Regulation des Marchés

Commentaire : DARK POOLS ou le nouvel eldorado du shadow banking system

La crise financière a incité les organismes decontrôle à se pencher sur divers rouages de la finance, et notamment les dark pools. Ici comme dans d’autres sphères, un meilleur contrôle peut s’avérer indispensable si on souhaite garantir la pérennité du système financier global.

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT :

Origines

En Europe, à partir de 2007, suite à l’introduction de la directive sur les Marchés d’instruments financiers (MIFiD), qui a mis fin au monopole des Bourses historiques (pour réduire par la concurrence le coût des achats et ventes d’actions), on a vu se développer des plates-formes réservées aux institutionnels, où s’échangent des blocs d’actions, de manière souvent anonyme.

Des banques comme Credit Suisse, Merrill Lynch, UBS ou Goldman Sachs ont tenté d’augmenter leurs revenus en développant leur propre plate-forme d’échange. De leur côté, les Bourses traditionnelles, soucieuses de compenser une partie de la baisse attendue de leur activité, se sont aussi lancées sur ce créneau (Nyse-Euronext dispose ainsi d’une plate-forme de cotation électronique dénommée SmartPool).

Ces plates-formes, peu ou non régulées, sont dénommées dark pools.

Zones d’ombre

• En Europe, des études prétendent qu’environ 4% des échanges d’actions passent par des dark pools. Ce montant pourrait atteindre 7% en 2010 et 10% en 2011. Aux Etats-Unis, ils représenteraient un peu plus de 10% des échanges. La montée en puissance de ces plates-formes alternatives s’explique par l’utilisation croissante de programmes de calculs de plus en plus perfectionnés.

Ces structures permettent l’achat ou la vente de titres sans que le marché soit au courant des ordres quand ils sont exécutés. Sur une Bourse classique, l’identité des acheteurs et des vendeurs est connue avant l’exécution de l’ordre. Sur ces plates-formes, elle n’est révélée qu’après la transaction.

 Une situation qui crée un marché à deux niveaux, moins transparent, et propice aux manipulations : des investisseurs malhonnêtes pourraient vendre des titres en Bourse pour faire baisser leur cours, puis les racheter à un prix intéressant, discrètement, via un dark pool.

Aux Etats-Unis, il existe déjà une chambre de compensation unique permettant de visualiser l’ensemble des ordres passés. Mais en Europe, la législation en la matière reste quasi inexistante.

En outre, le nombre croissant de ces structures augmente la dispersion de la liquidité sur les titres.

Quelle évolution ?

• Aux Etats-Unis, le gendarme de la Bourse (la SEC) a annoncé différentes mesures visant à limiter l’essor des dark pools. Ainsi, les négociations pourraient ne plus être anonymes lorsqu’elles dépassent 0,25% du capital d’une société.

• En Europe, la commission européenne s’attaque à la révision de la directive MIFiD dès cette année et souhaite renforcer la transparence des plates-formes alternatives de négociation. Une chambre de compensation unique au niveau européen est une piste.

EN COMPLEMENTS INDISPENSABLES : la SEC veut interdire aux non-professionnels l’accès direct au marché (cliquez sur le lien)

Jeannette Williner :Marchés Financiers /De nouvelles règles du jeu sont incontournables et devraient être intégrées rapidement (cliquez sur le lien)

Il est temps de s’intéresser aux « Dark Pools»….Noirs comme leur opacité (cliquez sur le lien)

Catégories :Regulation des Marchés

6 réponses »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s