Scandale d’espionnage à Wall Street ? Des journalistes de la célèbre agence d’information financière Bloomberg se seraient servis des terminaux Bloomberg pour espionner entre autres les faits et gestes de certains employés de JPMorgan et de Goldman Sachs.
Goldman Sachs a tiré la première, vendredi 10 mai. Et depuis peu , l’affaire prend une autre tournure : JPMorgan serait également concernée selon le New York Times et selon CNBC, la Fed et le Trésor américain seraient en train de demander des comptes à Bloomberg.
Les terminaux Bloomberg sont une institution à Wall Street. Ils ont fait la fortune du maire de New York, Michael Bloomberg. On les trouve dans toutes les salles de marché du monde. Attention, ne pas mélanger Bloomberg et Bloomberg. La société, fondée par l’actuel maire de New York, Michael Bloomberg, qui n’en assure plus la gestion au jour le jour en raison de ses activités politiques, combine une agence de presse et la fourniture d’informations financières sur des terminaux ad hoc, des machines louées 20 000 dollars par an.
Ils donnent accès à une quantité d’informations, pas seulement sur les marchés mais aussi sur leurs utilisateurs. On peut notamment voir qui se connecte à quel moment. Des données accessibles à la fois aux clients de Bloomberg et aux journalistes de l’agence Bloomberg. C’est cet aspect qui pose aujourd’hui problème.Et c’est parce que des journalistes ont pu consulter des informations a priori destinées aux traders, investisseurs et autres banquiers que l’entreprise a dû présenter des excuses officielles à ses clients, et réétanchéifier le mur qui sépare son activité de presse de son activité d’information financière.
L’affaire est d’importance, car «Bloomberg a le monopole sur ces terminaux d’industrie financière, écrit le blog très informé Zerohedge, en raison des manquements massifs de leurs concurrents comme Reuters et son système Eikon […] Ce qui signifie que les journaleux de Bloomberg ont pu profiter d’un avantage injuste pour espionner leurs proies – les propres clients de Bloomberg.»
Il est temps, nous semble-t-il, de tenter de réconcilier tout cela et de monter la cohérence profonde du scénario sous-jacent, cohérence malgré les apparentes contradictions.
Il nous faut d’abord faire la liaison avec ce que l’on voit, non seulement la hausse des marchés, mais également avec ce que l’on entend, à savoir les argumentaires des haussiers, des bulls.
Pour cette raison, nous vous livrons le scénario dominant.
Le leader du Mouvement cinq étoiles qui a bouleversé l’échiquier politique italien lors des élections législatives sillonne le pays en vue des communales. Il a accordé une rare interview à la presse
Beppe Grillo, l’homme qui a bouleversé le paysage politique italien lors des législatives fin février, sillonne à nouveau la péninsule en vue des élections communales. Le leader du Mouvement cinq étoiles était jeudi à Ancône, chef-lieu des Marche.
– Comment présenteriez-vous, en quelques mots, la philosophie de votre Mouvement politique?
Beppo Grillo: Tout cela naît d’une colère contenue. Colère pour la situation dans laquelle nos politiciens ont plongé le pays. Contenue parce que constructive. Nous ne voulons pas tout casser. Nous voulons changer les choses. Le Mouvement représente un espoir de changement, un rêve pour des millions de personnes qui ont perdu confiance en nos politiciens.
– Quelle est l’idée de départ?
– Au départ, il y a un constat: la démocratie particratique italienne a échoué. Elle est morte. Elle a non seulement conduit le pays à sa faillite mais le système, comme je l’appelle, est gangrené par la corruption. Notre classe politique est inefficace et corrompue, et cela la population ne le supporte plus.
– Vous considérez que tous les politiciens sont corrompus. Selon vous, ils sont tous à mettre dans le même sac?
– Non. Je considère, au contraire, que beaucoup d’entre eux sont honnêtes. Ce n’est pas un problème de corruption individuelle. C’est le système en lui-même qui est corrompu. De sorte que quelqu’un d’honnête, de motivé, lorsqu’il entre dans ce système est entraîné par un flux de corruption institutionnalisé. Par liens occultes. L’Italie se classe 79e dans la liste des pays les moins corrompus dans le monde. Voyez le nombre incroyable de scandales qui ont marqué les dernières années, à gauche comme à droite. C’est un changement révolutionnaire que nous proposons.
– Grâce à Internet?
– Oui. Le Net est en pleine expansion. Bientôt, tout le monde y aura accès. Même les catégories les plus âgées et les moins favorisées. Nous sommes arrivés à 25% lors des dernières élections sans les télévisions, je dirais même contre les télévisions et les journaux. Nous sommes aujourd’hui à 30% des intentions de vote dans les sondages honnêtes. C’est pour cette raison qu’on essaie de nous faire taire.
– A ce propos, vous avez une relation complexe avec la presse italienne?
– Ils nous haïssent et nous méprisent.
– Pourquoi?
– Parce que nous incarnons le changement et ils ne veulent pas s’y résoudre. Puis la presse est liée aux grands groupes industriels. Voyez De Benedetti, qui fut un des premiers adhérents au Parti Démocrate. Ce que je n’accepte pas, c’est qu’ils ne nous attaquent pas sur nos idées. Ils attaquent ma personne. Ils méprisent nos élus alors que nous avons amené dans les institutions un nombre record d’universitaires, de jeunes, de femmes. Leurs réactions sont incompréhensibles. C’est de la malhonnêteté intellectuelle.
Le directeur de la banque du Japon, Haruhiko Kuroda, a annoncé l’arrivée d’une nouvelle dimension du quantitative easing en promettant de doubler les achats d’obligations de son gouvernement et d’étendre la base monétaire de son pays. La banque du Japon avait préalablement adopté une cible d’inflation de 2% sur deux ans. Le quantitative easing sera donc l’activité première de la banque sur le court terme, une stratégie qui ressemble de près à la réponse de la Réserve Fédérale à l’effondrement de Lehman Brothers Holdings Inc.
La décision de la banque du Japon marque un retour, au moins partiel, aux efforts peu orthodoxes du ministre des Finances Japonais du début des années 1930, Korekiyo Takahashi, qui selon Ben Bernanke avait ‘brillamment sorti le Japon de la Grande Dépression grâce à ses politiques de relance’.
