Formation a la gestion de portefeuille

Formation Financière : Investir dans les Matières Premières

Eléments indispensables a connaitre quant a la gestion optimum d’un portefeuille boursier…pédagogie donc avant tout même si pas toujours très ludique :-) ) Mais qui ma foi peut se révéler fort utile pour quand la bise fut venue ne pas être pris au dépourvu….Nouveau volet consacré a l’investissement dans les Matières Premières,  on le doit au chercheur canadien André Gosselin infatigable pourfendeur des idées reçues pour tout ce qui touche à la Matière Financière…

Se diversifier dans les commodités

 

 

Les matières premières doivent faire partie d’un portefeuille diversifié

 

Les matières premières n’ont jamais vraiment intéressé les petits investisseurs. Pourtant, cela fait plus de cent ans que ce marché leur est ouvert, au Canada comme aux Etats-Unis. Plutôt que d’investir directement dans les contrats à terme sur le pétrole, l’or, le sucre ou le maïs, l’investisseur préfère acheter des actions d’Exxon, de Goldcorp ou de Monsanto. Il croit, à tort, que d’investir dans Exxon, Petro-Canada ou Encana c’est investir dans le pétrole.

 

Certes, la hausse du prix du pétrole profite aux grandes pétrolières, mais pas nécessairement à toutes les compagnies qui se sont lancées dans l’exploration ou l’exploitation pétrolière. On oublie qu’une compagnie d’exploration pétrolière peut faire faillite et ne rien trouver du tout dans ses activités de forage. Le baril de pétrole, lui, ne peut pas faire faillite. Le prix du gaz naturel, de l’électricité ou de l’or ne peut pas tomber à zéro, tandis que les actions d’Enron ou de Bre-X ont démontré leur capacité à y arriver.

 

Il y a d’autres raisons d’investir directement dans les matières premières et ce qu’il est convenu d’appeler les commodités. La première est que le marché des commodités n’est pas corrélé avec celui des actions ou des obligations. Quand la Bourse va mal, le marché des commodités va plutôt bien. Quand le marché obligataire s’écroule, le marché des commodités est un refuge plutôt solide.

 

Les investisseurs qui ont connu la période qui va de 1966 à 1982 savent très bien que leur portefeuille d’actions n’a rien fait de bon, et qu’il a même perdu du terrain avec l’inflation. Les plus vieux se rappelleront la célèbre couverture du magazine Business Week du 13 août 1979, annonçant la mort des actions, sous le titre : « The death of equities ». « Seuls les marchés des commodités et de l’immobilier, écrivait alors le magazine, offrent de bons rendements aux investisseurs, et on ne voit pas à court terme comment les actions pourront prendre le relais ». Pendant près de 15 ans, les matières premières ont constitué le seul marché, avec l’immobilier, pouvant augmenter la valeur du patrimoine des Américains.

 

Il y a mieux encore. Le marché des commodités, de 1959 à nos jours, a procuré aux investisseurs des rendements équivalents à ceux de la Bourse américaine. Les investisseurs qui ont été en mesure d’investir dans un panier ou dans un fonds de contrats à terme bien équilibré et diversifié ont réalisé, pour toute cette période, un rendement pratiquement semblable à celui de la Bourse américaine, avec une volatilité légèrement inférieure.

 

Ce constat, relativement récent, provient d’une étude du Yale International Center for Finance publiée en juin 2004. Les deux auteurs de la recherche, les professeurs Gary Gorton et Geert Rouwenhorst, ont construit un indice pondéré de matières premières, contenant 34 commodités, afin d’établir des rendements comparatifs avec le marché des actions et le marché des obligations. Leur analyse ne consiste donc pas à comparer l’évolution du prix des matières premières en soi avec ceux des actions ou des obligations. Il s’agit plutôt de comparer les rendements entre un indice de commodités rééquilibré à chaque mois, avec les rendements d’un indice boursier (le S&P 500) et d’un indice obligataire (le Ibbotson corporate bond index).

 

Sur la période de 43 années étudiées par les deux chercheurs, les matières premières ont donné un rendement comparable au S&P 500, tout en surperformant l’indice obligataire. Les commodités ont fait beaucoup mieux que le marché des actions durant les années 1970, mais la performance a été inversée dans les années 1990 alors que les actions ont fait nettement mieux.

