Formation a la gestion de portefeuille

André Gosselin : Fusions et acquisitions : occasions d’investir ou non?

Les risques sont élevés et les rendements sont loin d’être spectaculaires.

Exploiter le marché d’investissement des fusions et des acquisitions est une entreprise pratiquement inaccessible pour le petit investisseur indépendant.

PLUS DE DETAILS EN SUIVANT :

Malgré le renforcement des lois et de la morale anti-trust aux États-Unis ces dernières années, les activités de fusions et d’acquisitions se portent mieux que jamais.

Si vous avez quelques millions de dollars à investir dans les occasions de fusions et d’acquisitions, la façon la plus simple de le faire est de joindre un groupe d’arbitragistes associés professionnels (Internet vous offre des dizaines d’adresses). Toutefois, il faut s’attendre à ce que les gestionnaires de votre portefeuille réclament une part des profits réalisés (parfois 20%), et au moins 1% de frais de gestion.

Pour les autres, il reste la possibilité d’investir dans les fonds de placement spécialisés en fusions et acquisitions, tel que le Merger Fund, ou encore de dénicher un conseiller ayant une expérience et un intérêt pour ce type de stratégie d’investissement.

Exploiter le marché d’investissement des fusions et des acquisitions est une entreprise pratiquement inaccessible pour le petit investisseur indépendant, et un créneau tout aussi difficile pour le conseiller en placement. Les risques sont élevés et les rendements sont loin d’être spectaculaires.

Pour se donner toutes les chances de succès, les arbitragistes experts profitent des conseils d’avocats spécialisés dans les lois anti-monopole, et des avis de plusieurs analystes spécialisés dans un secteur industriel précis. Un conseiller en placement ou un courtier peut rarement jouir des mêmes ressources.

L’alternative aux marchés trop chers

En ces temps où l’on considérait que le marché des actions était dangereusement sur-évalué, il était tentant pour le boursicoteur d’investir (pour ne pas dire spéculer) dans le secteur des fusions et acquisitions. Un cas célèbre de conversion (temporaire) de ce genre est Warren Buffett.

À la fin des années 1960, en effet, Buffett se disait dépassé par le climat spéculatif ambiant et décida tout simplement de mettre fin à sa société privée de placement. La seule option intéressante et réaliste qu’il pouvait voir alors était celle de l’arbitrage dans le domaine des fusions et acquisitions. Un de ses biographes a d’ailleurs révélé que durant les 30 années et plus où il a participé à ce type d’investissement, le rendement de ses placements particuliers ont été de près de 25 % par année. Pas mal comme alternative d’investissement lorsque les multiples cours/bénéfices des marchés sont trop élevés.

Dans chaque investisseur habitué à acheter ses propres valeurs en Bourse, il y a un Ivan Boesky qui sommeille. Le célèbre arbitragiste américain, incarcéré pour délit d’initiés, a donné un jour la définition la plus simple qui soit de sa profession : l’arbitragiste achète aux enchères les actions des sociétés qui constituent des victimes ou des proies faciles pour une OPA.

Certains arbitragistes ont connu leurs heures de gloire avec une méthode qui consiste à développer un vaste réseau de contacts (des espions diraient les détracteurs), ce qui n’est pas forcément illégal, bien que parfois à la limite de la légalité. Ils pouvaient prendre de très grosses positions sur un titre, avant même qu’une déclaration officielle ne soit faite par les dirigeants des compagnies concernées.

Les méthodes changent

La méthode classique d’investissement des arbitragistes est simple. Il s’agit de prendre une position dans la société qui fait l’objet d’une acquisition, et de vendre à découvert le titre de la compagnie qui joue le rôle du prédateur. C’est, de tout temps, la méthode qui a donné les meilleurs résultats.

