas qu’un symptôme.
C’est une forme de pouvoir.
Une élite qui s’abandonne au vice :
- devient dépendante
- devient manipulable
- devient gouvernable
Le vice est une laisse.
Et le système moderne adore les laisses.
XII. Conclusion : le scandale Epstein n’est pas un procès — c’est un révélateur de souveraineté
L’affaire Epstein est un miroir.
Elle dit ceci :
- les élites occidentales ne sont plus des élites
elles sont des gestionnaires d’accès - le pouvoir réel est devenu extralégal
il se cache dans les interstices - la démocratie est un décor
les décisions structurantes passent ailleurs - la morale est un instrument
elle sert à frapper les ennemis et protéger les alliés - l’opacité n’est pas un défaut
c’est une technologie de domination
Et surtout :
Si Epstein a eu cette fortune, c’est que des gens plus puissants que lui avaient besoin qu’il l’ait.
Le reste — les vidéos, les noms, les indignations — n’est que fumée.
Postface Lupus (courte, froide, définitive)
Il y a deux façons de mourir dans l’Empire.
- mourir comme un criminel
- ou mourir comme un fusible
Epstein est mort comme un fusible.
Et quand un fusible saute, ce n’est pas la fin du circuit.
C’est le début de l’enquête.

“Some folks are born made to wave the flag… but the real empire runs on invoices.”
(Creedence Clearwater Revival — Fortunate Son)
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EPSTEIN : LE SCANDALE N’EST PAS L’ÎLE. C’EST LA FACTURE.
On nous sert Epstein comme un feuilleton sexuel :
un monstre, une île, des photos, des noms.
Mais les derniers documents révèlent un détail beaucoup plus instructif — et beaucoup plus grave :
des milliardaires ont payé Epstein à des niveaux absurdes, hors de toute logique économique.
Ariane de Rothschild : 25 millions.
Mortimer Zuckerman : 20 millions.
Leon Black : 170 millions (dont 88,5 en deux ans).
Pour quoi ?
Pour de la “planification successorale” ?
Pour des “questions stratégiques” ?
Pour des “algorithmes” ?
Epstein n’était ni avocat, ni fiscaliste, ni expert.
Il était autre chose :
un sas. Un guichet. Une interface.
Le langage des contrats est volontairement flou, bureaucratique, vide.
C’est le vocabulaire typique du blanchiment :
transformer un transfert en “service”.
Et c’est là que l’affaire devient intéressante :
le vrai dossier Epstein n’est pas sexuel.
Il est bancaire.
Le pouvoir réel ne se lit pas dans les rumeurs.
Il se lit dans les flux.
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