 

Boom des commodités

 

Dans son livre sur le boom des matières premières publié en 2004 (Hot Commodities : How Anyone Can Invest Profitably in the World’s Best Market, traduit en français chez Valor Éditions, sous le titre Le boom des matières premières), le grand gestionnaire de portefeuille Jim Rogers rappelle que nous avons connu, au 20e siècle, trois grands marchés haussiers sur les matières premières qui ont duré chacun, en moyenne, un peu plus de 17 ans : 1906-1923, 1933-1953, 1968-1982. Durant ces trois grands booms des commodités, le marché boursier a donné des rendements pitoyables, voire négatifs, alors que le marché des commodités nous donnait des rendements annuels dans les deux chiffres.

 

Ainsi, le marché des matières premières et celui des actions se relaient en alternance, au chapitre des rendements, sur des cycles très longs, qui peuvent durer plus d’une décennie. Pendant que les actions végètent sur une longue période, les matières premières affichent une hausse fulgurante de leurs prix. Et si, depuis 10 ou 15 ans, les prix des matières premières ne cessent de chuter, les chances sont bonnes que les actions reprennent le flambeau et constituent la bouée de sauvetage des investisseurs.

 

Pourquoi en est-il ainsi ? Parce que certains cycles de l’économie ne se mesurent pas en mois ou en trimestres, mais en années et dizaines d’années. L’offre des matières premières pour répondre à une hausse mondiale de la demande ne s’ajuste pas en quelques mois. Il faut plusieurs années pour forer de nouveaux puits de pétrole, ouvrir de nouvelles mines, construire des pipelines et des routes pour acheminer l’or noir ou jaune vers les usines de transformation. Sans compter tous ces autres délais pour accumuler les capitaux nécessaires, obtenir les permis gouvernementaux, commander et recevoir la machinerie et les lourds équipements d’exploration et d’exploitation (une plateforme de forage ne se fabrique pas en une nuit), amadouer les populations locales ou, pire, les environnementalistes, etc. Ainsi, un marché haussier du pétrole, du gaz naturel, du cuivre, de l’uranium ou de l’or peut durer aussi longtemps que dure le processus de financement, d’exploration, de transport, de raffinage et de mise en marché.

 

Gorton et Rouwenhorst montrent également que le marché direct des matières premières a offert, depuis près d’un demi siècle, de bien meilleurs rendements que celui des actions de ces sociétés qui sont impliquées dans l’exploration ou l’exploitation des matières premières. La performance cumulée des contrats sur les commodités, entre 1962 et 2003, a été trois fois celle des actions correspondantes. Sur un horizon aussi long, c’est énorme.

 

Il ne manque pas d’experts des commodités pour nous dire que nous sommes en plein cœur d’un boom des matières premières qui pourrait durer dix ans encore. Jim Rogers est de ceux-là. Selon lui, l’ouverture de l’Inde et de la Chine sur le monde et l’économie de marché constitue une raison majeure d’espérer un marché haussier séculaire des matières premières, pour encore au moins dix ans.

 

Ajoutons à cela le cafouillage de la Russie et de l’Afrique (des régions qui tarderont encore au moins 10 ans, à cause notamment de la corruption, à exploiter efficacement leurs immenses richesses), la montée des gouvernements de gauche en Amérique du Sud, la dette des Etats-Unis et la chute du dollar américain, et enfin la poudrière politique du Moyen-Orient; bref, la table est mise pour une belle envolée du cours des matières jusqu’en 2015. De bien bonnes nouvelles pour les pays riches en ressources naturelles, mais stables et relativement productifs, comme le Canada et l’Australie.

 

L’investisseur aurait donc tout intérêt à mieux diversifier son portefeuille avec un bon fonds de commodités, pour à la fois diminuer son risque et augmenter son rendement.

 

André Gosselin, vice-président recherche, orientationfinance.com 

 

Référence :

 

Gary Gorton et Geert Rouwenhorst, “Facts and fantasies about commodity futures”, Yale International Center for Finance, Working Paper no 04-20, 2004, 42 pages

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Les matières premieres

 

 

 

Investir dans les commodités via des gestionnaires peut être très rentable à long terme. Le succès repose sur de bonne méthodes d’investissements et une bonne gestion des risques.  

 

Durant les décennies 80 et 90, il y a eu sous-investissement dans la production des matières premières. La tendance à la production mondiale s’est renversée, depuis, avec une pause à la fin 2008 et 2009. La demande mondiale pour les matières premières reprendra dès la fin 2009 probablement quand la reprise économique sera de nouveau au rendez-vous.

