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WSJ : La tension monte autour des tests de résistance du système bancaire européen

WSJ : La tension monte autour des tests de résistance du système bancaire européen

Stressed??? par m @ r i t e s s //

Les investisseurs n’auront pas à attendre longtemps avant de savoir dans quelle mesure les tests de résistance vont éprouver la solidité financière des banques.

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Les régulateurs sont conscients que des tests insuffisamment rigoureux risqueraient d’attiser la volatilité du marché au lieu de l’atténuer. Mais à deux égards, ces tests sont susceptibles de décevoir les investisseurs.

Les tests intégreront le risque de défaillance sur la dette souveraine, mais n’apprécieront probablement que les effets de premier ordre et non ceux de deuxième ou troisième ordre, potentiellement plus dévastateurs. Les informations selon lesquelles les critères des tests incluraient une décote uniforme de 3% sur tous les emprunts d’Etat européens détenus en portefeuille, si elles étaient avérées, seraient décevantes, compte tenu de la grande diversité des expositions aux emprunts d’Etat dans le système.

Mais même si le marché s’inquiète depuis des mois de l’exposition à la dette souveraine, la menace ne se limite pas à l’impact immédiat sur les fonds propres des banques d’une défaillance d’un pays européen périphérique, dont l’agence de notation Moody’s a récemment jugé qu’il serait gérable pour les grandes banques de l’Union européenne. Le risque majeur est l’effet d’entraînement sur les prix d’actifs, les spreads de crédit et l’environnement macroéconomique. Cet impact pourrait être extrêmement éprouvant, mais est peu susceptible d’être testé correctement.

En outre, les tests seront fondés sur les définitions de Bâle 2 existantes des fonds propres, d’après une personne proche du dossier. Certes, les nouvelles règles de Bâle restent en cours d’élaboration, et il n’est pas certain qu’elles soient jamais adoptées. Mais les responsables politiques attribuent un dégré élevé de priorité au relèvement du montant et de la qualité des fonds propres, notamment au sommet du G20 du mois dernier. Un test de résistance qui ne tiendrait pas compte des possibles relèvements des exigences de fonds propres pourrait donc ne pas s’avérer aussi efficace que les régulateurs le souhaiteraient pour apaiser les craintes des marchés.

-Simon Nixon, wall street journal juil10

EN COMPLEMENT : WSJ/Fonds de stabilité européen ne devrait pas être détourné de sa fonction première

Pour que les tests de résistance des banques soient efficaces, ils doivent inclure un projet crédible de recapitalisation pour celles d’entre elles qui échoueront. 

Mais dans ce cas, il faudra bien trouver une source de financement. Certains craignent que les Etats européens les plus fragiles n’aient pas les moyens de renflouer leurs banques. Et les spéculations selon lesquelles il suffira de recourir au Fonds européen de stabilité financière – fonds de sauvetage doté de 500 milliards d’euros mis en place pour répondre à la crise des dettes souveraines – semblent bien optimistes. Les pierres d’achoppement ne manquent pas. 

Premièrement, l’objectif du fonds de stabilité est d’apporter un soutien financier aux pays rencontrant de très graves difficultés, et non d’être à la disposition des banques à tout moment; seul un Etat souverain dans une situation désespérée peut prétendre y accéder.

Deuxièmement, une ligne de 60 milliards d’euros du montant total du Fonds est prévue dans le budget de l’Union européenne; les 440 milliards restants ne sont pour l’heure pas financés. Le Fonds européen de stabilité financière vient à peine d’entamer la procédure d’obtention d’une note de crédit, et pourrait bien avoir du mal à obtenir un triple A.

Troisièmement, tout emprunteur devra négocier avec la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international; le Fonds de stabilité ne peut pas s’autofinancer avant de recevoir une demande de prêt. Et pour d’aucuns, le Fonds ne doit être qu’un filet de sécurité: son utilisation risque tout bonnement d’entraîner une nouvelle crise des dettes souveraines en Europe, bien plus grave que la première. 

Certaines sources de financement sont déjà disponibles. Les dispositifs spécifiques de soutien bancaire mis en place en Allemagne, en Espagne et en Grèce se montent à 72 milliards d’euros, et une enveloppe supplémentaire de 58 milliards d’euros devrait être disponible dans les budgets nationaux, estime Credit Suisse. Ce montant total de 130 milliards d’euros semble approprié et, selon les informations, certes limitées, obtenues jusqu’à présent, les tests de résistance ne devraient pas révéler de besoins inattendus de capitaux frais. 

Même si le total des fonds disponibles en Europe est suffisant, il peut arriver que les besoins du système bancaire d’un pays dépassent la capacité financière de ce dernier. Dans ce cas, il n’est pas impossible que la zone euro tente de transformer le Fonds de stabilité en fonds de sauvetage bancaire, pour rassurer les marchés financiers. Mais les investisseurs feraient mieux de ne pas trop y compter. 

-Richard Barley, wall street journal juil10

EN LIEN : Stress test Bancaires européens : l’arnaque européenne !!!! (cliquez sur le lien)

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stress tests pas stressants?

Les stress tests sur les banques européennes subissent déjà de nombreuses critiques avant même que leurs résultats soient connus. Plusieurs analystes leur reprochent de ne pas être suffisamment stressants.  

Au cœur des critiques, on trouve la crise de la dette souveraine. Ces tests auraient sous -estimé les pertes potentielles sur les obligations d’État grecques et espagnoles. Les marchés de crédit estiment à 60% les pertes sur les emprunts grecs en cas de non remboursement des dettes du gouvernement hellénique. Le Comité européen des contrôleurs bancaires (CEBS) n’aurait pris en compte qu’une perte de 17%.

Toutefois, même si ces tests devaient s’avérer peu stressants, le « Financial Times » a indiqué récemment qu’ils pourraient forcer vingt banques sur 91 à se recapitaliser. Elles auraient besoin de lever 30 milliards d’euros de fonds propres, selon le quotidien. On peut appeler ceci voir le verre à moitié vide.

Ce jeudi, les banques ont préféré voir ce verre à moitié plein. Il faudra voir si elles parviendront à imiter les banques américaines. L’an dernier, leur stress test très sévère avait forcé 10 d’entre elles à se recapitaliser, pour un montant total de 74,6 milliards de dollars. Le marché avait approuvé et fait place à un rallye des valeurs bancaires pendant 7 mois. Aujourd’hui, il est extrêmement rare de croiser un gestionnaire de fonds ou un analyste se plaignant du manque de visibilité des bilans des banques outre-Altantique. Il n’en va pas de même pour leurs consœurs européennes. Le discours à leur égard pourrait changer le 23 juillet, lorsque le CEBS publiera les résultats de ses fameux tests. Et sa méthodologie complète.

L’enjeu est colossal. Il en va de la crédibilité du système financier européen. Un système déjà mal en point, alors que les banques rechignent à se prêter entre elles. Il en va aussi de la crédibilité de l’économie européenne, où l’on soupçonne déjà l’existence de plusieurs passagers clandestins.

Jennifer Nille Echo juil10

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