Etats-Unis

Inquisition US : Quand Alan »Magic » Greenspan passe à la question…

En janvier dernier, les maîtres de Wall Street – Jamie Dimon, le patron de JP Morgan, ou Lloyd Blankein, celui de Goldman Sachs – avaient fait face au feu nourri des questions de la commission parlementaire US enquêtant sur l’origine de la plus grave crise financière depuis les années trente.

Mercredi c’était au tour d’Alan Greenspan de passer sur le gril. L’initiateur de la politique monétaire américaine de 1987 à 2006 a rappelé que c’étaient les taux d’intérêt à long terme et les activités de titrisation des banques qui avaient provoqué la bulle des «subprime», non les taux au jour le jour fixés par la Réserve fédérale. 

Le chantre de l’innovation financière a également rappelé qu’aux Etats-Unis la banque centrale ne jouait pas un rôle de régulateur – et de gendarme – aussi important que dans d’autres pays. Et qu’elle n’aurait pu empêcher la multiplication des prêts immobiliers irrécouvrables. Réponse de Phil Angelides, le politocard démocrate californien coprésidant la commission d’enquête? «La Fed, en tant que principal régulateur, avait le pouvoir d’imposer des règles s’appliquant à tous.»

Alan Greenspan a enfin répété que les crises financières restent, par définition, imprévisibles et inévitables.

PLUS DE GREENSPAN EN SUIVANT :

Alan Greenspan defend le role de la Fed pendant la crise

Alan Greenspan, l’ancien président de la Réserve Fédérale, a défendu son bilan ce mercredi devant la Commission d’enquête sur la crise financière. Revenant sur les origines de la crise financière et notamment sur la croissance économique rapide en Asie qui a alimenté la bulle immobilière américaine et l’expansion des prêts hypothécaires à risques, M. Greenspan a déclaré que bien qu’il était préoccupé par les prix en plein essor des maisons dès 2002, il ne s’attendait pas à ce que cette tendance se poursuivre si longtemps. 

« Les effets de levier importants pendant la bulle immobilière ont déclenché une série de défaillances qui ont abouti à ce qui est susceptible d’être considérée, rétrospectivement, comme la crise financière mondiale la plus virulente de l’histoire », a ainsi déclaré l’ancien patron de la Fed. M. Greenspan a par ailleurs défendu les efforts de la Fed pour protéger les consommateurs, mais a néanmoins concédé qu’il avait fait quelques erreurs. « Dans l’activité que je menais, j’avais raison 70% du temps, mais je me trompais aussi 30% du temps », a affirmé M. Greenspan.

« Nous avons essayé de faire le mieux que nous pouvions avec les données que nous avions ». En défendant le rôle joué par la Fed, M. Greenspan a précisé que la banque centrale américaine ne disposait pas des mêmes pouvoirs que les autres autorités de réglementation et que de nombreuses créances douteuses qui avaient été créés avant la crise n’étaient pas réglementées par la Fed. « Il est important de rappeler que la Réserve fédérale n’est pas un organisme d’application », a déclaré M. Greenspan.

M. Greenspan a noté également que la Fed, comme d’autres régulateurs, n’a pas pleinement pris la mesure des conséquences qui sont survenues après l’effondrement de Lehman Brothers et a indiqué que sous la pression de la crise, le système réglementaire américain avait échoué. Il a fait valoir que c’était bel et bien les taux d’intérêt à long terme qui avaient « galvanisé les prix de l’immobilier », et non pas le taux à un jour fixé par les banques centrales.

En outre, M. Greenspan a de nouveau affirmé que les crises financières, par définition, ne sont pas prévisibles ou évitables. Il a ajouté que bien que les analystes savaient que la bulle était gonflée, il était difficile de la dégonfler le moment venu sans provoquer d’importants dégâts économiques.

Enfin, l’ancien président de la Fed a expliqué que dans l’avenir, les banques auraient besoin d’un niveau de capital plus élevé, de liquidité et de garanties plus importantes. « L’existence de menaces systémiques est l’un des principaux problèmes réglementaires pour lesquels il n’y a pas de bonnes solutions », a révélé M. Greenspan, faisant valoir que les grandes institutions devraient pouvoir tomber en faillite et être prises « dans une situation spéciale de faillite ».

source boursier.com avril10

EN COMPLEMENTS :

Dans un discours récent le Président de la Fed de new york, William Dudley, marque un revirement de la doctrine Greenspan sur les bulles:
 
« Today I want to tackle a difficult subject: How should central bankers deal with potential asset price bubbles. … »
On sait que jusqu’alors la position de la Fed était qu’il était difficile de discerner et donc de prévenir une bulle, le rôle de la Fed étant alors de « faire le ménage » une fois qu’elle avait éclaté.
Dans son discours que l’on trouvera en lien W Dudley plaide pour un traitement préventif sous certaines conditions qu’il énonce.
La Fed renoue ainsi avec une position ancienne qu’un de ses Chairman dans le passé avait défini de la manière suivante : « le rôle de la Fed , quand la party s’anime un peu trop, est d’enlever de la table le bol de punch ».
 
En lien:
 
-Le post de CalculatedRisk sur le sujet:
http://www.calculatedriskblog.com/2010/04/ny-feds-dudley-fed-should-take.html (cliquez sur le lien)
 
-Le discours du président de la Fed de New york:
http://www.newyorkfed.org/newsevents/speeches/2010/dud100407.html (cliquez sur le lien)

 source :  http://investmentbankerparis.blogspot.com/ (cliquez sur le lien)

Par ailleurs, lors de leur réunion de mars 2010, les responsables de la Fed avaient exprimé leur préoccupation à propos de la formation éventuelle de bulles spéculatives sur certains actifs ou sur les marchés actions, compte tenu des taux planchers persistants. Ainsi, la Banque Centrale américaine voudrait s’assurer que de telles « bulles » ne viennent pas à se former….

LA POSITION DE THOMAS HOENIG LE DISSIDENT SUR LINFLATION

la Fed doit relever ses taux rapidement selon un de ses membres

La Réserve fédérale doit abandonner sa politique de taux zéro rapidement afin d’empêcher l’inflation de gagner du terrain et d’éviter de créer plus de déséquilibres financiers, estime Thomas Hoenig, le président de la Fed de Kansas City. Le relèvement du taux cible des fonds fédéraux à 1% par rapport au niveau actuel compris entre 0% et 0,25% serait prudent, mais pro-actif, selon Thomas Hoenig. « Un taux à 1% représenterait encore une politique très accommodante » a ainsi déclaré Hoenig qui a exprimé son désaccord au cours des deux dernières réunions du Comité de politique monétaire de la Fed, faisant valoir que le FOMC ne devrait pas promettre de maintenir les taux bas pour une « période prolongée »….

BILLET PRECEDENT : Commentaire : Quand Alan le Maestro mont(r)e la voie et hausse le ton…. (cliquez sur le lien)

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