Takahashi reçoit depuis peu à nouveau l’attention des économistes, historiens et responsables politiques. Au Japon, le nombre de publications à son sujet suggèrent un grand attrait du public pour ses politiques. La biographie From Foot Soldier to Finance Minister: Takahashi Korekiyo, Japan’s Keynes, écrite par Richard Smethurst, a connu un grand succès après avoir été publiée au Japon en 2010.
La fin de l’histoire
Mon ami Pater Tenebrarum, qui publie sur le blog Acting Man, m’a fait part de son opinion par mail :
‘Pour une raison que j’ignore, personne ne semble vouloir parler de la manière dont se sont achevées les politiques de Korekiyo Takahashi. Voici la fin de l’histoire… Le Japon finit par entrer en guerre, ce qui mit fin à l’hyperinflation et empêcha une destruction complète de l’économie Japonaise. Faire l’apologie des politiques de Takahashi revient un peu à faire l’apologie des politiques d’Hitler. C’est complètement absurde’.
Et pourtant, nous voilà encore en proie à l’absurdité Keynésienne.
Par Mish – Global Economic Analysis Publié le 17 avril 2013
Le 10 Mai, le gouvernement japonais a tenté, au fil de ses interventions, de dissimuler sa satisfaction mais, en coulisse, l’équipe de Shinzo Abe, le premier ministre, savoure l’accélération, ces dernières heures, de la chute de la monnaie japonaise. Dans la nuit, le dollar est repassé pour la première fois en quatre ans au-dessus de la barre symbolique des 100 yens. A Tokyo, un billet vert achetait ce matin plus de 101 yens. Particulièrement emballés, les investisseurs de la place de Tokyo, qui notent que la baisse du yen fait mathématiquement gonfler les résultats comptables des entreprises nippones, ont fait bondir dans la matinée le Nikkei de près de 3%. L’indice a gagné 65% depuis la fin de novembre et l’enclenchement de la baisse de la devise nippone face aux grandes devises de la planète.
Depuis début janvier, le yen a ainsi perdu plus de 16% de sa valeur face à la monnaie américaine. C’est indéniablement une victoire pour le gouvernement conservateur japonais, qui estime que la force du yen – un dollar ne valait plus que 75 yens en octobre 2011 – avait largement participé à l’enlisement de l’économie dans la stagnation. Sans jamais admettre qu’il cherchait précisément à faire chuter la valeur de sa devise pour avantager notamment ses exportateurs, l’exécutif a bouleversé depuis le début de l’année la politique économique de l’Archipel afin, officiellement, de sortir le pays de la déflation.
Pour réorienter les prix à la hausse, et redonner de la confiance aux entreprises, Tokyo a impulsé une campagne de dépenses publiques et contraint la banque centrale (BoJ) à nourrir un vaste programme d’assouplissement quantitatif. Présidée par un allié de Shinzo Abe, la BoJ a promis de doubler, au cours des deux prochaines années, le volume de monnaie en circulation dans le pays. En théorie, ce mouvement doit redonner confiance aux entreprises et faire monter les prix, mais il participe aussi à la baisse du yen.
Présentant cette semaine leurs résultats, plusieurs grandes entreprises nippones ont reconnu que la baisse du yen avait un impact très positif sur leurs revenus. Toyota a ainsi indiqué que, sur les douze derniers mois, le recul de la devise avait dopé son profit opérationnel de 150 milliards de yens (1,2 milliard d’euros). D’autres groupes sont toutefois très handicapés par cette dépréciation qui renchérit le coût de leurs importations. Les grands électriciens qui achètent leur gaz naturel, leur pétrole et leur charbon à l’étranger ont notamment mis en garde contre une forte hausse des factures de courant, qui risque de peser rapidement sur le pouvoir d’achat des ménages, auquel le gouvernement espérait justement redonner confiance avec ses initiatives économiques osées.
Le Nikkei au-dessus des 14 000 points pour la première fois depuis juin 2008
Depuis la mi-novembre, le yen a perdu plus de 21% de sa valeur face au billet vert. Les fonds qui anticipent, avec cette dépréciation, une poussée comptable des résultats des exportateurs de l’Archipel – leurs gains effectués en dollars ou en euros à l’étranger apparaissent supérieurs lorsqu’ils sont rapatriés et convertis en yens – ont acheté en masse les titres des grands industriels nippons. Particulièrement porté par ce mouvement, le titre de Toyota… Toyota qui renoue avec les 10 milliards de profits
Après des années difficiles, Toyota, le plus grand constructeur automobile mondial, a retrouvé, sur le dernier exercice fiscal, un niveau de profitabilité comparable à ceux qu’il connaissait avant la crise financière mondiale. Selon le quotidien japonais Nikkei, le groupe a ainsi annoncer cette semaine qu’il a enregistré un profit opérationnel de 1300 milliards de yens (10 milliards d’euros) sur la période allant d’avril 2012 à mars 2013, ce qui représente un bond de 270% par rapport à l’exercice précédent.
Il n’avait plus dépassé la barre symbolique des 1000 milliards de yens de profits depuis 2007. Sur l’année fiscale, sa performance aurait été portée par des ventes en hausse de 16% à 9,69 millions de véhicules et par une chute spectaculaire de la valeur du yen qui gonfle mathématiquement les montants de ses résultats réalisés à l’étranger.
Chaque dépréciation d’un yen face au dollar fait progresser de manière comptable les profits annuels de Toyota de 35 milliards de yens. Les analystes estiment qu’une poursuite de la baisse du yen et une bonne croissance des ventes du groupe, notamment sur le marché clé de l’Asie du Sud-Est, pourraient lui permettre de générer sur l’exercice fiscal en cours plus de 2000 milliards de yens de profits opérationnels.
Autre conséquence la chute du yen pousse Nissan à suspendre ses délocalisations
La récente chute du yen face aux grandes devises internationales aurait convaincu Nissan de renoncer, pour un temps au moins, à délocaliser la production de plusieurs de ses véhicules aux Etats-Unis. La dépréciation de la devise nippone, aurait en effet permis de faire rebondir la profitabilité de ses chaînes d’assemblage situées dans l’Archipel et aurait redoré la compétitivité prix des véhicules exportés dans le monde depuis les usines locales.
Selon le quotidien financier Nikkei, le constructeur va donc continuer de fabriquer dans la préfecture de Fukuoka ses modèles Rogue et Murano, qui avaient pâti, jusqu’à la fin de l’année dernière, du yen fort. Originellement, le groupe pensait déplacer la production de 200’000 unités vers deux de ses sites américains. Sa production locale serait alors tombée de 1,19 million d’unités par an à 950’000 unités.
