Marchés Financiers et Boursiers Actions

Charles Gave : Electric Warrior…

Charles Gave est l’un des plus brillants économistes et analystes au monde….Il est français mais exilé aux US depuis maintenant  plusieurs années car il souffre de défauts  jugées rédhibitoires  en matière économique dans notre beau pays : il n’est pas marxiste, il n’est pas keynésien, il n’est pas antiaméricain et il n’est pas libertarien tendance école autrichienne…En bref c’est  un monétariste tendance Milton Friedman et un business économiste de tout premier plan…En France il contribue de manière très régulière au Journal des Finances et demeure un  grand pourfendeur devant l’éternel du système Euro  et  un adversaire acharné de l’ « IGNORAMUS TRICHET »….. Voici le 9ème volet d’une série de billets qui lui sont consacrés….

« Les grands problèmes économiques sont toujours créés par des erreurs, au nombre de 5 : une guerre ; une hausse des impôts (qui amène une aggravation du déficit budgétaire) ; une poussée protectionniste ; une augmentation des règlementations ; une erreur de politique monétaire. »

Le XXIe siècle verra la domination de l’électricité et du moteur électrique

EN SAVOIR DAVANTAGE :

PAR CHARLES GAVE* 23.05.2009 JDF

Je vais devoir une fois de plus faire appel à mon expérience acquise au cours des quarante dernières années.
Une crise financière commence toujours par ce qu’il est convenu d’appeler une « crise de liquidités ». Cette dénomination recouvre une réalité toute simple : avant la crise, emprunter était très facile.
Pendant la crise et bien souvent quelque temps après, emprunter est impossible et cela pour une raison bien compréhensible : les banques ont fait de mauvais prêts pendant la période d’euphorie, leurs fonds propres sont en dégringolade rapide, et comme elles ne peuvent prêter que douze fois leurs fonds propres, elles sont obligées de réduire la taille de leur bilan et, donc, non seulement elles n’accordent pas de nouveaux prêts, mais, en plus, elles essaient de se faire rembourser ceux qu’elles avaient octroyés précédemment. Les entrepreneurs et les particuliers en cash-flow négatif (ce qui veut dire qu’ils ont plus de sorties de cash que de rentrées) se trouvent acculés à la faillite, ce qui fait qu’ils ne remboursent pas les prêts anciens, avec pour effet de détériorer un peu plus le bilan de nos banques ; et on repart pour un tour. Ce phénomène est toujours accompagné par ce qu’il est convenu d’appeler un « bear market » ou « marché baissier » dans tous les actifs financiers risqués (obligations du secteur privé, actions cotées), dans la mesure où nos pauvres cash-flows négatifs sont obligés de les vendre pour essayer d’éviter la faillite.
D’habitude le nettoyage prend une douzaine de mois, avant que l’économie ne reprenne cahin-caha, les « mains fortes » (cash-flow positif) ayant racheté les mains faibles (cash-flow négatif) à bon compte. Tel est le schéma du marché baissier « normal », si tant est qu’une telle chose existe. En général, la baisse entre le plus haut et le plus bas varie entre 30 et 40 %. De temps en temps, cependant, nous avons un bear market plus important, où les baisses atteignent 60 % ou plus. Dans ce cas, cela veut dire qu’au phénomène de manque de liquidités s’ajoute aussi la prise de conscience par les marchés que la rentabilité du capital investi dans un certain nombre de secteurs très importants de la cote va être plus basse structurellement qu’on ne le pensait avant la crise.
Il est tout à fait évident que tel est le cas pour le secteur financier dans tout le monde développé.
Mais il y a peut-être autre chose. Le XIXe siècle a été le siècle du charbon, de la machine à vapeur et du chemin de fer. Le XXe siècle a connu la prééminence du pétrole, du moteur à explosion et de la voiture individuelle. Il est tout à fait évident que le XXIe siècle verra la domination de l’électricité et du moteur électrique.
Nous sommes peut être en train de changer – à la marge au début, mais les marchés se font toujours à la marge – de système énergétique, ce qui aurait des conséquences d’investissements gigantesques. Par exemple, en amont du moteur à explosion, il y a l’industrie pétrolière, en aval, l’industrie automobile, deux immenses poids lourds dans les économies d’aujourd’hui.
Si la rentabilité du capital investi venait à baisser structurellement dans l’industrie financière, l’industrie pétrolière et l’industrie automobile, qui peut être surpris si nous avons eu un « grand » bear market, plutôt qu’un simple bear market de crise de liquidités ?
Voilà une hypothèse qu’il va falloir explorer dans les chroniques qui vont suivre pour essayer d’en tirer quelques conclusions d’investissement. La première, et la plus évidente, est, bien sûr, que tout ce qui touche de près ou de loin à la génération d’électricité, à son utilisation, à sa transformation doit être envisagé avec un « a priori » favorable.
* Charlesgave@gmail.com

BILLET PRECEDENT :

https://lupus1.wordpress.com/2009/05/10/charles-gave-sortie-de-crise/

Charles Gave – né en 1941, il est économiste spécialiste des marchés financiers. Il a reçu un PhD en économie de l’Université de Chicago où il fut l’élève de Milton Friedman. Après avoir commencé sa carrière comme analyste financier dans une banque d’affaires française, il crée en 1974 une entreprise de recherche économique indépendante, Cecogest. En 1986, il diversifie son activité vers la gestion de portefeuille et devient le cofondateur de Cursitor-Eaton Asset Management, qui est ensuite vendu en 1995 à Alliance Capital. C’est en 1995 que Charles Gave crée Gavekal Research, Gavekal Capital et Gavekal Securities, trois entreprises dont le siège est aujourd’hui à Hong Kong.

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