Art de la guerre monétaire et économique

Un seul manifestant à Bâle: moi par Beat Kappeler

Un seul manifestant à Bâle: moi par Beat Kappeler

Les taux d’intérêt bas méritent aussi réflexion. Ils proviennent de l’expansion monétaire stupéfiante par les banques centrales de tous bords, celle de la Suisse aussi. Ces taux punissent l’épargnant, et même par deux fois.

Celui-ci est grugé de l’intérêt sur ses économies, car avec moins de 1% sur un compte en banque il ne recouvre même pas l’inflation, et encore moins la prime du risque ou de la renonciation encourus.

Mais l’épargnant est aussi puni en sa qualité d’assuré du deuxième pilier(NDLR : système de retraite suisse) .

Les investissements sûrs en obligations de la Confédération ou des banques cantonales ne rendent plus que 1,5%, tandis que le Conseil fédéral et la commission de la loi sur la prévoyance professionnelle forcent les caisses de pension à créditer les avoirs vieillesse de 2% par an. Les politiciens savent mieux que les marchés obligataires, semble-t-il. En conséquence, les caisses doivent puiser dans leurs réserves, si elles en ont encore, pour s’acquitter de cette charge.

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Il ne semble pas y avoir de lien évident entre tout cela et la conférence des chefs des banques centrales, le week-end dernier à Bâle. En réalité, le rapport est très direct. Et on se frotte les yeux encore une fois.

Ces messieurs très importants ont décidé d’imposer aux banques de nouveaux niveaux de capital propre, afin de les rendre plus sûres. Mais ils leur ont accordé un délai très long, jusqu’en 2018. Le soulagement des banques était palpable, il a même propulsé les bourses du monde entier.

Et c’est là que les taux d’intérêt inexistants ou extrêmement bas entrent en jeu. Car les banques centrales accordent des crédits d’une valeur record aux banques à des taux infiniment bas, ce qui permet à ces dernières d’engranger une marge bénéficiaire tout aussi énorme, et en quelque sorte garantie par l’Etat. Ainsi, les capitaux propres qui leur manquent encore seront bientôt reconstitués par ces bénéfices sur le dos des débiteurs des banques et d’une inflation future, presque certaine. Les propriétaires des banques, donc leurs actionnaires, n’auront pas à fournir ce capital supplémentaire de garantie. C’est l’agenda interne, inavoué, des banquiers centraux.

Alors, après ce constat, je me frotte les yeux, encore une fois. Les rencontres du G20 attirent des manifestants par dizaines de milliers, mais à Bâle c’était le calme absolu. J’y étais par hasard le week-end passé. Je n’ai même pas vu d’agents de sécurité devant le bâtiment où avait lieu la conférence. Et pourtant, ce sont ces décisions du Comité de Bâle qui comptent, tandis que les grands discours du G20 se font pour la galerie. Mais les manifestants se laissent séduire par ces discours.

Pourtant, il y a tout de même un manifestant de service: moi, dans ces lignes! Je proteste contre la fausse facilité avec laquelle les banques centrales font semblant de résoudre les problèmes. Je prédis des désordres encore plus sérieux que ceux des deux années écoulées, si cela ne change pas. Pendant ce temps, je prends acte d’un abandon des valeurs immémoriales, par exemple le respect de l’épargnant.

PAR BEAT KAPPELER le temps sep10

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