Le Nikkei estime que le groupe pourrait à terme toujours enclencher un transfert de la fabrication de ces modèles, mais il maintiendrait de l’activité localement en introduisant de nouvelles voitures pour le marché japonais. Depuis le début de l’année, plusieurs autres constructeurs, tels que Mazda ou Toyota, ont indiqué qu’ils pourraient doper leurs productions locales pour profiter du recul du yen.
La corde pour nous pendre! Nouvelles de Chine par Richard Dupaul
La Chine place ses pions en Europe
Avec un pactole de 3400 milliards US en réserves monétaires, la Chine a commencé à diversifier ses investissements étrangers, délaissant ses placements prudents dans les obligations d’État. Les Chinois préfèrent de plus en plus les actifs tangibles dont la valeur est déprimée. Leur magasin préféré: l’Europe.
L’Europe va mal. L’économie rétrécit, le chômage grimpe sans cesse, et les jeunes quittent le navire. Décourageant? Non, une occasion en or pour la Chine qui continue de faire son marché sur le Vieux Continent, avec appétit.
D’après le fonds A Capital, une firme de Pékin qui fait un relevé trimestriel («dragon index») des investissements outre-frontière, c’est même la zone euro qui attire la plus grande part des capitaux chinois.
La firme se base sur les fusions-acquisitions menées par des groupes chinois à l’étranger. En 2012, l’Europe a recueilli 33% des fonds investis, soit 12,6 milliards US. Un record. C’est nettement plus qu’en 2011 (10,4 milliards US) et très loin devant l’Amérique du Nord, avec environ 5,5 milliards US. Un résultat surprenant, vu la reprise économique en cours aux États-Unis, qui devrait en principe attirer les investisseurs.
De toute évidence, les investisseurs chinois sont attirés par les actifs européens vendus à des prix attrayants en cette période de crise. Un petit retour sur 2012 montre que les Chinois ont d’ailleurs fait de belles prises.
Ils ont mis la main notamment sur des géants industriels allemands en difficulté, dont Kion Group (machinerie) et Putzmeister (cimenterie), et le producteur britannique de céréales Weetabix.
China Investment Corp., le plus important fonds d’investissement étatique en Asie, a aussi pris une participation minoritaire dans des infrastructures britanniques stratégiques, incluant l’aéroport Heathrow et la Thames Water Utility. C’est une percée au coeur du royaume de Sa Majesté. Sans oublier que des fonds chinois ont fait des achats importants au Portugal et en Grèce, deux pays à vendre à la découpe ces temps-ci.
Le fait que l’Europe attire plus de capitaux chinois que les États-Unis, malgré la prise de contrôle très médiatisée l’an passé de Wanda sur la chaîne de cinémas AMC Theatres, témoigne de l’accueil souvent glacial des Américains.
Washington est particulièrement vigilant quant aux investissements étrangers sur son territoire, et cela a pour effet de décourager les avances des acquéreurs. Dans ce domaine, le cadre réglementaire est plus souple en Europe qu’aux États-Unis où, par exemple, «le Sénat peut bloquer, de manière arbitraire, des investissements», explique dans une note financière André Loesekrug-Pietri, fondateur d’A Capital.
Les Chinois apprécient également le savoir-faire européen dans l’énergie, l’eau, les transports, l’automobile et l’aéronautique, tous des secteurs appelés à développer en Chine.
Les entreprises chinoises ont «besoin de savoir-faire, et c’est en Europe que se trouvent les meilleures technologies», affirme le responsable.
D’autres noms? Volvo (Suède), le port de Pirée (Grèce), McCormick (France)… autant d’entreprises ou d’actifs de valeur qui ont aussi été cueillis comme des fruits mûrs par les Chinois depuis 2009 pour leur valeur stratégique à long terme.
Marc Faber: " Dr Doom" était de passage en Avril à Genève- Fidèle à son immense légende!
A l’occasion d’une conférence organisée par Natixis à Genève, le financier zurichois a clos la matinée de débats. Toujours contrariant, volontiers provocateur et amateur de bons mots, l’auteur du «Boom, gloom and doom report» anticipe une crise massive découlant en partie du surendettement américain et de leur politique monétaire et fiscale expansionniste, mais également de la Chine. Deux pays dont il se méfie des statistiques officielles. «Je ne saurais pas vous dire si cela se produira dans cinq, dix ou quinze ans, mais nous allons assister à une crise majeure à laquelle personne ne pourra échapper», a-t-t-il asséné, tout en convenant qu’en attendant, il fallait tout de même investir. Et en concédant que ses prévisions étaient floues quant au timing. La stratégie d’investissement est en revanche limpide et axée sur quatre classes d’actifs équipondérées: 25% d’actions, 25% en cash et obligations, 25% en immobilier et 25% en or. Avec une nette préférence pour la détention d’or physique, traditionnellement conservé dans un coffre. Ou, mieux encore, dans un port franc à Genève ou Singapour. En ce qui concerne l’immobilier, il privilégie l’investissement direct et la proximité géographique. Même raisonnement pour les actions: Nestlé, Novartis ou Roche. Mais pas les financières. Quant au cash et aux obligations, ils jouent un rôle de préservation de valeur.
EN LIEN: Interview de Marc Faber ( en Français ) sur l’or
Plaidoyer pour les actifs tangibles/ L’équipondération du portefeuille
L’auteur du «Boom, gloom and doom report» et du site internet éponyme,, Marc Faber se distingue non seulement par son style mais aussi et surtout par son analyse et sa stratégie d’investissement. Le financier zurichois, conscient des limites des analyses économiques purement quantitatives, s’est attaché à démontrer l’importance de facteurs qualitatifs comme la finalité de la dette: est-elle destinée à la consommation ou à l’investissement?
«Aucun pays n’est devenu riche avec la consommation, seul l’investissement créé de la valeur et il s’est effondré aux USA depuis 2000».
Même conclusion du côté des chiffres de l’emploi:
«Depuis la crise, les USA n’ont récupéré qu’environ 60% des emplois détruits, et la grande majorité de ces emplois sont des emplois mal payés ou dans des emplois peu qualifiés et donc créent peu de valeur».
