Art de la guerre monétaire et économique

Commentaire : Ajustements économiques par le biais des taux de changes/ le cas serbe

Le taux de  changes c’est un peu la vérité macroéconomique  sur les prix concernant une nation c’est pourquoi beaucoup s’emploient à manipuler leur devise dans l’objectif ou de reculer certaines échéances(zone euro) ou de tirer quelques avantages concurrentiels (politique mercantiliste allemande et asiatique)…

Mais pour les Pays qui acceptent de jouer « honnètement «  le jeu d’un taux de change flottant non capé et librement convertible «  la route vers une possible prospérité économique n’en est pas pour autant  un long fleuve tranquille…(et necessitera dans tous les cas la constitution d’importantes réserves de change à l’image de la politique monètaire suivie par le Brésil par exemple…)

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Ainsi victime du »syndrome taillandais » la Serbie après avoir jouer le portage sur devise en empruntant massivement en euros se trouva fort prise au dépourvu quand la bise fut venue et les capitaux étrangers partis pour quelques contrées plus florissantes….

L’ombre de la grande faucheuse qu’on appelle en économie le FMI  plane désormais sur la  Serbie et à n’en pas douter ce n’est jamais bon signe…car le grand argentier du monde ne rase pas gratis , certes il vous évite la banqueroute mais sa mission principale demeure la protection de vos créanciers,  à savoir dans le cas serbe les Banques Européennes (dont quelques grecques) qui vous ont massivement et imprudemment prêtés des fonds  source de votre splendeur puis de votre déchéance…

Au menu gustatif du FMI toujours la même recette : dévaluation massive s’accompagnant d’une réduction drastique des dépenses publiques et d’une augmentation substantielle de la presion fiscale…

Dernier point et non des moindre ce type d’intervention musclée de dernier ressort  augmente de manière exponentielle le risque politique des pays concernés puisqu’elle ouvre la voix à la possible  mise en place de gouvernements de type populiste civil ou militaire…

EN COMPLEMENTS INDISPENSABLES :  

CHANGES – Baisse du dinar: des Serbes à la peine pour rembourser leurs prêts

La monnaie nationale serbe, le dinar, flirte avec le seuil symbolique des 100 dinars pour un euro, son niveau le plus bas depuis le lancement de la monnaie européenne, une baisse qui suscite l’angoisse des Serbes peinant à rembourser leurs prêts libellés en euros.

Le taux du dinar était mercredi de 98,73 dinars pour un euro, un nouveau record à la baisse rapprochant encore la monnaie nationale serbe des 100 dinars pour un euro.

Le dinar serbe, entre autres raisons, « est affecté par la hausse de l’aversion pour le risque » dans le contexte économique mondial actuel, explique Guillaume Tresca, stratégiste chez Calyon, qui n’exclut pas que la crise aiguë que traverse actuellement la Grèce voisine puisse jouer également un rôle à la baisse de la monnaie nationale serbe.

La Chambre de commerce serbe a indiqué mardi que les interventions de la Banque centrale pour enrayer cette baisse s’étaient élevées en janvier à 250 millions d’euros.

Une telle baisse de la monnaie nationale est dramatique pour de nombreux Serbes aux revenus modestes, car la quasi-totalité des prêts en Serbie sont libellés en euros.

Mirjana Kovacevic, une retraitée de 65 ans, parle d' »injustice », en expliquant avoir souscrit il y a trois ans un prêt pour acheter des meubles et qui prévoyait des remboursements mensuels de 126 euros. La monnaie européenne valait alors 75 dinars. Elle en vaut 98 aujourd’hui.

Les remboursements mensuels de Mirjana ont bondi de 9.500 à 12.300 dinars.

Cette charge supplémentaire n’est pas sans conséquence, en cette année où le gouvernement serbe s’est engagé à geler les salaires et les retraites devant le Fonds monétaire international (FMI).

Dragan Subotic, un commercial de 55 ans, se déclare « désespéré » avec ses deux prêts dont les remboursements totalisent 360 euros. Là aussi, la baisse du dinar rend ces remboursements de plus en plus ardus, au moment où ses revenus stagnent, voire régressent en raison de la crise et d’une consommation atone.

D’autres ont décidé de repousser à un avenir plus sûr des projets d’investissements.

Les conséquences de cette baisse du dinar, avec l’augmentation des remboursements des prêts, concernent aussi les entreprises et de façon générale « tous les agents économiques endettés en euros et disposant de rentrées en dinars », explique-t-on de source diplomatique.

Le président de la Chambre de commerce serbe, Milos Bugarin, estimait récemment dans le quotidien Press que les entreprises ayant souscrit des emprunts en 2008, quand un euro valait 80 dinars, se trouvaient étranglées aujourd’hui, avec un euro qui flirte avec les 100 dinars.

La variation du taux du dinar par rapport à l’euro nuit aussi à la visibilité du climat des affaires et contribue à l' »incertitude » économique, souligne la vice-présidente de la Chambre de commerce serbe, Vidosava Dzagic, en s’inquiétant également de ses effets inflationnistes.

Selon l’économiste Goran Nikolic, cité dans le quotidien Politika, le gouvernement serbe fera tout pour contenir l’inflation en 2010 à 6%, avec une marge d’erreur de deux points.

Mais un dinar faible par rapport à l’euro peut aussi permettre de stimuler les exportations serbes, souligne une source diplomatique en relevant que 2009 « a vu une baisse très sensible du déficit courant » de la Serbie.

Avec des coûts en dinars et des revenus en euros, un exportateur serbe peut effectivement trouver son intérêt dans un dinar faible.

Une augmentation des exportations serbes favoriserait aussi la reprise économique pour cette année. Belgrade mise officiellement sur une croissance de 1,5% en 2010.

BELGRADE, 3 fév 2010 (AFP)

Une mission du FMI se rendra à Belgrade le 8 février

BELGRADE,afp 5 fév 2010 | Une mission du FMI se rendra à Belgrade le 8 février pour évaluer si ce pays a rempli les conditions nécessaires pour toucher une troisième tranche d’un prêt de près de trois milliards d’euros, a indiqué vendredi le bureau du Fonds en Serbie.

« Les représentants du FMI devraient arriver lundi à Belgrade pour une visite de deux semaines », a indiqué à l’AFP le bureau du FMI en Serbie.

« La principale tâche de cette mission sera d’évaluer les résultats de l’application du programme » en vertu de l’accord sur un prêt de 2,9 milliards d’euros signé en avril 2009 entre le Fonds et la Serbie, a indiqué à l’AFP Bogdan Lissovolik, représentant du Fonds à Belgrade, dans une déclaration écrite.

Le représentant du FMI à Belgrade a déclaré qu’il existait une inquiétude car les dépenses destinées aux salaires du secteur public ont augmenté, ce qui menace le plan d’économies établi pour 2010 et les années à venir, selon le site internet de la chaîne indépendante B92.

L’accord entre le FMI et la Serbie prévoit que les salaires et les retraites soient gelés en 2010 et qu’une réforme du système des retraites soit engagée en 2010.

Le FMI a également exigé que le déficit budgétaire serbe soit limité à 4% du Produit intérieur brut (PIB) en 2010.

Belgrade a déjà touché deux tranches de ce prêt d’un montant total de 1,15 milliard d’euros.

Les autorités serbes et le FMI ont projeté une croissance de 1,5% du PIB serbe en 2010, après une contraction de l’économie en 2009 de 2,8%.

EN COMPLEMENT : Le FMI des Affameurs est le premier bénéficiaire de la crise (cliquez sur le lien)

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