Europe

Trappe à Dettes : Entre 2 Amnisties fiscales l’Italie à l’heure des comptes…

Malgré sa dette astronomique, l’Italie a réussi à limiter POUR L’INSTANT le dérapage de ses finances publiques en refusant de s’engager dans une relance keynésienne suicidaire…  

PLUS/MOINS  DE DETTES  EN SUIVANT :

Malgré sa dette astronomique, l’Italie n’a jamais vraiment inquiété les marchés, au contraire de la Grèce. Elle a même réussi à limiter le dérapage de ses finances publiques durant la crise. « Ce n’est pas un pays considéré à risque sur le plan du crédit, il n’est pas du tout dans la même situation » que les autres pays d’Europe du sud, comme la Grèce, l’Espagne ou le Portugal, estime René Defossez, stratégiste au sein de la banque Natixis. « La situation budgétaire s’est dégradée mais beaucoup moins qu’ailleurs, et pas de manière à susciter une inquiétude particulière. »

Paradoxe. La dette publique de la Péninsule est l’une des plus élevées du monde depuis des années. Elle a encore progressé de 5,8% en 2009 à 1.761 milliards d’euros. Et selon les prévisions du gouvernement, elle devrait représenter 115,1% du Produit intérieur brut (PIB) en 2009 et grimper à 116,9% en 2010. C’est le « fruit de l’instabilité politique du passé », souligne René Defossez.

Curieusement, c’est cette dette astronomique qui a permis à l’actuel gouvernement de droite de maîtriser le dérapage des finances publiques durant la crise. Malgré les appels des Italiens à engager une politique de relance audacieuse, les mesures anti-crise ont été limitées au maximum, dans l’objectif de freiner la progression du déficit public.

En revanche, la récession a été très profonde dans le pays qui a accusé une chute de son PIB de 4,8% en 2009.

Les quatre pays qui sont en difficulté, le Portugal, la Grèce et l’Espagne, gouvernés par la gauche, et l’Irlande, par un gouvernement libéral, sont pire, pire que nous », fanfaronnait il y a peu le chef du gouvernement Silvio Berlusconi. Selon les dernières prévisions de la Commission européenne, en 2009, le déficit public devrait s’être élevé à 12,7% pour la Grèce, 11,2% pour l’Espagne et 8% pour le Portugal.

Les ménages peu endettés

Pour les investisseurs, l’Italie bénéficie aussi de fondamentaux très solides, comme le faible endettement des ménages, et un système bancaire traditionnel et solide qui a globalement été épargné par la crise, note Marco Fortis, directeur de la fondation Edison.

 Selon une récente étude de la Banque d’Italie, 23,8% des familles étaient endettées en 2008, un taux « inférieur par rapport aux principaux pays industrialisés ». Au quatrième trimestre 2009, l’endettement des ménages représentait 41% du PIB en Italie, contre 85% en Espagne.

Amnistie

Silvio Berlusconi exclut encore pour l’instant toute réduction d’impôts. Il a rappelé il y a peu  que les seuls intérêts de la dette publique italienne s’élevaient à 8 milliards d’euros par an. En revanche, son gouvernement a décidé de prolonger jusqu’à la fin de ce mois la mesure d’amnistie fiscale votée à l’automne dernier. Moyennant le paiement d’un impôt limité, les Italiens peuvent, depuis le 15 septembre, rapatrier leurs biens et capitaux placés à l’étranger à l’insu du fisc. Ou alors, les régulariser en les laissant sur place s’ils sont dans un pays garantissant l’échange d’informations fiscales avec l’Italie.

La prolongation du dispositif prévoit deux échéances et deux quotes-parts. Jusqu’à la fin du mois de février, la taxe était équivalente à 6% de la somme rapatriée. Fin février, elle est passée à 7% de la somme. Le résultat définitif des premiers mois de cette amnistie n’est pas encore connu. Mais selon le ministre de l’Économie Giulio Tremonti, réputé pour son sens de la rigueur, elle aurait déjà permis le rapatriement de plus de 80 milliards d’euros.

Des sources parlementaires citées par les médias italiens évoquent même le chiffre de 100 milliards. De 4 à 5 milliards d’euros seraient donc déjà rentrés dans les caisses de l’État, soit deux fois plus que l’ensemble des recettes des deux amnisties de 2001-2002 et 2003. l

Caroline Geuzaine echo avril10

 

EN COMPLEMENT INDISPENSABLE : Trappe à Dettes : Pire que la Grèce, l’Italie est le principal danger de la zone euro (cliquez sur le lien)

3 réponses »

  1. Bonjour,
    Où avez-vous trouvé ces graphiques sur l’Irlande et l’Italie ? Ils m’intéressent beaucoup.
    Cordialement

  2. Mardi 4 mai 2010 :

    Est-ce que vous vous rendez compte du chaos qui a régné en Europe cet après-midi ?

    Est-ce que vous avez vu la panique qui a étreint nos hommes politiques européens, nos actionnaires européens, nos investisseurs européens, nos banquiers européens ?

    Le Titanic « ZONE EURO » n’est même plus sauvable.

    Le Titanic « ZONE EURO » n’est même plus renflouable.

    Il nous reste à choisir notre attitude pendant le naufrage :

    – rejoindre avec calme, avec dignité, avec sang-froid les canots de sauvetage ;

    – ou alors rejoindre l’orchestre et jouer de la musique.

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