 

   

Par William André Nadeau

Gestionnaire de portefeuille 7/4/09

  

 

 Voici des extraits d’une chronique d’André Gosselin, déja parue dans Finance et Investissement sur le sujet

 

 

Nous avons assisté, durant les décennies 1980 et 1990, à une chute importante du prix des matières premières (denrées alimentaires, minéraux, énergie, produits forestiers, etc.), grâce à une offre nettement plus élevée que la demande mondiale. Quand les prix des commodités sont à la baisse sur une aussi longue période, les producteurs sont plus incités à désinvestir qu’à investir, et plus tentés de réduire leur capacité de production que de l’augmenter.

Les pays riches en matières premières, disent certains, ont le vent dans les voiles parce que cela fait plus de 20 ans qu’ils « rationalisent » leur offre à la baisse. Le boom du prix des commodités s’arrêtera quand nous aurons suffisamment investi pour combler la hausse de la demande mondiale. Et aux dires de plusieurs experts, il faudra sans doute encore cinq ou 10 ans pour y arriver.

Malgré tous ces beaux discours, les investisseurs ne sont pas très tentés par les matières premières quand ils regardent l’évolution de cet univers de placement depuis plus d’un siècle. En dollars constants, le prix de la tonne de cuivre est dix fois moins élevé aujourd’hui qu’il y a 200 ans. Il en va de même pour le zinc, l’aluminium et la plupart des autres métaux. Le prix du pétrole est cinq fois plus bas aujourd’hui qu’en 1900, et il a atteint à peu près le même prix que celui qui prévalait dans les années 1950. Au cours des 50 dernières années, la production alimentaire mondiale a été multipliée par trois, alors que la population mondiale a été multipliée par deux. En 1900, plus de 50 % des revenus des Canadiens et des Américains étaient consacrés à l’alimentation; aujourd’hui, ce sont moins de 10% de leurs revenus qui sont attribués à ce poste de dépenses. Le coût des denrées alimentaires a chuté de plus de 40 % dans les années 1980, pour atteindre un creux historique au début des années 1990.

Contrairement à tout ce qu’on annonçait dans les années 1970 et 1980 (on se rappellera les rapports alarmistes du fameux Club de Rome en 1972, ou ceux de l’administration Carter, aux États-Unis, en 1980), nous n’avons pas assisté à une rareté grandissante des denrées alimentaires, des énergies fossiles, des métaux ou des produits du bois, bien au contraire. Nous avons progressé vers de moins en moins de rareté et de plus en plus d’abondance.

Il y a une raison très simple à cela. L’Occident, depuis un siècle, ne cesse de créer de nouvelles technologies toujours plus performantes pour produire du maïs, du bois, du pétrole ou du cuivre. Et tant qu’il innovera, tant qu’il trouvera des substituts à toutes sortes de matières de base (pensons au remplacement du fil de cuivre par la fibre optique ou au satellite dans les télécommunications, aux OGM, etc.), nous avons de bonnes raisons de penser que les pénuries ne sont plus qu’un mauvais souvenir.

L’investisseur tenté par le secteur des matières premières est donc écartelé entre deux grandes forces qui agissent de manière opposée sur le cours des matières premières : d’un côté, les développements technologiques qui exercent une pression à la baisse sur les prix, et de l’autre, l’expansion de la Chine, de l’Inde et de plusieurs autres pays émergents et fort populeux, qui exercent une pression à la hausse sur les prix.

Indice = stratégie

En matière de commodités, le passé peut-il être garant de l’avenir ? Et ce passé, en quoi consiste-t-il exactement ? Pourquoi les indices de commodités les plus connus affichent-ils des rendements respectables, alors qu’on sait très bien qu’un panier de l’ensemble des matières premières qui se négocient sur les marchés des contrats à terme a donné un rendement quasi nul depuis la Deuxième Guerre mondiale ?

Dans un article à paraître en 2006 dans le Financial Analysts Journal, Claude Erb et Campbell Harvey montrent que le marché des commodités, depuis un demi-siècle, a procuré aux investisseurs un rendement nul comparativement à un placement sans risque dans les bons de Trésor américains. En termes plus précis, le rendement des contrats à terme sur les commodités n’a pas permis de surpasser les bons du Trésor. Des 36 principales commodités qui sont négociées sur le marché des « futures » depuis 50 ans, 18 ont donné un rendement inférieur aux bons du Trésor, et 18 ont donné un rendement supérieur aux bons du Trésor. L’un dans l’autre, les profits s’annulent.

