Etats-Unis

Les Anti Robin des bois par Michel Santi

Les Anti Robin des bois par Michel Santi

Ben Bernanke, Président de la Fed et les autres responsables économiques et financiers Américains persévèrent à tuer à petit feu l’économie réelle de leur propre pays … pour sauver le monde de la banque et de la finance. La poursuite des baisses de taux quantitatives et autres injections de liquidités, bref la consécration de Bernanke en qualité de grand-imprimeur-de-dollars devant l’éternel, revient en réalité à pomper de la richesse et des ressources depuis les épargnants et consommateurs pour les transférer en direction de Wall Street ainsi que des actionnaires de ce système! Les taux d’intérêts zéro pénalisent les ménages, les retraités et les petits investisseurs en Bons du Trésor qui n’ont dès lors plus aucun bénéfice à tirer de leurs placements ou de leurs comptes bancaires. Au même moment, cette générosité motive les spéculateurs usant de l’effet de levier à multiplier des emprunts dont les charges sont plus que symboliques et engraisse des banques qui financent à des tarifs ridiculement bas leurs appétits mégalomanes… Pourquoi ces esprits brillants (et très bien payés) ne prennent-ils pas pour quelques heures la place de ces salariés baignant dans l’incertitude, de ceux ayant subi la dépréciation de leur maison de 30% ou encore de ceux dont les retraites ont rétréci comme une peau de chagrin? N’est-il pourtant pas naturel de vouloir épargner – afin de se protéger – et donc de moins dépenser en période de dépression?

PLUS DE SANTI EN SUIVANT :

La vérité est que les Keynésiens ont détruit nos économies tout en étouffant nos Etats et nos porte monnaies sous des montagnes de dettes! Partisans forcenés de la dépense et de la consommation supposées soulager nos maladies économiques et résorber notre chômage, ils persuadent nos Gouvernants que c’est l’Etat qui doit prendre le relais si nous ne sommes plus en mesure de relancer la machine. Ces Keynésiens nous expliquent, envers et contre tout bon sens, que notre crise actuelle a été provoquée par un recul de la consommation qui ne sera jugulé qu’en jetant littéralement des billets à la face des gens qui recouvreront ainsi le sentiment de richesse…

Pourtant, s’il suffisait d’imprimer des billets de banque, les citoyens du Zimbabwe seraient les plus riches de la planète!

Après avoir une première fois inondé de liquidités le pays (sous Greenspan) en ramenant les taux dès 2001 de 6 à 1%, après avoir activement contribué à insuffler un faux sentiment de prospérité à leurs citoyens qui se sont gavés d’immobilier et de placements boursiers aux valorisations vertigineuses, après avoir exhorté les Américains à s’endetter massivement … la crise ayant démarré en 2007 a coûté aux consommateurs US la modique somme de 10’000 milliards de dollars. Quant à la richesse globale de leur pays, elle a été entamée de sommes avoisinant les 40’000 milliards de dollars! Pour autant, nos responsables économiques et financiers réagissent en imprimant encore de la liquidité…Dans un tel contexte, faut-il encore dépenser, consommer, s’endetter?

Ignorez s’il vous plaît les économistes: En faisant attention à vous, vous rendrez à votre économie les plus grands services

10-09-2010

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Keynes R.I.P.

02-09-2010

Les statistiques du chômage US, publiées , démontre peut-être une légère accalmie sur ce front mais, quoiqu’il en soit, le niveau des sans emplois dans ce pays est foncièrement incompatible avec une reprise économique décente. En fait, cette conjoncture, plus proche de la récession en bonne et due forme, consacre également l’échec cinglant – et pour moi sans appel – de la stratégie Keynésienne mise en place par les Administrations Américaines successives. Le comble étant que ceux qui avaient à l’époque plaidé vigoureusement pour le plan de quelque 900 milliards de dollars d’Obama sont les mêmes qui, aujourd’hui, déplorent ce stimuli jugé peu efficient car jugé – selon eux – trop frileux… Ces icônes du Keynésianisme affirment en cette fin d’été 2010 que ce plan aurait dû se chiffrer à 1’200 milliards de dollars, soit 40% de dépenses supplémentaires ou, en d’autres termes, 40% d’endettement supplémentaire pour un pays qui s’est néanmoins illustré par le stimulus le plus massif de l’histoire mondiale. 

Pour autant, ces partisans d’une orgie Keynésienne n’ont toujours aucun exemple concret à l’appui de leur thèse d’un pays ayant adopté – avec succès sur le moyen terme – des relances exclusivement basées sur des mesures Keynésiennes car l’augmentation des dépenses Gouvernementales ne se pratique jamais sans contrepartie négative.

