Au coeur de la création de richesse : l'Entreprise

Le coût humain du refus des réformes libérales

En se réformant dix ans plus tôt, 14,5 millions d’enfants auraient été sauvés en Inde. 261 millions de personnes ne seraient pas illettrées. Et 109 millions supplémentaires seraient passées au-dessus du seuil de pauvreté

La chute du mur de Berlin, c’est d’abord la fin d’un drame humain. Le nombre de victimes du socialisme réel serait compris entre 65 et 100 millions. L’estimation n’est pas aisée. Le seul «Grand Bond en avant» de Mao a coûté la vie à 30 millions de Chinois, selon le Prix Nobel Amartya Sen.

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Le coût de l’insupportable lourdeur de l’expérience peut être évalué. Swaminathan S. Anklesaria Aiyar, chercheur auprès du Cato Institute, s’est penché sur l’Inde et précisément sur le coût humain du retard pris par ce pays dans son renoncement au socialisme1. Le gouvernement s’est distingué des quatre dragons asiatiques (Corée du Sud, Taïwan, Singapour et Hongkong) et de leur ouverture à la concurrence. Lors de son indépendance en 1947, l’Inde a adopté un système centralisé et fermé. Son PIB par habitant n’a cru que de 1,49% par an. Après 1991 et sa crise des paiements, l’Inde s’est progressivement ouverte au marché. Quels auraient été les effets d’une réforme entreprise dix ans plus tôt? Le chercheur estime que 14,5 millions d’enfants auraient été sauvés. Cent neuf millions de personnes supplémentaires seraient passées au-dessus du seuil de pauvreté. Enfin le nombre d’illettrés serait de 261 millions moins élevé.

 «L’Inde a vécu une tragédie humaine en raison de son expérience prolongée avec le socialisme», selon l’auteur. La méthodologie est discutable. «Les phénomènes externes affectent des gens différents de façon différente et les réactions des mêmes gens aux mêmes événements externes varient», écrit Ludwig von Mises2. Il est donc difficile de spéculer sur un changement de l’histoire. L’économiste a procédé de la façon suivante: il emploie pour les années 1970 la croissance obtenue par l’Inde dans les années 1980. Pour les années 1980, celle des années 1990. Et ainsi de suite sans ajouter aucune accélération après l’an 2000. Il introduit ensuite la relation (élasticité) entre la croissance du PIB et la variable qu’il étudie (mortalité infantile, illettrisme, pauvreté).

Ses conclusions ne sont de loin pas irréalistes: la Corée du Sud a réduit son taux de mortalité infantile de 90‰ en 1960 à 6‰ en 1995 (–93%). Aiyar estime qu’en Inde une réduction à 27‰ aurait été possible (–80%) au lieu des 53‰ enregistrés en 2008. Les projections de l’auteur ne s’éloignent donc pas de celles de la Corée. La diminution possible de la pauvreté paraît également assez réaliste en raison du cercle vertueux que provoque une croissance économique.

La chute du mur de Berlin permet aussi une analyse du plus grand programme de relance de l’histoire. L’aide au développement des Länder est-allemands est un échec magistral. Il a coûté 1400 milliards d’euros aux contribuables ouest-allemands. Mais l’écart entre ce que les Länder de l’Est consomment et ce qu’ils produisent est encore de 20%. La première erreur, lors de la réunification, est venue de l’application d’un taux de change qui a ignoré les écarts de productivité. La seconde d’une politique de transferts. Finalement, c’est l’Allemagne réunifiée qui en paie le prix. L’écart de PIB entre la France et l’Allemagne (unie) s’est réduit en vingt ans. Car la liberté, ce n’est pas un programme d’aide sociale. Célébrée avec la chute du Mur elle reste mal comprise. Comme le dit Pascal Bruckner, «la liberté n’implique pas un relâchement, mais un surcroît de responsabilité».

Mart Laar, ancien premier ministre de l’Estonie, en témoigne. «Les gens pensaient qu’il suffirait de virer les communistes au pouvoir et de libéraliser l’économie pour que leur niveau de vie rattrape celui de l’Europe. Personne ne comprenait à quel point l’état de l’économie était sous-développé et arriéré», a-t-il déclaré lors d’un formidable discours devant l’Heritage Foundation3.

Mart Laar est l’une des plus grandes figures libérales des dernières décennies. Ses mérites, n’en déplaise à Nicolas Sarkozy, se mesurent à l’aune du PIB. En 1939, l’Estonie et la Finlande disposaient du même niveau de vie. A la chute du communisme, il y a vingt ans, le PIB estonien n’atteignait que 2000 dollars par habitant, soit 14% du niveau finlandais. Les réformes libérales de Mart Laar l’ont fait remonter à 56% du PIB finlandais par habitant.