La Fed devrait relever ses taux
L’auteur du «Gloom, Boom & Doom Report», estime que le loyer de l’argent est trop bas, alors que la croissance est soutenue
Quatre ans de croissance économique et des taux d’intérêt qui restent à zéro. C’est la contradiction qu’a voulu souligner Marc Faber, d’autant que les marchés financiers ont, eux aussi, rebondi depuis lors. L’indice des actions américaines, le S&P 500, a grimpé de 84% sur les quatre dernières années.
Planche à billets inefficace
S’il devait prendre la tête de la Réserve fédérale américaine (Fed), il «normaliserait les taux d’intérêt à un niveau bien plus élevé qu’aujourd’hui. En ce moment, la banque centrale ne s’occupe pas seulement de politique monétaire, mais aussi de politique budgétaire», a-t-il souligné. Il préférerait, quant à lui, encourager le gouvernement à réduire la dette et augmenter la participation du secteur privé, quitte à «menacer le gouvernement d’augmenter les taux d’intérêt encore davantage», a assuré ce Suisse installé en Asie depuis 1973.
Il a critiqué la banque centrale américaine, dont l’utilisation de la planche à billets n’est pas efficace. «Les fonds ne sont pas répartis de manière égale. Pire, ils alimentent des bulles», a-t-il prévenu. Ainsi, «au lieu de calmer la situation, cette politique accroît la volatilité» et risque de mener à «une crise majeure», selon le «Dr Doom». En outre, il a voulu pointer certaines incohérences: «Les bénéfices des entreprises sont au plus haut parce que les taux d’intérêt bas favorisent l’utilisation du capital plutôt que du travail.»
Dans son scénario, «Dr. Doom» anticipe une crise massive découlant en partie du surendettement américain et de leurs politiques monétaire et fiscale expansionnistes «qui ne seront pas éternelles», mais également de certains pays comme la Chine, dont l’endettement le préoccupe également.
Deux pays dont par ailleurs il se méfie des statistiques officielles et encourage à ne pas les prendre au pied de la lettre.
«Je ne saurais pas vous dire si cela se produira dans 5, 10 ou 15 ans, mais nous allons assister à une crise majeure à laquelle personne ne pourra échapper. Mais en attendant, il y a toujours des opportunités d’investissement».
L’Edito du Dimanche 28 Avril 2013: Que faire face aux maîtres du monde ? Par Bruno Bertez
Ne vous y trompez pas, nous ne sommes pas partisans des thèses conspirationnistes. Les maîtres du monde ne se cachent pas, ils œuvrent au grand jour. Simplement, ils profitent du fait que la chose monétaire est compliquée et que les peuples ne comprennent pas.
Pour comprendre ce qui se passe sur les marchés et dans le monde réel en ce moment, il faut revenir aux fondamentaux et les simplifier à l’extrême. C’est la complexité de la situation, caractérisée par l’entrelacs des causes et des effets, l’enchevêtrement des actions et réactions, qui empêchent de voir clair.
La situation se schématise de la façon suivante: excès de passif du système global sur son actif présent et même son actif futur anticipé.
Le passif est constitué de tous les papiers émis, monnaie, dettes, actions, retraites promises, répartitions sociales octroyées, couvertures santé, etc. etc.
L’actif est constitué de tous les assets existants et de la somme actualisée des cash-flows futurs, ou présenté autrement, l’actif est plus ou moins indexé sur la croissance future.
Le système s’est arrêté en 2008 par la prise de conscience que le monde était insolvable.
Willem Buiter, l’économiste en chef de la Citibank, a déterminé que pour recapitaliser toutes les banques de la zone euro, il faudrait réunir un fonds de 3.000 milliards d’euros – une somme colossale qui représente 30% du PIB de l’ensemble de la zone euro. Steen Jakobsen, l’économiste en chef de la Saxo Bank. estime quant à lui que le fonds devrait atteindre 2.000 milliards d’euros, ce que l’on pourrait atteindre avec une taxation des actifs de 10% à 15%. Déjà en 2011, le Boston Consulting Group avait indiqué qu’une taxe de 30% sur l’ensemble des actifs serait le seul moyen de sortir de la crise de l’euro.
Pire, toute l’ingénierie financière qui a été construite sur ces anticipations s’est grippée. Chacun a voulu retirer ses billes. Le système financier s’est bloqué sous le poids conjoint de l’insolvabilité, de la crise de liquidité et de la fuite devant le risque.
Tout cela est intervenu alors que la communauté spéculative mondiale était très chargée, le système était très leveragé.
Pour stabiliser tout cela, les marchés, les banques, le shadow banking system, on a injecté des trillions et des trillions dans le système, on a donné l’assurance des Etats au secteur privé, on a maquillé les bilans. On l’a fait en disant que c’était pour les économies réelles, pour lutter contre le chômage, etc.
Cela n’a jamais été vrai.
L’argent créé ne s’est pas comporté comme on pouvait l’espérer. Il n’est pas allé dans les économies réelles, il n’y a pas eu ce que l’on appelle « transmission de la politique monétaire ». Il a servi très partiellement à stabiliser les positions spéculatives globales, il a servi à des opérations spéculatives temporaires, des coups de fusil, mais surtout il a servi à renforcer la sécurité des banques et du système financier. Ce que l’on appelle rétablir la confiance. En effet, instruit par le grippage de 2008, les banques se sont dits, plus jamais cela: Plus jamais nous ne nous mettrons en position de ne plus pouvoir nous refinancer, nous allons constituer des réserves. Comme l’ont fait les pays asiatiques victimes de la crise de 1998. Ces réserves, elles sont là, accumulées dans les livres des Banques Centrales, oisives, même si elles rapportent un peu. L’essentiel de la quantité de monnaie fabriquée par les Banques Centrales est oisif. Neutralisé. Il n’a, si l’on veut, même pas le statut de vraie monnaie, tout au plus a-t-il le statut de monnaie potentielle.
La communauté spéculative mondiale n’a pas liquidé les positions qu’elle aurait dû liquider en 2008, on l’a incité à rouler ses positions. Elle a, pour ce faire, bénéficié d’un carry avantageux, l’argent pour financer les positions, n’a rien coûté, et ce carry avait beaucoup d’origines, puisque beaucoup de pays pratiquent les taux zéro et cherchent à faire baisser leurs devises. Il était assuré et pour ce faire d’ailleurs, les autorités n’ont cessé de promettre que les taux zéro étaient là pour longtemps.
Quand les aveugles pilotent à vue par Bruno Bertez (Source AGEFI SUISSE)
Le constat qui vient d’être fait dans les couloirs du FMI est clair malgré le phrasé politiquement correct: on ne sait pas du tout où l’on va.
