Indicateur des Marchés

Indicateur de Marché / Sondage BofA-MERRILL LYNCH : juin10

L’Europe en timide réhabilitation

SONDAGE BOFA-ML. Le pessimisme vis-à-vis de la zone euro s’estompe. Le double-dip est le scénario globalement attendu

Le sentiment négatif qu’éprouvent les investisseurs pour la zone Europe s’estompe. Après un pic de répulsion au mois de mai, le dernier sondage, effectué par l’équipe de recherche de Bank of America Merrill Lynch auprès de plus de 200 gérants de fonds globalement responsables de 606 milliards de dollars d’actifs, montre un net recul des craintes de contagion dans la zone euro.

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Presque 20% des répondants s’attendent ainsi à ce que l’euro s’apprécie durant l’année à venir.Les gérants de fonds ne sont plus que 14% à le trouver surévalué.C’est trois fois moins que le mois dernier  Logiquement, ce changement d’opinions’opère surtout au détriment du dollar. Désormais, les sondés sont généralement neutres sur son évolution future, alors qu’en mai, lorsque la parité euro/dollar valaitplus de 1,25 (1,2210 hier), 29% d’entre eux estimaient qu’il était sous-évalué.

Peut-être est-ce lié, supposent les auteurs de l’étude, mais la zone euro débute une timide phase de réhabilitation aux yeux des investisseurs. Ces derniers ne sont plus que 12% à sous-pondérer la région dans leurs allocations, contre 30% en mai. Là, aussi, c’est la confiance dans l’économie américaine qui en pâtit, puisque que les sondés ne sont plus que 14% (contre 23% en mai) à vouloir surpondérer les Etats-Unis. Mais ce n’est pas tout.

Même si les marchés émergents conservent l’essentiel des faveurs des gérants, les résultats du sondage font apparaître de sérieuses craintes pour la région asiatique. Surtout parce qu’un bon quart des répondants estiment désormais que l’économie chinoise va montrer des signes de faiblesse durant les douze prochains mois. Ainsi, depuis janvier 2009, jamais la Chine n’avait généré autant de scepticisme.

S’ils sont particulièrement marqués en Asie, les doutes des investisseurs n’épargnent à peu près aucune région. Quand bien même l’Europe retrouve un peu de crédit, la confiance générale des gérants de fonds s’érode nettement.

A tel point que le consensus favorise désormais le redouté scénario du double-dip. Le sondage de BofA-Merrill Lynch a certes été mené entre le 4 et le 10 juin, une semaine durant laquelle les marchés actions ont presque perdu 8%. Il n’empêche, les répondants ne sont plus qu’un quart à croire en une croissance de l’économie mondiale pour l’année à venir.

Alors qu’ils étaient au nombre de 42% en mai et même de 62% en avril. Les espoirs placés dans les entreprises sont eux aussi en net recul. 28% du panel s’attend à des bénéfices en augmentation d’ici l’été 2011, contre respectivement 47% et 67% en mai et en avril. La progression de leurs marges opérationnelles est également mise en doute, puisque désormais, moins de 20% des gérants y croient encore, au lieu de 38% il y a un mois.

Paradoxalement, ce retour relatif de l’aversion au risque n’incite pas les responsables d’allocations à se réfugier dans le cash. Il représente encore 4,1% de la valeur des portefeuilles, contre 4,3% en mai. Et ce probablement parce que les marchés actions restent sous-évalués.

C’est en tout cas ce qu’ont clairement signifié les répondants, qui n’en ont jamais été aussi convaincus depuis mars 2009. Même ence qui concerne les investissements en actions, les gérants restent prudents.

Ainsi, le secteur de l’énergie a été nettement délaissé, pénalisé bien sûr par sa forte corrélation à la demande chinoise. Mais également par les probables conséquences sur la réglementation des activités de forage de la marée noire dans le Golfe du Mexique. Les répondants ne sont plus que 7% à surpondérerce type d’actions, contre 37% en mai. Soit le plus important regain de défiance pour ce secteur.

Ce détournement favorise encore davantage le secteur des technologies, dans lequel 41% des sondés ont décidé de surpondérer ses allocations.

Les investisseurs ont également retrouvé de l’attrait pour les pharmas, les télécoms ou encore les services aux collectivités (utilities). Les banques, quant à elles, restent très peu recherchées.

EN COMPLEMENT : La confiance en une croissance économique globale et en la capacité des entreprises à améliorer leurs profits s’est significativement érodée, selon Gary Baker, directeur stratégique des marchés européens chez BofA – Merrill Lynch.

Qu’indique votre enquête mensuelle auprès des grands investisseurs européens ?

Selon notre étude mensuelle (1), il apparaît que la confiance en une croissance économique globale et en la capacité des entreprises à améliorer leurs profits s’est significativement érodée. Alors que depuis un mois les marchés boursiers ont perdu 7,5%, seulement 21% des managers interrogés voient un renforcement de l’économie dans les douze prochains mois, contre 42% en mai et 61% en avril. Les proportions sont similaires au niveau des prévisions de profits.

D’une manière générale, c’est la première fois depuis le lancement de notre étude mensuelle que la confiance chute aussi rapidement. La proportion d’investisseurs qui s’attendent à une double-dip récession a triplé en seulement deux mois, à 38%. Et seulement 17% voient une croissance des profits cette année, contre 72% en avril.


Les inquiétudes les plus importantes ne concernent-elles pas les niveaux de liquidités ?

Il apparaît effectivement que les investisseurs sont deux fois moins confiants sur cette question qu’ils l’étaient il y a deux mois. 42% décrivent le niveau de liquidités comme  » bas  » contre 22% en avril.

La confiance dans l’économie chinoise se maintient-elle ?

Elle chute à son plus bas niveau depuis près de dix-huit mois. 27% des investisseurs estiment que l’économie chinoise va s’affaiblir dans les douze prochains mois, alors que 21% d’entre eux s’attendaient à une amélioration il y a encore deux mois. Là aussi, la confiance s’est considérablement retournée dans le courant du printemps. Dans tous les cas, la Chine ne retrouvera pas une croissance à 13 ou 14% avant très longtemps.
Y a-t-il des éléments encourageants ?

La confiance des investisseurs pour les marchés européens a touché le plancher au mois de mai, et ne pouvait que s’améliorer. C’est ce qui s’est produit. Les investisseurs sont plus confiants sur les perpectives de marchés et pour l’euro. 19% de nos sondés estiment que l’euro va se renforcer dans l’année à venir, ils n’étaient que 7% en mai.


Le président Obama a indiqué que la marée noire provoquée par le puits de BP dans le Golfe du Mexique aurait des conséquences aussi importantes que le 11 septembre 2001. Qu’en pensez-vous ?

Cette marée noire est essentiellement un problème lié à l’industrie du pétrole. Des interrogations apparaissent au niveau du moratoire décidé par les Etats-Unis sur le forage sous-marin dans le Golfe du Mexique, qui concerne plusieurs compagnies, mais il est trop tôt pour affirmer que les marchés seront durablement affectés. 7% des investisseurs estiment que les titres liés à l’énergie sont surpondérés, contre 37% en mai. C’est la première fois qu’un tel swing est enregistré dans le secteur de l’énergie.

Johann Harscoët, à Londres echo juin10

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