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Consolidation forcée dans les hedge funds

Consolidation forcée dans les hedge funds

 L’institutionnalisationde l’industrie implique des coûts accrus. Et la majorité des 23 milliards réinvestis au premier semestre a été allouée aux fonds de grande taille.

 Beaucoup de choses ont changé pour les gérants de fonds alternatifs depuis la fin de leur période glorieuse, en été 2007.

L’industrie avait réussi à soutenir un rythme de croissance éhonté depuis le deuxième trimestre de l’année 2002, plus que doublant leurs avoirs sous gestion pour atteindre en 2007 2,13 milliards de dollars en 2007 d’après BarclayHedge. La crise financière ainsi que les différents scandales ont eu raison des fonds alternatifs qui ne géraient plus que 1,45 milliard à la fin 2008. La chute des avoirs gérés n’est que la partie visible de l’iceberg.

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En partie du à la panique, mais surtout a des promesses intenables des fonds durant les bonnes années, les investisseurs privés ont vendu massivement leurs positions dans les fonds alternatifs.

 La conséquence est que d’après une étude de l’AIMA, les clients institutionnels représentent aujourd’hui et pour la première fois la majorité des avoirs investis dans les fonds alternatifs. Ce changement dans la base de clientèle est lourd d’implication, car les gérants doivent maintenant améliorer leurs infrastructures pour répondre aux attentes élevées des investisseurs institutionnels en matière de structures opérationnelles, systèmes, gestion de risque, compliance, transparence…

Un autre changement à remarquer est l’évolution de la répartition des avoirs entre les fonds eux-mêmes. En effet, les grands gagnants de la crise s’avèrent être les grands fonds bien établis. D’après HFR, la grande majorité des 23 milliards investis durant la première moitié de l’année a été alloué aux fonds d’une taille supérieure à 5 milliards d’avoirs sous gestion.

La baisse des avoirs ainsi que les mauvaises performances de l’année 2008 ont eu des conséquences désastreuses sur les revenues des gérants. La baisse s’est bien sûr fait ressentir sur les frais de gestion, mais aussi sur les frais de performance. En effet, d’après HFR presque la moitié des fonds composant son indice HFRI Fund Weighted Composite Index étaient toujours en dessous de leur high water mark à la fin du premier trimestre et ne pouvaient donc toujours pas facturer de frais de performance.

Après avoir été les boucs-émissaires de la crise financière, les fonds alternatifs ont été une cible privilégiée pour ceux qui auraient dû prévenir cette crise, les régulateurs. Suite aux événements du dernier trimestre de 2008, les régulateurs des deux côtés de l’atlantique s’étaient jetés dans une course effrénée pour élaborer de nouvelles lois afin de réguler les « cowboys » de la finance. D’après la société de conseil Kinetics Partners, le coût de la nouvelle régulation européenne pourrait s’élever à un total de £2-£3 milliards la première année et plusieurs millions par année par la suite.

La situation pour les gérants de fonds alternatifs peut donc se résumé ainsi : une institutionnalisation de l’industrie impliquant des coûts accrus de compliance, une concentration des intérêts des investisseurs sur les grandes maisons, des revenus réduits et pour couronner le tout une confiance prudente des investisseurs rendant la tâche des équipes de marketing difficile.

Une des solutions à ce nouvel environnement est l’accélération du mouvement de consolidation dans l’industrie. La plus grosse fusion dans le monde des fonds alternatifs a été annoncée en avril dernier avec l’acquisition de GLG Partners par Man Group créant ainsi un géant avec un montant combiné de plus de $60 milliards sous gestion pour le prix de $1,6 milliard. La fusion permettra à MAN de faire des économies d’échelle, de diversifier son offre et de faire profiter GLG de son réseau de distribution bien implanté. Plus récemment F&G a annoncé l’acquisition de Thames River et Martin Currie de l’opération européenne de Sofaer.

La consolidation de l’industrie doit malgré tout faire face à un obstacle majeur qui est l’esprit d’entrepreneur qui anime bon nombre de gérants de fonds alternatifs. La perspective d’un partenariat est bien dure à accepter pour eux tout autant que l’acceptation qu’ils ne pourront probablement pas toujours délivrer les rendements promis à leurs investisseurs

 gabriel kurland AGEFI AOUT10

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