Pour le public, la réunion de printemps du FMI est une réunion comme les autres. De la routine, on se congratule et on se pousse du col. Ainsi, Christine Lagarde est apparue sur les écrans de télévision pour proclamer, avec son culot habituel: «Je suis délibérément, désespérément, et de façon décisive, optimiste».
Nul besoin de s’attarder sur les prévisions conjoncturelles ou les recommandations du FMI. D’autant plus que ses erreurs sont éclatantes. Le FMI a annoncé en 2009 que l’Allemagne était celle qui allait le plus souffrir parmi les pays considérés, elle a pourtant dépassé son niveau d’avant la crise à peine un an plus tard. A l’inverse, le FMI ne cesse d’annoncer une reprise de la Grèce l’année suivante. En 2008, elle prévoyait que son PIB 2013 dépasserait de 22% celui de 2007. Il est aujourd’hui un quart inférieur!
Au même moment, dans les couloirs du même FMI, loin des micros et des caméras, on s’interrogeait: «Est-ce que nous comprenons vraiment ce qui se passe dans les économies avancées?», ainsi s’exprimait l’Italien, ex-BCE, Lorenzo Bini Smaghi. Mervyn King, futur ex de la Bank of England exposait ses doutes: «N’y a-t-il pas un risque à promettre trop ou à laisser espérer plus que nous ne pouvons tenir?». James Bullard, patron de la Fed de Saint-Louis, l’un des meilleurs, le 21 février exprimait les mêmes doutes sur un mode plus académique: «L’instabilité financière, la formation de bulles, est un problème. La Fed en parle souvent, donc c’est important. Mais ce n’est pas nouveau, cela dure depuis 20 ans. Et franchement, il n’y a pas de bonne réponse parce que nous n’avons pas de modèle pour traiter de l’instabilité financière».
Laissons de côté la propagande, les mensonges et les dénégations de Lagarde, et attardons-nous sur l’essentiel. Cinq ans après la catastrophe, nous en sommes au même point, rien n’a changé. La crise financière et bancaire est toujours enfouie dans les comptes truqués du Système. Les économies ne repartent pas. Le chômage continue d’enfler. Les niveaux de vie régressent. Les patrimoines sont érodés, sinon confisqués, par la répression financière et la fiscalité. Les consensus sociaux s’effondrent.
L’incendie a été noyé sous des déluges de liquidités monétaires, les économies ont été tenues à bout de bras par les déficits et l’argent gratuit, les agents privés sont sommés, sans succès, de dépenser, les marchés sont manipulés à l’extrême pour éviter les accès de panique; rien n’y fait, la machine refuse de repartir.
Au contraire, le système est encore plus lourd, plus déséquilibré par le poids croissant des dettes. Ses marges de manœuvre ont disparu, ses amortisseurs sont usés. Le constat qui vient d’être fait dans les couloirs du FMI est clair malgré le parler politiquement correct: on ne sait pas où l’on va, personne chez les dirigeants n’en a la moindre idée. Voilà la vérité, voilà la réalité.
Les marchés deviennent nerveux. Tout a commencé il y a une dizaine de jours par la chute record en quarante-huit heures du prix de l’or. Les marchés du pétrole, malgré une glissade similaire, n’ont toutefois pas battu de record. Puis, en milieu de semaine dernière, l’indice boursier allemand (DAX) a fondu comme neige au soleil et a terminé la semaine en baisse de plus de 4%.
Bien que les grandes devises aient été moins ébranlées par ce mouvement de fond, le dollar australien a traversé sa pire semaine depuis des mois, face à un dollar américain qui termine la semaine sur une note solide (comme c’est souvent le cas en période de pics de volatilité sur les marchés). Si de nombreuses explications ont été avancées sur ces phénomènes, aucune ne m’a pleinement satisfait.
Voici ma position sur ces événements, et l’explication qui en découle: nous nous orientons vers un grand changement de régime des marchés, loin des schémas qui se sont répétés depuis l’accalmie amorcée après la crise financière mondiale de 2008-2009. Ces schémas ont consisté notamment en l’achat d’actifs durables et d’actifs risqués, contre des monnaies dont les banques centrales pratiquent les politiques d’assouplissement les plus agressives. Il n’y a pas si longtemps, lorsque le Japon s’orientait clairement vers un fonctionnement ininterrompu de la planche à billets, la seule transaction sensée était de tabler sur des actifs durables et des actions mondiales face au yen japonais. Dès lors que la Banque du Japon a annoncé une nouvelle politique d’assouplissement quantitative, plus agressive encore que celle de n’importe quelle autre banque centrale, nous avions toutefois été prévenus que le yen se déprécierait. Mais nous avons également été récompensés par un effondrement virtuel du marché de l’or et une nervosité à son paroxysme des marchés d’actions. Comment est-ce possible?
Peut-être faudrait-il reconnaître que le mélange des politiques des banques centrales pratiqué ces dernières années a eu pour seul effet d’encourager la spéculation sur les devises et les situations à risques extrêmes sur les marchés d’actifs. D’où la recherche de plus de volatilité sur le marché, notamment du côté des devises.
Les marchés essaient alors de déterminer si le soutien des banques centrales encourage la prise de risques et la vente des devises les plus liquides, ou l’inverse. Ces politiques gonflent des bulles dangereuses, pouvant éclater à tout moment si la confiance chute.
Par John J. HardyStratège et consultant en devises auprès de Saxo Bank/Le temps 23-4-13
Le rôle de l’or dans le système monétaire de demain
La crise actuelle accroît la pression en faveur d’un système multimonétaire. Durant la phase de transformation, l’or jouera un rôle crucial
Sur la scène de la crise de l’endettement, les rôles joués par les diverses monnaies sont redistribués. En dépit des failles de marché récentes et outre les grandes monnaies fiduciaires, l’or gagnera encore en importance. Les raisons paraissent évidentes lorsque l’on observe de plus près l’évolution de notre système monétaire.
