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Commentaire du Wolf : La cote des énergies renouvelables ??

Commentaire du Wolf :    La cote des énergies renouvelables ?? 

  L’introduction en Bourse de la petite société française Tendances Eco Group, active dans l’énergie photovoltaïque, rencontre actuellement un franc succès. Tentant ?

PLUS DE WOLF EN SUIVANT :

Personne ne niera que les énergies renouvelables sont promises à un bel avenir à l’heure où l’Europe entend porter leur poids dans son bouquet énergétique de 8,5 à 20% d’ici 2020. Outre-Atlantique, plusieurs Etats ont des objectifs similaires voire plus ambitieux encore. La Californie, par exemple, vise à produire 33% de son électricité à partir de sources renouvelables d’ici 2020 !

Billet Invité : Part croissante des énergies renouvelables dans le monde par Olivia (cliquez sur le lien)

 Mais malgré cette volonté politique, les Etats en ont-ils les moyens ? Si les choses semblent évidentes en période de prospérité économique, force est de constater qu’à l’heure de l’austérité, l’environnement perd de sa superbe. A titre d’exemples, l’Allemagne vient de baisser le tarif réglementé de l’électricité photovoltaïque de 13% alors que l’Espagne va réduire les aides à l’éolien de 35% sur les quatre prochaines années et geler les projets thermo-solaires pendant un an. Si les énergies renouvelables sont donc promises à un bel avenir, les marchés  semblent cependant tantot surestimer, tantot sous estimer leurs perspectives économiques.

Une mise en garde s’impose donc  sur les risques propres à un secteur trop dépendant de la volonté politique (subventions) et l’évolution actuelle des cours en dent de scie pour ne pas dire en fort yoyo me semble tout à fait accréditer cet état de fait . Loin d’un quelconque effet de mode il est donc  conseillé d’investir dans ce secteur avec une certaine  parcimonie et en prenant prélablement soin de consulter un maximum d’informations et d’accepter donc une  prise de risque en toute connaissance de cause et ne …. D’un autre côté, la désaffection actuelle pour le secteur pourrait aussi créer des opportunités auxquelles il ne faut pas manquer  d’être très  attentifs sous peine de passer comme souvent à coté des vrais valeurs qui feront la cote de demain . Dans ce cadre là une valeur telle que par exemble  EDP Renováveis me semble constituer une vraie opportunité d’achat. Quant à Tendances Eco Group, je ne cédérais pas cette fois encore, au chant des sirènes : le titre est correctement évalué et ne mérite donc pas que l’on sombre dans l’exubérance irrationnelle….  

 
EN COMPLEMENTS / Banque SARASIN. Les nouvelles technologies sont très prometteuses. Mais la question de leur viabilité technique et économique demeure….

Le grand défi des biocarburants sera de prouver leur avantage écologique.

C’est ce qu’affirme la Banque Sarasin dans sa dernière étude «Energies renouvelables 2010» et sa mise à jour au sujet desbiocarburants

Les biocarburants de la première génération sont en concurrence avec la production de denrées alimentaires et poussent les prix à la hausse. C’est pourquoi le développement de technologies écologiques et socialement responsables des deuxième et troisième générations suscite de grandes attentes.

Divers facteurs comme le prix des huiles minérales, les interventions étatiques et les véhicules électriques posent également des questions fondamentales aux investisseurs.

De nombreuses incertitudes planent sur l’avenir des biocarburants:

selon Sarasin, les perspectives des biocarburants de la première génération en tant que substitut aux énergies fossiles sont très limitées du fait des doutes concernant leur avantage écologique et de la disponibilité restreinte de surfaces cultivables.

Si l’on dresse un bilan écologique en tenant compte de tous les impacts environnementaux, et pas uniquement des émissions de CO2, seule une petite partie des biocarburants obtient un résultat positif.

Les aspects pertinents sont notamment l’usage excessif d’engrais et la perte de biodiversité, mais aussi les effets indirects liés au changement d’affectation du sol. Ces effets ne sont analysés en détail que depuis peu. Et il s’avère que la culture de biocarburants sur des surfaces agricoles entraîne une augmentation de la demande de produits alimentaires et de fourrage qui se traduit par des pressions accrues sur les forêts et les prairies. Le changement d’affectation de zone en terrain agricole peut entraîner d’importantes émissions de CO2 susceptibles de rendre négatif le bilan climatique des biocarburants.