L’obstacle majeur n’était ni technique, ni économique. «Le véritable problème tenait à la façon de penser communiste», selon Laar. En 1992, les Estoniens ont élu celui qui leur proposait la rupture la plus radicale. Mais il fallait faire vite et mettre en œuvre le programme qui venait d’être plébiscité. Soutenue par les citoyens, une thérapie de choc est plus facile à administrer qu’un traitement de longue durée. Mart Laar a refusé toute aide du FMI, supprimé toutes les subventions, instauré la «flat tax», et établi un système judiciaire complètement indépendant de la politique. La difficulté est venue de la deuxième étape, lorsque le succès a nécessité une autre forme d’adhésion. «Il fallait toucher les cœurs pour changer les attitudes, les débarrasser de l’illusion que quelqu’un d’autre pouvait résoudre leurs problèmes et redonner de l’énergie aux individus.» C’est l’étape de l’ouverture aux marchés mondiaux, avec l’abolition de toutes les restrictions à l’exportation. L’Estonie a ensuite connu la plus forte croissance des «tigres baltes». Une belle leçon pour la Suisse, sans stratégie, prête à se renier si un grand pays ou l’UE lui demande. «La tâche principale d’un dirigeant n’est pas d’être populaire, mais d’avoir un programme clair et le courage de l’appliquer», selon Mart Laar.

Sous le prétexte de la crise, l’interventionnisme bat en effet des records. En Suisse et ailleurs. Son reflux paraît compromis. «Le retrait de l’Etat est historiquement plutôt l’exception que la règle», note Robert Nef dans un nouvel ouvrage sur la crise4. Une crise économique n’est pas une maladie mais un processus d’apprentissage collectif, écrit-il. Mieux vaut en tirer des enseignements personnels que de faire appel à un chirurgien. On accuse de naïveté ceux qui font confiance aux vertus du marché. Mais il est encore plus naïf de porter ses espoirs sur un nouveau grand inquisiteur au savoir infini et tout-puissant.

Par Emmanuel Garessus le temps 

1 Socialism kills, Swaminathan S. Anklesaria Aiyar, Center for global Liberty and Prosperity.

2 Abrégé de l’action humaine, Ludwig von Mises, Les Belles Lettres.

3 The estonian economic miracle, Mart Laar, Heritage Foundation.

4 Aus Schaden klug? Christian Hoffmann, Pierre Bessard, Edition Liberales Institut, 2009.

EN COMPLEMENTS INDISPENSABLES :.

       La difficulté des pays d’Europe de l’Est à restaurer la confiance

       Il est plus aisé de discuter des réformes des institutions que de les mettre en œuvre, écrit The Economist.

Les pays de l’Est souffrent de la crise. Seule la Pologne devrait présenter une croissance du PIB en 2009. Le recul moyen devrait atteindre 6,2% dans la région. Mais aucune monnaie ne s’est effondrée. Et selon un sondage, les habitants des pays d’Europe de l’Est sont optimistes pour leurs enfants. Les réformes marquent un temps d’arrêt, mais ne sont pas remises en cause.

L’avenir sera toutefois pénalisé par l’explosion des dettes de certains pays. Par rapport au PIB, elles dépassent le 100% dans certains pays. Il le sera aussi par des taux de change parfois surfaits. L’expérience du Portugal devrait servir de leçon. Mais l’essentiel consiste à améliorer les institutions: justice, règle de la loi, sécurité sociale, freins à la concurrence doivent être prioritaires….

Discours de Mart Laar sur «le miracle estonien»  (cliquez sur le lien)

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 Doutes sur les mérites des aides à la Croatie

Par Natasha Srdoc et Joel Anand Samy nov09

La politique d’élargissement de l’UE peut être sévèrement gâchée par une entrée hâtive de la Croatie dans l’Union si Zagreb ne met pas en œuvre les réformes structurelles adéquates

Le 14 octobre, le commissaire européen à l’Elargissement, Ollie Rehn, s’est une fois de plus félicité des progrès de la Croatie. Sa politique d’élargissement peut être sévèrement gâchée par une entrée hâtive de la Croatie dans l’Union européenne si Zagreb ne met pas en œuvre les réformes structurelles adéquates.