Un déposant averti en vaut deux Par Eric Sprott et Shree Kargutkar
« Si une banque comporte des risques, notre première question devrait être la suivante : « D’accord, qu’allez-vous faire, vous la banque, pour remédier à la situation? Qu’allez-vous faire pour reconstituer votre capital? Si la banque ne peut pas le faire, nous allons devoir parler aux actionnaires et aux créanciers obligataires. Nous allons leur demander de contribuer à la recapitalisation de la banque. Et, au besoin, nous nous adresserons aux titulaires de dépôts non assurés : « Que pouvez-vous faire pour sauver vos banques? » » – Jereon Dijsselbloem, 26 mars 2013. 1
Une entente vient d’être conclue avec Chypre. Cependant, ce n’était pas le même accord qui avait été ratifié pour d’autres pays, comme la Grèce, l’Italie ou l’Espagne et aucune banque n’a été sauvée. Le risque n’a pas été transféré des banques surendettées aux contribuables, mais il a plutôt été repoussé aux banques. Leur capital s’est évaporé. Leurs créanciers obligataires ont été anéantis. Les comptes de leurs titulaires de dépôts non assurés ont été assaillis pour obtenir des liquidités additionnelles. Ce n’était pas seulement que les règles du jeu avaient changé, mais le jeu lui-même a été modifié. En s’attaquant aux comptes des déposants, une importante banque centrale a posé un geste sans précédent. Le Rubicon a été franchi. À l’avenir, on s’attend à ce que cette façon de faire soit le « modèle » utilisé pour traiter avec les banques risquées et surendettées et avec les pays qui les appuient.
Pour la première fois depuis le début de la crise, nous sommes confrontés à un nouveau paradigme, ou à un « modèle », soit une nouvelle façon pour les importantes banques centrales de remédier aux accès de faiblesse du secteur financier. Alors que l’ancien modèle comportait une « opération de sauvetage » visant à transférer le risque des entreprises aux contribuables, le nouveau modèle est plutôt une « opération de recapitalisation interne », c’est-à-dire que l’institution affectée assume son propre risque, et ce, au détriment des actionnaires, des créanciers obligataires et, en dernier lieu, des déposants.
Quelles sont les incidences du nouveau modèle sur vous?
Ce « modèle » est déjà utilisé pour les banques qui sont trop grosses pour être sauvées dans les autres pays développés du monde. Un document publié conjointement par la FDIC et la Banque d’Angleterre en décembre dernier contenait la déclaration suivante :
« Une façon efficace de retourner au secteur privé l’administration saine des établissements financiers d’importance systémique mondiale serait d’échanger ou de convertir en capitaux propres un montant suffisant des créances non garanties des créanciers initiaux de la société en faillite. Aux États-Unis, ces nouveaux capitaux deviendraient ceux d’une ou de plusieurs entités nouvellement formées. Au Royaume-Uni, la même approche pourrait être utilisée ou le capital pourrait servir à recapitaliser l’institution financière en faillite – ainsi, les « créditeurs de recapitalisation interne » de premier rang survivants deviendraient les nouveaux propriétaires de l’institution réchappée. Une telle stratégie permettrait d’assurer une discipline du marché et maintiendrait une stabilité financière, et ce, sans que les contribuables aient à en assumer le coût. »2
Il est important de remarquer l’absence des mots « titulaires de dépôts non assurés » dans ce contexte, ce qui rend tant les titulaires de dépôts assurés que non assurés vulnérables à cette situation. Dans le même ordre d’idées, le récent budget du Canada aborde la même question. La page 160 du Plan d’action économique du Canada pour 2013 se lit comme suit :
« Le gouvernement propose d’établir un régime de capitalisation interne pour les banques d’importance systémique. Ce régime sera conçu de manière que, dans le cas peu probable où une banque d’importance systémique épuiserait ses fonds propres, elle pourra être recapitalisée et redevenir viable grâce à la conversion très rapide de certains de ses passifs en fonds propres réglementaires. Cette mesure réduira les risques pour les contribuables. »3
De la même façon, la politique afférente aux banques en difficulté (Open Bank Resolution) de la Nouvelle-Zélande permet à celles-ci de se recapitaliser en s’attaquant d’abord aux actionnaires, en prenant ensuite d’assaut les créanciers obligataires et, finalement, en forçant les déposants à assumer des pertes.4
Mister market and Doctor Conjonture du Mardi 16 Avril 2013: A falling knife par Bruno Bertez
Il y a un vieux dicton boursier qui dit : "Ne cherchez pas à attraper un couteau qui tombe."
Cette sentence est beaucoup plus profonde qu’il y paraît. Pratiquement, c’est vrai, que l’on peut se faire mal. Mais l’expression va plus loin car elle touche au plus profond de l’inconscient. Cette instance perçoit clairement l’image des doigts coupés, le sang, cette sorte d’angoisse qui étreint face à la coupure, bien au-delà de la douleur. C’est que l’image du doigt coupé nous touche dans ce que nous avons de plus primaire : elle évoque la castration. Ce n’est pas un hasard si nous nous amusons à ce rapprochement, car il y a un lien entre la souffrance imaginaire de la castration et la souffrance narcissique que l’opérateur boursier ressent quand il se trompe. Il perd son aura, son scintillement, ce qu’il croyait avoir et qu’il n’a pas.
Il n’est jamais bon de réagir à chaud sur un événement de marché.
La première raison en est que, bien souvent, les réactions sont intempestives, quelles soient à l’achat ou à la vente. Il n’est pas vrai qu’il n’y ait que deux sens en bourse. Il y en a beaucoup d’autres. Car la bourse est une succession de décisions et, lorsqu’elles sont malencontreuses, le coût de ces décisions s’additionne. Ainsi, on peut, par exemple, croire que l’on achète bien dans une baisse pendant quelques jours, puis, lorsque la baisse reprend, s’emmêler les pieds et ensuite faire toute une série toutes plus ruineuses les unes que les autres. Une décision initiale apparemment juste peut s’avérer catastrophique à terme. Et c’est là où il faut introduire la notion de conviction.
La conviction, c’est ce qui vous permet de croire en quelque chose et de vous y tenir, quelle que soit la suite des événements. Grâce à cette croyance, vous travaillez sur un cycle complet de hausses et de baisses intercalaires et, si votre conviction était la bonne, vous faîtes une performance exceptionnelle.
Ce petit préambule pour vous dire qu’en aucun cas, face à des mouvements violents, que ce soit sur les actions, les matières premières ou l’or, il ne faut se précipiter. A nos élèves, lorsque nous enseignions, nous avions coutume de dire : sur les marchés, les trains passent toujours plusieurs fois.
