Etats-Unis

FED : La vérité qui dérange de Thomas Hoenig ( Kansas)

Thomas Hoenig, le président de la Réserve fédérale de Kansas City, n’hésite pas à proférer des vérités qui dérangent. Malheureusement, seul un optimiste invétéré peut se convaincre que le gouvernement américain a la volonté politique de mettre en oeuvre les remèdes proposés par le banquier central.

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Dans un discours consacré à l’indépendance de la Fed et à la menace que représentent à long terme les énormes déficits américains, T. Hoenig a fait la remarque suivante: « Le rétablissement des fondamentaux de notre économie entraînera immanquablement des difficultés à court terme. Cela est sans doute fâcheux du point de vue du cycle électoral, de même qu’il est fâcheux que 10% au moins de la population active soit sans emploi. Mais prendre la voie facile aujourd’hui se traduirait par une persistance du chômage dans quelques années, parce que nous essayerions à nouveau d’échapper à des ajustements douloureux ».

Le monde a les yeux tournés vers la Grèce, et se demande si les Grecs accepteront les mesures d’austérité du gouvernement pour réduire la dette.

Toutes les démocracies occidentales sont confrontées à la même question. Lorsque viendra le temps de payer la facture des sommes dépensées par les gouvernements pour empêcher leurs économies de sombrer, les électeurs accepteront-ils les sacrifices?

Existe-t-il un homme politique américain se présentant à une élection fédérale qui aura le courage de proposer des mesures de rigueur immédiates afin d’éviter la répétition à plus long terme d’une crise liée à l’explosion de la dette souveraine? Et qui voterait pour lui?

La politique et l’économie sont aujourd’hui étroitement liées. Et nous semblons incapable d’anticiper l’avenir, persuadés que les choses suivront leur cours et finiront par s’arranger.

Selon la formule de l’économiste Herb Stein, « si une chose ne peut pas durer, elle finira par s’arrêter ». Pourtant, nous sommes généralement surpris et mal préparés lorsque cela se produit.

« En tant que banquier central, il est de ma responsabilité de prévoir et d’éviter les conséquences que pourrait avoir une croissance incontrôlée de la dette sur la politique monétaire », a déclaré T. Hoenig. Les pressions causées par les gigantesques déficits des Etats-Unis représentent en outre une menace pour l’indépendance de la Fed, a-t-il ajouté.

Cette indépendance est déjà mise à mal par le Congrès américain.

« Il semble inévitable qu’un gouvernement se tourne vers sa banque centrale pour combler ses déficits budgétaires, ce qui entraîne une création de monnaie trop rapide et, à terme, une inflation élevée », a estimé Hoenig. « Un tel résultat demande soit une banque centrale coopérante, soit un abandon partiel de son indépendance », ajoute-t-il.

Dans ces conditions, il faut agir avant que le fardeau fiscal dont le gouvernement américain s’est chargé ne devienne trop lourd, poursuit le banquier central. Cette vérité n’est pas facile à entendre alors que l’aide du gouvernement reste nécessaire pour soutenir une reprise économique toujours fragile.

La politique budgétaire actuelle semble difficilement tenable: « Si des actions correctives ne sont pas mises en place (…) les Etats-Unis risquent de précipiter leur prochaine crise », a averti le président de la Réserve fédérale de Kansas City.

source newswires fev10  

SUR CETTE MEME QUESTION VOIR L’EXCELLENT BILLET DU TOUJOURS TRES BON BUSINESS ECONOMISTE JP CHEVALLIER :  http://www.jpchevallier.com/article-retour-normal-de-l-inflation-44983076.htm (cliquez sur le lien)

EN COMPLEMENTS : Bernanke : La Fed relèvera bientôt son taux d’escompte (cliquez sur le lien)

Commentaire : La politique des Banques Centrales et la Fed en particulier oscillent entre croissance et risque inflationniste (cliquez sur le lien)

8 réponses »

  1. « Et nous semblons incapable d’anticiper l’avenir, persuadés que les choses suivront leur cours et finiront par s’arranger.

    Selon la formule de l’économiste Herb Stein, « si une chose ne peut pas durer, elle finira par s’arrêter ». Pourtant, nous sommes généralement surpris et mal préparés lorsque cela se produit. »
    C’est l’expression d’une majorité dont l’optimisme béat est en déni du monde réel. On prend ses désirs pour …
    Il faut savoir tuer cet optimisme pour enfin prendre le taureau par les cornes.

    • Bien dit JDEA, mais bientôt ils (les Etats) ne pourront plus prendre le taureau par les cornes, par contre on prendra tous un coup de corne.
      La bête qu’ils ont crée, sera bientôt incontrôlable.

      Bonjour chez vous.

      • bonjour NOP, ne voit on pas déjà pointer quelques matadors prèts à jouer de la banderille ??

    • Selon Charles Gave l’optimisme ne fait il pas partie des valeurs chrétiennes fondamentales que tout bon investisseur doit conserver au fond de sa besace ?

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