 De multiples études ayant ainsi démontré que les nations lourdement endettées qui persévéraient néanmoins dans ces mesures Keynésiennes connaissaient par la suite une croissance notablement inférieure aux autres aux comptes sains dès le redémarrage de l’activité globale. Il est donc temps de rompre et de jeter aux oubliettes cette idéologie Keynésienne à laquelle s’accrochent nombre d’économistes-philosophes persuadés de sa dynamique redistributive de richesses! 

Les statistiques économiques Américaines démontrent une conjoncture sur le fil du rasoir car les autorités économiques et politiques du pays n’ont actuellement tout simplement plus les moyens de mettre en place des politiques de relance dignes de ce nom à cause du gaspillage Keynésien des années 2008 et 2009. Il est vraiment temps de laisser reposer le Keynésianisme aux côtés de son père…

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Rétrospective

Vous l’aurez compris, au travers des multiples analyses des économistes et au fil des miennes, la controverse fait donc rage quant au bien fondé de stimuli supplémentaires pour tenter de redresser l’activité économique déclinante aux Etats-Unis. A cet égard, peut-être est-il bon de se souvenir que ce n’est pas les mesures Keynésiennes stimulatoires de New Deal qui ont permis de redresser la barre après la Grande Dépression et ce en dépit de l’opinion opposée d’une majorité d’économistes. En fait, les dépenses Gouvernementales des années 30 et autres politiques expansionnistes de Franklin D. Roosevelt furent totalement neutralisées – voire annihilées – par la politique fiscale nettement plus stricte ainsi que par la politique monétaire restrictive de 1937 qui ont précipité le pays dans une nouvelle récession! 

En réalité, c’est le déclenchement de la seconde guerre mondiale qui a autorisé le rapide réveil de l’activité économique Américaine à la faveur de dépenses Gouvernementales massives ayant permis la mobilisation de toutes les ressources et de tous les bras… Cas d’école permettant d’analyser et de se rendre compte à quel point les interventions Etatiques peuvent quand elles sont bien ciblées ressusciter une économie. La guerre fut ainsi le prétexte à du « deficit spending » (dépenser en s’endettant) constructif puisqu’il consacrait l’envolée économique Américaine, l’oubli des années noires de la Grande Dépression et qu’il préfigurait les « trente glorieuses »… Autrement dit, et c’est là où je voulais en arriver, l’intensification des dépenses Gouvernementales et les mesures Keynésiennes ne sont justifiées que dès lors qu’elles sont utilisées à bon escient. 

25 août 2010

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Préférer Schumpeter à Keynes…

Si la crise fait partie de l’horrible héritage de George W. Bush, la reprise économique, elle, est supposée émaner de l’activisme d’Obama et -le moins que l’on puisse en dire- c’est qu’elle se présente sous une forme pour le moins fragile et timide… En fait, il semblerait bien que ce Président ait, en même temps que les milliards utilisés au titre des stimuli, épuisé quasiment tout son capital de sympathie sachant que le débat – aujourd’hui – en est toujours aux interrogations par rapport à l’opportunité de dépenser encore et toujours pour encore plus de stimuli…. 

Faux débat qui mènera les Etats-Unis encore plus bas dans le degré de la récession car ce pays n’a plus – comme après la Grande Dépression – besoin de mesures Keynésiennes susceptibles de le relancer. Les artifices de politique monétaire, baisses de taux quantitative et autres constructions d’autoroutes n’y redresseront pas plus une situation de l’emploi qui a désespérément besoin de mesures structurelles de fonds (eh oui! même aux Etats-Unis!). En réalité, tant le secteur financier que les infrastructures et la formation des salariés de ce pays auraient besoin d’un sérieux lifting et ce dans une conjoncture où notre monde se retrouve dans une transition critique du fait de l’évanouissement de l’économie industrielle. Et pendant ce temps, ces Messieurs s’étripent sur le bien fondé de stimuli supplémentaires au lieu de se concentrer sur l’innovation et sur l’amélioration de la productivité… Pourquoi ne pas plutôt appliquer le principe de « destruction créatrice » décrit par Schumpeter?

17 août 2010

Michel Santi gestionsuisse.com

Franco-Suisse né à Beyrouth en 1963.

Cambiste (devises) et Trader (métaux précieux et matières premières) avant d’être responsable de salles de marché dans différents établissements bancaires en Suisse, a dirigé, de 1993 à 2005, des sociétés financières de Gestion à Genève.

Depuis 2005, Economiste et Analyste Financier (indépendant) et intervient régulièrement dans le cadre de consultations sollicitées par des Banques Centrales.

Membre du World Economic Forum (Davos) et membre de l’IFRI (Institut Français des Relations Internationales ), je suis également conseiller auprès de la Direction Stratégique et du Développement de l’IFRI.

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