Revenons à la situation présente. Elle se caractérise par une forte chute du métal jaune. Chute qui a été accélérée par les manipulations techniques. On a fait casser le fameux seuil des 20% qui est celui qui, soi-disant, indique qu’un marché devient fondamentalement baissier. Goldman Sachs, trois jours avant l’effondrement des cours, a conseillé à ses clients de vendre à découvert le métal. Quelques jours plus tard, pour faire bonne mesure, il « en a remis une couche » en abaissant son objectif annuel pour le cours du métal jaune.
Tout cela, c’est de la manipulation ou, si l’on veut, du circonstanciel.
«La tendance baissière devrait s’accélérer, selon Jeffrey Currie et Damien Courvalin, analystes auprès de Goldman Sachs. Il faut se positionner pour une baisse future des prix et vendre le métal jaune à découvert», écrivent-ils dans une étude parue mercredi 10 Avril. Goldman Sachs a ainsi abaissé ses objectifs de cours à 1450 dollars l’once en 2013, 1270 dollars en 2014 et 1200 dollars en 2017. Il faudrait ensuite que l’inflation parte à la hausse pour engendrer un nouveau cycle haussier, selon eux.
Tactiquement, Goldman Sachs avertit que les investisseurs devraient vendre à découvert, car la baisse pourrait être plus rapide et forte que prévu: «Mieux vaut établir des positions baissières trop tôt plutôt que trop tard», écrivent-ils.
«L’or a perdu son pouvoir de fascination en tant que valeur refuge durant la crise de la dette et de l’euro», a déclaré mardi 9 Avril au China Morning Post l’Américain George Soros, fondateur de Quantum Fund.
Citigroup Private Bank a déclaré sortir entièrement l’or de son allocation. A la fin de mars, la Société Générale prévoyait un cours de 1375 dollars l’once pour 2013.
A l’inverse, les banques centrales achètent de l’or à un rythme qui s’est accru ces trois derniers mois…
Evidemment, si vous êtes spéculateur, vous ne pouvez pas vous en désintéresser.
Evidemment, si vous êtes acheteur à cœur de lièvre, c’est à dire sans conviction, c’est la même chose. Vos perceptions sont telles que vous souffrez, non seulement dans votre patrimoine, mais dans votre narcissisme. Le nombre de personnes qui souffrent de s’être trompées dans une décision d’investissement est beaucoup plus important qu’on ne le croit. La preuve en est que le nombre de personnes qui mentent sur les résultats de leurs choix d’investissement en se prétendant plus intelligents et plus avisés qu’ils ne le sont, est de plus de 70%, selon une vieille enquête.
L’évolution des cours a été dictée par les transactions sur l’or papier. Les positions nettes détenues par les spéculateurs ont diminué de 6 millions d’onces durant le trimestre. Mais contrairement aux précédents mouvements de ce type, celui-ci est dû à une explosion de positions shorts. Elles ont atteint un niveau record de 13 millions d’onces en février et se trouvent à 12 millions d’onces à la fin du trimestre. L’or pâtit durement et de la concurrence des marchés boursiers, jugés plus rémunérateurs que les métaux précieux, et de la fermeté du Dollar. Plusieurs rumeurs font état d’appels de marge et de ventes forcées de la part d’un important hedge fund en difficulté. Avec en conséquence et en stimuli un emballement des systèmes de trading à haute fréquence (THF).
En revanche, si vous accumulez de l’or dans une vraie optique d’assurance anti-catastrophe, alors là, vous restez sereins. Cela fait des années que nous répétons cette évidence : l’or n’est pas un placement. L’or n’est pas une classe d’actif. Si on l’a transformé en classe d’actif, c’est à dire en papier, c’est pour pouvoir le dénaturer. Pour pouvoir assurer la victoire des Banques Centrales et des gouvernements -vendeurs de papier- sur les citoyens -acheteurs d’or-. L’or, c’est l’anti-monnaie de papier, c’est l’anti-servitude, c’est la monnaie au service des individus. L’or, c’est l’arme suprême des terroristes de la liberté.
"Homo Homini Lupus" : Parce que Hobbes est un killer et Rousseau un doux rèveur….
Nouveau blog , nouvelle année, nouveau cycle ,nouvelle action…croix de bois, croix de fer, si nous mentons, nous allons en enfer…le regard est hagard mais l’écriture aussi…courte et acérée et souvent trop alambiquée, pressée par le temps, empressée d’embrasser l’actualité économique et financière…orthographe approximative….pensée sms pour une mise en lumière, un simple coup de projecteur sur un théâtre d’ombres financières témoins de nos passions et de nos désirs les plus obscurs…magnéto Serge et bienvenue donc à bord du radeau médusé: Capitaine "Devil"Virtual Lupus est à la barre du 1er site garanti 100% porno financier…parce qu’ici si on ne vous cache rien, on ne vous dit parfois, pas grand chose non plus….enfin en apparence….seulement en apparence…
le blog a lupus…un regard hagard sur l’écocomics et ses finances….
« Depuis que le Président Nixon a rompu le lien final entre le dollar et l’or, aucune monnaie majeure pour la première fois dans l’histoire n’a de connexion avec une commodity ». Milton Friedman, 1991.
« Il n’y a pas de moyen plus subtil et plus sûr de détruire les bases de la société que de débaucher la monnaie ». John Maynard Keynes,1920.
« Le papier monnaie sans ancrage s’est régulièrement avéré une malédiction pour le pays qui l’a employé ». Irving Fisher, 1921.
« Il y a de bonnes raisons de croire que la nature de la monnaie n’est pas vraiment comprise ». John Law, 1720.
« Nous pensons que si vous sapez les bases de la monnaie, vous sapez aussi les bases de l’économie. La difficulté est de définir quelle est la part de la structure de liquidités qui correspond à de la vraie monnaie » ; « la monnaie, je ne sais plus très bien ce que c’est ». Alan Greenspan, 2000.
« La liquidité, l’abondance monétaire, c’est quand on croit que l’on va vendre plus cher que l’on a acheté ». D. Kohn, 2003.
The Wolf international corporation edition est heureux de vous présentez ses bruits, cris et hurlements à l’oreille des Loups
Chronique des Matières Premières
Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus.
Fair Trade/ Le Blog de Jennifer Nille
Ce blog veut essayer de faire découvrir le monde obscur du trading. Il veut décrire comment les dark pools, algo-traders, MTFs,… fonctionnent, et ce qu’ils entraînent comme changement sur les marchés. Les autres acteurs (régulateurs et Bourses trad
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Le titre de ce blogue, “La vitre cassée”, n’a pas été choisi au hasard. Il fait référence au Sophisme de la vitre cassée exposé par Frédéric Bastiat dans son célèbre essai publié en 1850: Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas.
