Idées Courtes, Idées Fausses

Idées courtes, idées fausses : ce n’est pas parce qu’on vous le dit ou qu’on l’écrit que cela est vrai…

J’inaugure ici une nouvelle rubrique destinée à tordre le cou à certaines idées politiquement correctes  car destinées à caresser la bête dans le bon sens du poil mais économiquement fausses….Alors au risque de déplaire, restons « contrarian »  et vive la contrariété !!!!

IDEES COURTES IDEES FAUSSES : ce n’est pas parce qu’on vous le dit  et/ou qu’on l’écrit que c’est vrai

Les licenciements font  augmenter le cours des actions : FAUX

SUITE DU QUIZZ :

Par Emmanuel Garessus le temps avril 2009

Les médias adorent colporter l’idée selon laquelle les marchés financiers saluent par une hausse l’annonce de suppressions d’emploi. Un travail de recherche mené en Allemagne démontre que généralement le cours de l’action baisse en moyenne de 0,37%.

Les médias aiment relayer une hausse boursière qui suit une annonce de suppressions d’emploi. Michael Sommer, le chef syndicaliste allemand, surfe sur la même vague lorsqu’il déclare au Spiegel: «Les actions montent quand les employés sont virés». Non seulement la recherche académique ne confirme pas le sentiment des médias et les cris d’orfraie des syndicats, mais elle montre au contraire que la bourse pénalise les entreprises qui annoncent des licenciements.

Le travail de recherche le plus récent (1) sur ce thème porte sur l’Allemagne. Il est publié dans la revue spécialisée «Perspektiven der Wirtschaftspolitik» (cliquez ici), ainsi que nous l’apprend la NZZ  (cliquez ici). L’abondante législation sur la protection des salariés et la culture allemande diffèrent notablement du modèle anglo-saxon et rendent l’exercice d’autant plus intéressant.

Certains épisodes célèbres ont accru la pression «morale»: la délocalisation de Nokia de Bochum vers la Roumanie et la suppression par la Deutsche Bank de 6400 emplois en février 2005 en même temps que Josef Ackermann, son CEO, relevait à 25% l’objectif de rentabilité des fonds propres. D’autres épisodes connus vont dans l’autre sens: quand BMW supprime 8000 emplois en février 2008, l’action plonge.

L’étude de Neus et Walter est unique par son étendue et sa perspective uniquement allemande. Mais les conclusions sont identiques, quoique dans d’autres proportions, aux Etats-Unis, au Japon, au Royaume Uni et au Canada. Une étude britannique de Hillier (2007) (cliquez ici)porte sur une longue période, trois ans après les licenciements, et elle indique une baisse de cours moyenne de 7,3%, après ajustement de tous les autres facteurs.

Neus et Walter se penchent sur la période de janvier 1995 à décembre 2006 qui comprend 265 annonces de licenciements. Dans 213 cas, le nombre d’emplois sacrifiés était précisé dans le communiqué, ce qui permet d’indiquer que les emplois supprimés représentaient 7,6% des actifs.

Les chercheurs distinguent deux catégories, les entreprises employant une stratégie active (recherche d’une plus grande efficience) et celles qu’ils qualifient de réactives (réaction à la baisse de la demande). La conclusion: aucune entreprise ne peut provoquer une hausse de l’action à travers des licenciements. Le jour de l’annonce, le cours baisse en moyenne de 0,37%. De leurs côtés, les médias devraient mieux suivre et raconter ce phénomène.

La réaction est nettement négative pour les entreprises «réactives» (-0,76%) que les autres. Toutefois même les sociétés actives ne provoquent pas de hausse de cours avec l’annonce de licenciements. Les auteurs expliquent que les coûts associés aux licenciements sont élevés et ne permettent pas à la bourse d’escompter des bénéfices futurs plus élevés. La deuxième information porte sur les motifs de licenciement. S’ils indiquent une crise, la réaction boursière sera plus négative.

(1) Kursgewinne durch Entlastungspläne? Erste Ergebnisse aus Deutschland, Werner Neus und Andreas Walter, Universität Tübingen, Perspektiven der Wirtschaftpolitik, 2009

ET EN COMPLEMENT :

Le taux de chômage : un indicateur retardataire

Le taux de chômage diminuera 12 mois après la reprise boursière

Voici des points à considérer :

.  Les médias annonceront à grande pompe les licenciements massifs des entreprises tout au long de 2009.

 Les investisseurs ne devraient pas interpréter ces mauvaises nouvelles comme un indicateur négatif pour la   bourse puisque le taux de chômage est un indicateur retardataire. Même s’il y aurait reprise économique dans   la deuxième moitié de 2009, le taux de chômage va probablement continuer à augmenter ou du moins à  demeurer élevé.

   Le taux de chômage commence à décliner 6 à 12 mois après le début de la reprise économique et 12 mois  après le début du marché boursier haussier

2 réponses »

  1. Excellente idée cette chronique des fausses vérités ! On pourrait y consacrer une encyclopédie…

    Bon courage, la liste est longue.

    J'aime

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