Cycle Economique et Financier

Galilée de la Finance Benoît Mandelbrot nous aide à comprendre les marchés

Galilée de la Finance  Benoît Mandelbrot nous aide à comprendre les marchés

Depuis que la crise financière de 2008 s’est produite sans que pratiquement personne ne l’ait prévue, on ne cesse de s’interroger sur ses causes. Notamment sur la manière dont elle a ébranlé le monde et surpris tous les observateurs.

Pour Benoît Mandelbrot, cette crise n’était pas surprenante.  » Contrairement à ce que bon nombre sont portés à croire, le cours des choses change souvent. Ces grands changements arrivent tout le temps « , affirme-t-il

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Benoît Mandelbrot est le père de la géométrie fractale. Un peu comme un nuage ou un flocon de neige, un fractal a des formes irrégulières. Les courbes boursières aussi ont des caractéristiques qui s’apparentent aux formes fractales. Or, selon Benoît Mandelbrot, la théorie financière moderne fait fi de ces irrégularités qui apparaissent dans la nature. Voilà pourquoi les économistes et autres financiers s’étonnent quand une crise survient.

Dans son livre The (Mis)Behavior of Markets, paru en 2004 (Une approche fractale des marchés : risquer, perdre et gagner, Éditions Odile Jacob, 2009), Benoît Mandelbrot réfute la théorie financière moderne et propose une alternative qui tiendrait davantage compte des risques inhérents aux marchés financiers. Le célèbre mathématicien considère que la finance, en tant que discipline, se trouve aujourd’hui au point où la chimie en était au 16e siècle.  » La théorie financière moderne est déjà ancienne « , explique-t-il en notant qu’elle s’appuie sur des postulats qui datent de plus d’un siècle.

En fait, le problème, selon Benoît Mandelbrot, c’est que la théorie ne résiste tout simplement pas à l’épreuve des faits.

Par exemple, en théorie, la chute boursière du 19 octobre 1987 (- 29 %) n’aurait jamais dû se produire.  » En réalité, dit-il, tout le monde sait que les marchés financiers sont risqués. Ce qui semble improbable arrive toujours.  » Selon lui, la théorie actuelle prend des raccourcis en présumant que les mouvements de prix suivent une courbe normale.

Dans son ouvrage, Benoît Mandelbrot avertit d’emblée le lecteur qu’il ne présente aucune recette pour devenir riche. Est-ce pour cela que ses vues ont été si peu populaires chez les praticiens ?  » Il y a une différence entre comprendre le marché et faire de l’argent, dit-il. Cela dit, toutes les personnes qui ont fait les calculs ont trouvé que j’avais raison. Il faut donc continuer d’y travailler pour voir si cela changera le monde ou si cela ne fonctionne tout simplement pas.  » Mais il concède, moqueur, que  » la vérité sur un sujet est toujours un peu plus difficile que la fiction « .

Un deuxième projet Apollo

Pour améliorer notre compréhension des marchés, Benoît Mandelbrot croit par ailleurs que des investissements massifs devraient être réalisés dans la recherche en économie. Il propose une sorte de réédition du projet Apollo américain qui avait permis d’envoyer le premier homme sur la lune.

 » Les marchés financiers, écrit-il, sont les moteurs qui décident du bien-être de sociétés entières et, pourtant, nous en savons plus sur la manière dont nos voitures fonctionnent que sur les mécanismes du système financier global. Nos connaissances sont tellement limitées que nous nous en remettons non pas à la science, mais à des shamans. Nous faisons confiance aux banques centrales en espérant qu’elles pourront invoquer les esprits économiques pour nous sauver de la peste financière. « 

Benoît Mandelbrot doute évidemment de la capacité des banquiers à prévoir les comportements des marchés. Il reprend d’ailleurs à son compte les propos de l’économiste américain Paul Samuelson qui, dans les années 1970, suggérait aux gestionnaires d’actifs d’abandonner la profession pour devenir plombier ou encore professeur de grec.

À 85 ans, Benoît Mandelbrot affiche un sentiment d’urgence même s’il conseille la patience.  » Ce que j’espère, conclut-il, c’est que ces idées, qui ont été exprimées depuis 1960, soient prises au sérieux. Sinon, les choses vont en souffrir. Cela dit, prévient-il, il ne faut pas chercher à répondre à ces questions de manière immédiate. « 

BIBLIOGRAPHIE

Les objets fractals: forme, hasard, et dimension, (4e éd.), Flammarion, 1995, 216 p.

Fractals: Form, Chance and Dimension, W. H. Freeman and Company, 1977, 265 p.

The Fractal Geometry of nature, W. H. Freeman and Company, 1982, 461 p.

Fractals and Scaling in Finance: Discontinuity, Concentration, Risk, Springer, 1997, 551 p.

Fractales, hasard et finance, Flammarion, 1997, 246 p.

Gaussian Self-Affinity and Fractals, Springer, 2002, 654 p.

Fractals and Chaos: The Mandelbrot Set and Beyond, Springer, 2004, 308 p.

source F&I avril10

 EN COMPLEMENTS INDISPENSABLES :  Finances : Les risques extrêmes remettent en question les modèles statistiques et mathématiques (cliquez sur le lien)

André Gosselin : L’investissement extrême (cliquez sur le lien)

Benoît Mandelbrot : de la théorie à la praxis….pour le Galilée de la finance (cliquez sur le lien)

Nassim Taleb : l’homme qui murmurait à l’oreille des cygnes… (cliquez sur le lien)

Formation financière : Manquer les 10 meilleures séances réduit la performance de moitié (cliquez sur le lien)

5 réponses »

  1. Impossible de s’en passer. Je lis régulierement plusieurs blogs et je reviens constamment au vôtre en raison de l’actualité et de de l’excellence de vos articles.

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