Il apparaît que la demande de carburants écologiques est faible, en particulier en Suisse, même si le bioéthanol produit avec des résidus de bois et des déchets organiques locaux est irréprochable du point de vue biologique et éthique et bénéficie d’allègements fiscaux depuis deux ans. Ce désintérêt s’explique par la baisse du prix du pétrole. La décision du Conseil fédéral d’abaisser l’impôt sur les huiles minérales à partir d’octobre 2010 se traduira par une nouvelle diminution de la demande.

En 2006, Sarasin prévoyait déjà que le boom du bioéthanol était exagéré et que le développement de la branche avait atteint ses limites.

Aux Etats-Unis, 30% de la récolte de maïs et au Brésil entre 50 et 60% de la récolte de canne à sucre sont utilisés aujourd’hui pour produire du bioéthanol. La disponibilité limitée de terres agricoles et le fait qu’une grande partie de la récole de maïs, de soja, de canne à sucre et de colza est déjà utilisée pour produire des biocarburants restreint considérablement le potentiel de cette première génération. Le bioéthanol ne représentait que 3,7% de la production mondiale d’essence en 2008 et le biodiesel seulement 1,5% des ventes totales de diesel.

Cette proportion est faible, par rapport à la quantité de matières premières et de denrées alimentaires transformées dans ce but.

Jusqu’ici, la production de biocarburant se faisait presque entièrement à l’aide de technologies de la première génération, c’est-àdire avec des procédés de fermentation et d’estérification conventionnels.

Les biocarburants de la  deuxième génération sont produits à l’aide du procédé de transformation de la biomasse en liquide (BTL) ou avec des enzymes (éthanol cellulosique) à partir de matières premières végétales qui ne sont pas utilisées pour l’alimentation.

Les technologies de la deuxième génération servant à produire l’éthanol cellulosique sont encore dans la phase pilote et pourront être produites à des fins commerciales au plus tôt dès 2012.

 Les biocarburants de la troisième génération sont en première ligne des carburants issus d’algues cultivées dans l’eau. Laproduction de biodiesel à base d’algues ne sera pas rentable avant 2016. Dès 2022, un tiers de la production de biocarburant pourrait cependant être couverte.

De nombreuses questions subsistent concernant la faisabilité.

 Actuellement, les perspectives des biocarburants sont encore très incertaines, même si les nouvelles technologies des deuxième et troisième générations sont très prometteuses.

Cependant, la question de la faisabilité technique, économique et écologique se pose ici également. En outre, le développement de voitures électriques représente une nouvelle concurrence.

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Billet invité /Voiture électrique – Réponses aux questions fréquentes par Olivia (cliquez sur le lien)

A cela s’ajoutent les importantes fluctuations du cours des matières premières et des produits qui déterminent la rentabilité des biocarburants.

En 2009, le marché des énergies renouvelables s’est développé de façon réjouissante malgré la crise économique, la baisse du prix du pétrole et les progrès trop lents en matière de politique climatique.

En Europe et aux Etats-Unis, le nombre de projets de production d’électricité à base de sources renouvelables menés à bien s’est à nouveau révélé supérieur au nombre d’installations traditionnelles.

Mis à part l’énergie éolienne (+31%) et solaire (+13%) ou les petites centrales hydrauliques (+7%), les autres sources renouvelables comme l’énergie de la mer (+2%) et la géothermie (+4%) gagnent aussi en importance, même si les taux de croissance restent modestes.

Le secteur des énergies renouvelables est en pleine expansion et va bientôt devenir une industrie mature. Alors que la photovoltaïque évolue en direction de l’industrie électrique, l’énergie éolienne se développe plutôt en directionde la construction de machines et d’installations._

source agefi aout10

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Les énergies renouvelables poursuivent leur croissance

Par Yves Hulmann, Zurich le temps aout10

L’industrie photovoltaïque a vu ses marges fondre en 2009. L’éolien a su mieux résister , quand bien même ses taux de croissance seront plus modérés ces prochaines années

Les énergies renouvelables sont confrontées à une situation paradoxale. Au moment où les coûts de production de ces nouvelles technologies commencent à baisser véritablement, ce qui les rend plus compétitives face aux énergies fossiles, plusieurs entreprises de ce secteur traversent d’importantes difficultés. Leur valeur boursière reste à leur plus bas.