La Croatie a reçu plus d’un demi-milliard d’euros de la part des contribuables européens pour l’aider à se réformer. Selon des hauts fonctionnaires européens, «une fois que la Croatie rejoindra l’Union européenne, les fonds envoyés par les contribuables des Etats membres vont quadrupler». Pourtant, plusieurs années de suite, les contribuables européens lisent le même rapport européen sur le progrès: «Il n’y a eu aucun progrès pour empêcher les conflits d’intérêts… La corruption domine dans beaucoup de régions… Tandis que le nombre d’enquêtes sur les cas de corruptions a augmenté, le nombre de poursuites est demeuré faible. Il n’y a eu que des enquêtes limitées sur les affaires de corruption au plus haut niveau et la poursuite de celles-ci est freinée par l’influence du politique.» Le rapport sur le progrès indique aussi, «les amendements au code de criminalité, introduit de nouvelles règles sur la confiscation des actifs qui inversent le fardeau de la preuve pour les personnes impliquées dans le crime organisé ou les affaires de corruption». En pratique, elles offrent l’amnistie à un grand nombre d’anciens et actuels officiels qui ont accumulé des richesses inexpliquées depuis les années 1990. Ces amendements permettent aux individus proches du crime organisé de continuer à menacer, frapper ou tuer des journalistes d’investigation et tous ceux qui pourraient fournir de possibles preuves d’actes de corruption. Lesquels seront couverts par un système judiciaire corrompu et influencé par les milieux politiques.

Selon le rapport 2009 de l’UE, «le potentiel d’influence politique indue sur le système judiciaire persiste… Les menaces contre des journalistes qui travaillent sur des affaires de corruption et le crime organisé ont tendance à s’accroître. Il n’y a eu que peu de succès dans l’identification et la poursuite des auteurs et des instigateurs de certaines attaques physiques de journalistes. Les éditeurs et journalistes continuent de mettre en évidence des cas de pressions politiques. L’inquiétude sur la liberté d’expression persiste, y compris au niveau local».

En fait, l’assaut de la Croatie contre les médias est déplorable. Il y a un an, Ivo Pukanic, éditeur du groupe de médias indépendant Nacional, et son collègue ont été assassinés à Zagreb lors d’un attentat contre son véhicule. Un grand nombre de journalistes croates indépendants ont été physiquement attaqués et même des journalistes d’investigation demandent la protection de la police 24 heures sur 24, à l’image de celle fournie à Hrvoje Appelt, ancien journaliste d’Europa Press Holding.

Le parlement croate n’a pas traité la question de l’enrichissement illicite. En l’absence de réforme du système judiciaire, ces actes criminels ne sont ni l’objet d’enquêtes ni poursuivis. Il manque à Zagreb aussi bien la volonté politique que les instruments effectifs. Les citoyens espéraient de réelles réformes lorsque Ivo Simonovic, le ministre de la Justice, est entré en fonction à la fin 2008. Malheureusement, ces espoirs ont été brisés. L’affaire de blanchiment de 6 millions de dollars, qui a impliqué Brodosplit, et qui est connecté à quatre ministres du cabinet du HDZ, le rôle controversé de Hypo Alpe Adria, avec des accusations de blanchiment et de prêt de plusieurs millions d’euros à l’élite politique croate sans aucun collatéral n’ont pas été résolus.

Mart Laar, star de l’Europe de l’Est et ex-premier ministre d’Estonie, a offert un conseil aussi simple que poignant à Zagreb, à l’occasion de l’International Leaders Summit, organisé par l’Adriatic Institute for Public Policy: la première étape dans la lutte contre la corruption n’est pas d’être soi-même corrompu», a-t-elle déclaré. Est-ce que les autorités de Zagreb sont prêtes à en tenir compte, à expulser de leurs rangs les politiciens corrompus et à mettre en place les réformes nécessaires?

Nacional, l’hebdomadaire politique croate, a décrit «l’affaire de l’appartement» du premier ministre Jadranka Kosor, qui l’accuse d’avoir pris possession de l’appartement après que ses précédents propriétaires en aient été évincés. Le message envoyé aux propriétaires immobiliers légitimes est alarmant; et pour la communauté internationale, la protection des droits de propriété en Croatie reste incertaine. Dans le récent indice 2009 de la liberté économique de la «Heritage Foundation», la protection des droits de propriété et la règle de la loi est en Croatie inférieure à la moyenne africaine.

La corruption est endémique. L’absence d’un système judiciaire indépendant offre un terreau fertile au crime organisé. La sinistre route des Balkans utilisée pour le trafic de drogues, d’armes et de personnes traverse la Croatie. Pour l’UE, la Croatie, par sa position géographique, est un important pays de transit pour la contrebande d’armes et d’explosifs. Cela devrait servir d’avertissement aux diplomates occidentaux à Zagreb et à Bruxelles encore sous le charme de la côte croate. Le capitalisme criminel fleurit en Croatie. Il est temps d’appliquer les solutions permettant d’éradiquer la corruption de la politique. Nous le devons aux contribuables et citoyens européens qui ont envoyé des millions d’euros vers des régimes corrompus. Nous le devons à des citoyens victimes d’un régime autoritaire et qui ont soif de liberté, de justice et de liberté économique.

