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Marché de l’emploi: les Européens encore trop sous-qualifiés (étude)

Les pays de l’UE doivent investir « massivement » dans la formation, car leurs citoyens s’avèrent « sous-qualifiés » pour réussir dans un marché du travail en plein bouleversement, conclut jeudi une étude d’experts indépendants.

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« Malgré des progrès au cours des dernières années, une grande partie de l’Europe n’est toujours pas suffisamment qualifiée », conclut cette étude préparée pour la Commission européenne par dix experts qui ont planché pendant un an sur des recommandations.

Ils ont notamment conclu que « l’investissement dans les qualifications doit être massif et intelligent », en particulier au sein des entreprises. « Les mondes de l’éducation, de l’apprentissage et du travail doivent se rapprocher », ont-ils également insisté.

Près d’un tiers de la population âgée de 25 à 64 ans (environ 77 millions de personnes) n’a aucune qualification formelle ou tout au plus une formation minimale. Seulement un quart est hautement qualifiée.

Or le taux d’emploi des personnes faiblement qualifiées est de 5O%, celui des personnes moyennement qualifiées de 70%, tandis que celui des personnes hautement qualifiées grimpe à 85%.

Autre statistique inquiétante: près de 15% des élèves européens quittent l’école prématurément. « Si on les perd de vue et qu’ils n’accèdent pas à une formation, ils auront des problèmes d’emploi toute leur vie », s’inquiète Markus Schmitz, un responsable de l’Agence pour l’emploi allemande.

Sans surprise, le nombre d’emplois réclamant des qualifications élevées s’est accru au cours des trois dernières années, tandis que le nombre d’emplois faiblement qualifiés a diminué. La crise économique actuelle pourrait aussi déboucher dans certains secteurs, comme l’automobile ou la sidérurgie, sur une perte définitive d’emplois.

Une force de travail mieux qualifiée accroît la compétitivité des entreprises, insistent les experts, en notant que celles qui forment leur employés ont 2,5 fois moins de chance de faire faillite que les autres.

L’étude critique les carences en conseillers d’éducation, mais aussi le fait que « trop de programmes d’apprentissage se focalisent sur des compétences et des savoirs obsolètes ».

Elle évoque aussi la mauvaise utilisation des talents dans les entreprises, notamment ceux des femmes et des immigrés.

L’évolution démographique va accroître le besoin en formation, car avec le vieillissement de la population active, 80 millions d’emplois vont se libérer, dont 7 millions de « nouveaux emplois » dans des métiers de pointe et dans les services.

Dans ce contexte, les experts s’attendent à une proportion d’emplois à faible qualification diminuant de moitié pour descendre à 15% d’ici 2020. La part d’emplois hautement qualifiés dépasserait un tiers.

Le schéma traditionnel école, travail puis retraite n’est plus en phase avec la réalité, soulignent les experts, en estimant que « la formation continue tout au long de la vie est toute aussi importante que l’éducation initiale ».

Reste qu’avec la crise, « les gouvernements ne vont pas consacrer autant d’argent à l’éducation dans les cinq prochaines années », convient l’expert britannique Mike Campbell. « Il faudra investir de manière plus efficace et plus innovante ».

Les Européens travaillent actuellement à l’élaboration de leur stratégie économique pour les dix ans à venir, qui met l’accent sur les nouvelles technologies et l’innovation.

source afp fev10

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