En revanche, l’investisseur qui a été en mesure d’investir dans un indice pondéré de matières premières a pu obtenir un rendement proche de celui des actions. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’un indice pondéré n’est rien d’autre qu’une stratégie de placement qui fixe un plafond pour chaque titre composant l’indice.

Si, par exemple, la pondération relative de chaque titre associé à l’indice est limitée à 5 %, cela voudra dire que les titres qui prennent beaucoup de valeur (le pétrole, par exemple) seront vendus, et que l’argent récolté sera réinvesti dans les titres qui ont perdu de la valeur ou qui ont vu leur pondération tomber en dessous de 5 % (le cuivre, par exemple). Un indice ainsi plafonné offre à l’investisseur la vente automatique des actifs qui sont relativement chers, pour les remplacer par des actifs qui sont relativement peu chers.

C’est ainsi que le rendement annuel composé du Goldman Sachs Commodity Index, depuis 1969, a été de 12,2 %, ce qui se compare avantageusement au rendement de 11,2 % de l’indice des actions du S&P 500. Un indice, dans le cas des commodités, est donc bien plus qu’un simple panier de titres. C’est une véritable stratégie de placement et, mieux encore, une véritable gestion tactique, permettant de se protéger en partie contre les fluctuations trop importantes, ou encore d’éviter les écueils d’une bulle spéculative sur le pétrole, le sucre, le maïs ou l’or, pour ne citer que ces quelques exemples.

On pourrait rétorquer qu’il en est de même pour un indice d’actions comme le S&P 500 ou pour l’indice industriel Dow Jones. Tout indice d’actions suppose intrinsèquement une stratégie d’investissement, ne serait-ce que par la méthode de pondération (ou de non-pondération) adoptée. Pourtant, il y a des différences énormes entre un panier d’actions et un panier de commodités.

Si, depuis 1957, on n’avait jamais rien changé à la pondération ou aux titres qui forment le S&P 500, on aurait tout de même réalisé un rendement annuel moyen de 11 % au 31 décembre 2003, soit le même rendement que l’indice S&P 500 officiel, tel que géré et modifié annuellement par la société Standard & Poor’s. Il n’en va pas de même avec un panier de commodités non pondéré et non modifié, lequel a produit, sur la même période, un écart de rendement considérable par rapport à un panier de commodités régulièrement rééquilibré.

Il ne faut donc pas s’étonner des écarts de rendement importants entre les quatre principaux indices de commodités que sont le CRB Futures Price Index (créé par l’agence Reuters), le Dow Jones AIG Commodity Index, le Goldman Sachs Commodity Index (GSCI) et le Rogers International Commodities Index (RICI), dans la mesure où les éléments qui les composent varient de 17 (pour le CRB) à 35 (pour le RICI), surtout quand on sait qu’en 2004, suivant les méthodes de pondération de chacun d’eux, le pétrole brut était plafonné à 5,86 % pour le CRB, à 12,28 % pour l’AIG, à 28,6 % pour le GSCI et à 35 % pour le RICI.

Au cours des prochains mois, de plus en plus de produits financiers indiciels seront offerts aux investisseurs, afin que ceux-ci puissent tirer profit du « boom » des matières premières. Il leur faudra examiner de près la nature et la composition des indices visés avant d’arrêter leur choix.

Référence: Claude Erb et Campbell Harvey, « The tactical and strategic value of commodity futures », à paraître en 2006 dans le Financial Analysts Journal.

André Gosselin Ph.D
Auteur et fondateur de la philosophie de gestion de portefeuille fondée sur la recherche académique d’Orientation Finance.

 

André Gosselin vous démontre, dans ces synthèses d’études, qu’à long terme investir dans les commodités sans tenir compte d’une pondération plafonnée de chacune des commodités n’a pas rapporté mieux que le rendement des bons du trésor américain. Autrement dit, le prix des matières première suit l’inflation, si on ne plafonne pas par exemple à 5% la position dans une commodité précise. Les études qui ont mesuré le rendement des positions maximales par matière première ont démontré que le rendement est similaire aux marchés des actions à long terme.  

  

 

 

 

De bons gestionnaires de portefeuille de contrat à terme ont comme mandat toutefois d’utiliser des stratégies d’investissement de positions longues ou courtes, dans chacune de ces commodités, en plus de plafonner leurs positions par matière premières. Plusieurs gestionnaires ont réussi à long terme à obtenir un rendement beaucoup plus élevé que celui de l’indice S&P500 comme MAN AHL (CLIQUEZ ICI)par exemple avec un rendement composé de 17.5% depuis 18 ans.

 

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