L’enrichissement illicite doit être puni. Cela permettrait de sauver des vies de journalistes et de protéger les victimes de la corruption. Plutôt que d’envoyer de l’argent, les contribuables européens devraient insister sur le besoin d’envoyer des juges et procureurs qui auraient l’autorité de confisquer ces richesses inexpliquées.

Ceux qui sont complices du mal et aident un régime corrompu doivent en être tenus pour responsables. Sinon, ils seront rendus responsables d’avoir invité un «Etat mafieux» dans la communauté des nations souveraines qui s’efforcent de défendre la règle de la loi.

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La désillusion de l’aide au développement nov09

La redistribution internationale de fonds s’apparente à la planification centrale. Elle ne résout aucun problème.

La Conférence annuelle de la Coopération suisse avec l’Europe de l’Est, hier à Berne sous l’égide de la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, a mis en avant l’importance de promouvoir l’esprit d’entreprise. Mais que peut on raisonnablement attendre de l’aide au développement, dont la seule contribution suisse se monte à 6,5 milliards de francs depuis 1990 dans cette région?

La recherche la plus récente* explique pourquoi l’aide ne contribuera jamais à un développement économique généralisé. Bien sûr, elle peut, dans certains cas, augmenter une production particulière en dédiant davantage de ressources à cette fin. Dans ce sens, l’aide peut avoir des succès limités.

Cependant, l’aide ne peut pas, et n’a jamais, contribué à la solution de problèmes économiques et donc à la croissance économique.

De ce point de vue autrement plus essentiel, l’aide ne peut qu’échouer.

En effet, rappellent les auteurs, le progrès économique dépend de l’efficacité économique, c’est-à-dire d’une allocation des ressources qui maximisent la valeur de ces ressources pour la société. Or, l’efficacité ne peut être obtenue que si les acteurs économiques peuvent fonder leurs décisions d’allocation sur la base de droits de propriété clairement définis. Dans un tel environnement institutionnel, les prix de marchés émergeant des échanges de ces droits communiquent aux entrepreneurs les informations nécessaires pour utiliser leurs ressources de manière à accroître le plus les richesses. Les entrepreneurs sont incités à agir en fonction de ces informations, puisque c’est dans leur intérêt.

La planification centrale, en revanche, qui tente d’allouer des ressources sans propriété privée ni prix de marchés, ne peut pas aboutir à une allocation efficace, les planificateurs ne disposant pas des  informations nécessaires. Tout ce qu’ils peuvent espérer réaliser, comme avec n’importe quel acte de subvention, c’est d’accroître la production d’un certain bien en y consacrant plus de ressources.

L’aide au développement, qui ne consiste qu’en du capital offert de l’extérieur, repose sur la même logique.

C’est cette distinction entre d’une part la simple augmentation d’une production particulière par la redistribution politique de fonds et, d’autre part, une solution véritable à un problème économique qui rend l’aide fondamentalement inefficace pour promouvoir le développement. Bien que l’aide puisse apporter des capitaux additionnels aux pays pauvres, ces fonds n’indiquent pas aux planificateurs qui les reçoivent comment les investir d’une façon efficace, à savoir de manière à ce qu’ils créent de la richesse.

Les données montrent sans équivoque que l’aide au développement n’a jamais sorti un pays de la pauvreté et la logique suggère que ce ne sera jamais le cas. A quoi peut donc servir l’aide? Tout au plus à atteindre des objectifs spécifiques, comme par exemple accroître la distribution de vaccins, la santé enfantine ou l’usage de téléphones mobiles, observent les auteurs. L’aide ne peut pas prétendre atteindre davantage que l’augmentation de la production qu’elle subventionne. Dans de nombreux cas, l’aide n’atteint toutefois même pas cet objectif.

Les problèmes d’incitations et la méconnaissance des conditions locales empêchent souvent d’obtenir les résultats souhaités. La corruption est également une cause majeure de diversion des ressources de leur objectif recherché.

* David B. Skarbek et Peter T. Leeson,

«What Can Aid Do?», Cato

Journal, automne 2009.

PIERRE BESSARD  economiste  nov 09

A l’Est rien de nouveau….Les murs tombent mais l’Etat d’esprit demeure…..  (cliquez sur le lien)

 L’utopie narcissique des planistes occidentaux (cliquez sur le lien)

5 réponses »

  1. oui tout est simple mais pour certains visiblement un peu trop compliqué !!!! une destruction création schumpèrérienne arrétée à mi chemin sans doute 🙂

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