Europe

Wall Street Journal : Trappe à Dettes/La croissance, principal problème de l’Espagne

Ces derniers temps, l’Espagne souffre à tort d’une mauvaise réputation. Le pays s’est en effet retrouvé au coeur des inquiétudes liées aux dettes publiques européennes déclenchées par la crise budgétaire grecque.

Illustrant sa relative solidité, l’Espagne a pourtant placé mercredi sans aucune difficulté un emprunt obligataire à 15 ans de 5 milliards d’euros.

Si son déficit n’est pas encore trop problématique, sa croissance moribonde est en revanche préoccupante.

Les statistiques sont peu encourageantes. Le déficit public a atteint 11,4% du produit intérieur brut en 2009, le ratio dette/PIB pourrait doubler en raison de la crise et le taux de chômage avoisine les 19%. L’économie s’est contractée de 0,1% au dernier trimestre et de 3,6% en 2009, et Standard & Poor’s a abaissé la note de dette souveraine du pays à AA+.

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L’Espagne bénéficie pourtant d’un avantage décisif sur la Grèce: une crédibilité budgétaire.

 C’est dans le secteur privé que la dette s’est creusée pendant les années du boom économique, alors que le ratio dette/PIB du gouvernement n’a cessé de diminuer pour tomber à 40% en 2007.

En outre, le pays a pris des mesures pour assainir sa situation. Les impôts seront augmentés en 2010, avec notamment une hausse de la TVA et des taxes sur les plus-values. Le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a déclaré mercredi qu’il pourrait réduire les dépenses de plus de 50 milliards d’euros jusqu’en 2013.

Par ailleurs, l’économie est en train de se rééquilibrer. Le déficit des comptes courants a presque diminué de moitié au cours des neuf premiers mois de 2009, les importations ont dégringolé et les banques espagnoles présentant une importante systémique sont saines. En outre, Fitch comme Moody’s ont des perspectives stables sur leur note AAA pour l’Espagne.

Ce qui peut réellement saper la confiance des marchés dans l’économie espagnole, ce sont les incertitudes qui entourent sa croissance. Les projets du Premier ministre tiennent compte d’une croissance nominale de 3,3% du PIB en 2011, de 4,9% en 2012 et de 5,2% en 2013. Or ces prévisions semblent bien ambitieuses étant donné que le modèle de croissance du pays, fondé sur la construction, l’immobilier et l’endettement, a été balayé par la crise financière. Les réformes structurelles en sont d’autant plus importantes – notamment pour redynamiser le marché de l’emploi.

Les marchés semblent plutôt enclins à donner à l’Espagne une chance de mettre en place les conditions indispensables à sa croissance. Elle ferait bien de leur donner raison.

-Richard Barley, The Wall Street Journal FEV10

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