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L’objectif de son blog est de clarifier certains débats économiques avec un angle d’approche différent. Les sujets traités relèvent essentiellement des problèmes de dettes et déficits publics, de gestion des devises et de fiscalité.
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"Le sexe, la drogue et le rock and roll sont au jeune fou ce que les textes, le grog et les patates chaudes sont au vieux Sage"
" Mieux vaut une fin terrifiante qu’une terreur sans fin "
"Vous ne pouvez pas donner la force au faible en affaiblissant le fort… Vous ne pouvez pas aider le pauvre en ruinant le riche"
"Ce qui ne peut perdurer finira forcément par cesser"
"Celui qui a péché par la Dette doit périr dans la Dèche"
« L’Ultraliberalisme et le Néokeynésianisme sont les deux faces d’une même pièce : Une sorte d’immense farce tragico-comique »
BRUNO BERTEZ
"Le Pouvoir et les richesses, à l'échelle de l'histoire passent toujours de ceux qui y ont titre à ceux qui y ont droit et le droit c'est le droit du plus fort"
« La valeur de l'or n'est pas liée a la tradition c'est plus fondamental que cela
L'or fait partie des archétypes qui constituent l'esprit humain au sens de Carl Jung et des alchimistes L'or est un symbole et c'est pour cela qu il est éternel
L'éternité du métal ne réside pas dans sa matière mais dans son caractère symbolique ancré dans l'âme humaine il est éternel et universel dans l'esprit humain
Mais pour comprendre cela il faudrait que Bernanke ait une culture !
L'or , le soleil, l'arbre , l'eau etc sont non pas des réalités concrètes mais des réalites symboliques qui peuplent et constituent le fond de la psyché partout et de tous les temps ! »
« Bernanke et Geithner veulent ce qu’ils appellent « un dollar fort ». Mais dans leur pensée et dans leur conception, un dollar fort ce n’est pas comme on le croit un dollar cher. C’est un dollar qui impose sa loi, c’est un dollar que l’on force à accepter, un dollar que l’on continue de stocker. Bref, un dollar qui, négativement, faute d’alternative et à la faveur de la puissance militaire, continue de bénéficier de son rôle de monnaie impériale, de safe-haven. Ils veulent un dollar à la fois faible en prix mais en même temps roi ».
”Les gens, y compris les économistes ont du mal à considérer et à comprendre que les états souverains sont des agents économiques comme les autres; soumis aux mêmes lois de la valeur , de la rareté et de la comptabilité; simplement ils sont plus gros que les autres et se sont octroyé le droit de tricher”
“Dans les temps anciens, les Banquiers prêtaient aux Rois, aux Souverains. Incapables de se modérer, les Souverains se su rendettaient et se mettaient en situation de défaut de paiement. C’est alors que les Banquiers faisaient pression sur le Roi, lui dictait sa politique fiscale. Placés sous tutelle, les Souverains pressuraient le peuple pour honorer les créances des Banquiers. Les Banques Centrales ont été créées pour aider les Banquiers à faire le plein de leur créances en ajoutant à l’impôt visible , l’inflation tax invisible. Quand la Banque Centrale octroie de l’argent à un Banquier, elle dilue l’argent qui se trouve dans les mains des citoyens. L’histoire de la Great Experiment de John Law, n’est rien d’autres que celle là, poussée à sa plus extrême limite, c’est le modèle de la Great experiment de Greenspan, puis Bernanke; la bulle de la Compagnie du Mississipi est l’ancêtre de toutes les bulles car elle a été soufflée volontairement, cyniquement ».
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L’Edito du Dimanche 19 Mai 2013: Notre scénario, survol et articulation avec ce que l’on voit Par Bruno Bertez
L’Edito du Dimanche 19 Mai 2013: Notre scénario, survol et articulation avec ce que l’on voit Par Bruno Bertez
Vous savez aussi, si vous ne l’avez pas oublié, que nous sommes acheteurs d’actions depuis février 2009 et que nous le restons.
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Si vous nous lisez attentivement, vous avez également remarqué que nous avons, de moins en moins, donné des opinions de trading, à la hausse ou à la baisse. Vous savez que nous considérons qu’il faut être naïf pour se séparer de ses obligations et fonds d’Etat maintenant et pour croire à l’imbécilité de la Grande Rotation tout en affirmant que les porteurs de titres à revenu fixe seront en grande partie ruinés.
Vous savez, car nous le répétons, que le marché financier est le Grand Piège, le lieu de destruction de l’excédent de capital qui asphyxie le Système. Nous soutenons que les mouvements boursiers, la volatilité, sont à votre détriment et qu’ils n’ont qu’une fonction, faire passer votre argent de votre poche dans celles des banques et des gouvernements. Les marchés, affirmons-nous, sont un pré sur lequel on vous tond, vous les sheoples, dans le cadre de la Grande Répression Financière en cours.
Il est temps, nous semble-t-il, de tenter de réconcilier tout cela et de monter la cohérence profonde du scénario sous-jacent, cohérence malgré les apparentes contradictions.
Il nous faut d’abord faire la liaison avec ce que l’on voit, non seulement la hausse des marchés, mais également avec ce que l’on entend, à savoir les argumentaires des haussiers, des bulls.
Pour cette raison, nous vous livrons le scénario dominant.
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19/05/2013 Publié par The Wolf | Argentine, Art de la guerre monétaire et économique, Au coeur de la création de richesse : l'Entreprise, Behaviorisme et Finance Comportementale, Changes et Devises, Commentaire de Marché, Cycle Economique et Financier, Déflation, Etats-Unis, Formation a la gestion de portefeuille, Gold et Métaux Précieux, Idées Courtes, Idées Fausses, Indicateur des Marchés, Inflation, inflation importée, monétarisation de la dette, Japon, L'Etat dans tous ses états, ses impots et Nous, l'hérésie keynésienne, Les Clefs pour Comprendre, Les Editos, Les Tribulations de la Kleptocratie, Marché Obligataire, Marchés Financiers et Boursiers Actions, Mister Market and Doctor Conjoncture, Mon Banquier est Central, Monétarisme, Répression Financière, Risques géopolitiques, sociaux, environnementaux et sanitaires, Trappe à Dettes | Bruno Bertez, David Stockman | 15 Commentaires