Or, dans certaines industries de haute technologie cette règle n’a plus autant de valeur. La prise de contrôle de Netscape Communications par America Online, pour la modeste somme de 10 milliards de dollars, a semé la confusion chez les investisseurs arbitragistes. Leur crainte était de voir la transaction échouer, avec le titre d’AOL poursuivant son ascension, et celui de Netscape en dégringolade, laissant les pauvres arbitragistes coincés d’un côté comme de l’autre. De fait, entre le moment où le projet d’acquisition a été rendu public et celui où la transaction a été complétée, le titre d’AOL sur la Bourse du NASDAQ a plus que doublé. Le plus grand risque dans ce type de transaction est la bulle spéculative qui affecte l’industrie de l’Internet et, dans une moindre mesure, la manifestation de la loi antitrust qui peut bloquer la transaction.

Les méthodes des arbitragistes des années 1990 ont par contre bien changé. Il est rare de les voir prendre des positions sur des rumeurs et des sous-entendus. Leur philosophie consiste à mener des études qu’ils espèrent plus justes et plus approfondies que celles des concurrents, et de prendre des risques plus calculés.

L’objectif des investisseurs arbitragistes les plus réalistes est de générer des rendements annuels qui se situent entre 10% et 15%, peu importe les conditions du marché. Un autre objectif est que plus de 90% des situations dans lesquelles ils investissent puissent se conclure et trouver leur aboutissement. Et il semble qu’ils y arrivent plutôt bien. Du moins beaucoup mieux que dans les années 1980.

Les meilleurs réussissent à atteindre leurs objectifs parce qu’ils investissent dans les seuls cas où il y a eu une annonce publique de la part des dirigeants des compagnies. Idéalement, ce sera une déclaration à l’effet que deux compagnies en sont venues à un accord de fusion. Au minimum, il faudra que les dirigeants aient annoncé publiquement leurs intentions d’entamer des discussions dans un éventuel projet de fusion ou d’acquisition.

Les mouvements et autres humeurs des marchés n’affectent pas tellement le rendement des fonds de placement spécialisés dans les opérations de fusions et d’acquisitions. Leur performance dépend plutôt du fait que les  » deals  » sur lesquels ils ont misé se réalisent ou non. Voilà l’aspect de leur métier qu’aiment bien les investisseurs arbitragistes : ils n’ont qu’à choisir les opérations qui se présentent comme de bonnes affaires pour atteindre leurs objectifs en termes de taux de rendement moyen.

Depuis quelques années, les ententes de fusions et d’acquisitions sont mieux planifiées et concernent des entreprises de bien meilleure qualité que celles des années 1980. Aussi, ce sont les très grandes entreprises, les géants de l’économie américaine, qui connaissent de loin les meilleurs rendements de leur titre sur le parquet de la Bourse. Pas étonnant que leur appétit d’acquisition soit plus grand que jamais. La valeur de leurs actions suffit pour en faire de gros acheteurs, surtout lorsque les ententes sont réalisées avec des échanges d’actions. Comme les titres de moyenne et de petite capitalisations n’arrivent pas à suivre la cadence, ils deviennent des proies très faciles.

En raison de l’ampleur des transactions et des capitaux impliqués, les arbitragistes des années 1990 n’ont pas le pouvoir de trancher qu’avait ceux des années 1980, Ivan Boesky en tête. Ils ne peuvent plus décider aussi facilement qu’avant du sort d’une transaction et s’imposer comme des intermédiaires incontournables.

Investir dans les fusions et acquisitions

Ce qu’on appelle à Wall Street les  » risk arb funds « , ou fonds d’arbitrage, ont généré dans les années 1990 un rendement annuel moyen de 13% selon la société Mesirow Financial de Chicago. Il s’agit d’une performance plutôt modeste quand on la compare au rendement de 21% du S&P 500 pour ces dix années qui s’achèvent.

  Chronique de André Gosselin, auteur chercheur et analyste canadien , parue il y a quelques années dans Finance et Investissement

3 réponses »

  1. bon jour
    aidez moi svp de connaitre des investisseurs por créer un projet agricole :élevage des vaches laitiers et des lapins .
    je ne sais pas comment ça marche.
    merci beaucoup

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s