Depuis le début de l’année, l’indice Willderhill New Energy Global Innovation, qui regroupe près de 90 sociétés actives dans les énergies renouvelables, affiche un recul de 18%. L’indice RENIXX, qui regroupe les 30 plus grandes entreprises de ce secteur, s’inscrit en baisse de 20% depuis janvier.

Pendant ce temps, le secteur continue de croître à un rythme élevé. En 2009, les capacités de production totale des énergies renouvelables ont augmenté de 16% pour s’établir à 305 gigawatts. Et pour la deuxième année consécutive, les nouvelles capacités de production basées sur les énergies renouvelables aux Etats-Unis et en Europe ont dépassé celles qui reposent sur les énergies conventionnelles comme le charbon, le gaz ou le nucléaire, observe la dernière étude de la Banque Sarasin consacrée au développement durable, qui doit être publiée aujourd’hui*.

La croissance du solaire ralentira en 2011

Dans l’industrie photovoltaïque, les nouvelles capacités installées ont augmenté de 13% l’an dernier pour totaliser 21 gigawatts, succédant à la croissance record de 170% observée en 2008. En 2010, une progression de 48%, puis de 26% en 2011. A moyen terme, le secteur du solaire croîtra en moyenne de 35% par an pour atteindre une capacité de production d’énergie cumulée de 170 gigawatts en 2015, soit huit fois plus qu’à fin 2009.

En parallèle, l’industrie photovoltaïque a été confrontée à un recul brutal de ses marges. En 2009, les prix des modules ont chuté de 30 à 50%, comparés à des baisses de l’ordre de 5 à 10% les années précédentes. La demande se déplace de marchés établis, comme l’Allemagne et les Etats-Unis, vers des pays comme la Chine et l’Inde. Cette évolution contribue à stabiliser le secteur, estime Matthias Fawer, auteur de l’étude. «Avec une plus grande diversification de ses débouchés, l’industrie solaire deviendra aussi moins dépendante des programmes de promotion des énergies renouvelables mis en place par quelques Etats seulement. La très forte dynamique de ce secteur, qui a permis d’abaisser considérablement les coûts de production, le rend aussi plus compétitif», observe le spécialiste des énergies renouvelables.

L’éolien résiste mieux à la crise

Les valeurs liées à l’énergie solaire rebondiront-elles? «Il est très difficile d’établir des pronostics. Car les titres de ce secteur sont très influencés par les changements d’opinion à propos des perspectives pour le solaire et les réductions soudaines de certains programmes de soutien, comme cela a été le cas en Espagne», constate Matthias Fawer. «Plus de prévisibilité et de transparence dans le secteur seront nécessaires avant que les cours remontent», prévoit-il. En revanche, le spécialiste peine à comprendre pourquoi la hausse continuelle des volumes dans le solaire n’est pas du tout reflétée dans la valorisation de ces entreprises.

Avec un taux de croissance de 31% en 2009, l’énergie éolienne a su bien résister à un environnement économique difficile. D’importantes nouvelles capacités ont été mises en place en Chine (13 gigawatts) et aux Etats-Unis (9,9 GW). La forte croissance observée en Chine a d’abord profité aux fabricants locaux comme Goldwind, Sinovel et Dongfang. Dans ce secteur plus mûr, les taux de croissance ralentiront à 3% d’ici à 2015, pronostique l’étude. En revanche, les prix ont moins baissé dans l’énergie éolienne que dans l’industrie solaire.

Quels titres sont les plus attrayants dans les énergies renouvelables?

 Matthias Fawer est optimiste à propos des groupes actifs dans les infrastructures de réseau, y compris des groupes comme ABB ou des sociétés comme Itron ou Enernoc. Dans le photovoltaïque, il estime que Solarworld a des projets intéressants, notamment de combiner énergie solaire et capacités de stockage. Q-Cells, actif dans la seule production de cellules solaires, aura en revanche besoin de plus de temps pour rebondir. Les sous-traitants européens spécialisés, à l’exemple de Meyer Burger, ont toujours une carte à jouer. «L’évolution sera très similaire à celle de l’industrie des machines ou du textile. La production de masse est réalisée en Asie mais souvent à l’aide de machines européennes», observe Matthias Fawer.

