Commentaire de Marché

Exubérance irrationnelle par Albert Edwards

Exubérance irrationnelle  par Albert Edwards

  

J’exerce ce métier depuis suffisamment longtemps pour savoir quand les marchés entrent dans une nouvelle phase de folie, qui ne manque pas de susciter interrogation et perplexité chez moi. L’idée que nous nous trouvons dans une reprise économique durable est aussi absurde qu’elle l’était en 2005-2007. Mais les investisseurs font leur retour sur la piste de danse, évoluant avec désinvolture vers la prochaine, inévitable implosion », tonne Albert Edwards, de SG Cross Asset Research

PLUS DEDWARDS EN SUIVANT :

« Tout ce qui a trait à cette activité ne m’étonne plus guère aujourd’hui. Mais j’ai été le premier surpris par les commentaires de Ben Bernanke dans l’émission 60 minutes de CBS où il a affirmé être confiant à 100% dans sa capacité à agir rapidement pour enrayer un dérapage de l’inflation. De toute évidence, s’il est une chose dont Ben Bernanke devrait être sur à 100%, c’est bien de sa propre faillibilité.

Rappelons qu’il s’agit précisément de l’homme qui a non seulement maintenu catégoriquement que les prix de l’immobilier outre-Atlantique ne baisseraient pas, mais qui a aussi initialement réfuté la notion même de bulle des prix de l’immobilier ! J’ai bien conscience que ce type de personnage doit prétendre savoir ce qu’il fait, mais ayant été à l’épicentre du plus grand krach économique et financier depuis les années 1930, nous étions en droit d’attendre qu’il fasse preuve d’un peu d’humilité et d’incertitude. Et bien, apparemment pas.

En juillet 2007, le P-DG de l’époque de Citigroup, Charles Prince, avait déclaré au Financial Times que la liquidité mondiale était considérable et que seul un événement perturbateur majeur pourrait entraîner des difficultés sur le marché des acquisitions par emprunt (LBO).« Tant que la musique joue, il faut se lever et danser », avait-il dit. Nous dansons encore.

Et bien, si Ben Bernanke cible avec l’assouplissement quantitatif le marché actions en particulier, qui à part les intervenants baissiers les plus grincheux ne se déhancherait pas au rythme de la musique ? A la différence de Ben Bernake, je souhaiterais conserver une certaine humilité. Et c’est dans des moments comme celui-ci que je commence à me dire que je ne maîtrise plus du tout ce qui se passe. Nous vivons dans un monde complètement fou. Même si je pense être l’un des derniers stratégistes sell-side incitant à la prudence, d’autres observateurs partagent mon extrême scepticisme sur la situation actuelle.

« Parmi les meilleurs auteurs de lettres d’information figure Fred Hickey, qui contribue aussi régulièrement à la table ronde du Barron.

Sa newsletter High-Tech Strategist propose, comme il est rare d’en trouver, une vue pleine de bon sens sur ces marchés. Et Fred Hickey joint également le geste à la parole.Dans sa dernière missive, il démontre très simplement que le schéma comportemental actuel a déjà été observé par le passé, à savoir en 2005-2007 et en 1999-2000. Dans les deux cas, les conditions monétaires accommodantes se sont traduites par des bulles spéculatives et ont induit des comportements imprudents de la part des investisseurs. Nous observons ces deux phénomènes de nouveau aujourd’hui, de manière encore plus manifeste, ouvertement encouragés par la Fed.

Sans vouloir faire preuve d’un excès de confiance, à l’image de Ben Bernanke, il ne fait aucun doute à mes yeux que tout cela s’achèvera, une fois encore, dans le sang et les larmes.

 Nous tenons à nouveau à faire remarquer que tandis que le secteur privé se désendette, des déceptions incessantes sur le front de la croissance sont pratiquement inévitables, comme nous l’avons constaté au lendemain de la récession de 1991. A en croire l’histoire, les craintes liées à la croissance qui sont apparues cet automne ressurgiront invariablement.

« Mais certains lecteurs ont néanmoins signalé, à juste titre, que la période 1991-94 s’est avérée extrêmement profitable aux marchés actions. Pourquoi n’en serait-il pas de même aujourd’hui ?

 Dans les années 1990, nous étions encore en plein marché haussier à long terme, où les rendements des actions et des obligations affichaient une étroite corrélation positive. Dans un Age de glace d’après-bulle, la contraction des rendements obligataires va de paire avec la hausse des rendements des actions. Ainsi, contrairement au début des années 1990, nous évoluons aujourd’hui, en termes de valorisations, dans un marché baissier à long terme.

Ayant adopté une stratégie de sous-pondération des actions dans notre portefeuille modèle depuis fin 1996, j’ai l’habitude que mes vues obstinées de l’époque soient tournées en dérision. Depuis que je suis devenu structurellement baissier, les phases haussières ont été plus longues que les phases baissières. Les baisses sur les marchés ont tendance à être plus rapides et violentes que les hausses, ce qui semble la plupart du temps me donner totalement tort. Mais plaçons le récent rebond des marchés actions et le mouvement de vente massif sur les marchés obligataires dans une sorte de contexte à plus long terme. Une rupture dans la tendance haussière des emprunts d’tat peut-elle être anticipée ? Toujours aucune pour le moment ! »

Malgré la brutalité de la récente hausse des rendements, une fois encore, plaçons ce phénomène dans un contexte de marché haussier à plus long terme. Les rendements devraient augmenter au-delà de 4¼% avant que le marché obligataire haussier ne soit sérieusement malmené. Pour le moment, je reste structurellement haussier sur les obligations.

Je table encore, comme toujours, sur une nouvelle tentative des autorités de soutenir artificiellement les marchés actions afin de doper l’activité économique ; un effort finalement vain qui ne fait que générer une succession de bulles, suivies fatalement d’un éclatement, chaque phénomène étant plus important et plus dangereux que le précédent.

source SG/Zero hedge/AOF / Funds dec10

BILLET PRECEDENT : La Bulle en Chine et sur le reste des émergents par Albert Edwards

EN BANDE SON :

1 réponse »

  1. La dette de l’Etat US en hausse de 2.000 milliards de dollars en 2010.

    La dette nette publique de l’Etat américain a augmenté de plus de 2.000 milliards de dollars sur l’année fiscale 2010, selon un rapport publié mardi par le Trésor.

    Au total, selon le Financial Report of the United States, la dette publique fédérale a atteint 13.473 milliards de dollars (10.300 milliards d’euros). Elle était de 11.456 milliards de dollars il y a un an.

    Le déficit, qui tient compte des intérêts sur la dette et du coût des dépenses sociales, ressort à 2.080 milliards de dollars pour l’exercice clos le 30 septembre, contre 1.253 milliards de dollars l’année précédente.

    http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE6BL01W20101222

    En pourcentage :

    Déficit public : 14,10 % du PIB.

    Dette publique fédérale : 91,37 % du PIB.

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