*«Energies renouvelables: d’un marché de niche à un marché de masse».

Infographie. Les actions «énergies renouvelables» peinent à rebondir

 
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4 réponses »

  1. Bonjour !

    A propos de Tendances Eco Group une précision :

    « Compte tenu des conditions de marché actuelles ainsi que des articles récents remettant en cause les mesures fiscales vis-à-vis de la filière photovoltaïque, Tendances Eco Group estime que toutes les conditions ne sont pas réunies pour réaliser dans un environnement serein son admission sur Alternext de NYSE Euronext Paris.

    Dans ce contexte, Tendances Eco Group a décidé d’opter pour une Cotation Directe qui se fera suite à un Placement Privé et engage d’ores et déjà auprès des services de NYSE Euronext Paris les procédures nécessaires à cette admission ».

    Par ailleurs concernant les subventions au secteur des énergies renouvelables :

    Selon l’IEA les énergies fossiles ont été subventionnées à hauteur de 557 milliards de dollars en 2008…à comparer à 46 milliards de dollars pour l’ensemble des énergies renouvelables.

    http://www.guardian.co.uk/environment/2010/aug/03/fossil-fuel-subsidies-renewables

    « Limiter les subventions aux énergies fossiles serait pourtant du meilleur effet pour la planète indique l’AIE. Une diminution progressive de celles-ci sur les dix prochaines années pourrait entraîner une baisse de la consommation d’énergie de 5.8%, soit l’équivalent des quantités consommées combinées du Japon, de la Corée du Sud, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Autre chiffre parlant, la baisse espérée de 6.9% des émissions de CO2 si les subventions étaient supprimées. C’est équivalent aux émissions actuelles combinées de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Espagne et de la Grande-Bretagne ».

    Ce qui freine les investissements dans le champ des énergies renouvelables, précise Michael Liebreich directeur exécutif de Bloomberg New Energy Finance dans un récent rapport, est justement la question des subventions gouvernementales :

    « Les principaux investisseurs ont peur que les énergies renouvelables ne puissent fonctionner qu’avec l’appui des gouvernements … alors qu’elles sont 11 fois moins subventionnées que les énergies fossiles »

    J’ajouterais que si les subventions baissent d’un côté, les soutiens au secteur sont stratégiques et créateurs d’emplois dans de nombreux pays, simple exemple l’Espagne (sans rappeler les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée etc.), alors que les tarifs sont par ailleurs généralement de plus en plus compétitifs :

    « Le gouvernement espagnol a adopté vendredi un plan visant à renforcer d’ici 2020 le poids de l’industrie dans l’économie, pour rattraper son retard en Europe, tout en améliorant la compétitivité et en misant sur des secteurs comme les énergies renouvelables… »

    http://www.lesechos.fr/info/inter/afp_00270874-espagne-adoption-d-un-plan-pour-renforcer-l-industrie-d-ici-2020.htm

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    • Bonjour Olivia merci tous ces complements et ce complément d’info concernant tendances eco group , j’ai en effet arrété de suivre le titre depuis mi juillet…
      Concernant les subventions d’origine étatique, d’une manière générale je suis contre car l’etat est un gros gaspilleur de kapital qui reste une denrée rare , fausse la concurrence alors qu’il devrait ètre le garant de la transparence des marchés en y fixant les règles de jeu et se révèle ètre bien souvent un piètre investisseur faute d’avoir les compétences en interne et trop souvent uniquement mu par un calcul électoraliste de court terme…De plus par son soutien à des projets parfois poussifs il impulse une sorte d’aléa moral, une garantie implicite qui pousse le secteur privé à une prise de risque excessive non corrélé au contexte économique du moment …Le meilleur soutien aux énergies alternatives c’est pour moi un prix du baril durablement élevé couplé en effet à un arret du soutien étatique au lobby pétrolier sous toutes ses formes que cela soit par une distorsion volontaire des prix ou par l’encouragement à toutes les prises de risque mal évalués et excessives de type shistes bitumineux ou forages en haute mer…Bon ce ne sont là que quelques éléments d’un débat je le concède bien plus complexe….

      Bien à vous

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